Bienvenue à Sainte-Marie, une commune située à l'est de la Martinique, au bord de l'océan Atlantique. Cette commune est célèbre pour sa distillerie, l'Habitation Saint-James, et son église Notre-Dame de l'Assomption, qui domine le bourg du haut d'un escalier.
En termes de services, Sainte-Marie propose un marché couvert, des banques, une station-service et des postes. Des restaurants de bord de mer sont également présents pour vous faire découvrir les saveurs locales. Outre la visite de la rhumerie et son circuit en train dans les bananeraies, la commune offre des randonnées et des plages à proximité.
La baignade est interdite près du Passage Tombolo en raison des courants dangereux, mais la plage de l'Anse Azerot vous permettra de profiter d'un bain dans un cadre magnifique. Vous pouvez également vous promener dans la Forêt La Philippe.
Carte de la Martinique indiquant la localisation de Sainte-Marie.
Pour rejoindre la Forêt la Philippe depuis Fort-de-France, prenez la voie rapide A1, puis sortez en direction du Robert (N1). Comptez ensuite 45 minutes de route. Suivez les indications pour Le Robert, La Trinité, puis Sainte-Marie. La forêt se trouve après le bourg de la commune. Le parking, bien que petit, est facile à trouver.
Devant la barrière de la Forêt de La Philippe, deux options s'offrent à vous : si vous souhaitez la visiter, choisissez le chemin de droite. Le domaine est accessible à toute la famille, mais les parcours vers la Pointe Tenos et la Pointe Pain de Sucre demandent une condition physique plus adaptée et éventuellement du matériel pour les jeunes enfants (plus de 6 ans ou porte-bébé). Le sentier jusqu'à la Pointe Tenos fait environ 3 kilomètres (aller-retour) et prend entre 1h00 et 1h30 de marche.
Après la barrière, dirigez-vous vers la droite sur un chemin qui vous mènera vers la côte et la Baie Saint-Jacques, idéale pour de jolies photos. Revenez ensuite sur vos pas et prenez le chemin à droite pour reprendre la promenade en forêt. Après 5 minutes, suivez la direction de la Pointe Tenos à l'intersection, où vous découvrirez un nouveau panorama. Revenez sur vos pas pour partir vers la Pointe Pain au Sucre. Continuez votre chemin vers la barrière au loin, traversez la prairie, puis un cours d'eau et une deuxième prairie. Dans cette deuxième prairie, ne prenez pas l'allée des arbres, mais dirigez-vous vers la côte. Le sentier étroit au milieu d'une forêt sèche descend au pied de la pointe. Une petite entrée au milieu des arbustes se trouve sur la gauche de la Pointe Pain au Sucre, face à elle, et descend vers un coin de paradis isolé.
Aujourd'hui appelé "Domaine de Fonds Saint Jacques", ce lieu était autrefois une exploitation sucrière établie par des moines dominicains, qui en firent une grande habitation esclavagiste grâce au travail de centaines d'esclaves. Au début de la colonisation, la Martinique était divisée entre les territoires français et ceux des Kalinagos, les premiers habitants de l'île. Les relations entre Français et Caraïbes se sont rapidement détériorées, culminant avec une guerre en 1658.
En remerciement de leur aide, Madame Duparquet fit don au Père Boulogne d'un terrain au nord de Sainte-Marie en 1659. Il y fit construire une chapelle en 1660, qu'il nomma Saint-Jacques, en hommage au mari défunt de la gouvernante. C'est cette chapelle qui donna son nom à l'habitation sucrerie, qui devint l'Habitation Fonds Saint Jacques. La paroisse de Sainte-Marie fut créée officiellement le 8 janvier 1663, faisant de Fonds Saint Jacques le centre religieux de la paroisse et le siège des dominicains.
En 1689, le père Temple fit construire la première sucrerie en maçonnerie, qui fonctionnait grâce au travail d'une soixantaine d'esclaves. On y fabriquait du sucre et les premières productions de tafia. Fonds Saint Jacques devint l'une des habitations les plus prospères de l'île.
L'Habitation Fonds Saint Jacques, un site historique important de la Martinique.
Le père Labat, arrivé en 1696, fut accueilli par le père Raymond Dacier. Il constata que l'habitation était délabrée et décida de la moderniser en équipant l'habitation en matériel et en main-d'œuvre. Il fit venir de la main d'œuvre qu’il formera et attellera à différentes tâches. On arriva à plus d’une centaine d’esclavisés qui travaillaient sur les terres plantées en canne à sucre. On cultivait aussi des plantes vivrières comme le manioc, l’igname ou la patate. Il modernisera l’industrie sucrière, réorganisera la gestion de Fonds Saint-Jacques.
Après des travaux longs, durs et coûteux, une superbe habitation se dressa petit à petit sur cette propriété monastique, organisée autour d'une grande cour intérieure. Elle comprenait :
Les esclaves étaient employés à différentes tâches : la plupart travaillaient dans les champs, d'autres dans les bâtiments d'exploitation. Certains devinrent des artisans : tonneliers, forgerons, scieurs de long, charrons. Le père Labat fit également appel à certains esclaves affranchis pour des travaux spécifiques.
Les esclaves vivaient dans des cases très rustiques construites en amont de l'habitation, après le moulin, vers l'intérieur des terres, près des parcs à bestiaux. Ces cases étaient construites de manière uniforme et alignées le long d'une rue appelée aujourd'hui "rue du Pavé".
L'habitation monastique de Fonds Saint Jacques, qui faisait partie de la paroisse de Sainte-Marie, devint le centre religieux de la région pendant près de vingt ans et le siège de l'ordre dominicain. Le syndic y logeait, de même que les curés des paroisses de Trinité, Sainte-Marie, Marigot, Gros Morne et Grande Anse.
Malgré ses fonctions économiques et spirituelles, elle restait une grande habitation esclavagiste, et les prêtres avaient les mêmes comportements que les autres propriétaires d'habitations. Le père Jean-Baptiste Labat y a laissé des souvenirs controversés, admiré pour ses talents de bâtisseur, mais détesté pour sa cruauté et son mépris envers les esclaves.
La chapelle fut reconstruite plus tard, en 1769, dans le style dorique, avec une toiture couverte de tuiles et une structure interne en bois conçue comme une carène de bateau renversée. Chaque jour, depuis l'époque du père Labat, les esclaves participaient à 30 minutes de prières, allaient au catéchisme, étaient baptisés et recevaient tous les sacrements de l'église.
Le Pain De Sucre est l'un des premiers quartiers de Sainte-Marie, situé en altitude entre les quartiers Fonds Saint Jacques et Reculée au sud, et le quartier Dominante du Marigot. Il tire son nom de sa situation face au rocher du Pain de Sucre, qui ressemble à un pain de sucre conique, comme ceux fabriqués dans les habitations sucreries.
En 1664, le quartier de Pain de Sucre comptait 16 habitations. Parmi les premiers habitants, on trouvait François Levassor, Pierre Birot et Adrien le Seigneur, qui possédait la plus grande propriété du quartier. Sur la propriété de François Levassor, on trouvait un moulin à bœufs et la première sucrerie du quartier.
À côté du Pain De Sucre se trouve le sous-quartier du Charpentier, qui relie Sainte-Marie à Marigot. On y trouve 4 propriétés, dont celle d'Abraham Bueno, un juif hollandais qui a fui le Brésil après la conquête portugaise en 1654. Il faisait partie de ces 300 juifs hollandais qui ont été accueillis à la Martinique et qui y apportèrent la culture de la canne à sucre.
Le Pain de Sucre de Rio de Janeiro, une formation rocheuse similaire à celle de Martinique.
Du XVIIe au XIXe siècle, le Pain De Sucre a connu des restructurations de propriétés et des mouvements de révoltes d'esclaves. Après l'abolition de l'esclavage, on assista à la lutte pour l'application des nouveaux droits. Au XIXe siècle, on trouvait les habitations Charpentier et Pain De Sucre, qui existèrent jusqu'au XXe siècle.
Pour acheminer la production de canne à sucre de Pain De Sucre vers l'usine du Lorrain, un téléphérique, appelé "Oplane" ou câble, fut mis en place vers 1914 par G. Assier De Pompignan. Les piles de canne étaient chargées dans des paniers qui glissaient sur des câbles jusqu'à l'usine.
Aujourd'hui, les habitants vivent surtout de l'agriculture sur de nombreuses petites parcelles en pente. L'Anse Charpentier reste le secteur le plus actif du quartier, avec de petites industries et un restaurant touristique installés le long de la RN 1.
Le quartier a vu naître plusieurs personnalités marquantes :
| Période | Événement/Caractéristique | Acteurs Clés |
|---|---|---|
| Début de la Colonisation (XVIIe siècle) | Établissement des premières habitations, culture du tabac, division en quartiers. | François Levassor, Pierre Birot, Adrien le Seigneur, colons français. |
| XVIIe - XIXe siècles | Restructurations des propriétés, révoltes d'esclaves, développement de la culture de la canne à sucre. | Esclaves, propriétaires d'habitations, Abraham Bueno. |
| XIXe siècle | Abolition de l'esclavage, conflits entre bissetistes et scholchéristes, développement industriel (téléphérique). | Pierre Dessales, Charles Bisette, G. Assier De Pompignan. |
| XXe siècle | Diversification agricole, développement de petites industries, émergence de personnalités locales. | Riffard Lordinot, Emile Joli, Dédé Duguet, Guy Lordinot. |
tags: #domaine #du #pain #de #sucre #Martinique
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic