On n’échappe pas à la radioactivité. Les aliments que nous consommons sont légèrement radioactifs, comme en témoignent ces activités relevées pour ces aliments courants. Cet article explore la définition du danger radiologique alimentaire, ses sources, les réglementations en vigueur et les mesures de surveillance mises en place pour protéger la santé publique.
Il est impossible d’échapper à la radioactivité en respirant et en mangeant. Les roches granitiques sont légèrement radioactives du fait de la présence du thorium, de l’uranium et de leurs descendants.
L’eau de source que nous buvons est radioactive. Avant de jaillir du sol, elle a dissous des sels minéraux venant des roches rencontrées sur son chemin dont certaines contiennent des radioéléments. Les eaux les plus radioactives proviennent des régions granitiques ou volcaniques dont les roches renferment un peu d’uranium et de thorium accompagnés des éléments radioactifs de leur descendance.
Aux États-Unis, l’activité radioactive moyenne de l’eau consommée dans les foyers est de 18,5 becquerels par litre (Bq/litre). Ces activités, comme celles des aliments, sont inoffensives étant donné que le becquerel est une unité très petite.
Les eaux sont légèrement radioactives du fait d’éléments minéraux radioactifs des roches traversées dissous à l’état de traces. On a évalué ici, pour une eau de source, la dose d’exposition annuelle à la radioactivité, d’un nourrisson qui aurait bu un litre de cette eau tous les jours pendant un an. Il s’agit d’une exposition maximale, les nourrissons étant plus sensibles que les adultes aux rayonnements.
Après l’accident de Tchernobyl, il a été reproché aux autorités françaises de radioprotection d’avoir laissé consommer des aliments dont l’activité dépassait les normes admises. Un autre exemple de ces craintes est celles qui entourent l’irradiation par des sources radioactives de certains aliments, une technique efficace utilisée pour les stériliser sans en changer le goût.
L’irradiation ne laisse aucune séquelle radioactive et n’a aucun effet nocif comme en attestent les documents de l’OMS. Pour le poivre et les épices qui présentent des risques sanitaires importants de contamination bactérienne quand ils ne sont pas stérilisés, l’irradiation était jusqu’à une date récente utilisée. Un règlement a rendu obligatoire la mention « stérilisé par ionisation ».
Limites maximales admises dans la communauté européenne pour divers éléments radioactifs selon la nature des aliments. Ces limites sont données en termes d’activités (becquerels) ramenées à un kilogramme. Plus le radioélément est toxique (ce qui est le cas des émetteurs alpha comme le plutonium) plus les activités doivent être faibles. C’est dans le cas de la nourriture pour bébé que les limites sont les plus strictes.
Comme pour l’alcoolémie au volant, les limites sur la radioactivité des éléments ont été revues à la baisse depuis une quinzaine d’années : on accroît les marges de sécurité ce qui revient à surestimer les risques.
La présence de radionucléides dans l’alimentation est régie par différents textes européens, qui définissent des activités maximales à ne pas dépasser pour certains radionucléides dans certaines denrées alimentaires. Les règlements (CE) n°733/2008 et 297/2011 prévoient respectivement des contrôles à l’import des denrées possiblement impactées par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima.
La radioactivité est un phénomène naturel lié à l’instabilité de certains atomes qui composent la matière. Ces atomes instables (les radionucléides) émettent des rayonnements qui, en interagissant avec la matière, peuvent l’ioniser, c’est-à-dire lui arracher un ou plusieurs électrons. La radioactivité peut provenir de substances radioactives naturelles (uranium, radium, radon…) ou artificielles (californium, américium…), mais avant tout ce sont les activités humaines qui engendrent cette pollution (origine anthropique).
Les rayonnements ionisants peuvent provoquer des effets sur la matière vivante. Protéger le travailleur, compte tenu des risques encourus, consiste tout d’abord à évaluer les risques professionnels, en prenant en compte les caractéristiques de la source d’émission et les conditions d’exposition des personnes.
La prévention des risques liés à l’exposition aux rayonnements ionisants est encadrée par un certain nombre de dispositions réglementaires, figurant dans le Code de la santé publique, le Code de l’environnement et le Code du travail. Ces dispositions, qui ont évolué depuis le 1er juillet 2018 dans le cadre de la transposition de la directive 2013/59/Euratom du 5 décembre 2013, adoptent une approche globale, en réintroduisant les neuf principes généraux de prévention comme préalable à la gestion des risques liés aux rayonnements ionisants en milieu de travail, sans pour autant renier les principes fondateurs de la radioprotection (justification, optimisation, limitation).
La surveillance des aliments et des eaux potables vise à protéger le consommateur vis-à-vis du risque radiologique. En réalisant le suivi de l'environnement, l'IRSN contribue à garantir la sécurité des denrées. Plusieurs contributeurs ont un rôle à jouer.
Vidéo : Le contrôle des eaux embouteillées : cette vidéo explique de façon pédagogique les techniques de mesure utilisées à l’IRSN. En quatre minutes, elle montre les phases successives d’analyse de la présence ou non de la radioactivité.
En France, l’eau du robinet est l’un des produits les plus surveillés. En France, plus de 100 établissements conditionnent des eaux minérales naturelles ou des eaux de source.
Ces substances ne sont pas ajoutées intentionnellement aux aliments, sauf cas de fraudes. Aux doses les plus fréquemment observées dans les aliments, la toxicité ne s’exerce pas de façon aiguë. En revanche, les contaminants généralement observés dans les aliments en doses excessives exercent une toxicité chronique. Ceci signifie que des effets néfastes peuvent survenir lorsqu’une personne ou une population est exposée dans la durée (de façon répétée) à des doses supérieures aux doses de sécurité (valeurs toxicologiques de référence).
Le MAAPRAT a commandé en 2006 une nouvelle étude sur les contaminants chimiques, les résidus de pesticides et les additifs des aliments dans la totalité des aliments en France. Ce sont ainsi quelque 400 substances qui ont été recherchées : dioxines, PCB, métaux (cadmium, plomb, arsenic) et minéraux, mycotoxines (toxines de moisissures des végétaux), pesticides, acrylamide, nitrites, sulfites...
L’étude antérieure de ce type, première du genre en France, ne portait que sur les métaux, les mycotoxines et quelques minéraux. La nouvelle étude, par son périmètre plus global, a permis d’estimer l’exposition des consommateurs et d’actualiser les connaissances : la situation générale est satisfaisante.
En particulier, l’exposition à certains polluants comme dioxines et PCB diminue mais des situations nécessitent une vigilance des pouvoirs publics (cadmium, acrylamide, sulfites, certaines mycotoxines) ; le MAAPPRAT tiendra donc compte de ces nouvelles données dans le cadre des discussions sur la révision de la réglementation au plan UE et sur la mise en œuvre des contrôles.
Les PCB (polychlorobiphényles) sont des polluants organiques à base de chlore qui posent des problèmes environnementaux et alimentaires. Du fait de leur présence assez généralisée dans les cours d’eau en France, un plan dédié a été mis en place par les pouvoirs publics en 2008.
Les principales priorités sont la réalisation d’un inventaire de l’état des cours d’eau et du statut de contamination de la faune (poissons) et le démantèlement de toutes les sources de PCB. Ces molécules développées dès les années 30 ont longtemps eu des usages multiples du fait de leurs diverses propriétés, d’où leur présence historique dans des encres, huiles de coupe, lubrifiants et divers matériels en tant que fluide caloporteur et di-électrique (transformateurs électrique...).
L’utilisation et la fabrication des PCB est interdite en France depuis 1987. Toutefois, l’usage dans des systèmes clos (type transformateur électrique) a été prolongé. Ces molécules sont par ailleurs toxiques. Aux concentrations observées dans les aliments en France, il s’agit d’un problème de toxicité chronique.
Ces molécules, qui ont une affinité pour les graisses du fait de leur structure chimique, vont s’accumuler dans celles de l’organisme (muscle, abats...). Les PCB ne sont pas absorbés par les plantes mais s’y déposent à la faveur d’une contamination de l’environnement : par exemple, la poussière d’un sol pollué peut se déposer sur les végétaux qui s’y trouvent, surtout si le couvert végétal est ras et le sol à nu.
Les projections par la pluie vont aussi contribuer à souiller les végétaux. Dans ce contexte, il existe une réglementation alimentaire dédiée à ces molécules : les règlement (CE) n° 1881/2006 fixe des teneurs maximales en PCB dans de nombreuses denrées animales et d’origine animale. Il n’existe pas de teneurs maximales dans les végétaux pour la consommation humaine directe, qui sont une source d’exposition mineure des consommateurs, les végétaux n’absorbant pas les PCB et ne les concentrant pas dans leur organisme à l’inverses des organismes animaux. Ces derniers peuvent en contenir beaucoup si un animal ingère de façon répétée un aliment contaminé.
En 2005, sur la base d’une circulaire du Premier ministre du 7 avril 2005, des travaux spécifiques ont démarré pour élaborer une doctrine générale, inter-ministérielle, sur la gestion globale après la survenue d’un accident nucléaire. Les travaux doivent maintenant être mis en place sur le terrain, dans les départements français. Au besoin, ils seront ajustés dans un sens bénéficiant à la protection de la santé publique.
Ce plan, existant en France depuis 1987, concerne les denrées d’origine animale (lait, viande, miel, gibier, poissons, crustacés, mollusques), gérées par le MAAPRAT. Cette surveillance permet par ailleurs le maintien d’un réseau de laboratoires compétents, réseau indispensable en cas de crise.
L’accident de Fukushima a souligné l’intérêt de poursuivre les travaux engagés pour vérifier si, avec l’évolution des connaissances scientifiques, les niveaux maximaux admissibles (activités maximales permises dans les aliments) fixés en 1987 au niveau UE sont encore pertinents. Au besoin, ils seront ajustés dans un sens bénéficiant à la protection de la santé publique.
A ce titre, la DGAL travaille en collaboration notamment avec l’Anses, agence d’évaluation du risque et l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), organisme d’appui scientifique et technique pour les questions ayant trait au nucléaire.
La DGAL, en collaboration avec l’IRSN, met en œuvre un plan de surveillance annuel de la présence de radionucléides dans l’alimentation en France. Ce plan, existant en France depuis 1987, concerne les denrées d’origine animale (lait, viande, miel, gibier, poissons, crustacés, mollusques), gérées par le MAAPRAT. Cette surveillance permet par ailleurs le maintien d’un réseau de laboratoires compétents, réseau indispensable en cas de crise.
Le 11 mars 2011 est survenu un séisme provoquant en réaction un gigantesque tsunami sur la côte est japonaise. La submersion de la centrale nucléaire productrice d’électricité de Fukushima-Daiichi provoqua la panne des systèmes de refroidissement primaires et secondaires . S’ensuivirent réchauffement des combustibles, explosion des structures et dégazages volontaires pour limiter la pression dans les installations, pertes d’étanchéité et ruissellements (notamment des eaux de refroidissement issues de l’aspersion volontaire : lances à incendies- hélicoptères…).
Les dépôts de radionucléides sur les végétaux (notamment les fourrages et les légumes-feuilles, type épinards …) ont entraîné une contamination de certains animaux et de leurs productions par les fourrages (bovins et paille de riz). Les niveaux maximaux admissibles fixés au Japon sont aussi ceux retenus dans le règlement de contrôle, pour rationaliser les analyses de part et d’autre.
Ce règlement est évolutif en fonction de la connaissance de la situation au Japon et est révisé régulièrement. Des dispositions complémentaires ont été retenues en France. Ainsi, dès la mise en œuvre de ce règlement, 100% des denrées animales étaient contrôlées à l’import. Par ailleurs, les produits de la mer issus de tout l’océan Pacifique, y compris au large des côtes américaines, font l’objet de contrôles renforcés pour leur qualité radiologique à leur arrivée en France, quel que soit le pays d’origine de la flotte de pêche.
Les animaux dont nous mangeons les productions se contaminent ensuite par leur alimentation lorsque l’eau de boisson ou les aliments sont contaminés. C’est le cas des mycotoxines, produites dans certaines conditions par des champignons microscopiques (moisissures).
La contamination des végétaux peut avoir lieu au champ (nitrates, mycotoxines) ou lors du stockage, du transport et/ou de la transformation (certaines mycotoxines). La contamination des animaux peut se faire par ingestion de végétaux contaminés. Selon les caractéristiques de ces mycotoxines (capacité à être transférées dans l’organisme de l’animal), les productions animales peuvent être affectées.
Les radionucléides sont des éléments (atomes) radioactifs : ils émettent un rayonnement (dit alpha, bêta, gamma ou X selon leurs propriétés). Le risque lié à l’exposition aux radionucléides est principalement lié aux émissions anthropiques. En effet, les radionucléides naturels (type potassium 40 et carbone 14) ne sont pas de nature et en quantité suffisantes pour être réellement nocifs.
Un Becquerel (Bq) correspond à une désintégration par seconde, c’est-à-dire à la transformation d’un atome instable en atome stable, accompagnée d’une émission (électron, rayon X...). La contamination initiale se fait dans les végétaux (absorption racinaire ou dépôt foliaire).
Ces substances sont créées lors de la transformation des produits agricoles en denrées alimentaires. Les constituants des aliments peuvent réagir entre eux ou avec des composés externes, même de façon traditionnelle (cuisson). Lors des étapes de cuisson habituelles des composés toxiques peuvent se former.
L’acrylamide, par exemple, est un composé toxique qui résulte de la cuisson à température élevée de produits contenant des quantités importantes de glucides et de protéines. Ces substances chimiques sont issues de la migration vers l’aliment depuis un emballage, récipient, ustensile de cuisine ou une surface de travail.
Les produits de nettoyage et de désinfection des surfaces destinées au contact alimentaire peuvent représenter un danger chimique si des résidus de ces produits se retrouvent sur les surfaces et peuvent être transférées à l’aliment. La présence de ces résidus peut avoir plusieurs causes : non respect des conditions d’emploi (surdosage), mauvais rinçage (lorsque celui-ci est nécessaire) ou utilisation d’un produit non adapté.
Lorsque ces teneurs maximales sont dépassées, le règlement interdit la commercialisation. La directive 2002/32/CE , transposée en droit français par l'arrêté ministériel modifié du 12 janvier 2001, définit les teneurs maximales pour certains contaminants chimiques dans les aliments pour animaux . Lorsque ces teneurs maximales sont dépassées, ces aliments ne doivent pas être distribués aux animaux.
## Implication de la DGALQuelle est l’implication de la DGAL dans la gestion de ces risques ? La DGAL agit aux niveaux national et européen pour fixer la réglementation européenne et les normes du Codex Alimentarius. La surveillance de la mise sur le marché de denrées alimentaires conformes à la réglementation en vigueur relève de la compétence mixte de la DGAL pour les denrées animales et d’origine animale et de la DGCCRF pour les autres denrées.
Pour accroître la connaissance de ces derniers, la DGAL peut commander la réalisation d’évaluations de risque à l’Anses, qui est l’agence française de référence. Elle organise des plans de surveillance et de contrôle de la présence de contaminants dans les denrées animale et d’origine animale et dans l’alimentation animale.
Les agents des services déconcentrés de l’Etat, DD(CS)PP, DRAAF et DAAF œuvrent chaque jour pour garantir la sécurité sanitaire des aliments en France. Ils sont en charge, entre autres, de la réalisation des prélèvement d’aliments pour animaux et de denrées alimentaires des plans de contrôle et de surveillance organisés par la DGAL.
Le risque radiologique concerne l'ensemble des risques liés aux rayonnements ionisants. Les radiations ionisantes émises par les produits radioactifs sont particulièrement dangereuses : elles ionisent la matière, c'est à dire qu'elles arrachent, en passant dans la matière, en particulier vivante, des électrons aux atomes.
L'irradiation externe peut être partielle ou concerner le corps entier. Les rayonnements peuvent être émis par des radioéléments intérieurs à l'organisme, il s'agit alors d'exposition interne. L'absorption peut se faire par voie respiratoire, cutanée, plus rarement par voie digestive. L'effet de cette irradiation est lié à la répartition de la substance dans l'organisme.
Aux fortes doses, les effets sont immédiats : la mort des cellules touchées. aux faibles doses, l'effet (induction de cancers, stérilité, malformation génétiques pour l'embryon) est retardé et n'apparaît pas obligatoirement pour chaque individu irradié.
- En s'éloignant de la source. Les sources doivent être soigneusement fermées.
La gestion du risque radiologique inclut les actions en cas d’accident nucléaire, mais aussi la préparation et l’anticipation , qui sont des phases essentielles de travail de la DGAL, associée en cela très étroitement à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L’accident de Fukushima a souligné l’intérêt de poursuivre les travaux engagés pour vérifier si, avec l’évolution des connaissances scientifiques, les niveaux maximaux admissibles (activités maximales permises dans les aliments) fixés en 1987 au niveau UE sont encore pertinents.
A ce titre, la DGAL travaille en collaboration notamment avec l’Anses, agence d’évaluation du risque et l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), organisme d’appui scientifique et technique pour les questions ayant trait au nucléaire.
La DGAL, en collaboration avec l’IRSN, met en œuvre un plan de surveillance annuel de la présence de radionucléides dans l’alimentation en France. Ce plan, existant en France depuis 1987, concerne les denrées d’origine animale (lait, viande, miel, gibier, poissons, crustacés, mollusques), gérées par le MAAPRAT. Cette surveillance permet par ailleurs le maintien d’un réseau de laboratoires compétents, réseau indispensable en cas de crise.
Ce tableau illustre les limites maximales admissibles pour divers éléments radioactifs dans les aliments, conformément à la réglementation européenne. Ces limites sont exprimées en becquerels par kilogramme (Bq/kg).
| Radioélément | Aliments pour Bébés | Autres Aliments |
|---|---|---|
| Plutonium | Limite basse | Limite plus élevée |
| Césium-137 | Limite stricte | Limite moins stricte |
| Strontium-90 | Limite stricte | Limite moins stricte |
Note : Les limites exactes varient en fonction de la réglementation en vigueur et des mises à jour régulières.
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