La semoule, ingrédient polyvalent utilisé dans de nombreuses cuisines à travers le monde, offre une texture unique et une saveur délicieuse à de nombreux plats. Mais d'où vient-elle exactement ? Cet article vous propose de découvrir les origines, les bienfaits diététiques, les différentes saisons de récolte, les techniques de conservation et les diverses applications de la semoule en cuisine.
La semoule a une longue histoire et est originaire du Moyen-Orient. Elle a été utilisée depuis des siècles dans la cuisine méditerranéenne, nord-africaine et du Moyen-Orient. Aujourd’hui, elle est largement consommée dans le monde entier et est un ingrédient essentiel dans de nombreux plats emblématiques de ces régions.
Si ses origines exactes sont encore obscures, le couscous aurait été inventé par les communautés rurales du Maghreb au Moyen Age. Plat emblématique de l'Afrique du Nord, le couscous se compose communément d'une semoule de blé dur arrosée de bouillon et garnie de viande et de légumes. Mais ses saveurs et ses appellations varient selon les lieux, les époques, les saisons, les occasions. Son origine, qui serait plutôt berbère qu'arabe, fait débat.
Une certitude : le couscous est né au Moyen Age au Maghreb (l'Afrique du Nord entre l'Atlantique et la Cyrénaïque). Le terme arabe kuskusu, qui désigne aussi bien la semoule que le plat, apparaît dans les livres de cuisine de l'Occident islamique médiéval à partir du XIIe-XIIIe siècle. On peut le reconnaître dès le XIe siècle sous le vocable de taam (nourriture, céréales) dans des récits de saints. La plus ancienne mention évoque un repas offert par les habitants d'Ouargla (dans le nord-est de l'Algérie) à un mystique : « Ils préparèrent un taam surmonté de saucisses.
Nous connaissons les recettes de ce plat grâce à deux ouvrages : Genre de pharmacopées dans la préparation de toutes sortes de mets (une compilation anonyme du XIIe-XIIIe siècle) et Les Délices de la table, des meilleurs nourriture et genre de mets d'Ibn Razin al-Tujibi et Ibn al-Khatib (XIIIe siècle). Sur 900 recettes, 8 sont consacrées au couscous. L'une d'elles indique que « le couscous habituel arrosé de bouillon est connu de tous ». La brièveté des explications contraste avec la minutie dont fait preuve Ibn Razin al-Tujibi quand il décrit les trois étapes de la préparation.
Il faut d'abord rouler la semoule dans les paumes des mains jusqu'à obtenir des grains « de la taille de têtes de fourmi ». Vient ensuite la confection du bouillon réalisé à base de viande de boeuf, d'épices et de « légumes de saison tels que des choux, des navets, des carottes, de la laitue, du fenouil, des fèves vertes, de la calebasse-courge, de l'aubergine ».
Le couscous est aussi mentionné dans des ouvrages diététiques rédigés en Al-Andalus au XIIIe-XIVe siècle. Ces textes médicaux indiquent que ce plat se prépare avec de la viande grasse et qu'il constitue un aliment bon pour la santé si sa digestion est complète et rapide. Un des auteurs, Ibn al-Khatib, le présente comme l'équivalent occidental du tharid. Ce plat constitué de morceaux de pain émiettés et arrosés d'un bouillon était largement répandu dans le monde islamique médiéval.
La mobilité des hommes dans le bassin méditerranéen a contribué à la circulation des pratiques culinaires. Ainsi, Ibn al-Azraq (1427-1491), originaire de Malaga et devenu ambassadeur à Jérusalem, qualifie le couscous de « noble et distingué ».
A la même époque, le couscous attire la curiosité du voyageur flamand Anselme Adorne, qui a séjourné à Tunis en 1470. Convié à un repas « chez un Maure, hors de Tunis, dans sa maison de campagne », il décrit la « collation du soir [constituée d'] un grand plat rempli d'une pâte qui se présentait comme du riz ; cette pâte se confectionne avec de la fleur de farine de blé : on appelle ce mets "couscous" ; il est d'une consommation courante dans le pays, et on le considère comme un aliment délicat, nourrissant et propre à faire grossir. Nous l'avons vu préparer plusieurs fois [...]. Sur ce mets, le couscous, étaient disposés des morceaux de viande et de poulet enveloppés dans des choux. Ils prennent de ce plat avec leurs cinq doigts, et ils forment avec la main une boule qu'ils projettent dans leur bouche ».
Léon l'Africain, qui a grandi au Maroc avant d'être capturé et offert au pape Léon X en 1518, raconte dans sa Description de l'Afrique les habitudes alimentaires de la population de Fès : l'« hiver on mange de la viande bouillie avec un mets qu'on appelle cuscusu, qui se fait avec de la pâte réduite en grains de la grosseur de la graine de coriandre, grains que l'on fait cuire dans une marmite trouée qui reçoit la vapeur d'une autre marmite. On mélange cette pâte cuite avec du beurre et on l'arrose de bouillon. [...] Quand [les Africains] mangent le cuscusu, tous les convives puisent dans le même plat et prennent le cuscusu sans cuillère ».
Comme le montrent ces récits, le couscous est un plat que l'on mange à plusieurs, notamment durant les fêtes - bien que les sources textuelles ne permettent pas de savoir quand exactement. Des indices suggèrent que dès le Moyen Age il était consommé par une large frange de la population.
Comme les pâtes, la graine de couscous permettait de conserver les céréales et notamment le blé dur. Déjà au XIVe siècle, le grand voyageur Ibn Battuta signalait un couscous de fonio consommé dans l'Afrique sahélienne.
Aujourd'hui, au Maroc, le k'sksu qadra - littéralement « couscous marmite » - accommode la semoule de blé avec des oignons, des raisins secs et de la cannelle qui lui donnent une saveur plus sucrée. Le blé dur de la semoule peut être remplacé par l'orge dans un plat qui porte alors le nom d'abelbul, aberbus et barbusa au Maroc et en Algérie et de meltut à Tunis.
Le couscous de sorgho consommé au Maroc porte le nom berbère d'aferfur. Ailleurs, on prépare le couscous de manioc (attiéké) et le couscous de mil (bassi salté), le cuscusu trapanese en Sicile (poisson de roche et bouillon dans lequel a cuit le poisson) et même un couscous de maïs (baddaz), aliment d'origine américaine (dans le sud du Brésil notamment) que n'auraient pu consommer les communautés médiévales.
En huit cents ans, le couscous est parti à la conquête du monde.
Dès la fin du Moyen Age, le couscous commence à être connu de l'Europe chrétienne, en tout cas chez les élites lettrées. Dans la péninsule Ibérique, le théologien catalan Francesc Eiximenis (1330-1409) mentionne un cuçcuço tandis qu'un cuscusso est évoqué dans le Tirant lo Blanc (1490), roman de chevalerie catalan. Le plat est attesté au Portugal sous la plume de Gil Vicente (1465-1536) qui le nomme cruz cruz.
Le traité culinaire de Bartolomeo Scappi (1500-1577), cuisinier Italien au service du pape Pie V, indique un « plat de semoule avec différents ingrédients à la mauresque, appelé sucussu ». Mais les recettes ibériques ne sont véritablement importées en Europe qu'au XVIIe siècle à travers les livres de recettes des élites. Un chapitre de l'Arte de cozinha dividida em quatro partes (1680) portugais s'intitule « Cuscus como se faz », tandis que dans son Arte de cocina (1611) Francisco Martinez Montiño, cuisinier du roi d'Espagne, détaille soigneusement la préparation de la semoule, du bouillon et la présentation du mets.
En revanche, dans le nord de l'Italie, les représentations associent, à partir du milieu du XIXe siècle, le coscusu ou cuscussu aux communautés juives, en particulier celles de Livourne, Florence et Pise, où le plat aurait été introduit par des immigrés nord-africains au XVIIIe siècle. Dans le sud de la Péninsule, les habitants de la Sicile sont considérés, dès le début du XVIe siècle, comme des mangeurs de cuscus. A Noël 1694, les religieuses du monastère du Salvatore mangèrent en effet un cuscuso doux abondamment sucré tandis que les tarifs municipaux de Palerme documentent au XVIe siècle le commerce de couscous et de semoule.
En France, Rabelais, dans son Pantagruel (1532), mentionne un coscosson ou coscoton - mais s'agit-il bien du plat de semoule ? Un courcousson est décrit en 1630 par Jean-Jacques Bouchard. Dans l'Europe moderne, le couscous semble ainsi resté un mets « exotique ».
Produit intermédiaire entre la farine et le grain, la semoule s’obtient à partir de grains de céréales moulus grossièrement. Il est ainsi possible de trouver des semoules à base de blé, de riz, de maïs et même de sarrasin. Dans la cuisine orientale, nous avons une préférence marquée pour la semoule à base de blé dur. De par sa couleur claire et son goût neutre, elle se prête à toutes les associations en cuisine. Au-delà d’être savoureuse et moelleuse, la semoule présente également de nombreux bienfaits pour notre santé.
La semoule de blé est un produit de meunerie obtenue par mouture grossière de graines de blé dur humidifiés suivie d'un séchage et d'un tamisage. La semoule est en quelque sorte le produit intermédiaire entre le grain et la farine. Riche en gluten, la semoule de blé dur est employée en cuisine dans diverses préparations, notamment les gâteaux de semoule, le potage et sert à la fabrication des pâtes alimentaires. L'emploi de semoule de blé dur pour la fabrication des pâtes est obligatoire dans certains pays comme la France et l'Italie.
La farine de blé est le résultat de la mouture de la graine du blé tendre que l'on nomme parfois dans le commerce "farine de froment". On distingue les farines fortes, ayant un fort taux protéique (gluten), servant à faire du pain, et les farines dites faibles, ayant un faible taux protéique (inférieur à 10 %), et qui sont utilisées en pâtisserie.
Il y a plusieurs catégories de semoules disponibles sur le marché :
En France les farines sont désignées par un type précédé de la lettre T, qui correspond à un taux de cendre typique de la farine en question, exprimé pour dix mille. Six types de farine de blé ont été homologués en France :
La farine est à base de blé tendre alors que la semoule est à base de blé dur. Les enveloppes extérieures du grain de blé sont riches en matières minérales. Moins il reste d'enveloppe extérieure de blé dans la farine, plus son type (T) est faible. Avec un type faible, la farine est donc plus pure. Au contraire si le type est élevé, il y a beaucoup de son dans la farine. Chaque "type" (T) correspond donc à un certain usage : T45 (pour la pâtisserie fine ou les pâtes à pizza), T55 (pour le pain), T65 (tous usages), T80 (pour les pains spéciaux), T110 (farine complète) et T170 (farine intégrale).
Comme son nom l’indique, le blé dur est un grain plus dur que le blé tendre. Il a une belle couleur jaune. On cultive le blé dur dans les régions suffisamment chaudes et sèches comme le Sud de l’Europe ou le Maghreb. La semoule est un produit de meunerie que l’on obtient après avoir moulu les grains de blé dur.
Le blé dur (Tricicum durum) est une variété de blé à grain nu cultivé depuis la Préhistoire. Cette céréale d’une belle couleur jaune intense se cultive principalement dans des régions avec un climat chaud et sec, comme l’Italie et le sud de la France.
Le blé dur est aussi parfois appelé « blé barbu » en raison des pointes effilées des épis. Sur ces variétés de blé, l’albumen (parfois appelé amande du blé) est plus dur que sur les variétés de blé tendre, ce qui les rend plus difficiles à broyer. Une fois broyé, le blé dur peut donner du couscous, de la semoule fine ou extra-fine, du boulgour ou de la farine de blé dur. Une fois transformé en farine, il sert notamment à la fabrication de pâtes alimentaires sèches de qualité. Le blé dur peut également se consommer entier ou concassé après avoir cuit les grains dans de l’eau ...
Il existe deux grandes espèces de blé, le blé d’hiver et le blé de printemps. Le blé d’hiver est cultivé dans des climats tempérés et est semé à l’automne, alors que le blé de printemps est cultivé là où les hivers sont plus froids et semé au printemps, lorsqu’il n’y a plus de risque de gel. Chacun de ces groupes comprend des blés durs et des blés tendres (selon la dureté du grain) et produit des grains de couleur rouge ou blanche avec des nuances de jaune ou d’ambre.
La teneur en protéines du blé varie selon sa dureté; ainsi, le blé dur a une teneur plus élevée en protéines que le blé tendre; il est principalement utilisé pour la fabrication du pain et des pâtes alimentaires. L’espèce Triticum durum, nommée «blé dur», a une importance appréciable; on l’utilise surtout pour la fabrication des pâtes alimentaires. L’épeautre (Triticum speltum) est une variété de blé qui fut longtemps cultivée intensivement en Europe, soit en Allemagne, en Suisse et en France et ce, jusqu’au début du xxe siècle.
On confond souvent la semoule et le couscous, au point que certains pensent qu’il s’agit de la même chose. Spoiler alert : ce n’est pas le cas. La semoule est un ingrédient de base, tandis que le couscous est un plat traditionnel qui l’utilise comme composant principal.
La semoule est obtenue par la mouture du blé dur. Ses grains sont broyés pour former de petites particules granuleuses dont la taille varie, selon les besoins culinaires : semoule fine, moyenne ou grosse. Le couscous, quant à lui, est une préparation culinaire complète, où la semoule est généralement cuite à la vapeur avant d’être accompagnée de légumes, de viandes, de pois chiches et parfois d’épices comme le cumin ou le ras-el-hanout.
La confusion entre semoule et couscous vient souvent de l’usage du terme "graine de couscous", qui peut prêter à confusion. En réalité, la graine de couscous désigne la semoule de blé dur précuite, généralement à la vapeur. Lorsqu’on parle de "couscous" en tant que plat, il s’agit de la préparation culinaire ou de la recette où la semoule est cuite, souvent servie avec des légumes mijotés, de la viande, des épices et parfois des pois chiches.
Ainsi, la semoule est l’ingrédient de base, tandis que le couscous est l’une des nombreuses façons de l’utiliser. Si vous voulez impressionner vos amis au dîner, rappelez-leur que le couscous est au plat ce que la semoule est à l’ingrédient.
Le boulgour est lui aussi souvent confondu avec la semoule. Mais c’est un autre produit à base de blé. Il s’agit de grains de blé concassés et précuits. Contrairement à la semoule, plus fine et granuleuse, le boulgour a une texture plus ferme et un goût légèrement plus prononcé. Le boulgour est couramment utilisé dans la cuisine du Moyen-Orient, notamment dans des plats comme le taboulé. Il peut également être utilisé comme alternative à la semoule dans certaines recettes, mais il apporte une texture et une saveur un peu différentes. Pour ceux qui cherchent un peu de variété, le boulgour est une excellente option, riche en fibres et en nutriments.
La semoule est fabriquée à partir de grains de blé dur, ce qui en fait une source riche en glucides complexes et en fibres alimentaires. Sa teneur en gluten est plus faible que celle de la farine de blé, ce qui la rend plus facile à digérer pour certaines personnes ayant une sensibilité au gluten.
La semoule est fabriquée à partir de blé dur, qui est moissonné généralement en été ou en automne, selon la région. Cependant, la disponibilité de la semoule tout au long de l’année est assurée grâce à son processus de transformation et de stockage.
La semoule, une fois achetée, peut être conservée dans un endroit frais et sec, à l’abri de l’humidité et de la lumière directe du soleil. Elle peut également être stockée au réfrigérateur pour prolonger sa durée de conservation.
La semoule est un ingrédient polyvalent qui peut être utilisé dans une grande variété de plats. Elle est couramment utilisée pour préparer du couscous, des galettes, des salades, des desserts et même des pains. La semoule absorbe bien les saveurs et peut être utilisée comme base pour des plats mijotés, des soupes ou des boulettes. Elle peut également être utilisée comme ingrédient principal dans des gâteaux et des pudding.
La semoule de blé est un aliment nutritif, riche en glucides et en protéines. Voici un aperçu de sa composition nutritionnelle pour 100g :
| Nutriment | Quantité (pour 100g) |
|---|---|
| Calories | 360 kcal |
| Protéines | 12,68 g |
| Glucides | 72,83 g |
| Lipides | 1,05 g |
| Magnésium | 47,00 mg |
| Calcium | 17,00 mg |
| Sodium | 1,00 mg |
| Phosphore | 136,00 mg |
| Fibres | 3,90 g |
| Fer | 1,23 mg |
| Vitamine B1 | 0,28 mg |
| Vitamine B2 | 0,08 mg |
| Vitamine B3 | 3,31 mg |
| Vitamine B6 | 0,10 mg |
| Vitamine B9 | 72,00 µg |
Il est important de noter que le son de blé brut est une excellente source de magnésium, de potassium, de phosphore et de fibres.
Céréale probablement originaire d’Asie du Sud-Ouest. Nul ne connaît exactement le lieu d’origine de cette plante; en fait, le développement et le progrès de la civilisation humaine sont liés à l’histoire du blé. L’ancêtre commun de toutes les variétés de blé serait l’engrain sauvage (Triticum monococcum) retrouvé dans des ruines en Mésopotamie et en Asie du Sud-Ouest.
On croit que l’être humain utilisait le blé comme aliment il y a plus de 12 000 ans; des tombeaux le long du Nil renferment des murales datant de 5 000 ans avant notre ère; l’Égypte est d’ailleurs reconnue comme étant le lieu d’origine du pain levé. Encore aujourd’hui, le blé est considéré comme une culture sacrée dans certaines régions de Chine. Il a aussi revêtu une signification religieuse et fut l’objet de cultes primitifs; les Grecs et les Romains ont des divinités du blé et du pain.
À l’arrivée des Espagnols en Amérique, le blé demeurait l’apanage de l’Ancien Monde; Christophe Colomb introduisit le blé au Nouveau Monde lors de son deuxième voyage en 1493. Quelque quatre siècles plus tard, des immigrants russes établis au Kansas (à la fin du xixe siècle) apportèrent avec eux un blé rouge supérieur aux variétés cultivées jusque-là, le turkey red; c’est au blé rouge que l’industrie céréalière américaine doit son importance.
Le blé occupe, avec le riz, une place très importante dans l’alimentation humaine et ce, depuis les temps préhistoriques. Le riz est l’aliment de base en Orient tandis que le blé constitue l’aliment de base en Europe, Afrique, Amérique, Australie et dans une grande partie de l’Asie. Un tiers de la population mondiale dépend principalement de la culture du blé.
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