Au fil des époques et des modes, de nombreux mots du vocabulaire français du rasage et de la toilette corporelle ont évolué. Certains ont totalement disparu, d’autres sont restés les mêmes, et quelques uns proviennent même de noms de marques ! Cet article va donc explorer, à la manière d’un glossaire, les différents termes afférents à notre belle passion. Nous compléterons cet article au fur et à mesure des découvertes.
Du grec pogos (barbe) et temno (couper), l’action de couper la barbe, donc de se raser. Un terme inventé en 1769 par Jean-Jacques PERRET, qui a écrit un ouvrage important sur le rasage !
En voilà une expression alambiquée… qui veut tout simplement dire « se raser » ! Elle est très importante car on verra qu’elle impacte de nombreux produits et accessoires. En effet, par métonymie, « la barbe » désignait ainsi le « rasage » ! Ce qui explique certains autres termes que nous allons découvrir ensemble.
Elle vient très probablement d’une situation simple : quand on allait chez le barbier (on ne se rasait pas encore à la maison), celui-ci nous demandait : « Qu’est-ce qu’on vous fait aujourd’hui ? », à nous de répondre « Oh, faites-moi juste la barbe ! ».
Le savon à barbe est en fait un savon pour le rasage, un savon à raser, un savon pour « se faire la barbe ». Depuis quelques années, avec la mode des barbes bien entretenues, quelques fabricants de produits dédiés au soin des barbes utilisent le même terme pour des savons nettoyants.
Ce n’est pas un bol pour nourrir votre barbe ni la tremper dans la soupe, on parle bien d’un bol à raser !
Aujourd’hui un blaireau est un outil avec une touffe de poils permettant de monter une mousse et de l’étaler sur le visage. Le blaireau est lui aussi une métonymie, où une partie de l’objet (ici le poil de blaireau) désigne également le tout, y compris quand les poils sont en porc, crin de cheval ou en synthétique.
Le poil de blaireau est traditionnellement le poil animal qui retient et relâche le mieux l’eau, et est donc parfait pour émulsionner un savon à barbe ou une crème à raser.
Sur cet ancien catalogue pour coiffeurs, les pinceaux désignent les outils avec touffe en soies de porc, et les blaireaux sont soit en mélange, soit en pur blaireau. Ça n’est pas la brosse pour l’entretien et le démêlage des barbes que nous connaissons aujourd’hui, mais bien un blaireau de rasage. Le terme blaireau ne désignait que les montures dont les poils étaient vraiment en blaireau, ou au moins en partie.
Les poils de porc s’appelait « soies » : soies blanches, soies naturelles, soies tintées… On évitait le crin de cheval suite à une contamination à l’anthrax durant la première guerre mondiale. C’est aujourd’hui beaucoup mieux encadré et désinfecté, le risque est absolument inexistant.
Pour revenir au blaireau, il y a un siècle il était courant de trouver des touffes mixtes, un mélange de soies de porc et de poils de blaireau. C’est pourquoi beaucoup de fabricants ont alors commencé à indiquer « pure badger » / « pur blaireau » sur leurs modèles, pour indiquer que les touffes en contenait à 100 %. On ne différenciait alors pas les grades ! Silvertip, super, best, ceux-ci sont arrivés plus tard, quand les fabricants ont cherché à se démarquer différemment.
| Type de Poil | Rétention d'Eau | Utilisation | Appellation |
|---|---|---|---|
| Blaireau | Excellente | Émulsionner savon et crème | Pure badger, Silvertip, Super, Best |
| Porc | Moins bonne | Outils avec touffe en soies | Soies blanches, Soies naturelles, Soies tintées |
L’origine de ce nom populaire pour le rasoir droit est encore floue, les sources diffèrent, donc tout est possible. A Thiers on pense qu’il viendrait des « choux », un nom populaire pour les oreilles. Et donc quand on se rase au rasoir droit, on coupe d’un chou à l’autre ! Mais attention, n’allez pas parler de coupe-choux aux Thiernois, un rasoir droit c’est un rasoir ! Allez donc essayer de couper un chou avec votre rasoir… Quand il n’existait que des coupe-choux, on ne se posait pas la question, ils s’appelaient rasoirs, et puis c’est tout.
Quand les rasoirs de sûreté ont été inventés et démocratisés, les rasoirs droits ont gardé leur nom de « rasoirs », tout simplement.
De la même façon qu’un kleenex désigne un mouchoir à usage unique, ou un frigidaire est un réfrigérateur, voilà un mot qui vient… d’une marque ! La Shavette, la vraie, a été inventée et déposée par Dovo à Solingen.
À une époque où les rasoirs de sûreté n’étaient pas standard, on devait diviser les lames de sûreté en deux catégories.
Un kit, un coffret, un ensemble, un nécessaire. Catalogue du magasin La Samaritaine, en 1909.
Avec les nouvelles technologies, il est beaucoup plus facile de rentrer en contact et d’échanger avec d’autres utilisateurs (forums sur le rasage, groupes sur les réseaux sociaux). On donne son avis sur les produits, sur les parfums, sur les performances, mais aussi sur la façon dont on utilise tel ou tel produit. C’est une façon très pratique et souvent sympathique de découvrir de nouveaux produits, autrement que par l’exposé commercial et la réclame de chaque marque.
Certains termes et beaucoup d’abréviations sont alors apparus, majoritairement en langue anglaise, afin de parler de techniques, de ressentis, et diverses choses liées au rasage.
Seda « soie » vient du latin saeta qui désigne en latin classique le « poil de chevaux ou de porc » > « soie de porc, chevaux ». C’est ce mot qui a été adopté pour désigner la soie « tissu » dans toutes les langues romanes, à l’exception du roumain : italien seta, espagnol, catalan et portugais seda.
En latin classique la soie s’appelait serica. Le remplacement par saeta, seta a dû se produire assez tôt. La serica « soie (tissu) » importée de Chine ‘a été introduite à Rome à l’époque d’Auguste (63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) et elle n’est jamais devenue très populaire vu son prix élevé.
Avec le recul de la mondialisation au début de Moyen Age et l’arrêt total de l’importation des produits chinois le mot populaire saeta « soie » s’est imposé et serica a servi à désigner des produits grossiers ou de mauvaise qualité: la sarga.
La sériciculture a été introduite en Occident au VIe siècle. La production de la soie était jalousement tenue secret. Il semble que le début de la sériciculture date de 552, quand des moines, agents (secrets?) de Byzance ont sorti des graines de vers à soie et des feuilles de murier de la Chine en contrebande.
PORC. s. m. Cochon, animal domestique qu’on engraisse pour le manger, et qui a entre la chair et la peau une graisse qu’on appelle Lard. Grand porc. Gros porc. Porc gras. Porc maigre. Le porc était un animal immonde parmi les Juifs. Les mahométans ne mangent point de chair de porc. Le lard d’un porc nourri de gland est le plus ferme. Langue de porc. Pied de porc. Tuer un porc. Saler un porc. Fig. Porc marin. Nom que l’on donne quelquefois au marsouin et au dauphin. Porc, se dit aussi de La chair du porc. Manger du porc. Le porc est une viande lourde.Porc frais, Chair de cochon qui n’est pas salée. Manger du porc frais.
SOIE1, subst. fém.
I. A. − 1. Substance filamenteuse, souple, brillante, sécrétée par la chenille du papillon Bombyx du mûrier ou ver à soie, et qui durcit à l'air en fournissant un fil résistant. Culture de la soie. Plusieurs espèces de « bombyx » produisent des cocons qui peuvent être dévidés et qui fournissent les soies plus ou moins sauvages. Entre tous, le « bombyx mori » ou bombyx du mûrier est celui qui fournit le fil le plus précieux. Géographiquement, la distribution de la production de la soie dépend donc d'un animal, le ver à soie, et d'un végétal (Brunhes,Géogr. hum., 1942, p. 159).
II. − Gén. au plur.
A. − 1. a) [À propos du sanglier, du porc] Poil long et raide. Petits porcs, très semblables à des marcassins, noirs, avec des soies longues et dures (Gobineau,Nouv. asiat., 1876, p. 25).Le sanglier est remarquablement protégé; il a (...) « son armure », plaque de cuir (...) recouverte de soies raides et serrées, qui, en hiver, émergent au milieu d'un feutrage laineux (Vidron,Chasse, 1945, p. 105).♦ Pop. Habillé, vêtu de soie. Synon. de cochon.
Élém. tiré du lat. saet(i)-, de saeta « soie, poil rude », entrant dans la constr. de qq. termes de sc. nat.A. − [Le 2eélém. est un suff. sétacé, -ée , adj.,entomol. Qui est grêle, raide et graduellement aminci de la base au sommet comme une soie de porc. Antennes (...) sétacées (Lamarck,Philos. zool., t. 1, 1809, p. 301).
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