Je Transpire Comme un Porc: Origine et Signification de l'Expression

L'expression "je transpire comme un porc" est couramment utilisée pour décrire une transpiration excessive. Mais d'où vient cette expression et pourquoi associe-t-on le cochon à la transpiration?

Cet article explore l'origine de cette expression, les mythes et réalités concernant le cochon, et la façon dont cet animal est perçu dans la langue et la culture française.

Expressions et Langage Populaire

Nombre de ces expressions ont trouvé place dans le lexique à la place alphabétique de leur mot - clé ou comme illustration de celui-ci. Il m'a pourtant paru souhaitable de les regrouper par thèmes. On ne devra pas s’offusquer de la grossièreté de certains termes. D’autant qu’elle ne signifie pas forcément "vulgarité". Dans la même bouche peuvent, selon les circonstances, fleurir propos scatologiques et délicatesses d’expression inattendues.

Ainsi à la bouche du "pépé" à la mémoire de qui ce recueil est dédié, s'il était en désaccord avec son interlocuteur, l’injure venait aisément: "Te commences par m'emmerder", assortie d’une formule rituelle, "en parlant poliment" ou "au respect que j' te dois", que l’on pouvait comprendre comme atténuation ... ou comme renforcement de l’insulte. Mais on l’a entendu, s’adressant à une dame pour qui il éprouvait du respect, évoquer ainsi une sortie nocturne motivée par un besoin physiologique : "Quand qu' je sus sorti c'te nuit pour répandre de l’eau, j’ai ben vu que ça allait faire de l’orage !"

Toujours est-il que les formules pittoresques ne manquent pas. Tiens, voici la Marie, une femme "qu'est toute en Bon Dieu", et dont les maternités se succèdent rapidement : "Elle est tout le temps au lait ou aux œufs". Sa sœur, la Thérèse, c'est une gatte que craint pas les hommes ; "elle aimerait mieux que son père ave un gendre qu'un chapeau neu" ; on peut dire que "le cul li en brûle !" Les enfants de la Marie sont chétifs : on dirait qu'ils ont "un sang de rave" ;"ils en font point ... ils poussent pas pus que deux oeufs dans un panier’’. Ce n’est pas étonnant car pour qu’ils mangent, ‘’faut les pousser comme des vieilles brouettes’’. Pas besoin de faire une soupe épaisse : "de la soupe de chien de chasse", c’est bien suffisant, et pourtant "ça tient pas au corps".

C’est pas comme leur copain Jojo "qu’a les yeux plus grands que la panse", "qu'est tout le temps à bramer la faim" ; quand il voit du manger, "ça li brille dans le ventre". Et "i faut pas li en promettre","i s'en passe par le corps" à "se faire peter la sous-ventrière", tellement que des fois "ça li porte au cœur" et que ça lui arrive de "mettre coeur sus carreau". Mais, "en bonne viande" ou "maigres comme des pias", au printemps les enfants "ont l’humeur en mouvement" ; on a beau leur donner du dépuratif, "faut que ça fasse son coup."

C’est souvent que le René, l’homme à la Marie, "a pas pus faim que la rivière a soif" : "un bout de pain de fromage, ça li fait son après-soupe" ; "passée une période", il lui arrivait même de "manger avec les chevaux de bois" (sauter un repas). Il est vrai qu’"un veau que tète bien a pas besoin de foin" et chacun sait qu’il est quasiment tout le temps altéré : "i(l) buvrait la mer et les poissons", "autant de chopines qu’un curé pourrait en bénir". Alors il y a des soirs où "i fait les vingt vies.", où "il en raconte des vertes et des pas mûres". Et le Jules, qu'est pourtant avec lui "comme le cul et la chemise" le traite de soûlasson ; mais "c'est ben l'hôpital que se fout de la charité".

Mais il faut reconnaître que le René n'est pas un feignant : ce n’est pas lui qui va "prendre les côtes fortes" à traîner les rues sans rien faire ; "i reste pas les deux pieds dans le même sabot" : "c’est un gars que travaille à plein corps" ; des fois il transpire tellement que "la raie du cul li servirait d'égouttoir".quand il s'y met, y'en a point au pays pour "li foutre le tour"et y'en a guère pour "li tenir coup". Mais c’est "Travaille, mon corps, j’te ferai point de tort". Pour le moment il est costaud, "on li achéterait sa santé" ; mais, "i(l) prend point de soin de son corps" ; "ça fait qu'un jour que va pas ressembler ès autres", "s'il s'achète pas une conduite", i(l) pourrait ben "se trouver sus le flanc" et finir par "attraper ce qu’i(l) mangera pas" ; on peut dire que "ça li pend au nez comme un sifflet de deux sous" et que ça pourrait même lui arriver "en passant par l'année".

"C'est ben cent coups pour un" s'il "fait de vieux os". Mais lui ne fait qu'en rire et "ne se creuse pas le tempérament" pour si peu ; comme il le dit, "y'a jamais que les plus malades qu'en crèvent !" Ce n'est pas comme son frère le Fernand ; "çui-là, al est pas devenu gras de lecher les murs" ; c'est qu' "i boude pas contre son ventre" ; "i vaut mieux le charger que le nourrir" ; c'est un gars "qu'est fatigué de rien faire", "feignant comme une couleuvre", "i veut pas en foutre la rame" ; "on peut pas tirer deux sous de service de sa peau", "i doit avoir les côtes en long" et "ses bras sont tout neus".

Le grand-père, lui, "dans son jeune temps", c’était "un morceau d'homme"; il craignait pas d' "aller à sa journée" et, il y a seulement quelques années, quand il travaillait "au petit génie", ma foi, "i(l) tenait encore son bout". Mais à présent "il file un mauvais coton", "i(l) tient pus rien que du branle" : il est tout le temps "gelé comme une rave", "il est moitié berlu", "il écoute de l’oreille des canes" et voilà-t-il pas qu'il s'est "froissé un nerf" si bien qu'il a souvent"mal ès reins". Il a même des problèmes intestinaux et il est "comme le chien de la cure que s'endure pas dans son ordure". "Pus ça va, pus c'est pire", "tout s'en mêle pour aller mal." "Te sauras m’y dire", "il a une mauvaise pierre dans son sac". "L’année que vint", "s’il en est ès peines", il grattera encore un peu dans son jardin; mais il reconnaît lui-même que " le v'là à bout de bail" et qu’"il serait mieux en terre qu’en pré". Quand les chetits "seront en âge", y’a beau temps que "les dents li feront pus mal’" et qu’il "tirera les pissenlits par la racine." Mais, comme il dit, "au bout du fossé la culbute", "je sus assez vieux pour faire un mort", et, ma foi, "quand qu'on est mort on vaut pas un chien en vie".

Caractères et Comportements

Ils sont dus pour une bonne part à l’hérédité car "les chiens font pas des hièves.". On a beau être malin et avoir de l’imagination, au point "d’inventer le diable sur le poirier" ; on peut bien dire tout ce qu’on voudra, "y a pas à tortiller du cul pour chier droit" : "y a point de malin" et "c'est pas demain la veille" qu'on pourra se vanter "d’avoir vu le loup peter sus la pierre de bois" ! "C'est pas pour dire", mais c'est vrai qu' "i faut de tout pour faire un monde" : certains prennent soin de leurs affaires, les autres "laissent leur butin (leurs vêtements) bout-ci, bout-là", "en pisse de chien" ; certains même le jettent "comme un chien jette sa merde". Tel est méticuleux, "fignolant", tel autre fait son ouvrage "à la va comme j' te pousse", "à la rabat-boule au bâton" ; bref "c'est ni fait ni à faire".

L’un, toujours pressé, toujours à "se fougaler", mène son monde "par un chemin qu’a point d’épines", l’autre prend tout son temps et "amuse le terrain", estimant que "la foire est pas sus le pont" ; voici un distrait qui "trouverait pas son soûl d’eau dans la rivière" tandis qu'un indiscret, non content de "tendre son nez" partout, va "mettre son vieux feugnon" où il n'a rien à faire ; "curieux comme une vieille chouette", il veut "tout savoir et rien payer" car "le cul li brûle" d'être au courant de ce qui se passe chez les autres ; c'est souvent qu' "il plaide le faux pour savoir le vrai" ; avec lui "on sait jamais si c'est du lard ou du cochon."

"Y’en a des que sont de tous les accords", "que changent d’avis comme de chemise’’, que sont "francs comme une rouette que tord" et n’hésitent pas à "tourner casaque" s’ils y trouvent leur intérêt car ils ne veulent pas "tourner le cul au foin". Ces gens-là n’ont pas de vergogne : "y’a longtemps qu'ils ont passé devant chez le pâtissier", autrement dit "qu’ils ont chié l’honte". Y a des malgracieux, "ça ieux y écorcherait la gueule" de dire bonjour et on dirait qu "ils ont avalé un nid de grelons". D’autres ergotent à l’infini, "font des si et des cas" pour rien ; ils sont "comme les vieux chiens châtrés : ils veulent ni faire ni laisser faire !" Il est louable "d’être porté de bon service" pour ses voisins, même si on ne les "porte pas dans sa poche" ! Mais il arrive que ceux qu’on oblige" vous demandent même pas à quoi que c’est bon" et qu’on ne puisse pas "tirer deux sous de service de leu peau". Pourtant "un service en vaut un autre" mais si te penses qu'un gars comme ça va t'aider, "compte là-dessus et bois de l'eau !"

On rencontre aussi des individus autoritaires, "qu'ont toujours meilleure raison" : "faut tout le temps qu’ieu vieux chien gagne". Les pires sont les malhonnêtes : pour eux "tout ce qu'est pris craint pas la gelée" ; "ceux-là, quand ils s'en vont, vaut mieux regarder leus mains que leus pieds" ; et, si on cherchait dans leurs affaires, on en trouverait sûrement qu'ils n'ont pas "élevées de jeunesse". Y en a même que sont "ch'tits dans l'âme", "que valent pas leur plein cul d’eau chaude". Et il faut se méfier de ceux qui ont l'air un peu simplet car souvent ils sont "plus coquins que bredins."

Le Cochon: Mythes et Réalités

Le cochon, souvent associé à la saleté et à la goinfrerie, est en réalité un animal propre et intelligent. Contrairement aux idées reçues, le cochon se roule dans la boue pour se protéger des parasites et réguler sa température corporelle, car il ne transpire pas. De plus, il aime vivre dans un endroit propre et dort dans un lieu distinct de celui où il fait ses besoins.

La Gourmandise du Porc

La gourmandise du porc, pour ne pas dire sa gloutonnerie, ne relève pas d’un mythe. Se nourrir représente son sport préféré ; une activité qu’il pratique beaucoup et vite ! Il est illusoire de penser que le suidé s’arrête de manger à satiété car tant qu’il a de la nourriture à disposition, il va s’en bâfrer. Que l’aliment soit gras, sucré ou salé (vivement déconseillé), il sera avalé et aimé.

Mais prudence, le cochon de ferme ou de compagnie prend facilement du poids et sa goinfrerie peut conduire à des problèmes de santé, tels que l’obésité et les conséquences qui en découlent (cécité, arthrose…). Pour le garder le plus longtemps possible en pleine forme, il faut veiller à ne pas céder à son insatiabilité.

Image Négative du Porc à Travers l'Histoire

Remontant à la nuit des temps, l’image négative du porc se rencontre déjà dans les Écritures. L’Ancien Testament laisse en effet entendre que le cochon est un animal impur car il se nourrit d’immondices et se vautre dans la fange. La place du suidé dans le Nouveau Testament n’est guère plus valorisante, en témoigne la parabole du fils prodigue contraint de devenir gardien de cochons après avoir dilapidé tout son bien.

Le porc est proscrit par des religions pour des préjugés le plus souvent liés à des questions d’hygiène. Sous la chrétienté médiévale, le porc est perçu comme un attribut du diable qui grogne et se roule dans l’ordure. Il représente le démon de la gourmandise, de la volupté et des plaisirs immondes. En sus de la saleté et de la goinfrerie, le mot “porc“ ou ”cochon” est associé à d’autres défauts ou vices.

Définitions et Usages des Mots "Cochon" et "Porc"

“Porc” et “cochon” sont deux termes qui désignent le même animal : un mammifère domestique omnivore proche du sanglier avec lequel il peut se croiser pour donner naissance à un sanglochon ou à un cochonglier. L’Académie française, institution en charge de définir l’usage de la langue française, consacre une page de son site Internet pour donner quelques informations sur ces deux mots.

Le terme “cochon” n’a pas d’étymologie attestée. En revanche, le terme “porc” a son étymologie : il vient du latin porcus, qui désignait un porc domestique, quel que soit le sexe de l’animal. Mais l’emploi du mot et son histoire nous emmène ensuite plus loin. Le terme désignait aussi la vulve de la femelle cochon, puis, par comparaison, le sexe de la femme, et encore par comparaison, un coquillage nommé “porcelaine”. En italien, le terme porcellana signifie d’ailleurs “vulve de truie”.

Lorsque vous faites vos courses, vous achetez du porc et pas du cochon. C'est d’ailleurs la viande la plus consommée dans le monde, alors même que sa consommation est interdite dans des religions comme le judaïsme et l’islam. Elle est suivie de près par la viande de volaille. Cette situation conduit à la pratique d’élevages intensifs qui offrent des conditions de vie très difficiles aux cochons. Aussi, si vous avez le choix et la possibilité, choisissez le porc issu d’un élevage fermier de plein air : c’est certes plus cher au kilo mais les conditions d’élevage respectent davantage l’animal. Certains sont en plein air intégral : il n'y a aucun bâtiment.

Une exception ressort toutefois dans ce tableau d’usages : le cochon de lait. Il se mange volontiers toute entier doré à la broche. Le terme désigne un porcelet pesant moins de 15 kg et n’ayant reçu pour seule nourriture que le lait de sa mère. Certaines personnes font parfois une distinction d’un autre genre, le porc pouvant désigner davantage l’animal sauvage et le cochon l’animal domestique.

Ce n’est que tout récemment que le porc est devenu tête d’affiche avec le hashtag #balancetonporc lancé par Sandra Muller pour inviter les femmes à raconter un cas de harcèlement sexuel qu’elles auraient subi au travail.

Lorsque le mot “porc” est employé au sens figuré, c’est toujours pour faire référence à quelque chose de sale. La différence subtile apparaît dans les deux expressions “manger comme un cochon” et “manger comme un porc”. Le mot “porc” est finalement peu utilisé dans les expressions au profit du mot “cochon”. Dans l’expression “ne pas savoir si c’est du lard ou du cochon”, “lard” désigne le gras du cochon. L’expression signifie qu’il est difficile de distinguer une chose d’une autre qui lui est proche.

Le cochon vit à proximité de l’homme depuis que ce dernier s’est sédentarisé, il y a 6 000 ou 7000 ans avant notre ère. La chèvre et le mouton ont été domestiqués plus tôt car ils étaient capables de suivre les tribus nomades. Le cochon et l’être humain ont 98 % de gènes en commun.

Le Cochon: Animal Intelligent et Propre

Malgré la sélection pratiquée par l’homme, le cochon a conservé beaucoup de ses instincts sauvages. Il apprécie particulièrement privilégie les sous-bois où il peut laisser libre court à son tempérament de fouisseur. Grâce à un odorat très développé, il collecte, selon la saison, des végétaux (racines, glands, tubercules, baies, châtaignes) dont les champignons parmi lesquels les fameuses truffes. Il consomme aussi de temps en temps des vers de terre, des escargots, des insectes et même de petits rongeurs.

Contrairement aux humains ou aux chiens, ils ne mangent jamais plus que la quantité dont ils ont besoin. Ce sont des animaux vifs et curieux de nature. Ils sont plus intelligents que les chiens. Quant à leur légendaire saleté, elle est basée sur une méprise. Si les cochons se couvrent de boue, c’est pour protéger leur peau fragile des parasites et du soleil, et pour se rafraîchir. Ces animaux sont dépourvus de glandes sudoripares qui génèrent la transpiration. S'enduire de boue est leur façon de faire descendre leur température corporelle. Ce sont au contraire des animaux très propres capable de faire leurs besoins en dehors de leur lieu de repos dès l’âge de 5 jours.

Expressions Autour du Cochon

Il existe de nombreuses expressions françaises utilisant le mot "cochon". En voici quelques exemples :

  • Caractère de cochon : Caractère dur et obstiné.
  • Tête de cochon : Personne têtue et obstinée.
  • Temps de cochon : Très mauvais temps.
  • Sale comme un cochon : Très sale.
  • Saoul comme un cochon : Très ivre.
  • Bête comme cochon : Très bête.
  • C'est de la confiture, des perles pour les cochons : Offrir quelque chose de précieux à quelqu'un qui n'en comprend pas la valeur.

Tableau Récapitulatif des Expressions

Expression Signification
Manger comme un porc/cochon Manger gloutonnement, salement
Avoir un caractère de cochon Avoir un mauvais caractère
Temps de cochon Mauvais temps
Être sale comme un cochon Être très sale
Être saoul comme un cochon Être très ivre

[Podcast] Les Borgia : Démêler mythes et réalités

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