Enquête sur la Santé et la Consommation de Viande : Faut-il Réduire les Portions ?

Les Français sont des gourmands de viande rouge, parfois à l’excès. Un Français sur trois mange plus de viande rouge que ce qui est recommandé par semaine. Alors, faut-il encore manger de la viande ? La question est posée d’emblée et pourrait faire croire à de la provocation après la dernière crise agricole. L’objectif n’est pas ici de pointer du doigt l’élevage.

Une vaste coalition de scientifiques l’avait affirmé à la fin des années 2010, suscitant la colère des industriels. Ils le répètent aujourd’hui, assurant se baser sur des données encore plus solides. Moins de viande, c'est mieux. C'est ce que répète aujourd'hui une vaste coalition de scientifiques qui l'avait déjà affirmé à la fin des années 2010, assurant se baser sur des données encore plus solides.

« Enquête de santé » propose des alternatives à l’alimentation carnée. L’enquête suggère ainsi de manger moins de viande mais mieux, en valorisant un élevage raisonné. Elle s’appuie aussi sur des témoignages de personnes qui ont changé radicalement leur alimentation. Des solutions simples sont également mises en lumière, comme la consommation de légumineuses au quotidien, sources de vitamines et minéraux.

La viande ne doit pas être au cœur de notre alimentation : une vaste coalition de scientifiques l’avait affirmé à la fin des années 2010, suscitant la colère des industriels.

Steaks végétaux : que valent les alternatives à la viande ? I UFC Que Choisir

Leur travail dépasse, de loin, la seule question de la viande. Il vise à donner des pistes pour que l’ensemble de la population mondiale bénéficie d’une alimentation saine sans nuire pour autant à l’environnement.

Quelle Quantité de Viande Est Recommandée ?

Outre l’alcool, il faut consommer la viande avec modération. Quelle est la quantité de viande recommandée par jour ? Une commission internationale d'experts a estimé que la viande ne doit compter que pour une petite partie d'une alimentation saine. Cela vaut particulièrement pour la viande rouge, insistent ces derniers.

Cette étude préconise une consommation de viande rouge de 15 grammes par jour, soit à peine 1 / 10e d’un steak chez le boucher. Un nombre qui correspond à la moitié de la moyenne mondiale journalière, ce qui rend l’objectif difficilement atteignable pour les pays développés. La consommation moyenne de viande rouge devrait se limiter à 15 grammes quotidiens, jugent-ils désormais.

Plus en détail, la consommation de bœuf, porc ou agneau devrait se limiter à une moyenne de 15 grammes par jour, contre 14 dans les précédentes recommandations. La consommation moyenne de viande rouge devrait se limiter à 15 grammes quotidiens, jugent-ils désormais.

À titre de comparaison, ce régime suggère en revanche 200 grammes de légumes, 300 grammes de fruits et 210 grammes de céréales par jour. À titre de comparaison, les légumes, fruits et céréales complètes devraient, eux, être consommés à hauteur respective de 200, 300 et 210 grammes par jour. Les produits laitiers devraient compter pour 250 grammes, les poissons ou fruits de mer pour 30 grammes, de même que les viandes blanches comme la volaille. À cela s’ajoutent 250 grammes de produits laitiers, 30 grammes de poisson et enfin 30 grammes de viandes blanches. Soit approximativement 45 grammes de viandes par jour.

Ces résultats s’expliquent par « une alimentation avant tout basée sur des sources végétales, avec une part modérée de produits d’origine animale et le moins possible de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel ». Le meilleur régime pour la santé "est avant tout basé sur des sources végétales, avec une part modérée d'aliments d'origine animale et le moins possible de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel", concluent les auteurs de cette vaste synthèse qui disent avoir pris en compte les études les plus récentes pour adapter leurs recommandations. Mais, sur les préconisations alimentaires, ils persistent et signent : le meilleur régime pour la santé « est avant tout basé sur des sources végétales, avec une part modérée d’aliments d’origine animale et le moins possible de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel ».

Tous ces chiffres sont très proches des précédents, surtout si l’on tient compte des fourchettes plus larges promues par les auteurs.

Risques pour la Santé Liés à une Consommation Excessive de Viande Rouge

Les chercheurs rappellent qu’une consommation excessive en viande rouge provoque une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. « La consommation de viande rouge est associée à un risque plus élevé de mortalité dans les pays où elle est élevée depuis plusieurs décennies », met en avant cette vaste synthèse, publiée vendredi 3 octobre dans la revue Lancet par une centaine d’experts en nutrition, environnement ou santé publique. Elle favoriserait la mortalité précoce et prématurée.

« Des éléments solides et actualisés renforcent l'idée que (ce régime) est nettement associé à une meilleure santé, une forte diminution de la mortalité, et un déclin conséquent des principales maladies chroniques liées à l'alimentation", comme le diabète, insistent les chercheurs dans leur étude.

Des conclusions qui ne sont pas du goût de la filière agroalimentaire, qui dénonce le travail de ces scientifiques. Mais elles ne sont pas en position de force.

Réactions et Controverses

Des conclusions qui ne sont pas du goût de la filière agroalimentaire, qui dénonce le travail de ces scientifiques. À travers le monde, de nombreuses fédérations du secteur agroalimentaire avaient notamment rejeté des préconisations présentées comme caricaturales, dangereuses ou inadaptées aux habitudes locales en matière d'alimentation.

Le système d’enquête sur les Comportements et consommations alimentaires en France (CCAF) permet au Crédoc de suivre l’évolution des consommations individuelles de viande rouge des Français. En 2019, le Plan National Nutrition Santé 4 (PNNS4) a introduit pour la période 2019-2023 la recommandation de ne pas consommer plus de 500g de viande rouge par semaine. Le Programme National Nutrition Santé recommande de limiter sa consommation de viande, toutes en dehors de celle de volaille (bœuf, veau, agneau, porc, viande chevaline...) à 500 g/semaine. Cette quantité de 500 g correspond à la viande consommée, donc cuite.

La majorité des Français sont des petits consommateurs de viandes de boucherie (bœuf, veau, agneau, porc frais et viande chevaline). Bien sûr, la consommation moyenne cache de grandes disparités : 23 % en mangent moins de 100 g par semaine, alors que 20 % en mangent plus de 500 g par semaine.

Recommandations de consommation alimentaire selon le Programme National Nutrition Santé (PNNS)

L'Importance des Protéines et du Fer

Les apports en fer sont d'autant plus importants à prendre en considération que moins de 6 femmes en âge de procréer sur 10 ont une valeur normale de ferritinémie : 20 % ont une déplétion totale des réserves en fer et 21,5 % des réserves faibles.

Cette étude de cohorte chinoise examine l’association entre la quantité totale de protéines consommées, la part de protéines animales et végétales, les principaux acides aminés et la probabilité de sarcopénie chez des adultes âgés.

Consommation et Longévité

Une étude relance un vieux débat : les consommateurs de viande auraient-ils réellement plus de chances d’atteindre 100 ans.

L’enquête menée sur plus de 5 000 adultes très âgés met en lumière une corrélation : les individus consommant de la viande atteindraient plus fréquemment l’âge de 100 ans que ceux qui n’en mangent pas. Ce résultat surprend car il contredit de nombreux travaux vantant les bénéfices des régimes végétariens, associés à une diminution des risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.

La physiologie évolue avec l’avancée en âge : la fragilité et le risque de malnutrition augmentent, tandis que l’appétit décroît. Les besoins en nutriments-clés, tels que les protéines, le calcium, la vitamine B12 et la vitamine D, deviennent alors cruciaux pour éviter la fonte musculaire et la perte de masse osseuse. Chez ces seniors, la consommation de viande pourrait répondre plus efficacement à ces exigences, là où un régime strictement végétal nécessite un suivi et une planification rigoureuse.

L’étude précise qu’un poids corporel insuffisant accentue les effets négatifs d’un régime sans viande sur la longévité. Le risque de mortalité augmente chez les personnes âgées maigres, ce qui suggère que la sous-nutrition pourrait constituer un facteur déterminant, plus encore que la composition exacte de l’assiette. Les participants consommant d’autres sources animales, comme le poisson, les produits laitiers ou les œufs, ne présentaient pas le même risque, mettant en évidence le rôle crucial de l’apport nutritif global.

Ces résultats rappellent que les recommandations nutritionnelles ne sont pas figées et doivent évoluer avec les besoins propres à chaque âge. Si les régimes végétariens constituent un choix sain pour de nombreux adultes en bonne santé, le grand âge impose parfois des priorités nourricières différentes. Prévenir la perte de poids, préserver la vitalité et garantir suffisamment de nutriments deviennent essentiels, justifiant une attention particulière mise sur l’apport en protéines d’origine variée.

Moins de viande, davantage de légumes et de fruits.

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