Confettis, déguisements carnavalesques et bugnes délicieusement saupoudrées de sucre glace… nous sommes bien à Mardi gras ! Ce jour de fête, où tous les excès sont permis, précède l’entrée en Carême. Mais que signifie « Mardi gras » ? Pourquoi se déguise-t-on et pourquoi avons-nous la coutume de manger des beignets ? Retour sur les origines de cette fête haute en couleurs.
Défilé de Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans
Mardi gras est un jour de fête, associé à Carnaval, et qui s’inscrit dans une tradition ancienne d’inversion de l’ordre du monde. La fête du Mardi gras tire son origine des rites agraires antiques qui avaient pour objectif, vers la nouvelle année, de renverser l’ordre du monde afin de le rééquilibrer. Des Sacées babyloniennes aux Saturnales romaines, pendant quelques jours, l’ordre social était symboliquement inversé.
À partir du IVe siècle, les Pères de l’Église commencent à définir un calendrier, ponctué de fêtes liturgiques chrétiennes, comme Noël ou celle de l’Épiphanie. Le Carême est également instauré à cette époque. Cette période demande aux baptisés de se priver de certains aliments, comme les œufs et la viande, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. Du latin carne levare (qui donnera carnaval), on leur demande ainsi d’ôter ou de supprimer la viande.
L’entrée en carême débute un mercredi, celui « des Cendres ». C’est donc la veille de ce jour-là que tous font bombance, et donc « gras », avant de se restreindre et de « faire maigre ». Les chrétiens organisent alors des grands rassemblements festifs et cuisinent à partir d’ingrédients qui risquent de se perdre lors des six semaines de pénitence, comme les œufs et les matières grasses. Ceci a donné, au fil des siècles, des recettes de beignets, bugnes, crêpes et autres gourmandises.
Au Moyen-âge, cette période de jeûne était très strictement observée. Aujourd’hui, la tradition veut que les chrétiens « fassent maigre » principalement les vendredis de Carême en préférant, ce jour-là, le poisson à la viande dans leurs assiettes. La pratique du jeûne est plutôt observée lors du Vendredi Saint, c’est-à-dire le jour qui précède celui de la veillée pascale, ou fête de la résurrection.
Mardi gras est souvent associé au Carnaval, sorte de fête jumelle si l’on peut dire. Les enfants s’y déguisent et les adultes s’y travestissent car, ce jour-là, « tout est permis ».
Au IVe siècle, les calendes de janvier - dernier îlot païen dans l’Empire chrétien - sont des fêtes publiques et très populaires. Il est fréquent de voir des maîtres jouer aux dés avec leurs esclaves mais, surtout, d’observer des parades où défilent des personnes portant des masques d’animaux. À partir du Xe siècle, la tradition populaire du carnaval s’affirme et s’étend même au clergé, lors de la fête des Fous, dont les membres se déguisent et renversent leurs rôles. Ces jeux et mises en scène théâtrales s’érigent en cortèges dans les villes.
Les déguisements effacent les différences de classes sociales et de genres. Le caractère transgressif de cette fête est même renforcé par l’adoption des masques au Carnaval de Venise car, en préservant l’anonymat des participants, elle rend plus permissifs les excès.
Cette fête est tolérée par l’Église car celle-ci perçoit le besoin vital de vivre, pour la population, des moments d’exutoire avant de retourner à une spiritualité plus intense.
Le mot carnaval vient du latin médiéval carne levare : enlever la viande (sous-entendu des repas). La viande désigne le gras que l'on mange les jours fastes. Avant de se serrer la ceinture pendant le Carême on en profite un max une semaine avant. Le mot alsacien Fàstnàcht veut dire exactement la même chose. La veille du jeûne, donc du Carême.
Le carnaval peut être globalement vu comme un défoulement collectif avant une période de serrage de ceinture. Tout ça pour chasser l’hiver, mais comment ? Nous avons vu que de grands feux étaient parfois allumés, et pas toujours en bois. La longue nuit hivernale était parfois chassée par l’embrasement de figures de paille, on dit que ce sont des sorcières, mais l’important n’est pas la forme de la silhouette, mais ce qu’on y met dedans.
C’est la dernière gerbe de paille de l’année précédente, toutes les autres avaient été battues durant l’hiver. C’est un sacrifice pour demander la clémence de la nature, et son réveil printanier.
Le feu, omniprésent, se retrouve aussi dans la tradition du Schieweschlààwe, à Wintzenheim-Kochersberg ou Offwiller. Autrefois, la jeunesse dansait autour du feu, lorsque les flammes baissaient, les couples sautaient par-dessus le feu pour que le bonheur les accompagne dans leur vie conjugale. Les garçons seulement lançaient les disques enflammés dans la nuit, symboles de la roue solaire, disques qui portaient les inscriptions tracées par les amoureux.
C’est vraiment une journée qui appelle la fécondité. Après le lancer, tout le monde rentrait au village déguster le Fàstnàchtsschmaus, ou Fàstnàchtsemms, le banquet de carnaval, où l’on faisait bombance.
Dans certains endroits, il ne fallait par contre pas croiser les participantes du Hirtzdsichdig, le mardi du cerf, encore un symbole de fécondité, où les femmes se réunissaient entre elles dans des auberges et allaient titiller les hommes qu’elles croisaient, en leur piquant leur chapeaux, leur veste, parfois plus, et les hommes devaient racheter leurs vêtements en payant des pots-de-vin.
En Alsace, le carnaval est une période particulièrement animée, marquée par de nombreuses festivités. On parle de Carnaval alsacien, un moment où les parades envahissent les rues avec des chars décorés, des groupes costumés, des fanfares et des soirées festives.
Mardi Gras se déroule 47 jours avant Pâques. En effet, cette fête précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême pour les chrétiens, qui représente les 40 jours de Jésus Christ dans le désert. Commencent alors 40 jours de privation alimentaire pour les croyants durant lesquels ils sont invités à manger plus raisonnablement. Mardi Gras était ainsi l’occasion de faire une dernière fois la fête et de bien manger avant que les privations débutent.
Cette fête est donc à la fois connue pour ses activités festives, avec le Carnaval, et ses coutumes culinaires.
Pour Mardi gras, chacun prépare des mets gourmands pour célébrer cette journée. Les gaufres, les crêpes et les beignets sont à l’honneur en France. Il s’agit de trois desserts rapides à préparer qui plaisent à une majorité. Cependant, chaque région a, encore une fois, ses préférences. Les beignets sont des mets anciens, déjà présents à l’époque des Romains. Baignés dans l’huile bouillante, ils sont préparés avec une pâte composée de farine, de sucre, d’œufs battus, de beurre, de sel et peuvent être aromatisés au rhum ou à l’eau de fleur d’oranger. Ils se dégustent tièdes ou chauds.
Le beignet se présente sous différentes formes. Dans le Sud notamment, il est davantage craquant et croustillant, alors qu’il est plutôt moelleux entre Nantes et le Berry. Les appellations divergent aussi selon les régions. Il y a donc le pet-de-nonne en Franche Comté, à base de pâte à chou que l’on fourre de crème et de confiture, l’oreillette qui est moelleuse en Provence mais fine et craquante dans le Languedoc ou encore les bugnes, craquantes à Arles mais moelleuses à Lyon.
Une particularité française veut que chaque région ait son type de beignet à savourer à Mardi gras, avec des appellations variées et parfois excentriques. Dans la région Lyonnaise, ils sont nommés "bugnes" alors que l’on parle de "ganses" à Nice. Dans le Sud-Ouest, on déguste les "merveilles" et dans le Sud-l'Est, des "oreillettes". À Nantes, il s’agit de "bottereaux", et en Corse, de "frappes".
En remontant dans le passé, avant la tradition catholique, la fête païenne de Mardi gras et du carnaval était déjà liée à l’alimentation. Intervenant à la fin de l’hiver alors que les réserves s’amenuisaient, cette fête célébrait l’arrivée du printemps et l’espérance de récoltes fructueuses.
Mardi Gras trouve ses racines dans des traditions aussi bien païennes que religieuses. Dans l’Antiquité, les Romains célébraient des fêtes dédiées à Bacchus et Saturne, où ils portaient des masques et participaient à de grands festins. Cette tradition de réjouissance s’est ensuite mêlée aux coutumes chrétiennes.
C’est aussi l’occasion de partager un repas festif et riche en aliments gras, avant d’entamer la période de privations du Carême.
Comme son nom l’indique, Mardi Gras tombe… un mardi. Historiquement, cette journée servait à “faire gras” une dernière fois avant quarante jours de restrictions alimentaires. Mais bien avant sa christianisation, Mardi Gras s’inscrit dans un cycle de fêtes païennes d’hiver, célébrant la fin de la mauvaise saison et le renouveau.
En me promenant dans un village du Sud-Ouest l’hiver dernier, j’ai découvert une anecdote savoureuse : autrefois, les habitants se réunissaient pour vider leurs garde-manger de tout ce qui ne pouvait pas être conservé pendant le Carême - beurre, œufs, sucre - et en faisaient des crêpes et des beignets.
Les recettes de Mardi Gras varient selon les régions, tout comme les desserts festifs d’autres moments de l’année, comme la Couronne des rois provençale, un délice parfumé de l’Épiphanie.
Mardi Gras est une fête où traditions, gourmandises et créativité s’entrelacent, rappelant l’esprit des plus belles traditions régionales de Noël, qui, elles aussi, célèbrent la convivialité et le partage. Qu’il s’agisse d’un carnaval coloré à Nice ou d’un repas convivial dans un village, cette journée incarne le plaisir de célébrer ensemble.
Mardi Gras est le point culminant du Carnaval, qui dure plusieurs semaines. Le Carnaval désigne une période festive qui précède le Carême. Il commence souvent après l’Épiphanie et culmine avec Mardi Gras. Pendant cette période, on retrouve des défilés, des déguisements, des festivités et des traditions différentes selon les régions.
Mardi Gras, en revanche, est le dernier jour du Carnaval, juste avant le mercredi des Cendres qui marque le début du Carême dans la tradition chrétienne.
Le carnaval est une fête universelle qui se décline sous de multiples formes à travers le monde. Parmi les plus célèbres, Mardi Gras à La Nouvelle-Orléans, le Carnaval de Venise et le Carnaval de Rio de Janeiro offrent chacun une expérience unique, marquée par l’histoire et les traditions locales.
Impossible d’évoquer Mardi Gras sans parler des beignets ! En Alsace, on retrouve notamment les scharvas, ces beignets croustillants et dorés. Voici une recette inratable pour les réaliser chez vous :
Ingrédients :
Préparation :
Beignets allemands (Berliner)
La réponse est simple : c’est le dernier jour pour profiter des aliments riches avant le Carême. Beurre, œufs, lait et sucre étaient autrefois des denrées précieuses que l’on utilisait avec parcimonie. Mardi Gras était l’occasion de les consommer sans retenue.
Comme on l’a vu précédemment, le Mardi Gras c’est un jour de repentance qui marque le début du Carême. En plus de la viande, l’Église catholique primitive défendait aux fidèles de consommer tout autre aliment issus de « chair » tels que le lait, la graisse et les œufs.
Ainsi, les chrétiens faisaient des pancakes ou des crêpes afin d’épuiser ces ingrédients (oeufs, lait, graisse, beurre). Pour de nombreux pratiquants, c’était donc l’occasion de manger autant de viande et d’aliments gras sans retenue avant le régime « maigre » observé pendant le Carême.
Mardi Gras est une célébration riche en traditions culinaires à travers le monde, et chaque pays et chaque culture apporte sa propre touche unique à cette célébration joyeuse.
| Pays/Région | Plats Typiques |
|---|---|
| France | Crêpes, gaufres, beignets (bugnes à Lyon, merveilles en Aquitaine, oreillettes en Provence) |
| États-Unis (Louisiane) | Jambalaya, soupe gumbo, étouffée d’écrevisses, Po’ Boy, beignets de crabe et crevettes, King Cake, pralines |
| Russie | Blinis (crêpes fines) servis avec caviar ou crème aigre |
| Allemagne | Krapfen ou Berliner (beignets), Heringssalat (salade de harengs), Reibekuchen (galettes de pommes de terre) |
| Suède | Semla (petit pain sucré fourré de crème aux amandes) |
| Italie | Chiacchiere, frappe, tagliatelle dolci di Carnavale, bugie, lattughe, cenci, cròstoli, galani ou sosole |
| Espagne | Festins riches en viandes et fritures |
Partout en France, Mardi Gras est célébré par les amateurs de costume et de bonne humeur, mais qu’en est-il des habitudes de l’Oise ? Ce département de la région Hauts-de-France a ses propres activités liées à l’histoire, à la culture et à la cuisine.
Cette année, beaucoup de communes prennent la décision de décaler la date officielle du 13 au 14 février, afin que les enfants puissent profiter de la journée du mercredi pour festoyer. A Séry-les-Mézières, un défilé est prévu comme chaque année pour que chacun puisse parader costumé et s’amuser avec les autres habitants. A Saint-Garmer-de-Fly, c’est le comité des fêtes et l’ALSH (Accueil de Loisirs Sans Hébergement) qui prennent en charge l’événement pour proposer un bon moment à la population de la ville.
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