La question de la consommation de viande de manchot est complexe et mérite d'être abordée avec nuance. Souvent confondus avec les pingouins, les manchots sont des oiseaux marins fascinants qui vivent principalement dans l'hémisphère sud. Cet article explore les aspects liés à la consommation de viande de manchot, tout en mettant en lumière les efforts de conservation pour protéger ces espèces menacées.
Manchot empereur, la plus grande espèce de manchot.
Pour commencer, rappelons que les manchots et les pingouins, souvent confondus, correspondent bien à des espèces distinctes : les manchots, de la famille des Spheniscidae (à laquelle appartiennent aussi les gorfous), vivent tous dans l’hémisphère sud, tandis que le pingouin vit dans l’hémisphère nord, et sait voler.
On confond souvent les termes « manchot » et « pingouin », en raison des légères ressemblances physiques de ces oiseaux, et de la traduction anglaise penguin. Cependant ces deux sortes d'oiseaux n'ont aucune parenté proche : le manchot appartient aux sphéniscidés, tandis que le pingouin appartient aux alcidés. En outre, le manchot vit dans l'hémisphère sud, tandis que le pingouin se rencontre dans l'hémisphère nord, jusqu'en Bretagne et en Afrique du Nord. Enfin, contrairement au manchot, le pingouin sait voler.
Le terme de « manchot » est spécifique à la langue française. Il serait dû à l'ornithologue Brisson qui utilisa le latin mancus (estropié) en référence à leurs ailes réduites. La confusion entre pingouin et manchot, fréquente dans l’esprit du grand public, est en partie la conséquence de mauvaises traductions en français de documents, de livres ou de films étrangers. Ainsi, donc, le mot anglais penguin qui désigne le manchot (ou un gorfou) est souvent traduit à tort par pingouin, (alors que pingouin se traduit en anglais par auk ou plus précisément razorbill pour le petit pingouin).
Et le risque d’erreur de traduction vers le français existe aussi depuis la plupart des langues européennes qui utilisent des mots similaires à l’anglais penguin pour désigner un manchot. Notons aussi que les premiers explorateurs et voyageurs francophones de l’hémisphère sud, qui n’avaient pas conscience que ces oiseaux n’étaient pas apparentés aux pingouins de l’hémisphère nord, utilisèrent donc longtemps le terme de pingouin avant l’instauration du terme manchot, pour désigner ces oiseaux.
Le Petit Pingouin (Alca torda), seul pingouin existant aujourd'hui.
Toutes les espèces de manchots sont légalement protégées : la chasse et la collecte des œufs sont donc formellement interdites.
Malgré tout, certaines populations consomment leurs œufs : Officiellement non. Mais, les premiers explorateurs utilisérent cette ressource soit par facilité (par ex., Magellan) soit par nécessité (par ex., Shackleton). Aujourd'hui, dans certaines régions où les hommes sont au contact des manchots (Amérique du Sud, Afrique du Sud, îles Malouines), il arrive que des oeufs soient prélevés pour être consommés.
En outre, on trouve sur le site du Smithsonian Institute un article sur une expédition de Frederic Cook dans l’Antarctique en 1897 : leur bateau bloqué dans la glace pendant un hiver entier, l’équipage à cours de provisions s’est rabattu sur… la viande de manchot. D’après la description qu’en fait l’explorateur, ils auraient le goût de bœuf, de morue et de canard rôtis ensemble dans un pot, avec pour sauce du sang et de l’huile de foie de morue…
Concernant le pingouin, il n’en existe plus qu’une espèce, le petit pingouin (Pingouin torda ou Alca torda), qu’on trouve du pôle nord à la Bretagne, et qui niche principalement en Islande et au Royaume-Uni. En France, on ne le trouve qu’en Bretagne, et la diminution du nombre d’individus (ils sont passés de 500 couples dans les années 60 à moins de 30 en 2006) a fait inscrire cette espèce sur la liste rouge des espèces menacées en France dans la catégorie CR (en danger critique) :
C’est sans conteste le plus rare et le plus menacé de tous nos oiseaux marins. Malgré les actions de protection des colonies, le Pingouin torda s’avère toujours menacé par la pollution aux hydrocarbures et pourrait être affecté par la réduction de ses ressources alimentaires. Le statut critique de cette espèce est dû à une évolution très défavorable de ses populations. De 500 couples en 1960, les effectifs ont chuté de 80% en trois générations, pour tomber à une trentaine de couples seulement en 2006. De plus, son aire de répartition en France, limitée à la Bretagne, est très réduite.
La Scandinavie et les îles Britanniques concentrent l’essentiel des effectifs européens mais, malgré la bonne santé relative des populations britanniques, les possibilités d’immigration en direction des populations françaises restent faibles. Dans les années à venir, le changement climatique pourrait renforcer le caractère nordique de l’espèce, alors qu’elle se trouve actuellement en France en limite méridionale de son aire de répartition.
Le grand pingouin (Alca Impennis), aujourd’hui disparut, était comestible.
Nous supposons donc que le Petit Pingouin doit être comestible lui aussi, mais nous n’avons trouvé aucune information confirmant ou infirmant cette idée.
Dans cet article, nous allons faire la connaissance du petit pingouin. Après la mort du grand pingouin en 1844, il est le dernier membre de la famille des alcidés encore vivant sur la planète. Ce volatile, que l’on confond souvent avec le manchot, est une créature fascinante à observer. Hélas, avec quelques couples relictuels en Bretagne, il est l’espèce d’oiseau nicheur la plus menacée de France.
Le pingouin (Alca torda) est un oiseau marin qui appartient à la famille des alcidés dont il est le dernier représentant du genre alca. Dans la famille des alcidés on retrouve également des mergules, des guillemots, des stariques et des macareux. Alca torda est aussi appelé pingouin torda ou petit pingouin par opposition au grand pingouin (Pinguinus impennis), disparu le 3 juillet 1844.
Alca torda est un oiseau marin de petite taille : entre 35 et 45 cm pour une envergure de 70 cm et un poids allant de 500 à 700 g. L’animal à la silhouette rondelette se distingue par un ventre blanc alors que son dos, sa tête, sa gorge, sa queue et ses pattes sont de couleur noir. Un fin trait blanc s'étend du bec à l'œil ainsi que sur ses ailes. Le pingouin est parfaitement adapté au milieu marin où il se déplace en nageant à la surface de l’eau et plonge pour attraper ses proies. Cette espèce pélagique ne vient à terre que pour se reproduire et l’on remarque alors sa démarche quelque peu maladroite. Mais surtout, le pingouin est capable de voler.
Habitué aux climats froids, le pingouin évolue dans l'hémisphère nord, en particulier dans l'océan Atlantique. On le rencontre notamment le long des côtes de l'Amérique du Nord, de la Russie, de l’Islande, de la Scandinavie et des îles Britanniques, jusqu'au nord de la France. En période d’hivernage, les populations islandaises (les plus nombreuses) ont tendance à redescendre vers la Bretagne et la Manche tandis que d’autres vont se réfugier en Méditerranée, jusqu’au Maghreb.
Le pingouin adopte un régime alimentaire carnivore principalement composé de poissons, de crustacés et occasionnellement de vers et de mollusques. La plupart du temps, il nage sur l’eau et s’immerge au moment d’attraper sa proie. Si besoin, ce bon plongeur est capable de descendre entre 5 et 10 m de profondeur et de pratiquer l’apnée pendant 1 à 2 minutes. Ses ailes le propulsent alors à grande vitesse pour faciliter la capture d’animaux marins. Le pingouin peut stocker plusieurs proies dans son bec pour les remonter et les manger tranquillement.
Comme tous les autres membres de la famille des alcidés, le pingouin torda est une espèce grégaire toute l’année. L’oiseau forme des groupes qui peuvent atteindre plusieurs centaines d'individus, en particulier l’hiver, lorsqu’il faut parcourir la haute mer pour trouver de la nourriture. Assez sociable, le pingouin peut partager son territoire avec d’autres espèces comme le guillemot de Troïl.
Cet oiseau pélagique passe toute sa vie en mer, ne venant à terre que pour se reproduire. Pendant la période de nidification, il vit le long des falaises qui bordent la côte. Le pingouin est monogame et à ce titre, ne s’accouple qu'avec un seul partenaire par saison de reproduction. Au printemps, les pingouins ont l’habitude de s’accoupler sur les falaises où le mâle choisit une cavité en guise de nid. De fait, l'unique œuf de la ponte est déposé à même la roche. La couvaison, qui dure une trentaine de jours, est assurée alternativement par les 2 adultes. À sa naissance, le poussin semi-nidifuge est nourri par ses parents qui capturent des proies dans la mer et régurgite la nourriture pour la becquée. L’oisillon reste en permanence au nid pendant 3 semaines puis il gagne définitivement la mer au bout de 2 mois.
Les œufs et les poussins du pingouin sont la proie des goélands mais aussi de certains rapaces comme le faucon pèlerin ou de corvidés, tel le corbeau. Si le nid du pingouin est accessible, le renard peut aussi s’en prendre à sa progéniture. À l’âge adulte, l’oiseau peut ajouter l’orque au nombre de ses prédateurs.
À l’échelle mondiale ou européenne, le pingouin torda n’est pas une espèce menacée mais en France, sa population nicheuse a considérablement diminué au point de ne totaliser aujourd’hui que 25 couples environ (500 en Bretagne dans les années 1960). Ce fort déclin en fait l'oiseau marin le plus menacé de France où il est considéré comme en voie d’extinction. La régression de ses effectifs est due essentiellement à la raréfaction de sa nourriture due à la pêche intensive et aux pollutions (marées noires, dégazages).
Le pingouin et souvent confondu avec le manchot car les 2 espèces présentent des similitudes au niveau de leur apparence physique : une robe noire et blanche ainsi que ailes adaptées à la nage en haute mer. Bien que vivant en 2 endroits opposés du globe, les 2 oiseaux présentent une ressemblance due aux mêmes adaptations biologiques en milieu marin. : comme vu plus haut, le pingouin vit dans l’hémisphère nord. L’aptitude au vol. Si le pingouin peut voler, le manchot en est incapable. La taxonomie. Ainsi qu’indiqué en préambule de cet article, le pingouin appartient à la famille des alcidés. Les manchots eux, sont des oiseaux de la famille des sphéniscidés, au même titre que les gorfous.
Attraper un pingouin prend à peu près deux minutes à Mashudu Mashau, qui traque les blessures ou maladies signalées chez ces oiseaux de mer si attachants, désormais en danger « critique » d’extinction sur la péninsule du Cap. « Je prends mon temps. Je me baisse, parfois même je rampe, pour ne pas sembler menaçant », explique à l’AFP cet employé de la ville portuaire et touristique à la pointe sud de l’Afrique.
Avec un collègue, « quand on est proches, on vise la tête et on la tient pour sécuriser » le manchot. Parfois, les pingouins noirs et blancs à l’âge adulte, plumes marron ébouriffées quand ils sont encore adolescents, se dandinent jusqu’à la route au-dessus de la plage et là, l’affaire se complique.
« On en a eu un aujourd’hui... Il passait d’un côté d’une voiture garée à l’autre, l’enfer. On a fini par l’immobiliser », souffle cet homme de 41 ans, qui a consacré les huit dernières années à protéger l’espèce. Capturés et délicatement placés dans une boîte en carton, ils sont envoyés dans un dispensaire spécialisé où ils sont soignés avant d’être relâchés.
Mais les défenseurs de la nature craignent que leurs efforts ne suffisent pas à enrayer le déclin du manchot du Cap, classé en octobre parmi les espèces en « danger critique » d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
« On peut se donner corps et âme. Mais s’il n’existe pas d’environnement sain pour eux, c’est presque vain », souligne le vétérinaire David Roberts, du centre de soins géré par la Fondation d’Afrique australe pour la conservation des oiseaux côtiers (SANCCOB).
Il reste moins de 10.000 couples reproducteurs en Afrique australe, principalement en Afrique du Sud, contre 42.500 en 1991, et leur extinction à l’état sauvage est prévue d’ici 2035.
Les facteurs sont nombreux: manque de nourriture, changement climatique, perturbations accrues, maladies ou marées noires. Pour Allison Kock, biologiste marin des parcs nationaux, la plus grande menace est liée à leur alimentation: « S’ils sont affamés », notamment de sardines ou d’anchois, « ils ont tendance à abandonner leurs efforts de reproduction ».
En conséquence, les autorités ont imposé une interdiction de la pêche commerciale autour de six colonies de manchots pour dix ans dès janvier. Mais SANCCOB, ainsi que BirdLife, une autre ONG environnementale, ont porté plainte contre le gouvernement, arguant que les zones interdites à la pêche ne sont pas assez vastes.
« Idéalement, on voudrait qu’il y ait plus de poissons dans l’océan, mais ça, nous n’y pouvons rien. Donc nous demandons de limiter la concurrence directe pour les poissons restants entre les pêcheries industrielles et les pingouins », explique à l’AFP Katta Ludynia, responsable recherche à la SANCCOB.
Pour l’association de pêche pélagique sud-africaine, « la pêche industrielle a un impact » limité par rapport à d’autres facteurs, notamment environnementaux, comme « l’abondance fluctuante » des sardines et anchois qui les nourrissent.
Une audience est prévue en mars mais un accord à l’amiable pourrait être trouvé avant, espère le nouveau ministre de l’Environnement. D’autres initiatives contribuent aux efforts pour sauver le manchot du Cap, notamment des nids artificiels pour augmenter le taux de reproduction.
Leur nouveau statut de menace « critique » d’extinction peut aider mais aussi nuire: Elle devrait se traduire par davantage de financements pour les protéger... Mais aussi plus de touristes, qui souvent les perturbent. « Les manchots sont très sensibles » et les gens se rapprochent dangereusement, parfois « avec leurs perches à selfies », souligne Arne Purves, qui travaille à la conservation côtière de la ville.
Le tourisme est un secteur vital pour l’Afrique du Sud et les manchots du Cap ont rapporté des dizaines de millions de dollars au pays l’an dernier, selon une étude récente. Pour les défenseurs de première ligne, comme Mashudu Mashau, ce coup de projecteur est bienvenu. « Ces dernières années, il n’y en avait que pour les rhinocéros », menacés par le braconnage, note-t-il, espérant « le même respect et la même assistance ».
Car l’urgence n’est pas juste de sauver les pingouins maladroits sur terre et à la nage si gracieuse, mais tout un écosystème dont les humains font partie. Si « les manchots se portent bien, nous en profitons aussi ».
En conclusion, bien que la consommation de viande de manchot ait été une nécessité pour certains explorateurs dans le passé, elle est aujourd'hui illégale et contraire aux efforts de conservation. Il est crucial de soutenir les initiatives visant à protéger ces espèces menacées et de sensibiliser le public à l'importance de la biodiversité marine.
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