Le sorgho fourrager gagne en popularité dans les pratiques culturales des éleveurs de bovins, offrant une alternative intéressante pour sécuriser la production fourragère. Cette graminée, originaire du Sahel, se distingue par sa capacité à croître même à des températures élevées, là où le maïs cesse de se développer. De plus, le sorgho est particulièrement efficace pour extraire l'eau du sol, ce qui en fait une culture adaptée aux régions arides.
Le sorgho permet de sécuriser la production en quantité et en qualité : quand le maïs arrête définitivement sa croissance à 30°C, le sorgho produit jusqu’à 40°C. Le sorgho crée sa valeur par le sucre, et non pas par l’amidon. Dès 25%MS, un point d’UFL est atteint.
D’un point de vue agronomique, les 3 atouts du sorgho sont :
Le sorgho permet de produire avec moins d’eau : le sorgho a besoin de deux fois moins d’eau que le maïs : 150 mm contre 275 mm (selon un essai Arvalis de 2009 et 2010). L’efficience en eau du sorgho est meilleure : 42 kg MS/ha/mm H2O contre 30 en maïs (selon l’étude de LEMAIRE et al. 1996, INRA Lusignan), malgré une consommation d’eau plus élévée liée à son rendement potentiel (310 mm d’eau consommée pour une production de 13 tMS/ha). En situation de sécheresse, le sorgho se bloque mais reste vert ! Il attendra la pluie pour repartir.
Le sorgho valorise efficacement l’azote : pour une production de 13 tMS/ha, le sorgho prélève 240 kg N/ha, soit 0,74 kg N/ha/mm H2O (selon l’étude de LEMAIRE et al. 1996, INRA Lusignan). Contre 0,33 kg N en maïs (rendement moyen à 9 tMS/ha). Le plan prévisionnel de fumure est un outil de pilotage qui permet d’anticiper les besoins des cultures, et donc aussi du sorgho.
Les variétés de sorgho fourrager mono-coupe sont récoltées en une fois. Ils ont besoin de 100 à 140 jours de végétation. Ce type de sorgho est généralement valorisé en ensilage pour les troupeaux de ruminants, mais aussi en biomasse pour les méthaniseurs. Dans le cas de sorgho à destination animale, la teneur en énergie doit être élevée.
Comme son nom l’indique, le sorgho fourrager multi-coupe est destiné à être récolté en plusieurs fois (un pâturage, une fauche pour enrubannage/foin/affouragement en vert). Certains sorghos fourragers multi-coupe sont aussi récoltés en une seule fois en ensilage. Ce type de sorgho fourrager est classé en deux catégories :
BMR signifie Brown Mid Rib. En français, cela se traduit par la nervure centrale brune.
L’alcool synapylique est le composant majeur de la lignine pour 60%. Le sorgho BMR inhibe la fabrication de l’alcool synapylique. En conséquence, la teneur en lignine diminue au fur et à mesure que le sorgho se développe. Le taux de lignine est donc bien plus faible que celui d’un sorgho non BMR : moins 75% !
Plus le sorgho est mature, plus la lignine diminue et la digestibilité augmente :
Quelques soient les conditions climatiques, la valeur alimentaire est toujours stable. La valeur alimentaire augmente avec la maturation de la plante. C’est pourquoi il ne faut pas récolter trop tôt !
D’après les résultats étudiés en collaboration avec Semental et le laboratoire Germ Services, les valeurs alimentaires sont :
| Sorgho non BMR | Sorgho BMR | Maïs | |
|---|---|---|---|
| Amidon | 3,60 | 6,60 | 33,60 |
| dMO | 70,5 | 80,8 | 72,7 |
| Glucides solubles | 18 | 24,50 | 8 |
| ADL | 2,70 | 0,60 | 2,50 |
| UFL | 0,91 | 1,06 | 0,93 |
| UFV | 0,66 | 0,93 | 0,8 |
| NDF | 57 | 54 | 44 |
| ADF | 28,7 | 26,3 | 25,6 |
| Cellulose | 27,8 | 24,00 | 18,7 |
| MAT | 7,3 | 8,1 | 7,3 |
| PDIE | 42 | 67 | 65 |
| PDIN | 45 | 50 | 45 |
| PDIA | 16 | 18 | 16 |
| Matières minérales | 5,1 | 5,2 | 3,4 |
Le sorgho est un concentré d’énergie comprenant 25 à 28% de sucre (sous forme de glucose, saccharose, lévulose, …) et 1 UFL au kilo de MS. Le risque d’acidose est fortement réduit grâce à une forte teneur en énergie « sans » amidon (2 à 8% d’amidon dans le sorgho). L’apparition des mammites, boiteries et autres déséquilibres métaboliques sont réduits. En effet, si l’on incorpore 30 à 50% de sorgho dans la ration, elle aura une teneur totale proche de 18 à 20% d’amidon. C’est le seul aliment qui ne déconcentre pas la ration : Avec 30% de sorgho incorporé avec du maïs, la ration atteint environ 1 UFL. C’est mieux qu’avec un méteil (0,80 UFL), qu’avec un ensilage RGI (0,93 UFL) ou qu’avec un foin de luzerne (0,68 UFL).
Avec un taux de NDF compris entre 52 et 57%, et un taux de cellulose compris entre 24 et 28%, la rumination est optimisée.
Avec une dMO comprise entre 76 et 82%, le transit digestif est plus rapide. La satieté est réduite. L’ingestion augmente de 15%.
Avec 30% de sorgho dans la ration, la digestibilité est maximisée, le transit est plus rapide et l’ingestion progresse de 10 à 15%. Le sorgho est donc un aliment complémentaire du maïs ensilé. Il évite l’excès d’amidon, sans baisser la concentration énergétique, tout en améliorant l’efficacité alimentaire du maïs. Il est envisageable d’appliquer un conservateur dans l’ensilage de sorgho.
Les résultats observés en vaches laitières sont probants :
Le sorgho augmente le niveau d’ingestion, ce qui permet de développer le squelette et muscles des animaux en croissance. L’objectif d’un vêlage à 2 ans est atteignable avec des rations incorporant du sorgho.
Intégrer 30% de sorgho dans la ration permet d’améliorer la finition des bovins. Avec 1940 grammes / jour de GMQ.
Alors que le maïs ensilé fait graisser les bêtes, le sorgho trouve tout son intérêt en vaches allaitantes. Avec la baisse du maïs, la cyclicité et la reproduction sont améliorées, tout comme la fertilité qui permet d’atteindre un veau par an. L’IVV peut être réduit de 30 à 40 jours. En complément, l’état corporel des vaches s’améliore.
Le sorgho augmente le niveau d’ingestion, ce qui permet de développer le squelette et muscles des animaux en croissance. Les veaux peuvent atteindre jusqu’à 270 jours et 360 kg au sevrage. Les GMQ frôlent les 1 150 grammes par jour. Le gain atteint 75 € par veau.
En augmentant la croissance des taurillons grâce à un GMQ de 1400 à 1600 g/jour, et des indices de carcasse à 9,7 kg MS/ kg de gain de poids de carcasse, le sorgho trouve son intérêt dans cette production. La mortalité par acidose est fortement réduite.
Un nutritionniste indépendant vous aidera à bien choisir la complémentation en fonction des autres constituants de la ration en vache laitière.
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