Le séminaire s’inscrit dans le cadre du projet TAATI (Transition et Autonomie Alimentaire des Territoires Insulaires) coporté par l’Université de Corse (UMR LISA) et l’INRAE (UMR SELMET). La journée d’étude propose d’examiner comment la théorie des communs peut fortifier les approches de relocalisation alimentaire.
Dans un contexte de changement de régime climatique, d’autres acteurs que ceux des seuls marchés (institutions, organisations professionnelles, associations citoyennes) agissent à d’autres échelles de décision et sous d’autres formes d’organisation.
Dans un article récent, Benjamin Coriat adressait à la communauté scientifique la question de l’accès à l’alimentation en ces termes :
Comment est-il possible de faire de l’alimentation un bien commun ? Que doit-on comprendre l’accès à l’alimentation ? Tout à la fois des flux, des ressources, des savoirs, des techniques, des règles et bien sûr des collectifs, une série d’objets difficiles à saisir ensemble, à agencer, pour produire tout en préservant le vivant et les milieux-ressources concernés.
Au-delà du fort investissement scientifique, politique et citoyen dont les communs sont l’objet, Il s’agit de préciser ce que les communs alimentaires éclairent du point de vue de la réappropriation de l’alimentation par les populations en termes de capacités individuelles et collectives dans leur rapport aux composantes vivantes de la production.
La réflexion prend pour cadre privilégié le système alimentaire de la Corse qui se caractérise par une forte dépendance aux importations issues de systèmes agroalimentaires et d’une agriculture elle-même très dépendantes des intrants d’une part et par une agriculture traditionnelle particulièrement dépendante d’écosystèmes productifs aujourd’hui fortement vulnérables.
Dans ce contexte, la notion de socioécosystème constitue un cadre au sein duquel les communs alimentaires sont de nature à interroger les bons agencements entre la préservation dynamique des milieux et leur orientation productive.
En première intention, nous définissons les communs alimentaires comme la contribution de communautés de producteurs et de mangeurs à la définition et l’agencement durable et régulée des conditions de production, de distribution et de mise en marché de produits alimentaires au regard des systèmes socioécologiques.
Le séminaire propose d’appréhender les communs selon deux angles faisant enjeu pour le système alimentaire insulaire.
La première entrée s’attache à poser la notion de commun alimentaire à partir du double enjeu de gestion des milieux-ressources et de définition des aliments. Elle pose que la vulnérabilité des milieux est souvent le résultat de conflits d’usages entre plusieurs activités agricoles et non agricoles lesquels font obstacle à une qualification durable des aliments.
La perspective de gestion de ces milieux suggère des agencements nouveaux entre des usages et des composantes productives aujourd’hui très faiblement connectées. L’emprise spatiale des activités agricoles, particulièrement de l’élevage, pose les communs alimentaires au cœur d’une réflexion plus large sur les socioécosystèmes de Corse.
La seconde entrée dans les communs alimentaires interroge les enjeux de définition et de valorisation des produits alimentaires en mobilisant les deux notions de patrimoine culturel et d’origine géographique.
Il s’agit ici de s’intéresser aux manières dont les communs conduisent à remodeler le cadre de lecture habituellement mobilisé pour s’intéresser aux IG.
Le succès des Indications Géographiques (Signes de qualité) en France et en Europe à partir de la définition des liens à l’origine des produits alimentaires met en tension une définition culturelle à caractère patrimonial, fondée sur une vision normative quelquefois conservatrice, des composantes de la valeur (races locales, milieux de production et culture technique) et une vision socioéconomique sectorielle fondée sur l’idée d’un terroir façonné par les activités de production et les performances marchandes (différenciation, protectionnisme, part de marché).
Deux communications s’attacheront à éclairer cette tension à partir d’exemples choisis parmi des produits sous signe de qualité et les enjeux de valorisation de l’origine géographique au regard du cadre des communs.
L’engagement volontariste de l’Etat (Loi Avenir et Egalim, 2018) et l’engouement citoyen pour un meilleur accès à l’alimentation met au jour diverses difficultés rencontrées pour une relocalisation territoriale effective de l’alimentation (agronomique, logistique, marchande, règlementaire et juridique, etc.).
L’ordonnancement des systèmes d’alimentaires apparait verrouillé selon les mécanismes d’une organisation globalisée tributaire des règles du Marché et de l’Etat, ce qui laisse peu de possibilités pour concevoir une production et des choix alimentaires qui préservent les milieux de production.
Voici le programme du séminaire :
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