L'élevage porcin en plein air bio représente une alternative prometteuse à l'élevage industriel traditionnel. Cette méthode d'élevage met l'accent sur le respect de l'environnement, le bien-être animal et la production d'une viande de qualité supérieure. Cet article explore les avantages de l'élevage porcin en plein air bio, les pratiques agricoles associées et les défis rencontrés par les éleveurs.
Nathan, après un bac pro Conduite et gestion de l’entreprise agricole (CGEA) et un BTSA Développement de l'agriculture des régions chaudes (DARC) au lycée agricole Alexandre Buffon de Baie-Mahault (Guadeloupe), vient de commencer une licence professionnelle Adret (Agronomie, développement rural et entreprenariat en milieu tropical) en lien avec l’Inra et l’Université des Antilles. Il a pour ambition de devenir éleveur de porcs en plein air bio. Nathan : Je trouve que c’est une belle profession, d’autant plus que je suis sensible à la santé humaine, au bien-être animal et à la protection de l’environnement. Si j’ai choisi l’élevage porcin en plein air bio, c’est parce que je souhaite m’engager dans le développement durable, démarche qui n’existe pas dans la filière porc guadeloupéenne.
Nicole Touvin : « Nathan est entré en BTSA particulièrement motivé. Son projet d’installation est venu d’un travail réalisé sur le porc bio qui lui a permis de voir l’intérêt de la filière. » Le BTSA m’a apporté des connaissances en ce qui concerne la gestion d’une exploitation agricole avec un élevage : en techniques de production animale, en biologie, sur le bien-être animal, sur la façon de raisonner... Parallèlement aux apports théoriques, les mises en pratique - comme les études de cas - mettent les étudiants en situation réelle dans des projets pour les exploitations, et ce dans différents systèmes de production. La pluridisciplinarité offre aussi une synthèse des aspects qui concernent une exploitation (économique, technique, etc.).
Après la licence professionnelle, j’aimerais m’installer. J’ai déjà entamé des démarches pour l’installation. À défaut de pouvoir le faire, je continuerai les formations : c'est un vrai plus pour l’obtention de foncier par la Safer de Guadeloupe.
Nicole Touvin : « L’élevage de porcs bio n’est pas pratiqué sur le territoire guadeloupéen. Pourtant, la demande existe. J’encourage donc vivement Nathan dans cette voie.
Ma ferme de 21 ha est spécialisée dans l'élevage, plein air, de porcs en agriculture biologique . Elle vise à une meilleure harmonie entre l'agriculture et la nature, grâce à des pratiques plus respectueuses de l'environnement et des animaux. Savourez la différence avec notre viande et charcuterie bio, issues de cochons noirs élevés en plein air. Tous les cochons vendus viennent de notre ferme. Nés et élevés en plein air toute l’année, ils oscillent entre nos champs et notre foret en fonction de la saison. Tout est transformé sur notre ferme, dans notre atelier et par nous. Nous utilisons uniquement la viande de nos cochons. Nous commercialisons nos produits uniquement sur les marchés et dans notre magasin de producteur. “Mais comment devient-on saucisson? demandait une saucisse pas encore ridée par l’affinage.”Il faut du temps pour faire un bon produit.
L'élevage en plein air offre de nombreux avantages :
Le Porc Celte, peuplait l’Ouest de la France du Moyen-Age jusque dans les années 70. Cette race n’est pas modifiée génétiquement, ce qui l’a induit à presque disparaitre ! Contrairement au porc industriel, élevé entre 5 et 6 mois, il faut 12 à 13 mois au porc celte pour que sa viande soit rouge (dû au pâturage) et goûteuse. Cette race d’antan est inadaptée à l’élevage industriel hors sol. Les truies mettent bas de gros porcelets, elles ont de très bonnes qualités maternelles. Friands de glands, châtaignes, noix, pommes, prunes, noisettes, mûres, ces fruits de saison donnent du goût à la viande. Leur croissance est lente comme autrefois, afin d’avoir un dépôt de gras parfait.
Riche en vitamines B1, protéines, et en zinc, la viande porc est bonne pour la santé avec ses nombreux atouts nutritionnels ! Cette race ancienne vous fera découvrir les saveurs incontestées du Porc Celte, oubliée mais pourtant d’une très grande qualité gustative ! Découvrez également nos terrines de Porc Celte et notre Bœuf Angus Bio !
En fonction de ses objectifs et des caractéristiques de son exploitation (type d’installations, emplacement, surface disponible, main-d’œuvre, caractéristiques de l’environnement, etc.), chaque éleveur choisit son mode d’élevage et sa conduite. Avant de se lancer, il est prudent de vérifier si le site d’exploitation réunit les conditions favorables à la création d’un élevage plein-air, notamment au regard des surfaces disponibles, des conditions de sol et de météo. Si l’élevage plein-air concerne environ la moitié des truies biologiques en France, l’engraissement des porcs en plein-air est beaucoup moins fréquent dans les régions de l’Ouest de la France.
Conduite des truies : En groupe.
Le cycle de reproduction de la truie est composé de 3 éléments : durée de lactation / intervalle sevrage-insémination / durée de gestation. La durée de gestation est de 114 jours, et l’intervalle sevrage-insémination est relativement constant autour de 5 jours.
Dans un atelier de naissage, le travail est rythmé par la succession de trois activités régulières : le sevrage, les inséminations ou lutte naturelle et les mises bas. La conduite en bandes permet d’avoir des groupes d’animaux de taille identique au même stade physiologique. Cette pratique permet donc une synchronisation des chaleurs et des mises-bas des truies ce qui facilite grandement la surveillance, les pratiques d’adoption.
Choix de l'âge au sevrageAvec un sevrage à 42 jours, les intervalles entre bandes seront toujours irréguliers, car le nombre 23 est un nombre premier (il n’est pas divisible par 3 ou par 6 par exemple).
C’est la manière dont sont logées les truies qui va en grande partie influencer sur les performances d’un élevage de plein air. Le nombre de porcelet sevré qui doit à minima être de 10 par mise bas dépend en priorité de l’environnement de vie de la truie. La nature du terrain va ainsi permettre ou non l’alimentation en extérieur des animaux. Dans certains contexte il est possible sans trop de gaspillage d’alimenter les animaux au sol alors qu’en situation plus fraiche et profonde il faut soit avoir des auges fixes et couvertes ou mieux nourrir les animaux à l’intérieur des cabanes. Cette option oblige à redessiner en entier le logement avec des hauteurs de construction permettant à l’éleveur de se tenir debout ce qui offre également de meilleures conditions de travail lors des sevrages ou interventions diverses telles que la castration. Pour la truie se sera l’endroit où se déroulera la mise bas moment crucial pour la réussite ou non du projet. Un apport de paille restreint est conseillé afin d’éviter les écrasements surtout avec des cochettes inexpérimentées. Elle doit pouvoir avoir l’espace suffisant pour se retourner. En maternité, elle doit pouvoir également façonner le nid pour elle et ses porcelets. Il est en effet possible de considérer le parcours comme une aire d’exercice minimaliste exigée par le cahier des charges ou comme un apport nourricier permettant une économie d’aliment concentré.
Les conditions de logement des animaux doivent répondre à leurs besoins physiologiques et éthologiques (mouvements et confort de l’animal) ; Aération et éclairage naturels ; Les espaces en plein-air doivent offrir des protections suffisantes contre la pluie, le soleil, le vent et les températures extrêmes.
Pour les porcelets :
Aliment en C1 (Conversion 1ère année) : 20 % de la ration si provenance de prairies ou protéagineux en 1ère année de conversion de l’exploitation. Aliment en C2 (2ème année) : Si achat = ≤ 25 % de la ration annuelle moyenne, si produit sur l’exploitation = ≤ 100 %.
Nombre de traitements autorisés :
L’analgésie pour la castration est assimilée à un traitement obligatoire.
Castration des porcelets : À partir du 1er Janvier 2022, elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge sous anesthésie et analgésie. La bombe de froid est autorisée comme analgésique. Elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge, sous anesthésie ou analgésie. La bombe à froid est autorisée. Par dérogation, si pour des raisons anatomiques, la castration doit être pratiquée plus de 7 jours après la naissance, une anesthésie complétée par une analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire.
Mixité Bio / Non Bio : Autorisée si espèces différentes dans des unités dont les bâtiments et les terres sont bien séparées.
Durée de conversion : Parcours = 1 an, animaux = 6 mois.
Ils peuvent être introduits, à des fins de reproduction, uniquement lorsque les animaux bio ne sont pas disponibles (consultez la base de données « animaux biologiques » de l’INAO) et AVEC DEROGATION, dans les cas suivants :
| Aspect | Conditions |
|---|---|
| Logement | Aération et éclairage naturels, accès à des aires d'exercice extérieures |
| Alimentation | Aliment bio, restrictions sur l'alimentation en conversion |
| Soins | Nombre limité de traitements, analgésie obligatoire pour la castration |
| Castration | Sous anesthésie et analgésie avant 7 jours |
| Reproduction | Conduite en groupe |
| Conversion | Parcours : 1 an, animaux : 6 mois |
La production de porcs a beaucoup progressé ces dernières années en Guadeloupe, si bien qu’on a du mal à l’écouler par rapport à la concurrence de la viande importée.
Les 5 et 12 février dernier se déroulait en Haute-Vienne et dans le Lot une formation organisée par BioNA à propos de la création et gestion d’un atelier de naissage en plein air. Le premier volet se proposait de défricher le parcours administratif obligatoire en amont de toute création d’un élevage de porc de plein air.
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