Les Petits Pains au Chocolat de Joe Dassin : Analyse et Signification

La chanson "Les Petits Pains au Chocolat" de Joe Dassin est bien plus qu'une simple mélodie entraînante. C'est une œuvre riche en nuances et en significations, un classique intemporel qui continue de toucher les cœurs à travers les générations. Cet article explore en profondeur cette chanson emblématique, de ses origines à son impact culturel.

I. Déconstruction de la Chanson : Des Détails aux Grandes Lignes

Avant de plonger dans l'analyse globale de "Les Petits Pains au Chocolat", examinons les éléments constitutifs de la chanson. Les paroles, simples en apparence, révèlent une complexité subtile. Chaque vers, chaque image, contribue à la construction d'une histoire d'amour discrète et touchante.

Le Refrain : Une Routine Chargée de Sens

Prenons l'exemple du refrain :

"Tous les matins il achetait / Son p'tit pain au chocolat / La boulangère lui souriait / Il ne la regardait pas / Et pourtant elle était belle".

Ce simple récit quotidien, la routine du boulanger et le sourire discret de la boulangère, évoque une intimité silencieuse, une attirance non exprimée. L'absence de regard direct du client accentue ce sentiment de timidité, de pudeur, voire de non-conscience des sentiments réciproques.

Le "Petit Pain au Chocolat" : Un Symbole de Constante et de Douceur

L'image du "petit pain au chocolat" elle-même est riche de symboles. Ce petit plaisir quotidien, ce geste simple et répétitif, représente la constance, la régularité de la rencontre entre ces deux personnages. Le chocolat, symbole de douceur et de sensualité, ajoute une dimension subtile à cette relation naissante. L'utilisation du diminutif "p'tit" renforce l'aspect familier et intime de cette routine. L'analyse des mots, de leur choix et de leur placement, est donc primordiale pour comprendre la profondeur de la chanson.

Au-delà des paroles, la mélodie joue un rôle crucial. La mélodie légère et entraînante, caractéristique du style de Joe Dassin, contraste avec la timidité des paroles. Cette dissonance crée une tension, une poésie subtile qui captive l'auditeur. L'harmonisation, virevoltante et joyeuse, renforce le caractère léger et naïf de l'histoire d'amour. L'analyse musicale complète donc l'analyse des paroles pour une compréhension exhaustive de l'œuvre.

II. Le Contexte : Ricardo Del Turco et "Luglio"

Il est essentiel de contextualiser "Les Petits Pains au Chocolat" en évoquant son origine. La chanson n'est pas une création originale de Joe Dassin. Elle est une adaptation de la chanson italienne "Luglio" de Ricardo Del Turco, Bigazzi, et al. Cette adaptation souligne la capacité de Joe Dassin à transposer des œuvres existantes dans un contexte francophone, en leur insufflant une nouvelle vie et une nouvelle sensibilité. Comprendre cette filiation permet de mieux apprécier le travail d'adaptation et l'empreinte stylistique de l'artiste français.

L'étude comparative entre "Luglio" et "Les Petits Pains au Chocolat" révèle les choix artistiques effectués pour l'adaptation, les modifications apportées aux paroles et à la mélodie, et l'impact de ces choix sur le message final de la chanson. Cette adaptation n'est pas une simple traduction, mais une véritable réinterprétation. L'atmosphère, le style, et même la signification peuvent varier légèrement entre les deux versions. Comparer les deux versions permet de souligner l'habileté de Dassin à adapter une chanson à un public et une culture différents, en conservant son charme et son émotion tout en lui donnant une identité nouvelle, plus française.

III. L'Héritage et l'Impact : Un Classique Intemporel

"Les Petits Pains au Chocolat" est devenu un classique intemporel du répertoire de Joe Dassin. Son succès durable témoigne de sa qualité artistique et de sa capacité à toucher un large public. L'analyse de son impact culturel et son influence sur la musique française est importante. Pourquoi cette chanson a-t-elle traversé les générations? Quelles sont les raisons de sa popularité persistante?

Plusieurs facteurs expliquent son succès. La simplicité des paroles, la mélodie entraînante, et l'histoire d'amour douce-amère ont résonné auprès d'un public vaste et diversifié. La chanson évoque des sentiments universels, l'amour, la timidité, le quotidien, qui transcendent les barrières culturelles et linguistiques. L'analyse de la réception critique et populaire de la chanson, ainsi que son utilisation dans différents médias (cinéma, télévision, publicité), permet de mieux comprendre son impact durable et son statut de classique.

IV. Anecdotes et Réflexions : Au-delà des Paroles

Au-delà de l'analyse purement musicale et textuelle, il est intéressant d'explorer les anecdotes liées à la chanson. L'invention du mot "attachant" par Pierre Delanoë pour qualifier Joe Dassin, par exemple, révèle un aspect de la personnalité de l'artiste et de sa relation avec ses collaborateurs. Ces anecdotes, souvent anecdotiques, éclairent la genèse de la chanson, le processus créatif, et le contexte de sa création. Elles enrichissent la compréhension de l'œuvre en la replaçant dans son contexte historique et humain.

Enfin, il est important de considérer les interprétations possibles de la chanson. "Les Petits Pains au Chocolat" peut être interprété de plusieurs manières. Certains y voient une simple histoire d'amour, d'autres y décèlent une métaphore de la vie, de la routine, et des relations humaines. L'ouverture à différentes interprétations enrichit la chanson et lui confère une dimension universelle et intemporelle. L'analyse de ces diverses interprétations contribue à une compréhension plus complète et nuancée de l'œuvre.

V. "Pain au Chocolat" ou "Chocolatine" : Une Question d'Appellation

La chanson "Les Petits Pains au Chocolat" de Joe Dassin, composée avec Pierre Delanoë en 1969, a définitivement ancré l'expression "pain au chocolat" dans la culture populaire.

Sans que l’on sache vraiment pourquoi, cette petite douceur de nos boulangeries a créé dans notre pays une véritable scission, une fracture irréparable. D’un côté, une majorité de la population appelle ça « pain au chocolat » de l’autre, un bastion d’irréductibles sudistes l’appelle la « chocolatine« , ainsi que quelques québécois.

La deuxième appellation est utilisée au Québec et en France, dans un quart sud-ouest qui s’étire de la Rochelle à Montpellier, à l’exception des Pyrénées-Orientales où l’on dit pain au chocolat rien que pour ne pas utiliser le mot des voisins occitans. Dans le reste du pays, largement majoritaire, on achète des pains au chocolat.

La polémique bat son plein depuis des années, mais quelle est la bonne appellation ? Les historiens et les pâtissiers tranchent plutôt pour chocolatine, les linguistes estiment eux que les mots croissants et chocolat convenaient mal à la langue occitane et que les habitants du sud-ouest l’ont adapté à une sonorité familière de terminaison ("ina" prononcé "ino").

Carte de France des appellations "chocolatine" et "pain au chocolat"

Origine du nom Chocolatine

L’hypothèse la plus probable de l’origine du nom « chocolatine » viendrait justement de cet autrichien. L’entendant vendre des « Schokoladencroissant » avec son accent autrichien, les français auraient progressivement transformé le mot en « Chocolatine » (Schokoladen - Chocolatine, vous voyez ?). Historiquement, l’inventeur ou plutôt l’importateur serait un boulanger-pâtissier autrichien nommé Auguste Zhang qui, installé à Paris dans les années 1830 aurait introduit le "Schokoladencroissant".

Il est donc probable que le premier terme pour désigner une viennoiserie fourrée au chocolat ait été « Chocolatine », à cause de cette déformation linguistique. Et c’est d’ailleurs plutôt logique puisque la particularité de cette viennoiserie est surtout d’être au chocolat (elle a d’ailleurs vite perdu sa forme de croissant). Les pays anglophones utilisent d’ailleurs "chocolate croissant" même s’il n’a pas la forme du croissant Les Français auraient déformé l’appellation en chocolatine.

Pourquoi "Pain au chocolat"?

D’après Nicolas Berger, auteur d’une encyclopédie du chocolat (Chocolat, mots et gestes) publié aux éditions Alain Ducasse, le mot pain au chocolat désignait à l’origine un morceau de pain dans lequel on fourrait un bout de chocolat pour le goûter des écoliers.

Dans la pâtisserie française traditionnelle, on appelle « petit pain » ou « pain » toutes les pâtes fourrées. Ce qu’on appelle « pain » en pâtisserie est en général fabriqué avec de la pâte à pain au lait, ou au mieux de pâte à brioche : c’est le cas du pain au lait ou du pain viennois par exemple. Or le pain au chocolat utilise une pâte levée feuilletée, plus proche de celle qu’on retrouve dans les croissants, les vol-au-vent ou les galettes des rois. Donc, le mot pain n’est pas adapté.

Mais le problème, c’est que sur le plan linguistique, le mot pain au chocolat n’a pas de logique. Il introduit d’ailleurs une confusion pour beaucoup d’étrangers. Quand on traduit « pain au chocolat » dans ces langues, ça évoque plus un cake ou un pain qu’une viennoiserie. On est les seuls dans le monde à utiliser ce non-sens : parler d’un pain pour un truc qui n’a rien à voir avec du pain.

L'influence de Joe Dassin et Jules Ferry

La faute à Joe Dassin. En interprétant en 1969, les "petits pains au chocolat" composé avec Pierre Delanoë un an plus tôt, Joe Dassin a définitivement ancré pain au chocolat dans la culture populaire. Pourquoi ne pas avoir adopté » la chocolatine ? La faute à Jules Ferry. Le père de l’Éducation nationale a donné des directives pour imposer un Français unique sur tout le territoire, donc il n’était pas question d’établir une appellation créée par une langue régionale.

Appellations à travers le monde

Puisque les viennoiseries s’exportent partout dans le monde, on peut aussi trancher en voyant comment les étrangers en parlent. On sait qu’au Canada, via le Québec, on dit plutôt chocolatine. Dans les pays germanophone, on emploie plus volontiers le terme « Schokoladencroissant ». Dans les pays anglophones, notamment les USA, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, on dit « chocolate croissant », notamment dans les grandes enseignes comme Starbucks. En Espagne un équivalent local est vendu sous le nom « Napoletanas », et au Mexique et en Amérique Latine, quand on en trouve, on parle de chocolatine. Sinon, un peu partout on trouve le terme « pain au chocolat » directement en français sans le traduire.

Prix du pain au chocolat

Cela dit, pain au chocolat ou chocolatine, le prix reste le même à Bordeaux qu’à Strasbourg : 0,94 centime en moyenne dans les boulangeries selon le relevé de décembre 2013, le dernier disponible.

Appellation Régions/Pays
Pain au chocolat Majorité de la France (hors quart sud-ouest)
Chocolatine Quart sud-ouest de la France, Québec
Schokoladencroissant Pays germanophones
Chocolate croissant Pays anglophones (USA, Australie, Nouvelle-Zélande)
Napoletanas Espagne

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