Fonctionnement des Groupements de Producteurs de Porcs en France

Les groupements de producteurs de porcs jouent un rôle essentiel dans l'organisation et la structuration de la filière porcine en France. Ces structures permettent aux éleveurs de se réunir pour mutualiser leurs moyens, améliorer leur pouvoir de négociation et répondre aux exigences du marché.

Élevage de porcs en France

Le Rôle des Groupements de Producteurs

Le GRPPO, acronyme pour Groupement Régional des Producteurs de Porcs de l’Ouest, est une organisation de producteurs de porc indépendante reconnue dans la région Ouest de la France. Fondé le 30 avril 1976, le GRPPO est une association d’éleveurs à but non lucratif, fonctionnant conformément à la loi 1901. Le 1er décembre 2006 marque un nouveau chapitre dans l’histoire de GRPPO, qui devient une Organisation de Producteurs (OP). Le Ministère de l’Agriculture reconnait cette transition.

Le GRPPO a pour mission de représenter les intérêts de ses membres et de les soutenir dans la commercialisation de leurs porcs, en garantissant une approche équitable et transparente. Il agit comme une voix collective pour les éleveurs de l’ouest de la France, promouvant des pratiques durables et éthiques.

L’AOP s’inscrit dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune. Cette Association d’organisation de producteurs a pour objet de renforcer le pouvoir des éleveurs via leurs OP grâce à l’anticipation des prévisions de production, à la conquête de nouveaux marchés et en répondant aux besoins des consommateurs dans un cadre juridique sécurisé.

Structure et Fonctionnement

GRPPO est composé d’adhérents indépendants, répartis dans les 3 régions du Grand Ouest : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire. A la différence d’une coopérative, GRPPO fonctionne sans parts sociales. Le GRPPO compte environ 180 éleveurs adhérents qui partagent une vision commune de la commercialisation de leurs animaux.

Le GRPPO est dirigé par un conseil d’administration composé de membres neutres, assurant ainsi une gestion impartiale et équilibrée. Le GRPPO s’est constitué à l’Est de la Bretagne pour répondre aux préoccupations et aux besoins des éleveurs locaux en matière de commercialisation de leurs animaux. Aujourd’hui le GRPPO rayonne sur la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire.

Le GRPPO est une association à but non lucratif, ce qui signifie qu’il opère dans l’intérêt de ses membres et ne vise pas à générer des bénéfices financiers. Les éleveurs adhérents au GRPPO conservent leur indépendance tout en collaborant au sein de l’organisation pour atteindre des objectifs communs.

Pour assurer un suivi de proximité, les équipes techniques sont réparties au sein de 9 zones, dans ces mêmes départements. Tous nos adhérents sont installés au sein des départements du Grand Ouest de la France : Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie et Poitou-Charentes. Leurs compétences sont variées pour apporter de l’expertise technique à nos adhérents dans tous les domaines de l’élevage : bâtiment, économie, environnement, santé, bien-être animal et génétique.

Le monde de l’élevage est confronté à de nombreux défis. L’un d’eux est d'attirer, de qualifier et de pérenniser la main-d'oeuvre dans les élevages. Face à ce constat, nous avons créé en 2018 le dispositif “Compagnons Cooperl”. Nous mettons en relation des jeunes ou adultes en reconversion souhaitant s’engager dans cette voie, avec les adhérents qui souhaitent s’investir pour transmettre leurs passions, savoir-faire et compétences.

En effet, certaines coopératives étendent leurs activités sur tout le Grand Ouest, voire au-delà. Par ailleurs, des groupements situés en régions Normandie ou Pays de la Loire ont une activité en Bretagne. Ces porcs charcutiers ne sont pas tous bretons.

Et si un autre modèle d’élevage porcin était possible ?

L'Importance Économique et Sociale

La filière porcine française représente près de 22 300 entreprises au total : alimentation animale, élevages, abattage /découpe et charcuterie / salaison, distribution. Les éleveurs sont les plus nombreux : ils sont 10 000, dont 8 400 possédant plus de 20 truies. Il s’agit de fermes familiales pour la plupart réunies au sein de coopératives agricoles (90 % de la production).

Avec une moyenne de 214 truies, soit environ 5 000 porcs produits par an, la taille des élevages porcins français est l’une des plus faibles en Europe. Les élevages de porcs français sont implantés sur des fermes qui se distinguent par leurs surfaces conséquentes : en moyenne 102 ha. Cette vaste étendue de terres présente deux atouts notables : les fermes ont la possibilité de cultiver leurs propres céréales et des protéagineux pour nourrir les porcs sur place.

Le GRPPO permet de montrer la force de la coopération entre les éleveurs indépendants pour surmonter les défis liés à la commercialisation et aux aspects réglementaires de la filière porcine.

Agreste souligne que plus les exploitations sont de grande dimension économique, moins cette pratique est fréquente. En revanche, la part des exploitations porcines bretonnes transformant des viandes à la ferme n’est que de 4 %, un chiffre nettement moins important qu’au niveau national (14 %). De plus, les circuits courts constituent très rarement l’unique débouché. En termes de chiffre d’affaires, leur poids est estimé entre 1 et 2 % de la production totale de porcs en Bretagne.

Le Marché du Porc Breton (MPB)

Le Marché du porc breton (MPB) constitue toujours la référence en matière de fixation du prix pour une majorité de porcs au niveau national. Bien que plus de 96 % des porcs vendus au marché de Plérin soient originaires de Bretagne, la cotation sert de référence pour la fixation du prix d’une majorité des porcs produits en France. Ceci malgré une baisse du volume d’activité liée essentiellement aux départs de Bigard, et plus récemment de Cooperl (60 000 porcs par semaine en 2014, 26 000 en 2022).

Engagement dans la Qualité et le Bien-Être Animal

La filière porcine est engagée dans une démarche de progrès continu en matière de conditions sanitaires et de bien-être animal. La France est en particulier un des deux seuls pays d’Europe à procéder à une anesthésie locale en cas de castration des porcs. Elle a en effet interdit la castration à vif depuis le 1er janvier 2022. Elle a également réduit l’utilisation des antibiotiques de -58,5 % en 10 ans, de 2011 à 2021, au-delà de la moyenne de l’ensemble des animaux d’élevages, située à 47 %.

Nous proposons à nos éleveurs de rejoindre ces deux cahiers des charges pour entreprendre la montée en gamme de leur production. Une partie de nos adhérents est aussi engagée dans des filières de qualité nationales telles que Bleu Blanc Coeur, Label Rouge ou Bio. La filière Cooperl, de l’amont à l’aval, est une force qui, alliée à la technicité de ses adhérents, permet de garantir une meilleure valorisation économique de la production des éleveurs.

Mobilisée pour continuer les avancées en la matière, la filière travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec le Gouvernement sur le projet de nouvelle réglementation européenne et a même déjà entamé la mise en place des cases liberté pour les truies. Une généralisation qui prendra du temps et ne sera pas possible sans un accompagnement financier car son coût est évalué à environ 2 milliards d’euros.

Le groupement porc s’est attaché à la mise en œuvre et à l’amélioration des pratiques de biosécurité et de bien-être animal dans les élevages tout en assurant les intérêts économiques des adhérents. L’ensemble des différents modes de production s’inscrivent dans la durée. Les porcs castrés sans douleur, rentrant dans des marchés de filières spécifiques, devront être valorisés par des plus-values dédiées. L’objectif du groupement est de répondre à l’ensemble des segments de marchés.

Le Groupement Porc Eureden entend développer une filière porcine solide, durable via des débouchés cohérents, rémunérateurs et assurer la fixation d’un prix de base juste pour tous les éleveurs via le Marché du porc breton (MPB). En 2021, 55 % des porcs ont été commercialisés en filière qualité.

Les Porcs Bio de France et Système U : Un Partenariat Durable

Voilà 10 ans que le groupement de producteurs Les Porcs Bio de France travaille en lien avec Système U. En 2011, l’enseigne souhaitait développer des produits porcs bio en marque propre. Trois groupements de producteurs 100% bio (Bio Direct, Unébio, Porc Bio Cœur de France, rejoints par la suite par Porc Bio Atlantique) avaient décidé d’unir leurs forces pour produire un porc 100% bio origine France. Le partenariat a pris forme en 2013 avec la commercialisation des premiers produits à la marque U Bio.

Pour les producteurs, ce partenariat assure volume et durée. Les variations des coûts et des charges des éleveurs sont prises en compte par l’enseigne, via un suivi trimestriel des cours de l’aliment et des matières premières, afin de garantir à chaque moment une juste rémunération des producteurs. En 2021, 190 éleveurs étaient concernés par le contrat et 607 tonnes de viande porcine bio commercialisées par les Magasins U au sein des rayons boucherie et charcuterie libre-service.

L'accord avec Les Porcs Bio de France inclue les critères propres à l'élevage bio mais également une nourriture sans OGM et un élevage sur paille pour les truies et les porcs.

Défis et Perspectives d'Avenir

L’année a été difficile économiquement et les mois qui s’annoncent ne sont pas encourageants. Effectivement, la conjoncture sanitaire et économique 2020/2021 a été particulièrement perturbée, Covid 19, fièvre porcine africaine, perturbation du marché des matières premières et du prix du porc. Le marché a été soumis à la demande chinoise qui verrouille son marché intérieur. Cette pression désorganise le commerce mondial et européen de la viande de porc. Les trésoreries en élevage se sont tendues et accentuées par les cours mondiaux des matières premières.

Dans cette situation délicate, le Conseil Porc a une nouvelle fois joué son rôle et a proposé de mettre en place un prêt de trésorerie de 1,56 million d’euros pour soutenir les adhérents du Groupement Porc.

La menace de FPA (Fièvre porcine africaine) en France est très importante. Le groupement a continué à mettre en place les mesures pour protéger individuellement les élevages. « Les audits Pig Connect Biosécurité se terminent. Cet outil permet d’obtenir un état des lieux du niveau de biosécurité dans son exploitation.

Autre défi important pour le groupement : le renouvellement des générations avec la transmission des exploitations et l’installation de jeunes qui sont des priorités. « Les aides à l’installation sont renforcées, en plus du contrat Nouvel Investisseur, en place depuis 1984.

Dans les magasins, l’étiquetage du porc français n’est pas toujours respecté notamment pour les produits transformés. Il est nécessaire de remettre la pression pour mettre en avant le porc français », dénonce fermement Michel Bloc’h.

Nous allons continuer d’enrichir notre “Porc Français” avec une montée en gamme demandée par l’ensemble de notre filière afin que nos partenaires de l’aval puissent mettre encore plus en avant notre porc français.

Production et Commercialisation

Les huit organisations bretonnes de producteurs de porcs comptent 4 500 adhérents en 2022, elles ont commercialisé près de 14,4 millions de porcs charcutiers selon un décompte réalisé par Agreste à partir des données Uniporc, soit 65 % du total national. Ce chiffre est nettement en baisse en 2023, avec 13,7 millions de porcs mis en marché par ces huit groupements sur la zone Uniporc.

Au total, Agreste estime que plus de 97 % de la production régionale est commercialisée par les organisations de producteurs. L’organisme de statistique du ministère de l’agriculture souligne cependant que la part des porcs charcutiers abattus par des éleveurs indépendants sur la zone Uniporc est en croissance, de 1 % en 2014 à près de 4 % en 2022. En 2023, ces éleveurs ont représenté 735 000 porcs charcutiers, sur un total d’un peu plus de 18 millions de porcs abattus sur l’ensemble de la zone Uniporc.

Tableau récapitulatif des organisations bretonnes de producteurs de porcs

Organisation Nombre d'adhérents (2022) Volume commercialisé (2023)
Cooperl Arc Atlantique NC 5,07 millions
Porc Armor Évolution NC 1,9 million
Autres organisations bretonnes 4 500 (total) NC

C’est le cas notamment de Cooperl Arc Atlantique (5,07 millions de porcs en 2023) ou encore de Porc Armor Évolution (1,9 million de porcs).

Activités, conjoncture, biosécurité, FPA, arrêt de la castration à vif, organisation de la production, aucun sujet d’actualité n’a été écarté pendant ces 3 assemblées de territoires qui ont réuni plus de 400 personnes. « L’année a été difficile économiquement et les mois qui s’annoncent ne sont pas encourageants », introduit Michel Bloc’h.

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