Au XIXe siècle, Paris était le cœur battant d'un monde en pleine mutation. Au sein de cette effervescence, une figure particulière émerge : la demi-mondaine, ou « cocotte ». Ces femmes entretenues par de riches Parisiens ont laissé une empreinte indélébile sur la société, la presse, le théâtre et les arts de l'époque.
Jane Avril par Henri de Toulouse-Lautrec, une figure emblématique de la Belle Époque.
Le demi-monde, jusque-là invisible, s’est bruyamment manifesté dans la presse, au théâtre et finalement dans toute la société parisienne à partir du Second Empire pour atteindre son apogée vers 1900 et disparaître pendant la Première Guerre mondiale. Il est composé d’individus à l’existence équivoque, des hommes joueurs, « viveurs » (surnommés les Grecs) et surtout des femmes sans mari à la destinée souvent trouble, grandes dames déchues, petites bourgeoises, anciennes prostituées.
En France, au XIXème siècle, le mot demi-mondaine désignait les femmes entretenues par de riches Parisiens. « Ces messieurs étaient assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une autre pour la galerie. En additionnant leur moitié avec une demie, ils réinventaient la bigamie.
Les demi-mondaines sont des femmes entretenues par de riches hommes, souvent des Parisiens, qui sont assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une demi-mondaine. Elles vivent dans des appartements meublés pour les plus modestes et dans des hôtels particuliers pour les plus influentes. Les demi-mondaines ont souvent plusieurs domestiques et mènent une vie oisive au milieu du luxe le plus ostentatoire.
Elles passent énormément de temps à leur toilette et ne sortent que l’après-midi vers seize heures pour aller parader aux Bois, pour assister aux courses de chevaux, pour aller au théâtre, au restaurant ou chez leurs amies.
Dans le Paris 1900, on les surnomme aussi « demi-mondaines » - selon l’expression d’Alexandre Dumas fils - ou encore « cocottes », peut-être pour souligner leur goût pour les toilettes emplumées… Leur maxime ? « La fortune vient en dormant… à condition de ne pas dormir seule », comme le clame la Belle Otero.
Comme à Venise au XVIIIe siècle, la prostitution a pris une ampleur phénoménale. Le nom de certaines d’entre elles est encore connu, Blanche D’Antigny, Anna Deslions, l’Anglaise Emma Cruch, plus connue sous le nom de Cora Pearl, la Russe Mme de Païva ou encore l’exotique Jeanne Duval.
Demi-mondaine parisienne d’origine anglaise, Cora Pearl, née en 1837, a écrit ses mémoires. Elle a été la maitresse du prince Napoléon, le célèbre Plonplon, cousin de l’empereur Napoléon III.
Cora Pearl, une des demi-mondaines les plus célèbres de Paris.
Le demi-monde et son peuple ont beaucoup inspiré les artistes, que ce soit des romanciers comme Zola, des poètes comme Baudelaire ou des peintres comme Millet.
A travers l’essor de la prostitution au XIXe siècle qui inspira les plus grands artistes, Sandra Paugam livre une véritable enquête sociologique sur la société de l’époque.
Témoins vigilants et passionnés de cette société corsetée, oscillant entre hypocrisie sociale et débauche, des artistes vont s’emparer du sujet et croquer courtisanes, demi-mondaines, cocottes, grandes horizontales, danseuses, lorettes, grisettes, filles de brasserie, trotteuses ou pierreuses.
Nouvelles muses aux apparences très diverses (pseudo-princesse luxueusement parée, miséreuse des faubourgs, danseuse ou modeste blanchisseuse), elles vont inspirer de nombreux peintres qui, de Manet à Picasso en passant par Degas ou Toulouse-Lautrec, vont leur consacrer quelques-unes de leurs toiles les plus célèbres et parfois les plus intrigantes.
Avec près de 300 cafés-concerts et une quarantaine de théâtres, le Paris de la Belle Epoque regorge de lieux où les bourgeois viennent, au minimum, se rincer l’œil. Inscrits en grosses lettres sur des affiches colorées, les noms - et les images de leurs visages et de leurs corps - de la Belle Otero, Liane de Pougy, Cléo de Mérode ou encore Emilienne d’Alençon offrent la garantie de déplacer les foules. Du Casino de Paris à l’Olympia en passant par l’Alcazar, les cocottes se livrent une concurrence sans merci.
| Nom | Notoriété |
|---|---|
| La Belle Otero | Experte en conquêtes du gotha (ducs, princes, maharadjahs et rois) |
| Liane de Pougy | Figure emblématique du demi-monde, également rédactrice en chef |
| Cléo de Mérode | Danseuse et icône de beauté |
| Emilienne d’Alençon | Vedette du théâtre des Variétés |
Sur sa carte de visite, la promesse s’inscrit en lettres d’or : « Je m’ouvre la nuit. » Connue pour ses talents d’« horizontale », Irma de Montigny sait se vendre ! Cette comédienne est prête à tout pour qu’on parle d’elle. Et les journalistes en redemandent !
La presse fait son miel de la moindre aventure des demi-mondaines : comme la fois où la Belle Otero a perdu son porte-monnaie sur le boulevard des Italiens, anecdote que narre Le Figaro du 22 mars 1900… Ou, versant plus tragique, dans Le Matin du 12 octobre 1906, le récit de l’accident de voiture qui a failli coûter la vie à Liane de Pougy. Les cocottes sont les people de l’époque !
Cléo de Mérode faisant la promotion des biscuits Lefèvre-Utile.
Certaines dévoilent leur intimité dans les gazettes, telle Albany Debriège photographiée pour Les Reines de Paris chez elles (1898) sur son lit défait. Elles sont aussi les stars de publicités pour des biscuits (Cléo de Mérode pour Lefèvre-Utile), du champagne (Clémence de Pibrac pour Mumm) et s’improvisent même journalistes, comme Liane de Pougy, qui devient rédactrice en chef de l’hebdomadaire L’Art d’être jolie, ou la chanteuse Lina Cavalieri qui prodigue ses conseils beauté dans le mensuel Femina.
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