La consommation de viande dans le monde est globalement croissante. Même si des disparités existent entre les continents et les pays, plus de 320 millions de tonnes de viande seraient consommées chaque année. Cette consommation est pourtant la cible de différents combats comme celui pour le bien-être animal mais aussi l’écologie. En effet, l’industrie animalière est régulièrement mise à l’index pour ses mauvais traitements envers les animaux.
Le bœuf reste la viande incontournable dans les habitudes alimentaires turques, les consommateurs sont réticents à se tourner vers la chèvre et le mouton, et si la consommation a reculé cette année à cause du bond des prix, elle devrait rebondir de 3 % l’an prochain. Cependant, un récent scandale a mis en lumière des problèmes de fraude et de contamination dans l'industrie alimentaire turque.
La Turquie devrait importer 80 000 tonnes de viande bovine sur l’ensemble de l’année 2024, soit 131 % de plus qu’en 2023, lorsque le gouvernement a rouvert ses frontières à la viande bovine dans l’espoir de réguler les prix. Et les analystes de l’USDA estiment que la Turquie importera autant l’an prochain, toujours sous l’égide l’ESK, l’organisme ministériel seul habilité à importer. La Turquie est le second importateur mondial d’animaux vifs, pour un marché évalué à 1,63 milliards de dollars.
Au premier semestre, la Turquie a importé 41 892 tonnes de viande bovine, dont près de 30 000 t depuis la Pologne, soit plus du double des volumes du premier semestre 2023. La France y a envoyé près de 3 000 tonnes, un triplement par rapport à 2023, selon les données des Douanes françaises relayées par FranceAgriMer. Néanmoins, la France profite de l'appel d'air engendré par le recul de la Pologne sur l'Italie et la Grèce pour alimenter la Turquie.
Selon les opérateurs français, les perspectives restent incertaines pour 2025. En 2025, les importations devraient de nouveau chuter de 30 % à 420 000 têtes faute d’offres sur le marché mondial.
Importations mondiales de viande porcine
A 1,7 million de tonnes attendues en 2025, la production de viande bovine devrait progresser de 6 %, alors que les éleveurs devraient continuer à décapitaliser. Le cheptel est en effet attendu à 15,7 millions de têtes en 2024 (-4,8 %) et devrait reculer encore en 2025, à 15 millions de têtes (-4 %). Ce qui a plombé la production en 2024, c’est notamment l’abattage d’animaux maigres (270 à 300 kg en moyenne, contre 400 kg usuellement), donc des volumes en retrait.
Les éleveurs turcs sont toujours confrontés à la flambée des coûts de production, notamment ceux liés à l’alimentation du bétail, importée à 60 %. Le fourrage manque de plus en plus dans le pays, à cause des sécheresses. Dans le même temps, le cheptel laitier se réduit à cause des prix du lait non rémunérateurs. La consommation de produits laitiers est en chute libre en Turquie, dans un contexte de forte inflation (+60 % en juillet 2024).
Les Turcs sont éprouvés par une forte inflation, avec des hausses annuelles des prix au détail de 63 % pour la viande bovine, 114 % pour la viande ovine, 273 % pour le poulet et plus de 50 % pour les produits laitiers.
Inflation en Turquie
La nouvelle, publiée par le média en ligne T24, a fait l’effet d’une bombe en Turquie : de la viande de porc, dont la consommation est interdite dans la religion musulmane, a été retrouvée - en très petite quantité - dans la viande utilisée par une célèbre chaîne de restauration bon marché, Köfteci Yusuf, qui compte 280 établissements à travers le pays. Le köfte, un des plats nationaux, est une boule de viande, généralement cuisinée à partir d’un mélange d’agneau et de bœuf, avec de nombreuses épices.
La présence de viande porcine a été détectée à la suite d’un contrôle du ministère de l’Agriculture, chargé de vérifier la composition des denrées alimentaires vendues dans le pays. Mais Köfteci Yusuf n’est pas le seul concerné. Au cours de l’année, 16 000 violations à la réglementation de ce type ont été constatées, rapporte Medyascope, qui cite la présence de viande de porc, d’âne ou de volatiles dans des préparations déclarées comme à base de viande rouge, mais aussi du fromage à la margarine et à l’amidon, des huiles ou du miel trafiqué.
Restaurant de la chaîne Köfteci Yusuf, à Istanbul
“Si j’avais des connexions politiques ou si j’étais une entreprise étrangère, on ne serait pas venu me créer des problèmes”, s’est défendu publiquement Yusuf Akkas, le patron de la chaîne de restaurant, qui dit s’inquiéter pour ses 12 000 employés, rapporte le quotidien Cumhuriyet. Mais le fabriquant de köfte semble bien être parvenu à renverser la tendance. Ainsi, selon le célèbre journaliste proche du pouvoir Nedim Sener, cité par le quotidien islamo-nationaliste Yeni Safak, il s’agirait d’une attaque “sioniste” contre cette entreprise turque, en rétribution des appels au boycottage des produits israéliens.
À l'origine du scandale, il y a une liste publiée par le ministère de l'Agriculture : 16 000 produits - sur un million testés depuis le début de l'année - pour lesquels des fraudes ont été détectées. Par exemple, de l'huile d'olive mélangée à d'autres huiles, de la peinture dans le thé, de la fécule dans le fromage... Mais aussi de la viande de cheval, d'âne ou de porc dans des produits qui ne sont pas censés en contenir - surtout quand ils sont certifiés halal, comme c'est le cas de la plupart des aliments fabriqués en Turquie.
Le problème n'est pas nouveau : les autorités avaient déjà publié ce genre de liste. Mais des experts en sécurité alimentaire estiment que la forte hausse des coûts de production (33% sur un an en septembre) pousse de plus en plus d'entreprises peu scrupuleuses à rogner sur les coûts en "trafiquant" leurs produits. De même, la hausse des prix à la consommation oblige les Turcs à acheter des produits moins chers, davantage susceptibles d'être trafiqués.
Selon eux, le plus inquiétant, c'est la présence dans les aliments de pesticides en trop grand quantité, voire de substances interdites, ce qui suggère que les contrôles sont très insuffisants. La preuve : selon le RASFF, le système d'alerte qui signale les problèmes relatifs aux produits agroalimentaires dans l'Union européenne, des résidus de produits chimiques sont détectés plus souvent et en plus grande quantité dans les produits provenant de Turquie que dans ceux provenant de tous les autres pays du monde. L'an dernier encore, la Turquie était numéro 1 pour les notifications, devant l'Inde, la Pologne et la Chine.
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