L’agriculture biologique (AB) connaît un engouement croissant en France, touchant également l’élevage, bien que l’élevage de porcs bio ne représente qu’une faible part du cheptel porcin français. En 2017, plus de 115 000 porcins bio ont été abattus, représentant plus de 11 000 tonnes de viande, des chiffres en augmentation qui témoignent de la vitalité du secteur. Les producteurs y voient un moyen d’accroître leurs revenus grâce à une demande forte, tandis que les consommateurs recherchent une alimentation de qualité respectant le bien-être animal. Cet article détaille les normes à respecter pour l'élevage de porcs bio en France, en accord avec la réglementation européenne et nationale.
L'agriculture biologique (AB) est encadrée par une réglementation visant à garantir des pratiques respectueuses de l'environnement, du bien-être animal et à fournir des produits de qualité. En France, les pouvoirs publics ont officiellement reconnu l’AB en 1981, la définissant comme une « agriculture n’utilisant pas de produits chimiques, ni pesticides de synthèse ».
Un nouveau règlement européen (UE 2018/848) est entré en vigueur en janvier 2022, abrogeant le règlement de 2008. Ce règlement insiste davantage sur la protection de l’environnement, de la biodiversité et du bien-être animal, élargissant son champ d’application et renforçant les exigences en matière de contrôles, d’étiquetage et d’importation.
L’AB est définie comme un système global de production agricole qui allie les meilleures pratiques environnementales, le respect de la biodiversité, la préservation des ressources naturelles et l’application de normes élevées en matière de bien-être animal. Elle exclut l’usage des organismes génétiquement modifiés (OGM) et leurs dérivés, limite le recours aux intrants et restreint strictement l’utilisation des produits chimiques de synthèse.
L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) est chargé de l’application des dispositions législatives et réglementaires sur l’AB en France. Il agrée les organismes certificateurs et contrôle leurs activités. Tout opérateur engagé en AB doit notifier son activité auprès de l’Agence Bio et contractualiser avec un organisme certificateur agréé par l’INAO.
L'éleveur est contrôlé au minimum une fois par an par son organisme certificateur, avec des inspections physiques et documentaires sur site. Des visites inopinées peuvent également être réalisées en fonction du risque évalué.
L’élevage de porcs bio doit respecter un cahier des charges strict, comprenant des normes européennes et nationales précises. Voici les principales conditions à respecter :
La mixité entre animaux bio et non bio est autorisée uniquement si les espèces sont différentes et élevées dans des unités dont les bâtiments et les terres sont bien séparées.
La durée de conversion est de 1 an pour les parcours et de 6 mois pour les animaux.
Ils peuvent être introduits, à des fins de reproduction, uniquement lorsque les animaux bio ne sont pas disponibles (consultez la base de données « animaux biologiques » de l’INAO) et AVEC DEROGATION, dans les cas suivants :
Les truies doivent être élevées en groupe.
À partir du 1er Janvier 2022, elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge sous anesthésie et analgésie. La bombe de froid est autorisée comme analgésique. Par dérogation, si pour des raisons anatomiques, la castration doit être pratiquée plus de 7 jours après la naissance, une anesthésie complétée par une analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire.
Les conditions de logement doivent répondre aux besoins physiologiques et éthologiques des animaux, avec aération et éclairage naturels. Les espaces en plein air doivent offrir des protections contre les intempéries.
Les élevages plein-air doivent respecter les prescriptions techniques suivantes :
Le chargement ne doit pas entraîner le dépassement de la limite des 170 kg d’azote/ha/an, soit au maximum :
Pour respecter un chargement maximal de 6,5 truies / ha pendant 12 mois (règlementation AB), il est possible d’alterner, au cours de l’année, des périodes d’occupation des parcs avec un chargement instantané plus élevé et des périodes de repos.
Tous les élevages plein-air doivent respecter la réglementation sur la biosécurité, notamment la clôture de protection contre la faune sauvage.
Sérologie Aujezsky une fois par an sur un échantillon d'animaux et prélèvement d’un échantillon de carcasse à l’abattoir pour test trichine si les animaux ont accès à l’extérieur.
Les élevages doivent se conformer aux normes des bâtiments d’élevage des porcins bio. Une mise en conformité est exigée au plus tard le 31 décembre 2024. Chaque éleveur devra remplir, en lien avec son OC, un plan de progrès individualisé comprenant travaux à réaliser, échéancier, financements.
A partir de 50 animaux équivalents, tous les élevages de porcs, qu’ils soient conventionnels ou biologiques, doivent respecter la réglementation « installations classées pour la protection de l’environnement ». Cette règlementation a pour but de maitriser au mieux les risques de pollution et nuisances des établissements.
La réglementation concernant l'origine des animaux englobe l'origine génétique, les méthodes de reproduction et la provenance des animaux. Les recommandations pour les races et souches, ainsi que les exigences pour les méthodes de reproduction, s'appuient sur les principes de naturalité et de lien au sol, tout en visant à accroître le bien-être des animaux.
La réglementation n'impose ni n'exclut de races ou de souches particulières. Toutefois, la préférence doit être accordée aux races et souches autochtones, présentant une grande diversité génétique et appropriées aux conditions locales d'élevage. Le choix des races doit également contribuer à prévenir toute souffrance et à limiter le recours aux mutilations dans la gestion des animaux, afin d'assurer un niveau élevé de bien-être animal. Pour les volailles, des souches à croissance lente et adaptées à l'élevage en plein air sont à privilégier.
La reproduction doit recourir à des méthodes naturelles. L'insémination artificielle est autorisée, mais l'usage de traitements hormonaux est proscrit, sauf dans le cadre d'un traitement vétérinaire d'une pathologie appliquée à un animal individuel. Les techniques telles que le clonage et le transfert d'embryons ne peuvent pas être utilisées.
Les animaux d'élevage biologique doivent naître (ou éclore) et être élevés dans des unités de production biologique. En cas d'achat d'animaux extérieurs à l'exploitation, ces derniers doivent être certifiés bio. Des dérogations peuvent être accordées pour l'introduction d'animaux non bio dans les exploitations AB, notamment lors de la création de novo du cheptel ou lors de son renouvellement, sous certaines conditions strictes.
Les règles en matière d'alimentation des animaux visent à respecter la notion de ressources naturelles, à développer le concept de lien au sol et à accroître le bien-être animal. Les ressources naturelles et renouvelables utilisées pour nourrir les animaux doivent provenir d'exploitations agricoles AB organisées à l'échelle locale. L'usage d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est totalement exclu.
Les animaux sont nourris exclusivement avec des aliments biologiques, c'est-à-dire composés de matières premières certifiées AB ou de substances non agricoles présentes dans le milieu naturel. Des matières premières non AB peuvent être utilisées pour l'alimentation des animaux dans certains cas précis et à condition d'avoir fait l'objet d'une autorisation d'utilisation pour la production AB.
| Norme | Description |
|---|---|
| Mixité Bio/Non Bio | Autorisée si espèces différentes et unités séparées |
| Durée de Conversion | 1 an pour les parcours, 6 mois pour les animaux |
| Castration | Moins de 7 jours avec anesthésie et analgésie |
| Logement | Répondre aux besoins physiologiques et éthologiques |
| Alimentation | Exclusivement biologique, sans OGM |
| Traitements | Limités à 1 traitement par an pour l'engraissement, 3 pour les reproducteurs |
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