L'hôtellerie et la restauration font partie des secteurs qui recrutent. Ambiance animée, horaires flexibles et contacts humains à la pelle : travailler dans l’horeca (hôtellerie-restauration-cafés) a de quoi séduire.
Mais une question persiste : le salaire suit-il vraiment l’énergie dépensée derrière un bar, en cuisine ou en salle ? En 2025, le constat est clair : on y gagne correctement sa vie, mais rarement des fortunes.
Selon les derniers chiffres disponibles, le salaire brut moyen dans l’horeca atteint 3.421 euros par mois en 2025. Une progression notable de près de 20 % par rapport à 2020. Mais la réalité reste contrastée : ce montant demeure 26 % inférieur à la moyenne nationale, qui s’élève à 4.318 euros brut.
Le secteur reste cependant une porte d’entrée pour de nombreux jeunes et étudiants. Certains choisissent d’y rester, attirés par le dynamisme et l’esprit d’équipe, quitte à accepter des rémunérations plus modestes que dans d’autres branches.
Dans le Nord, près de la frontière belge, la tâche est ardue car les salaires sont plus attractifs en Flandre-Occidentale. À Dunkerque, nombreux sont les établissements qui peinent à recruter. À la "Brasserie de la place", cinq postes sont à pourvoir. Sans succès.
Car depuis Dunkerque, la frontière n'est qu'à dix minutes de voiture. Dix minutes de plus, et on arrive à La Panne, une importante station balnéaire belge. Sur la digue, 90% des employés sont Français, à l'instar de Matisse Marécaux, salarié du restaurant "Le Beaulieu". Le jeune homme, qui habite à Dunkerque, explique qu'il y a "700 euros de différence pour la même charge de travail par mois" entre la Belgique et la France.
L'écart est tel que sa responsable, Madeleine Smets, n'engage que des Français, "surtout des étudiants". "Pendant les vacances, ils passent pour postuler", explique-t-elle.
Pourquoi une telle différence ? En Belgique, les salaires sont indexés sur l'inflation. Ils ont, par conséquent, beaucoup augmenté au cours des derniers mois. Les charges salariales ne sont également pas les mêmes qu'en France.
L'afflux de Français est tel dans cette station balnéaire belge que la barrière de la langue, en pleine Flandre-Occidentale où l'on parle néerlandais, n'est pas un problème. "La plupart qui travaillent pour nous, on les fait aller une heure ou deux par semaine à l’école pour apprendre le Néerlandais", explique ainsi Arnaud Vanhove, serveur au bar et restaurant "Kicks" de La Panne.
En France, pour le même travail, les salariés reçoivent 3 euros de moins en moyenne par heure. Mais le rythme de travail n'est toutefois pas le même en Belgique. "Ce ne sont pas les mêmes conditions de travail, ils font plus que 35 heures. Tout est relatif dans le salaire", souligne Mathias Vigliano, associé gérant du restaurant "La Cocotte" à Dunkerque.
Dans ce contexte d’inflation, les restaurateurs français se disent prêts à faire un effort sur la fiche de paie. "Aujourd'hui, en 2023, on ne peut plus se permettre, quand on a de bons éléments, de payer les gens au Smic en restauration, ce n’est plus possible", martèle Eric Dubois, président général de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Dunkerque Flandres Littoral.
Comme ailleurs, l’expérience joue un rôle clé. Un débutant gagne autour de 2.784 euros brut mensuels. Après plus de 16 ans de carrière, la rémunération grimpe à environ 3.829 euros.
La fonction occupée influe aussi fortement :
L’égalité salariale reste un défi : en moyenne, les hommes perçoivent 3.593 euros contre 3.125 euros pour les femmes à poste équivalent.
La géographie joue aussi un rôle majeur. Dans le Luxembourg belge, les salaires dépassent les 4.300 euros, alors que dans des provinces comme Namur, on tombe sous les 2.900 euros. Bruxelles et le Brabant flamand se situent dans la moyenne haute, avec des rémunérations proches de 3.700 à 3.800 euros.
Dans l’horeca, les bonus financiers restent modestes comparés à d’autres secteurs. Près de 7 salariés sur 10 bénéficient d’une prime de fin d’année, et 6 sur 10 touchent des écocheques.
Mais le télétravail ou les abonnements internet sont quasi inexistants - difficile d’imaginer un serveur en visioconférence depuis sa cuisine. En moyenne, les employés de l’horeca n’ont accès qu’à six avantages extralégaux, l’un des chiffres les plus bas en Belgique. Quant aux jours de congés, ils tournent autour de 22 par an, loin des 39 jours observés dans l’enseignement.
Le vrai salaire de l’horeca ? Souvent celui qu’on mesure en expériences, en rencontres et en souvenirs de service jusqu’au bout de la nuit.
| Catégorie | Salaire/Avantage | Valeur/Description |
|---|---|---|
| Salaire Brut Moyen (2025) | Salaire | 3.421 euros par mois |
| Salaire Débutant | Salaire | Environ 2.784 euros brut mensuels |
| Salaire avec Expérience (+16 ans) | Salaire | Environ 3.829 euros |
| Différence Homme/Femme | Salaire | Hommes : 3.593 euros, Femmes : 3.125 euros |
| Luxembourg Belge | Salaire | Plus de 4.300 euros |
| Prime de Fin d'Année | Avantage Extralégal | Bénéficiée par 7 salariés sur 10 |
| Écocheques | Avantage Extralégal | Reçus par 6 salariés sur 10 |
| Jours de Congés | Avantage | Environ 22 jours par an |
L’horeca reste un univers unique, où la passion compense souvent des salaires moins élevés que la moyenne nationale. Si vous cherchez stabilité financière et nombreux avantages sociaux, d’autres secteurs seront plus attractifs. Mais si vous privilégiez le contact humain, la polyvalence et l’adrénaline d’un service bien mené, l’horeca garde un charme indéniable.
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