La Betterave Sucrière Noire : Culture, Défis et Solutions

La betterave sucrière noire est une culture importante en Europe, notamment en France, premier producteur au sein de l'Union Européenne. Cet article explore les aspects de sa culture, les défis posés par les maladies et les ravageurs, ainsi que les solutions pour assurer une production optimale.

La betterave sucrière – une culture faite pour moi? (SVZ-FSB)

Culture de la Betterave Potagère

La betterave potagère, y compris la variété noire d'Égypte, se sème directement en ligne dès que les gelées ne sont plus à craindre, et ce jusqu'au 15 juin au plus tard. La semence de la majorité des variétés est composée de plusieurs glomérules soudées. Après la levée, il convient d’éclaircir le semis pour ne laisser qu’une plante tous les 20 à 30 cm. Il existe quelques variétés monogermes à semer graine par graine, ce qui élimine la corvée de l’éclaircissage.

Un semis sous abri début mars est possible pour avancer la production, suivi d'un repiquage si nécessaire. Les seuls soins nécessaires pour cette espèce sont des binages et quelques arrosages pendant la sécheresse.

La betterave noire Plate d'Égypte est un légume-racine polyvalent, facile à cultiver et délicieux à déguster. Cette variété de betterave, originaire d'Égypte, est appréciée des jardiniers et des cuisiniers pour ses nombreuses qualités. Ronde et aplatie, la betterave noire d'Égypte se pose quasiment à plat sur le sol. D'un magnifique rouge sang foncé, la chair de la betterave noire d'Égypte est fine, mi-tendre et particulièrement juteuse. Elle se cuit à la vapeur, à l'eau bouillante ou au four.

Semée en pleine terre dans de bonnes conditions, la récolte peut commencer dès juin quand la racine atteint la taille d’une petite orange. À cette taille, la chair est délicieuse. Elle peut aussi se semer sur couche ou en serre pour une récolte plus précoce.

Variété d'Égypte : Belle variété ultra précoce ne venant pas d’Égypte mais plutôt d’Allemagne, ce nom d’Égypte lui a été donné après la campagne d’Égypte de Napoléon. L’une des meilleures variétés potagères hâtives, racine arrondie, très aplatie en dessous, presque posée sur la terre, juste son fin pivot s’enfonce dans le sol. Peau très lisse, chair rouge foncée à reflets violacés, très régulière. Ne pas attendre sa complète maturité pour récolter la racine de la betterave d’Égypte, à la grosseur d’un poing, c’est le meilleur stade.

Variété Crosby Egyptian : Aux États-Unis d’Amérique, la variété Crosby Egyptian est une sélection réalisée dans les années 1860 par le fameux maraîcher Crosby de Boston. Elle est très similaire à la plate d’Égypte mais un peu plus grosse, ce qui n’est pas une qualité pour cette variété !

En résumé, la betterave noire Plate d'Égypte est un légume aussi beau que bon. Sa culture est relativement simple et ses qualités gustatives en font un incontournable du potager.

Les Défis Phytosanitaires de la Betterave Sucrière

La betterave sucrière est confrontée à plusieurs défis phytosanitaires majeurs, notamment les maladies du feuillage et les ravageurs, qui peuvent impacter significativement le rendement et la qualité de la récolte.

Maladies du Feuillage

Plusieurs maladies fongiques peuvent attaquer les betteraves sucrières en période estivale :

  • Cercosporiose : Causée par Cercospora beticola, elle est la deuxième maladie la plus préjudiciable pour la betterave sucrière en France. Elle se caractérise par des petites tâches rondes et grises sur les feuilles, avec une bordure brunâtre et des points noirs au centre. Les pertes de rendement peuvent atteindre jusqu’à 30% si elle n’est pas contrôlée.
  • Oïdium : Causé par le champignon Erysiphe betae, il se développe dans toutes les régions, grâce à une forte chaleur et une sécheresse, avec un impact important sur le rendement et la teneur en sucre. L’oïdium se caractérise par des duvets gris et blancs qui se forment au-dessus des feuilles.
  • Rouille : Provoquée par le champignon Uromyces betae, elle touche toutes les régions betteravières. La rouille se caractérise par des cercles concentriques jaunes qui se développent autour de pustules brun/rouille, sur les feuilles centrales et extérieures.

Pour éviter un développement trop important des champignons sur les betteraves sucrières, plusieurs mesures préventives sont à mettre en place. Des rotations allongées (3 à 4 ans minimum) permettent notamment limiter les maladies. Le labour après l’infection des cultures peut aussi être utile, car il stimule un développement plus précoce du champignon qui, sans plante hôte, ne survivra pas. Des apports équilibrés de tous les nutriments et une surveillance accrue permettront de maintenir des betteraves en meilleure santé, moins sensibles aux maladies du feuillage.

Tableau : Résumé des Maladies du Feuillage de la Betterave Sucrière

Maladie Agent causal Symptômes Conditions favorables
Cercosporiose Cercospora beticola Petites tâches rondes et grises avec bordure brunâtre Températures chaudes (27-32°C) et forte humidité
Oïdium Erysiphe betae Duvets gris et blancs sur les feuilles Forte chaleur et sécheresse
Rouille Uromyces betae Cercles concentriques jaunes autour de pustules brun/rouille Environnement très humide (15-22°C)

Ravageurs

Plusieurs ravageurs peuvent attaquer la betterave sucrière, causant des dégâts importants :

  • Pucerons : Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le puceron noir de la fève (Aphis fabae) sont responsables de la transmission du virus de la jaunisse. Les pucerons prélèvent le virus en se nourrissant sur d'autres plantes contaminées. Les colonies de puceron noir qui se développent sur les feuilles de betterave peuvent occasionner des dégâts directs en prélevant de la sève lors des piqûres d'alimentation. Les symptômes les plus classiques sont un recroquevillement des feuilles fortement infestées et un ralentissement de la croissance des betteraves. Ces pucerons produisent également du miellat à l’origine du développement de la fumagine, c’est-à-dire de moisissures noires sur la face inférieure des feuilles.
  • Autres ravageurs : Les jeunes larves consomment feuilles et tiges puis se développent au détriment des racines, collets et tubercules. Les chenilles se nourrissent des feuilles.

La Jaunisse de la Betterave Sucrière

Suite à l’interdiction des néonicotinoïdes, le virus de la jaunisse représente une menace sérieuse pour la culture de la betterave à sucre. Ce virus, transmis par les pucerons, peut se présenter sous 2 formes :

  • Le virus de la jaunisse grave (BYV - Beet Yellows Virus) pouvant engendrer des pertes de rendement jusque 50 %.
  • Le virus de la jaunisse modérée (BMYV - Beet Mild Yellowing Virus) entrainant des pertes de rendement moins importantes de l’ordre de 30 %.

Au champ, une même plante peut être potentiellement infectée par plusieurs de ces virus en même temps. Les réservoirs de virus peuvent être des chénopodes (épinards, ansérine blanche, arroche étalée), mouron blanc ou des betteraves ensilées.

Les conditions favorables sont les hivers doux et les printemps chauds, permettant ainsi aux pucerons vecteurs de survivre et de contaminer rapidement les champs.

Stratégies de Lutte Intégrée

La lutte contre le virus de la jaunisse nécessite une approche intégrée incluant le développement de variétés de betteraves à sucre tolérantes à la jaunisse et de contrôles culturaux. Une approche intégrée pour un meilleur contrôle de la maladie.

Dans le cadre de nos croisements, nous introduisons des gènes de résistance aux maladies du feuillage à l’aide de backcross successifs entre une lignée élite et une lignée sauvage. Nous sélectionnons les plantes qui ont le plus de caractéristiques du parent élite tout en étant à la fois résistantes. Cette sélection s’effectue grâce à des essais à la fois au champ et en serre, en contaminant les parcelles. Grâce aux techniques de pointes employées par nos chercheurs, des ensembles de gènes codant pour un caractère appelés QTL (Quantitative Trait Loci) ont été identifiés grâce à des populations de cartographie : on croise un parent sensible à une maladie avec un parent résistant, et on étudie leur descendance grâce à du marquage moléculaire pour identifier des QTL de résistance à la maladie. D’autres QTL ont été identifiés dans du matériel exotique, dans le cadre du programme AKER.

En cas d’infection par des maladies du feuillage, et ce dès les premiers symptômes, le fongicide devra être appliqué au plus tard au seuil de traitement, selon les recommandations de l’ITB ou des services agronomiques des sucreries, pour enrayer le développement de la maladie.

Bien évidemment, nous vous conseillons de choisir des variétés avec un bon niveau de tolérance, comme FD Médaille pour la cercosporiose. Pour éviter au maximum les risques d’oïdium, mieux vaut choisir des variétés avec un bon niveau de tolérance comme FD Crawl et FD Winning.

Le Rôle des Pucerons Noirs

Il est important de noter que le rôle du puceron noir (Aphis fabae) dans la transmission des virus de la jaunisse est complexe et nuancé. D'abord, ils attirent les auxiliaires qui seront bénéfiques pour contrôler Myzus persicae. Leur rôle dans les épidémies de jaunisse est controversé. La jaunisse modérée est causée par 3 virus du genre des polérovirus : le BMYV, le BChV et le BWYV-USA. Ils sont génétiquement très proches du virus de la jaunisse du navet (TuYV) sur colza. La jaunisse modérée est de loin la plus fréquente sur le territoire mais on ne retrouve principalement que 2 virus sur les 3, à savoir le BMYV et le BChV.

La jaunisse grave est causée par un seul virus, le BYV, du genre des closterovirus, bien plus éloigné génétiquement des 3 autres. Sa prévalence est également beaucoup plus faible en France.

D'après les études disponibles, les capacités de transmission des 2 principaux virus de la jaunisse modérée (BMYV et BChV) par A. fabae sont pratiquement nulles. Différentes expérimentations ont en effet été conduites par plusieurs équipes de recherche qui arrivent systématiquement à cette conclusion, quelle que soit la forme des pucerons (aptère ou ailée) étudiée et les modalités expérimentales. La contribution d'A. fabae dans la dissémination des virus au sein d'une parcelle semble également négligeable par rapport à celle de M. persicae.

En tout état de cause, le puceron noir semble représenter un risque minime voire nul en ce qui concerne l'infection primaire des parcelles de betterave par la jaunisse modérée. Ses capacités supposées de dissémination de la jaunisse modérée dans les parcelles déjà contaminées devraient également être reconsidérées.

Carence en Bore et Pourriture du Cœur

Les feuilles du cœur de la betterave sucrière affectées par une carence en oligo-élément du bore, restent petites et chétives. Puis, elles dépérissent et jaunissent, avant de devenir noires. Suite à une carence en bore, on peut notamment apercevoir l'apparition des pustules vert pâle, qui virent vers le brun et éclatent, sur la face supérieure des pétioles. Il est aussi possible d'observer, sur la partie supérieure de la betterave, la formation de grandes taches de couleur brun noir.

En effectuant une coupe transversale, on peut éventuellement constater la présence d'anneaux extérieurs des faisceaux vasculaires teintés de noir. Une déficience importante, de la culture de la betterave sucrière en bore, est responsable de la pourriture du cœur.

Avant d'entreprendre une quiconque mesure contre la pourriture du cœur de la betterave sucrière, Bio en ligne recommande d'effectuer des prélèvements du sol afin de réaliser des analyses physico-chmiques de la composition initiale du terrain. Si les conditions sont réunies pour une potentielle carence en bore, il est conseillé, à titre préventif, d'appliquer des engrais boriques. En cas de déficience grave, il est possible d'intervenir par des apports raisonnés du bore au cours de la culture.

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