Roscón, bolo rei, pitka, vassilopita … Ces jolis noms vous parlent-ils ? En Espagne, au Portugal, en Bulgarie et en Grèce, respectivement, ils correspondent peu ou prou à l’incontournable gourmandise de l’Épiphanie, la galette des rois.
Légère, habilement peignée et joliment dorée, cette galette royale est une pâtisserie dont les Français raffolent. Dans les premiers jours de l’année, parée de sa fève et cerclée de sa couronne, elle diffuse son parfum de frangipane dans toutes les boulangeries, pâtisseries et de très nombreux foyers. Mais d’où vient cette tradition ? Quelle est la véritable histoire de cette galette des rois qui nous fait tant saliver ?
Nous avons mené l’enquête… Il était une fois la galette des rois …
Qui aura le privilège de ceindre la couronne de carton doré sur le sommet de son crâne pour donner quelques directives aux autres convives ? Comme chacun le sait, ce privilège factice échoit à celui qui trouve la fève cachée dans les faux-plis de la galette des rois. Encore faut-il qu’il ne l’avale pas par mégarde, afin de pouvoir exhiber son trophée devant l’assemblée.
Qu’en fera-t-il ensuite ? C’est une jolie question. Le fabophile - ou favophile - la mettra précieusement de côté pour étoffer sa collection. D’autres glisseront distraitement la fève dans le fond de leur poche ou dans ce fameux tiroir que nous avons tous à la maison, peuplé de tout et de n’importe quoi.
Comme toutes les gourmandises liées à une fête particulière, la galette des rois a hérité d’une date-fétiche sur le calendrier. Son grand jour, c’est le 6 janvier, fête de l’Épiphanie. Depuis le début du IIème siècle, elle se réfère à la visite des Rois mages, venus de l’orient avec de l’or, de la myrrhe et de l’encens.
Chaque année, dans les foyers, le triple quiz est incontournable. On retrouve généralement les prénoms de deux de ces messieurs, mais le troisième nous reste sur le bout de la langue. Gaspard, Melchior et qui encore ?
La galette des rois est dégustée généralement autour du 6 janvier, date de L’Épiphanie, la fête chrétienne de l’adoration des rois mages devant l’enfant Jésus. La tradition veut que le plus jeune de l’assemblée se cache sous la table, et assure à l’aveugle la distribution des parts. Celui qui trouve la fève en mangeant est déclaré « roi ».
« La galette des Rois est ronde pour évoquer le soleil (le Christ est la lumière du monde) et l’univers (le Christ Dieu de l’univers) ; la couronne rappelle quant à elle les Rois mages et la royauté divine du Christ, la fève désigne sa venue cachée, rappelle Marie-Odile Mergnac dans son ouvrage Petite histoire de nos fêtes en France. Ce fameux gâteau, résumé d’un cours de théologie à lui seul, existe au moins depuis le XIIIe siècle (on l’évoque comme coutume déjà ancienne dans un texte rédigé à Amiens en 1311). »
Une galette des Rois traditionnelle.
Au fil des ans, le commun des mangeurs de galette des rois s’est donc mis dans la tête que la tradition de ce gâteau devait son existence à l’arrivée de ces trois mages. Pour rétablir la vérité, Tacite - l’écrivain latin - nous apprend que la tradition remonte aux Saturnales, des festivités organisées en l’honneur de Saturne, un dieu de la mythologie romaine, membre de la triade capitoline.
Cette fête était fixée au 16 décembre. À l’origine, elle ne durait qu’un seul jour, mais Auguste et Caligula firent en sorte de la prolonger. Ce qui est particulièrement plaisant à souligner, pendant les Saturnales - outre la fermeture des écoles et des tribunaux - c’est que la puissance des maîtres sur leurs esclaves était suspendue. Ces derniers avaient le droit de parler et d’agir en toute liberté.
Au cours d’un repas, au sein de chaque grande famille romaine, on utilisait la fève d’un gâteau pour tirer au sort le “prince des saturnales”. Celui-ci devenait alors le roi d’un jour. Il disposait du pouvoir d’exaucer tous ses désirs pendant la journée, y compris celui de donner des ordres à son maître.
Non, nous ne parlons pas ici d’un dessous de table déloyal. Pour procéder à la distribution des parts de la galette de façon impartiale, le plus jeune des convives devait effectivement se placer sous la table.
Et là, chaque fois qu’une part était découpée et prête à être servie, c’est lui qui désignait, sans la voir, la personne qui allait en bénéficier. Si vous n’y aviez jamais pensé, voilà bien une petite mise en scène que vous pourriez envisager pour l’an prochain, non ?
Nous devons également la tradition de la plus jeune personne présente choisissant à qui ira la prochaine part, en allant sous la table, aux Saturnales.
Dans les coutumes et traditions liées à la galette des rois, on peut relever une autre habitude. Elle consiste à compter le nombre de convives avant le découpage et de compter une part en plus.
Ce dernier triangle de la galette des rois porte des noms divers, selon l’usage et les habitudes. Les croyants ont tendance à le dénommer comme “la part de la Vierge” ou “la part du Bon Dieu”, d’autres choisissent plutôt de l’appeler “la part du pauvre”.
Dans tous les cas, il ne fait aucun doute qu’il y aura toujours un volontaire pour savourer la galette des rois jusqu’à la dernière miette, avec ou sans couronne.
La galette des rois a connu des hauts et des bas au cours de l’histoire de France. En 1711, par exemple, le Parlement de Paris avait décidé de la proscrire à cause de la famine, arguant que la farine était bien trop rare et qu’il fallait impérativement la réserver pour la fabrication du pain.
Il y eut même des prises de bec entre les pâtissiers, furieux, se sentant lésés parce que les boulangers avaient coutume d’offrir une galette des rois à leurs “pratiques”, ceux qu’on appelle aujourd’hui les “clients”. La rivalité fut telle entre les deux corporations que des arrêts furent rendus pour interdire aux boulangers d’incorporer du beurre dans leurs préparations ou de dorer leur pain avec des œufs.
Après avoir été boudée pendant la Commune, la galette des rois revint en grâce par un décret du 4 nivôse de l’an III. Soyons chic et disons-le : c’était le 24 décembre 1794. Ce retour de l’irrésistible gourmandise alla de pair avec une nouvelle dénomination : la galette de l’Égalité.
Voilà qui nous amène à la galette livrée chaque année au président de la République, depuis bientôt un demi-siècle (1975). Au même titre que la galette de l’Égalité susnommée, ce régal de frangipane ne cache aucune fève !
Cette tradition, instaurée en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing, respecte les valeurs de la République : pas de roi dans un pays sans couronne.
Depuis quand et pourquoi célèbre-t-on l'Épiphanie le 6 janvier ? Cette fête de la Galette des Rois aurait plusieurs origines, toutes antiques. Tout d’abord, l’Épiphanie est liée à l’histoire religieuse. Le mot vient du grec, epiphaneia qui signifie “apparition” ou “avènement”.
Cette fête, célébrée le 6 janvier, rappelle la visite des trois Rois Mages, Melchior, Gaspard et Balthazar à l’enfant Jésus qui venait de naître. Ces rois, couronnés, étaient guidés par une étoile qui, comme une apparition, leur a permis de rejoindre le Messie.
Ensuite, l'Épiphanie se confond avec La fête des Rois qui elle est païenne et trouve son origine dans la fête romaine des Saturnales. Ce jour-là, un roi était élu parmi les jeunes soldats de la Rome antique et de l’Empire. Il devenait alors commandant éphémère de sa troupe.
Entre tradition religieuse et rendez-vous gourmand, les Rois Mages et la galette font partie de l’imagerie populaire alsacienne. Cette tradition des rois a perduré et évolué au fil des siècles. Il en reste que le 6 janvier est surtout une date et une fête qui symbolisent, en Alsace comme ailleurs, le retour de la lumière et l'allongement des journées.
En effet, la fin de l’hiver approche... Certains voient d’ailleurs dans la galette ronde et dorée une représentation du soleil.
Au vue de la popularité de cette spécialité, et des tendances boulangères prévues, on peut sans trop de doute affirmer qu’elle ne risque vraiment pas de tomber dans la désuétude de si tôt. Pourquoi, depuis plus de 2000 ans, tire-t-on les rois au mois de janvier et partage-t-on une galette ?
Une tradition née dans les Hauts-de-France ? La galette des rois telle qu'on la connaît aujourd'hui pourrait trouver son origine dans la Somme. Selon Nadine Cretin, historienne des fêtes, on retrouve la trace de la première galette en pâte feuilletée en 1311, à Amiens, grâce à Robert II de Fouilloy, évêque d’Amiens.
Si dans les trois quarts de l’Hexagone on mange de la galette, on préfère le gâteau des rois dans le sud de la France.
La galette à la frangipane est aujourd’hui la plus consommée dans l’Hexagone. Composée de crème aux amandes entourée de pâte feuilletée, elle s’est imposée peu à partir du XVIe siècle, suite à une querelle entre pâtissiers et boulangers.
À l’époque, les deux corporations se disputent le monopole de la vente du fameux gâteau des rois, fabriqué à partir d’une pâte au levain. Ils en appellent au roi de France, François Ier, qui tranche en faveur des premiers.
Qu’à cela ne tienne, les boulangers contournent cette interdiction en remplaçant le gâteau par une galette à base de pâte feuilletée ! Mais d’autres recettes ont perduré dans certaines régions, en fonction des traditions.
Ainsi, dans le sud de la France, on mange toujours le gâteau des rois, sorte de brioche en forme de couronne agrémentée de fruits confits. En Franche-Comté, la galette bisontine est un gâteau à base de pâte à choux, aromatisée à la fleur d’oranger. Autre exemple, dans les Flandres, cette pâtisserie est composée de pâte briochée fourrée d’une crème au beurre aromatisée au rhum ou au kirsch. On trouve un gâteau similaire, appelé Nourolle, en Normandie…
En Guyane où la tradition de la tradition de la galette est très bien implantée, on consomme une galette totalement différente des autres versions de galettes des Rois vues précédemment puisqu’elle est faite à base d’une pâte sablée sucrée garnie de crème de coco, de crème pâtissière ou de confiture de goyave, d’ananas ou encore de banane au miel !
Voici un tableau récapitulatif des différentes galettes des rois régionales :
| Région | Type de galette | Description |
|---|---|---|
| Dunkerque | Galette dunkerquoise | Brioche fourrée d’une crème mousseline aromatisée au rhum. |
| Amiens | Thuirinoise | Brioche feuilletée à la crème d’amande surmontée de fruits confits. |
| Sud de la France | Gâteau des Rois | Pain levé à la fleur d’oranger, souvent en forme de couronne avec des fruits confits. |
| Franche-Comté | Galette bisontine | Gâteau à base de pâte à choux, aromatisée à la fleur d’oranger. |
| Normandie | Nourolle | Pâte briochée fourrée d’une crème au beurre aromatisée au rhum ou au kirsch. |
| Guyane | Galette guyanaise | Pâte sablée sucrée garnie de crème de coco, de crème pâtissière ou de confiture de goyave, d’ananas ou encore de banane au miel. |
Dès l’Antiquité, la fève (de haricot blanc ou autre légumineuse) est choisie comme élément caché dans la galette, car c’est l’un des premiers légumes à pousser après l’hiver. Cette graine est un symbole de fécondité, car elle porte en elle le germe de la future plante.
On ne pouvait trouver mieux pour célébrer Saturne, Dieu romain dédié à l’agriculture ! Au Moyen-Âge, la tradition perdure, la fève étant l’un des aliments les plus consommés en Europe.
La tradition de la fève remonte aux Saturnales organisées dans l’antiquité romaine.
Les fèves à collectionner sont aujourd'hui très populaires.
Aujourd’hui, la recette traditionnelle de la galette est à base de crème frangipane (un tiers de crème d’amande, deux tiers de crème pâtissière). Elle devrait son nom au comte Cesare Frangipani, qui aurait offert la recette à Catherine de Médicis au XVIe siècle, en cadeau de mariage lors de ses noces avec le futur Henri II.
Dans la tradition franciscaine, on fait toutefois remonter son origine au XIIIe siècle, en l’attribuant à Jacqueline de Septisoles, jeune veuve du noble romain Graziano de Frangipani, et proche de François d’Assise, à qui elle avait pour habitude d’offrir des gâteaux aux amandes.
Au cours du XIXe siècle, la véritable fève (graine de haricot) a peu à peu été remplacée par des personnages en porcelaine. D’abord des santons liés à la thématique religieuse, avant de se diversifier… Pour le plus grand plaisir des collectionneurs.
Si les premières fèves sont d’inspiration religieuse, avec des représentations de personnages de la crèche ou des angelots, progressivement, l’étiquette religieuse de la fève disparaît pour laisser place à une fête plus traditionnelle. Et les thématiques évoluent ; les fèves peuvent évoquer la chance (trèfle, fer à cheval), mais aussi des animaux ou des objets du quotidien, voire des symboles républicains (bonnet phrygien).
Aujourd’hui, les sujets sont très variés, entre l’actualité, les personnages de BD, dessins animés et films à la mode, ou encore la publicité… Chaque année, près de 5 000 fèves différentes sont créées en France pour la fête des rois, déclinées en une multitude de séries variées, qui font le bonheur des fabophiles, les collectionneurs de fèves, ayant même leur association nationale !
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