Le chocolat, ce trésor gourmand qui fait fondre les cœurs et ravit les papilles, possède une histoire riche et fascinante qui traverse les siècles et les continents. De ses débuts en Amérique du Sud, où il était vénéré par les civilisations précolombiennes, jusqu'à son arrivée triomphale dans les cours royales d'Europe, le chocolat n'a cessé de conquérir les esprits et de s'imposer comme un symbole de plaisir et de raffinement.
“Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves. Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions.” - Judith Olney.
Ce n’est un secret pour personne, le chocolat fait partie intégrante de nos vies depuis plusieurs générations.
Mais connaissons-nous vraiment son histoire ? D’où vient-il ? Comment est-il arrivé entre nos mains ?
Pour revenir à l’origine du chocolat, il semble important de revenir sur la signification du mot. “Xocolatl”, ou encore “chocolatl” provient du nahuatl, ancienne langue aztèque, et signifie “eau amère, eau acide”.
Le chocolat était autrefois utilisé dans des rituels religieux, et les Aztèques en consommaient principalement en boisson, en broyant les fèves de cacao et en les mélangeant à de l’eau, des herbes ou encore des épices. Les premières traces de cacao sont retrouvées dans des poteries, dès 1500 avant Jésus-Christ.
Publicité Menier pour le chocolat, 1900
Le voyage du chocolat commence bien avant qu’il ne devienne la délicieuse gourmandise que nous connaissons aujourd’hui. Ses racines plongent profondément dans les terres fertiles d’Amérique du Sud, où les premiers cacaoyers ont été découverts.
Pour les Mayas, qui ont prospéré entre 2000 av. J.-C. et 900 ap. J.-C., le cacao n'était pas seulement une boisson, mais un véritable cadeau des dieux. Ils l’appelaient “xocoatl,” une boisson amère, souvent aromatisée avec des épices, qu'ils consommaient lors de rituels sacrés et de célébrations importantes. Le cacao était également utilisé comme monnaie, témoignant de sa grande valeur dans la société maya.
Les Aztèques, qui régnèrent en Amérique Centrale entre 1345 et 1521 ap. J.-C., croyaient que le cacao avait été offert aux Hommes par Quetzalcoatl, le dieu du vent et de la sagesse. Leur utilisation du cacao était très proche de celle des Mayas. Ils en faisaient une boisson réservée à l'élite, aux guerriers et aux nobles, et l’utilisaient également comme monnaie d'échange, renforçant encore son statut de trésor précieux.
Les Incas, une autre grande civilisation d'Amérique du Sud/Centrale, n'ont pas joué un rôle majeur dans l'histoire du chocolat tel que l'ont fait les Mayas et les Aztèques. Bien que les Incas connaissaient le cacao, celui-ci n'avait pas la même importance dans leur culture que chez les Mayas et les Aztèques. Les Incas se concentraient davantage sur d'autres cultures, comme le maïs et la pomme de terre, qui étaient plus adaptées à l'altitude des Andes.
Moine Aztèque préparant du chocolat
L'arrivée du chocolat en Europe marque le début d'une transformation qui allait faire de cette boisson amère un véritable symbole de raffinement et de plaisir. Tout commence au XVIe siècle, lorsque les conquistadors espagnols, de retour des Amériques, introduisent le cacao à la cour d'Espagne.
Cette boisson, d'abord réservée à l'élite, suscite rapidement l'engouement des nobles et des monarques, fascinés par son exotisme et ses propriétés “stimulantes”.
En Espagne, le chocolat est d'abord consommé sous sa forme traditionnelle, une boisson épaisse et amère, mélangée à des épices comme le piment, à l'image de ce que les Aztèques avaient l'habitude de préparer. Cependant, les Espagnols commencent bientôt à adoucir cette recette en y ajoutant du sucre, un ingrédient rare et précieux à l'époque, transformant ainsi le chocolat en une boisson plus douce et plus accessible.
De l'Espagne, le chocolat se répand rapidement dans les cours royales d'Europe, atteignant la France, l'Italie et l'Angleterre au cours du XVIIe siècle.
L’histoire du chocolat en France débute au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII. C’est en 1615 que le chocolat fait sa première apparition officielle en France, lors du mariage de Louis XIII avec l'infante d'Espagne, Anne d'Autriche.En effet, la jeune reine apporte avec elle cette boisson exotique, déjà très prisée à la cour d'Espagne.
Introduit en France par Anne d'Autriche, le chocolat reste initialement une boisson réservée à l'élite. À la cour, il est consommé par les membres de la famille royale et les nobles, qui le considèrent comme un symbole de prestige et de raffinement. Cette boisson précieuse est servie lors des grands événements, et rapidement, elle devient un incontournable des réceptions royales.
Le chocolat est apprécié non seulement pour son goût unique, mais aussi pour ses vertus supposées aphrodisiaques et médicinales. Sous le règne de Louis XIV, le Roi Soleil, le chocolat consolide sa place dans la haute société française.
En 1659, un privilège royal est accordé à David Chaillou, le premier chocolatier de Paris, pour vendre du chocolat à boire, marquant ainsi les débuts de la chocolaterie en France. En 1659 ouvre à Paris la première chocolaterie de France, dans le quartier des Halles.
Le chocolat chez Madame de Sévigné
Bien que le chocolat soit initialement un plaisir réservé à l’élite, sa popularité ne cesse de croître tout au long du XVIIIe siècle. Les nobles et les riches bourgeois commencent à l'adopter, et les salons de chocolat, où l'on peut déguster cette boisson délicieuse, deviennent à la mode à Paris.
Le chocolat se transforme alors d'un privilège royal en un symbole de l’art de vivre à la française, marquant le début de sa démocratisation progressive. Toutefois, il reste encore plus consommé pour ses vertus médicinales que par plaisir.
Cependant, à ce stade de son histoire en France, le chocolat reste principalement sous forme de boisson.
Il fallut attendre 1615, pour que la boisson chocolatée y fasse son apparition ! C’est la fille de Louis Philippe II d’Espagne, Anne d’Autriche, qui lors de son mariage avec Louis XIII, a fait connaître le chocolat à la cour française.
Longtemps, il a été considéré comme un médicament. La première personne à en avoir fait usage en France aurait été le cardinal-archevêque de Lyon Alphonse-Louis du Plessis, frère du cardinal de Richelieu, avant 1642.
Les chocolatières étaient encore inconnues à Lyon en 1671 d’après Madame de Sévigné.
En 1770, Marie-Antoinette, l'épouse de Louis XVI, arrive au château de Versailles avec son propre chocolatier. Ce dernier devient "Chocolatier de la reine", le premier chocolatier de l'histoire de France, et invente des recettes, comme le chocolat à la fleur d'oranger, à la praline ou à l'amande douce.
Le XIXe siècle marque une période charnière pour le chocolat en France, une véritable révolution qui voit la naissance du chocolat solide et son entrée triomphale dans la société française.
En 1828, une invention révolutionnaire va changer à jamais la manière dont le chocolat est apprécié : le procédé de presse à cacao. Mis au point par le chimiste néerlandais Coenraad Van Houten, ce procédé permet de séparer la matière grasse (beurre de cacao) de la masse de cacao, créant ainsi une pâte de cacao qui peut être mélangée avec du sucre et du beurre de cacao pour former du chocolat solide. Cette étape marque le début de l’ère du développement de la fabrication du chocolat moderne.
En 1847, l'anglais Joseph Fry crée la première tablette de chocolat en mélangeant du beurre de cacao, du sucre et de la pâte de cacao, donnant ainsi naissance à une nouvelle forme de chocolat.
Le XIXe siècle voit l’émergence de nombreuses maisons de chocolat en France, qui deviennent les symboles de l'âge d'or du chocolat. Des noms emblématiques comme Poulain, fondé en 1848 à Blois, ou Menier, qui se lance dans la production de chocolat en 1825, émergent et commencent à produire du chocolat en grandes quantités. Ces entreprises innovent constamment, perfectionnant les techniques de production et créant de nouveaux produits pour satisfaire une demande croissante.
C'est aussi durant cette période que les premières publicités pour le chocolat apparaissent, faisant du chocolat non seulement un produit de luxe, mais aussi un produit de consommation courante.
L'âge d'or du chocolat en France est aussi marqué par sa démocratisation. Grâce à l'industrialisation, le chocolat devient plus accessible financièrement, permettant à une plus grande partie de la population d'en profiter. Les innovations technologiques, comme la machine à vapeur, facilitent la production en masse, réduisant ainsi les coûts et rendant le chocolat disponible pour toutes les classes sociales.
Les boulangeries, confiseries et épiceries commencent à proposer du chocolat sous diverses formes, des tablettes aux confiseries, en passant par les boissons chocolatées.
A partir des années 1820, certains se lancent dans la fabrication du chocolat à plus grande échelle. Il faut attendre 1838-1839 pour voir se développer une fabrication plus « consistante ».
Coup sur coup, trois publicités du Journal de Maine-et-Loire annoncent l’ouverture d’une fabrique de chocolat. Le 1er janvier 1839, le confiseur Coquereau, rue Baudrière, prévient qu’il « vient d’établir une mécanique pour faire le chocolat, ce qui le met à même de rivaliser avec les fabriques de Paris, tant pour le prix que pour la qualité. »
Le 21 mars, l’épicier droguiste papetier Moiteaux-Ferron, rue de la Poissonnerie, donne avis qu’il « vient de joindre à son commerce une fabrique de chocolat, dont la qualité ne laisse rien à désirer ». Il vendra le chocolat apprêté surfin, le chocolat de santé, à la vanille, au lait d’amandes.
Le 26 avril, Priou, rue Baudrière, s’insurge contre « le charlatanisme de certains marchands », qui font croire au consommateur que « le chocolat ne peut être bon, s’il n’est d’un prix fort élevé ou s’il ne porte quelque dénomination extraordinaire, telle que chocolat Mesnier [Menier], chocolat de Paris, chocolat de Bayonne, etc. […] M. Priou, pensant qu’il est toujours utile de chercher à détruire les mauvais préjugés, vient pour combattre celui-ci offrir aux consommateurs ses chocolats. […] M. Priou, fabriquant lui-même cet article, y apporte les soins les plus minutieux ; aussi peut-il le garantir en première qualité, net de tout mélange et n’ayant à redouter aucune des expériences auxquelles on voudra le soumettre.
L’Annuaire de Maine-et-Loire enregistre la diffusion du chocolat en ouvrant en 1847 une rubrique « Chocolatiers » dans sa liste des commerçants classés par activité. Il n’en mentionne que trois - Antequera, rue Saint-Aubin (depuis 1845 environ) ; Gaucher, rue Saint-Laud ; Priou, rue Baudrière - omettant Coquereau, toujours actif et Moiteaux-Ferron, rue Boisnet.
Le plus important de l’époque, artisan de la démocratisation du chocolat à Angers, est probablement René Priou. Sa fabrique de chocolat, souligne-t-il dans une annonce de 1844 (Journal de Maine-et-Loire, 13 novembre), est organisée à l’instar de celles de Paris, par procédé mécanique de M. Hermann.
Il ne manque pas de faire régulièrement de la publicité. Sa production est distinguée lors des expositions industrielles d’Angers.
En 1848, les rapports lui offrent une mention honorable pour ses échantillons de chocolat, « déjà remarqués en 1843 » pour leur « cassure brillante » et leur « goût agréable ». « Notre compatriote, tout en améliorant la fabrication de ses produits par l’acquisition d’une machine Hermann, est parvenu à reconnaître les meilleures qualités de cacao […] ».
« Cherchant toujours à perfectionner la fabrique qu’il a établie à Angers, est parvenu à fabriquer un chocolat dont le prix modique, un franc le demi-kilogramme, a excité notre surprise. Son goût n’est pas en effet en rapport avec ce prix inusité. […] Nous ne pouvons que féliciter l’exposant de répondre ainsi aux besoins de nos populations et de rendre enfin accessible aux classes les moins fortunées un aliment dont l’usage prend de jour en jour plus d’extension. Signalons encore les chocolats ferrugineux du même fabricant. Leur goût n’a rien de désagréable malgré la forte proportion de sous-carbonate de fer qu’ils renferment et leur prix n’est plus un obstacle à l’emploi d’un produit si souvent prescrit par les médecins.
À cette même exposition de 1853 participent quatre autres fabricants de chocolat, deux de Nantes, Besnier et Gaillard ; Alcade, de Tours et un certain Dufil, dont l’adresse n’est pas indiquée dans le compte rendu de la Société industrielle.
D’autres fabriques sont également actives, comme celle de Moiteaux-Ferron, mais l’étoile montante est la « Chocolaterie Angevine » d’Alexandre Gaucher, successeur en 1845 des grands liquoristes-confiseurs et chocolatiers Gannereau et Pertué, rue Saint-Laud.
En 1858, sa fabrique obtient déjà une médaille d’argent à l’exposition industrielle d’Angers. Elle reçoit une médaille de vermeil en 1864. Vers 1865, il s’installe rue Saint-Aubin, à l’angle du boulevard de Saumur et dépose en 1866 trois marques pour ses chocolats.
Adolphe Étourneau, successeur de Priou vers 1865-1867, dépose lui aussi une marque au tribunal de commerce en 1868 - « Chocolaterie de Maine-et-Loire, maison fondée en 1830, usine à vapeur, médailles obtenues aux expositions de 1848, 1852, 1853, 1857. Adolphe Étourneau, 55 rue Baudrière. Chocolat au caraque ».
Toutefois sa fabrique disparaît au milieu des années 1870.
Si Priou a été « le » chocolatier des années 1840-1850, Gaucher est la grande chocolaterie angevine de la seconde moitié du XIXe siècle, et bien au-delà (lire « Les trois « G » de la chocolaterie angevine », chronique historique, décembre 2004).
Facture à en-tête de la fabrique de chocolat Moiteaux-Ferron, 28 juin 1858
Aujourd'hui, le chocolat est devenu un produit de consommation courante et incontournable dans le monde entier. En France, le chocolat continue d'occuper une place de choix dans la gastronomie et la culture, avec des artisans chocolatiers comme Vincent Guerlais qui perpétuent la tradition, tout en innovant constamment.
Le marché mondial du chocolat est immense, et les pays producteurs jouent un rôle crucial dans l'approvisionnement de cette denrée prisée.
Nous avons tous nos petites habitudes de consommation : produit plaisir et occasionnel, petit présent ou consommation quotidienne d’un carreau de chocolat pour accompagner son café. La consommation moyenne en France s’élève à 13,2 kg par an / foyer.
FAUCHON propose à sa clientèle des chocolats d’exception depuis 137 ans, mêlant savoir-faire et finesse. L’objectif reste le même : éveiller les sens et procurer du plaisir aux consommateurs de chocolat FAUCHON.
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