Avoir un beau morceau de viande entre les mains, sentir que les fibres sont serrées et trament une texture filandreuse, puis redouter le résultat au moment de la dégustation… Qui n’a jamais connu cette petite frustration à table ? Heureusement, il existe des astuces simples et efficaces pour attendrir la viande, transformer ces morceaux coriaces en délicieuses bouchées pleines de moelleux et de jutosité.
Plusieurs facteurs peuvent transformer votre bourguignon en une aventure aride. Imaginez un peu : vous laissez votre bourguignon mijoter, mijoter, et encore mijoter. Vous vous dites, « plus c’est long, meilleur c’est ! ». Faux, archi-faux ! Trop de chaleur, trop longtemps, et adieu l’humidité ! Votre viande, initialement moelleuse, devient dure et filandreuse. C’est la rançon de la gourmandise excessive en temps de cuisson.
La viande de bœuf est composée majoritairement de fibres musculaires, de gras et de tissu conjonctif appelé le collagène. Plus le muscle de l’animal est sollicité et plus il y a de collagène. Ainsi il y en aura davantage dans une partie comme le jarret (le tibia de la bestiole) que dans le rumsteack (la culotte). Lorsque l’on fait un plat mijoté, on utilise des morceaux peu chers qui contiennent davantage de collagène. La viande est donc dure à la base. C’est à la cuisson qu’elle va s’attendrir.
Certaines viandes, qu’elles proviennent du bœuf, du veau ou de l’agneau, affichent une texture plus ferme à cause de leur composition en collagène. Plus l’animal est âgé ou plus le muscle a été sollicité, plus les fibres seront épaisses et résistantes. Le manque de tendreté peut aussi venir d’une mauvaise préparation, d’un mauvais choix de coupe ou d’une cuisson inadaptée.
Tout commence au moment de l’achat, avec la sélection du bon morceau. Certains muscles demandent naturellement plus d’attention que d’autres lorsque l’on souhaite obtenir une viande moelleuse et savoureuse. Les parties les plus maigres ou sollicitées comme le paleron, le jarret ou la hampe sont réputées pour leur texture fibreuse. En revanche, des morceaux comme le filet, le faux-filet ou le rumsteck s’avèrent beaucoup plus tendres sans effort supplémentaire.
Pour réussir vos plats mijotés, privilégiez les coupes riches en collagène. Lors de cuissons longues et humides, le collagène se transforme progressivement en gélatine, offrant ainsi une grande tendreté à la viande filandreuse.
Une viande trop dure n’est jamais un hasard : elle résulte d’un ensemble de facteurs liés au morceau, à la cuisson et parfois à la préparation en amont. En comprenant ce qui s’est passé, vous saurez comment corriger le tir sur le moment et adapter vos pratiques pour vos prochains plats.
Pour obtenir un bœuf bourguignon digne des meilleures recettes traditionnelles, il suffit de respecter quelques règles essentielles. Choisissez les bons morceaux de viande, laissez-les mariner au moins 12 heures, puis faites-les revenir avant de les mijoter lentement. La cuisson doit être longue et douce, sans précipitation. Enfin, pour un maximum de saveurs, laissez reposer le plat une nuit et réchauffez-le doucement le lendemain.
En suivant ces conseils, fini le bœuf bourguignon sec et coriace !
Appliquer la bonne méthode peut véritablement changer la donne lorsqu’il s’agit de faire d’une pièce filandreuse une merveille de tendreté.
Choisir le bon morceau de bœuf, c’est crucial. Optez pour des morceaux persillés, c’est-à-dire avec un peu de gras. Le gras, c’est le secret d’une viande juteuse et savoureuse. Les morceaux maigres, comme le steak haché (oui, oui, certains osent !), vont devenir secs à la cuisson. Pensez à la joue de bœuf, le paleron, ou encore le gîte. Ces morceaux, plus économiques et souvent délaissés, sont en réalité parfaits pour les plats mijotés. Ils regorgent de collagène, qui, en fondant à la cuisson, apporte du moelleux et de la gourmandise. Ne soyez pas radin sur la qualité, votre bourguignon vous remerciera.Épaule, jarret, et paleron représentent des choix idéaux.
La marinade combine souvent plusieurs agents attendrissants comme l’utilisation d’acides (vinaigre, citron) ou même parfois des enzymes de fruits (ananas, papaye, kiwi). Quelques heures dans une marinade parfumée aux herbes, poivre, sel et aromates changent non seulement la texture mais aussi la richesse aromatique de la viande.
Une marinade de seulement 1 ou 2 heures n’aura pas d’effet notable sur la tendreté de la viande. Ne jetez pas la marinade !
Il y a une méthode méconnue de beaucoup qui permet de transformer des viandes réputées dures en mets délicieusement tendres. La cuisson lente au four, souvent pratiquée à une température ne dépassant pas les 120 °C, repose sur le principe de la patience et de la douceur. En cuisant lentement, vous évitez le choc thermique des hautes températures qui peut durcir la viande. La basse température permet aux tissus conjonctifs de la viande de se transformer en gélatine sans dessécher la viande.
L’utilisation de la cuisson lente transforme des pièces de viande économiques en plats gastronomiques. La patience est la clé. En effet, il faut savoir donner du temps au temps pour que la magie opère. Ensuite, il faut régler votre four à une température basse, autour de 120°C. Pour finir, il faut se montrer patient. Vous aurez parfois besoin jusqu’à 12 heures selon le type de viande.
La cuisson lente peut s’intégrer facilement dans la préparation des repas de tous les jours. Cette technique peut aussi s’utiliser pour préparer de grandes quantités de nourriture à l’avance, pratique pour les grandes réunions familiales ou les repas de la semaine. Elle peut également s’appliquer à de nombreux autres aliments, comme les légumes racines ou certains types de poissons. Elle permet aussi de réduire la consommation énergétique. Enfin, en plus de ses nombreux avantages culinaires et nutritionnels, la cuisson lente représente aussi un aspect presque méditatif. C’est une cuisson qui nous permet d’ailleurs de savourer chaque moment.
Une autre technique infaillible pour attendrir une viande dure est le braisage. Braiser est une technique de cuisson consistant à faire mijoter longuement à feu doux des aliments dans un récipient fermé, comme dans la cuisson à l’étouffée, dans un peu de liquide plus ou moins aromatisé. Cette manière de braiser la viande consiste, tout simplement, à faire cuire votre pièce de viande en plusieurs fois (de 2 à 4 fois). Et ce, dans un petit volume d’eau. En d’autres termes, vous la faites cuire, assez longtemps, dans une certaine quantité d’eau et à feu moyen. Lorsque toute l’eau s’est évaporée, la viande va commencer à faire un bruit de « grésillement » ou de friture. On dit qu’elle « chantonne ». A ce moment, vous rajoutez de l’eau et vous la refaites cuire. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que votre viande soit tendre (en général, au bout du 3e ou 4e temps de cuisson).
Braiser sa viande, au préalable, est essentiel dans beaucoup de recettes, comme la soupe de légumes au bœuf, le pot-au-feu, les ragoûts de viande, les daubes, le bourguignon, le couscous, le porc braisé au chou, le couscous royal, le couscous royal facile et rapide, … etc. Bref, dans toute cuisine qui nécessite une pièce de viande à mijoter, et surtout dans les recettes de boeuf. D’ailleurs, il existe des recettes de bœuf braisé aux pommes de terres, de bœuf braisé aux carottes, des palerons braisés, de bœuf braisé à l’Italienne, le braisé de boeuf à la malgache, … etc.
Laissez toujours reposer la viande après cuisson avant de la découper : ce geste permet aux jus de mieux se répartir, garantissant moelleux et jutosité à chaque bouchée.
Votre viande mijotée ressemble à de la semelle ? Votre rôti refroidit et refuse obstinément de se laisser trancher ? Pas de panique. Une viande trop dure n’est pas une fatalité, même après cuisson. Que ce soit un bœuf bourguignon qui résiste encore sous le couteau, un poulet rôti desséché ou une bavette grillée trop ferme, plusieurs solutions existent pour rattraper le coup et transformer votre plat en réussite.
Si votre viande a été poêlée ou rôtie et s’avère trop dure, coupez-la en morceaux de taille régulière et replongez-la dans une cuisson humide. Versez le tout dans une cocotte ou une sauteuse, couvrez hermétiquement et laissez mijoter à feu très doux pendant au moins 45 minutes à 1 heure. Le liquide pénètre progressivement dans les fibres, tandis que la chaleur douce dégrade le collagène sans assécher davantage la viande. Surveillez régulièrement et vérifiez la tendreté en piquant un morceau avec une fourchette : il doit se défaire facilement.
Une viande trop coriace devient la base parfaite d’un bœuf bourguignon improvisé, d’un curry de poulet généreux, d’un sauté de porc aux légumes ou d’un ragoût épicé. Détaillez votre viande en cubes d’environ trois centimètres, faites revenir des légumes (carottes, oignons, poivrons, champignons) dans une cocotte avec un peu de matière grasse, ajoutez la viande, puis mouillez avec du bouillon, du vin ou une sauce tomate. Laissez mijoter doucement au moins une heure, et vous obtiendrez un plat réconfortant qui masque complètement la texture initiale décevante.
tags: #viande #de #boeuf #filandreuse #causes
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic