L'élevage Porcin en Bretagne: Chiffres Clés et Perspectives

La Bretagne, terre d'agriculture et d'élevage, occupe une place prépondérante dans la production porcine française. L’art pictural et même religieux en attestent : le cochon est, depuis des siècles, présent dans la vie quotidienne des bretons. Il est le symbole de la société rurale, il constituait autrefois l’essentiel de l’alimentation carnée des familles. Économique, omnivore, résistant… il permettait toutes sortes de préparations et de conservations.

La filière porcine française se concentre essentiellement en Bretagne selon une étude d'Agreste. C’est la seconde activité agricole de la région, après la production laitière. En 2023, la Bretagne compte 4 826 sites d’élevages de porcs. La région produit 1,17 million de tonnes équivalent carcasse et abat 12,9 millions de porcs.

Examinons de plus près les chiffres clés qui illustrent l'importance de cette filière pour la région.

Chiffres Clés de l'Élevage Porcin en Bretagne

Voici sept chiffres clés à retenir:

  1. 1 porc sur 2 est produit en Bretagne: Un peu plus de la moitié (56%) du cheptel porcin se trouve en Bretagne. Toutefois, le cheptel est en recul. Entre 2010 et 2022, l’effectif porcin s’est réduit de 16%, dont 9% entre 2020 et 2022.
  2. 1 900 porcs par exploitations en moyenne: En 2022, la région comptait 4 170 exploitations parmi lesquelles 3 950 détenaient au moins 20 truies ou 100 porcs à l’engraissement. Depuis 2020, le nombre d'exploitations tend à diminuer. En revanche, l’effectif par exploitation augmente. Il est passé en moyenne de 1 420 têtes (2010) à 1 900 têtes en (2020). C’est 1,5 fois supérieur aux autres régions françaises. Les 10 000 employés y pratiquent majoritairement l’élevage hors sol.
  3. 22% du porc bio est breton: La production de porc bio en Bretagne représente 0,5% de la production régionale de porc mais 22% de la production nationale, derrière la Nouvelle Aquitaine (28%). C’est peu mais les niveaux sont trois fois plus importants qu’en 2010.
  4. La Bretagne produit 70% de l’aliment porcin: La Bretagne est la première région productrice d’aliments pour le porc, avec 70 % des tonnages nationaux. Au total, la région produit 3,2 millions de tonnes d’aliment porcin.
  5. 8 sièges d'organisations de producteurs: Sur les 32 organisations de producteurs que compte la filière, 8 ont leur siège en Bretagne. Elles assurent largement la mise sur le marché, 65% du total national.
  6. 10 abattoirs spécialisés en porc: La Bretagne compte 20 abattoirs dont la moitié est spécialisée en porc. Près de 60% des porcs français sont abattus en Bretagne, soit 1,3 millions de téc de viande de porc en 2022.
  7. 34 usines de charcuteries et salaisons: Les 34 usines de charcuteries salaisons produisent un tiers des tonnages nationaux, soit 330 000 tonnes.

En résumé, la Bretagne est un acteur majeur de la production porcine en France. Les quelque 4 000 exploitations porcines bretonnes élèvent 6,8 millions de porcs en 2022, soit plus de la moitié du cheptel français. Elles mobilisent 10 000 emplois directs et leur production s’élève à 2 milliards d’euros. La région produit près de 60 % de la viande de porc française, 70 % des aliments pour porcs et fabrique un tiers de la charcuterie. En 2022, plus de 13 millions de porcs ont été abattus en Bretagne, cette activité générant 7000 emplois. Les élevages porcins détiennent 1 800 porcs en moyenne en Bretagne contre 1 000 en France métropolitaine. Les exploitants ont en moyenne 49 ans et 23 % sont des femmes.

La Production de Porc Bio en Bretagne

La production de la filière bio porcine a triplé en 10 ans mais représente moins de 0,5 % de la production porcine bretonne. Avec quelques 919 élevages, la Bretagne est la 2ème région productrice de lait Bio, après les Pays de Loire. La Bretagne est la 2ème région productrice de porcs bio (98 élevages). Quelques 22 126 tonnes de viande de porc Label Rouge sont produites en 2022.

Le principal bassin de production de porc bio se situe dans le Grand-Ouest (Pays-de-la-Loire ; Bretagne . ex Poitou Charente / Limousin), qui concentre 70 % du cheptel de truies. L’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes concentrent le plus grand nombre d’ateliers naissage.

Néanmoins la tendance n’est pas uniforme selon la taille des élevages. Le nombre d’élevages produisant de 50 à 100 porcs par an est en augmentation. La crise de la consommation a entraîné une baisse drastique des abattages de porcs bio en 2023. D’après Interbev, en 2023 : « Les ventes en GMS ont diminué de 33%, les magasins spécialisés ont enregistré une baisse de 17%, et les boucheries ont vu leurs volumes chuter de 30%. La grande distribution représente un peu moins de 50% des débouchés de la filière porc bio (contre 54% en 2019).

Nombre de truies bio : 16 852. En baisse de 12% par rapport à 2023. Le cheptel de truies bio en chuté en 2023, dans le contexte de la crise de la consommation.

Les anticipations d’arrêts planifiés (départs à la retraite) auraient permis une baisse de 10 à 15 % des volumes de porc. On estime à 40% la perte de potentiel de production : de 5 300 porcs/semaine à 3 200 porcs/semaine courant 2024.

Et en Europe ? D’après la publication « L’agriculture biologique dans le monde » publié par l’Agence Bio, la France et le Danemark sont les principaux pays éleveurs de porcins bio en Europe.

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Les Défis et les Enjeux de la Filière Porcine en Bretagne

La Bretagne est la région où la transformation à la ferme et les circuits courts sont les moins répandus (respectivement 4 % et 5 % des exploitations). Les revenus des éleveurs spécialisés dans l’élevage porcin fluctuent fortement en fonction de la conjoncture mondiale. Un exploitant sur dix a plus de 60 ans, plus de 400 exploitations sont concernées. Un quart de ces éleveurs considère l’avenir de son exploitation comme incertain. Elle représente le quart des effluents d’origine animale au niveau régional (derrière les exploitations bovines).

Plus de 1 900 entreprises agroalimentaires sont présentes dans la région, dont 428 de plus de 20 salariés. L’industrie des viandes représente 40 % du chiffre d’affaires agroalimentaire breton, ce qui confirme la vocation de la Bretagne comme terre d’élevage.

De cette étude, il ressort que le maintien d’une production porcine de 12,65 millions de porcs par an en Bretagne nécessite d’augmenter la taille moyenne des élevages naisseur-engraisseur d’un tiers dans les vingt prochaines années. Pour Evel’Up, seconde coopérative de producteurs de porcs en France qui a commandé cette étude à la Chambre d’agriculture, cette transformation doit permettre de soutenir la souveraineté alimentaire , explique son directeur Jacques Crolais. Car depuis 2008, la production porcine baisse et les projections démographiques n’incitent pas l’optimisme quant au maintien de la production.

L’étude évoque une baisse de la production bretonne de 10 % à 2038 et de 20 % à 2049. Sauf à voir le secteur installer un plus grand nombre de jeunes à l’avenir, il faut envisager d’autoriser l’agrandissement des structures existantes. Cet agrandissement généralisé des structures ne se fera pas sans heurts.

Méthanisation et Élevage Porcin

En Bretagne, 33 unités de méthanisation sont en service ou en construction, dont 60% en lien avec des élevages porcins. Les éleveurs de porcs ont donc fait preuve d’initiative, plusieurs ayant été pionniers en ce domaine. « La méthanisation est un atout pour la Bretagne, énergétique, social et territorial. C’est une voie de diversification pour les éleveurs très performants sur leur cœur de métier, l’élevage de porcs.

La concrétisation d’un projet de méthanisation sous-entend un accompagnement de l’éleveur par différentes structures (organisation de producteurs (OP), chambre d’agriculture, bureau d’études…). Des OP ont ainsi créé un groupe d’éleveurs intéressés par la méthanisation pour échanger et partager les expériences, avec des visites d’installations.

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