Ah Pâques, ses cloches, son chocolat, mais avant tout sa tradition.
Chaque année, au moment du printemps, les adultes comme les enfants s’enthousiasment de cette fête religieuse sans toujours connaître ses fondements.
Si l’on sait que Pâques célèbre la résurrection de Jésus-Christ, quel est le rapport entre cette fête chrétienne et les œufs ou les cloches ?
La réponse se trouve notamment dans les histoires que l’on raconte aux enfants pour leur expliquer pourquoi les cloches ne sonnent pas du Jeudi saint au dimanche de Pâques.
Pâques est une célébration religieuse.
Dans la religion juive, Pessa’h, soit la fête de Pâques, célèbre l’exode des Hébreux mené par Moïse hors d’Égypte.
Pour les chrétiens, la fête de Pâques symbolise la vie après la mort grâce à la résurrection du Christ qui a eu lieu ce jour-là.
En outre, Pâques symbolise également la fin du carême, qui a duré 40 jours.
Comme Pessa’h, la tradition catholique est marquée par un repas autour de l’agneau, mais pas que.
Les œufs et les cloches s’invitent eux aussi à la fête.
À l’arrivée du printemps, il suffit de fouler le pas du supermarché le plus proche pour se rendre compte de l’omniprésence des œufs de Pâques.
En chocolat, en sucre ou bien cuit, l’œuf se décline pour envahir les rayons.
Là aussi, il est utile de faire un bon dans l’histoire pour comprendre la naissance de cette tradition.
Pour les Égyptiens, les Perses et les Romains, l’œuf est un symbole de vie.
Il y a 5 000 ans, chez les Égyptiens, les Perses mais aussi chez les Romains, l’œuf représentait la vie et il était coutume de l’offrir au printemps pour porter bonheur.
Dès l’Antiquité, les Perses célébraient le retour du printemps en s’offrant des oeufs.
Les œufs ont donc toujours été décorés et teints.
Lors du Moyen-Âge, il faut savoir que l’Église a prohibé de déguster des œufs au moment du carême.
Pendant les 40 jours de carême, il était interdit de manger des œufs.
Mais aussi pour écouler les quantités d'oeufs amassées pendant le carême !
Car si les Chrétiens ne pouvaient manger d’oeufs durant ces 40 jours de jeûne, les poules pondaient toujours.
Comme ces derniers s’accumulaient car les poules continuaient de pondre, la tradition voulait qu’ils soient décorés puis offerts le jour de Pâques, à la fin des privations.
Dans le christianisme, l’œuf évoque la résurrection du Christ, celui sortant de son tombeau comme le poussin sort de sa coquille.
Par ailleurs, l’Église interdit la consommation d’œufs pendant le carême jusqu’au XVIIe siècle.
Les poules continuant de pondre pendant cette période, les œufs étaient conservés pour être offerts à Pâques.
Dès le Moyen Âge, les rois offrent des œufs dorés à leur entourage.
Louis XIV semble avoir contribué à développer la tradition.
On raconte en effet que le Roi-Soleil demandait qu’on lui apportât le plus gros œuf du royaume.
Le jour de Pâques, il faisait bénir des œufs recouverts d’or avant de les distribuer à ses courtisans et ses domestiques.
Aujourd’hui encore, il est de coutume d’offrir des œufs décorés le jour de Pâques dans les pays slaves.
Ensuite, au XVIIIème siècle, le chocolat est arrivé en Occident.
L’idée vint alors de vider les œufs pour les remplir de chocolat.
Mais il faut attendre le XVIIIe siècle pour que d’illustres inconnus aient la meilleure idée du millénaire : remplir les œufs de chocolat pour ces fêtes.
En Europe de l’Ouest, l’œuf peint est progressivement remplacé par l’œuf rempli de chocolat dès le XVIIIesiècle.
Les œufs tout en chocolat ont vu le jour pour la première fois lors du XIXe siècle.
Les œufs en chocolat croquant prennent leur essor au cours du XIXesiècle.
Les progrès techniques de l’époque ont permis de travailler la pâte de cacao pour qu’elle s’intègre parfaitement dans des moules aux formes variées.
La poule pondant des œufs, elle est aussi associée à Pâques.
On la retrouve donc sous forme de statuette en chocolat, tout comme les cloches.
Encore une fois, la tradition des cloches en chocolat puise son origine dans l’histoire du Christ.
L’utilisation des cloches par les chrétiens se répand au VIe siècle.
L’Église sonne alors les cloches pour annoncer les offices.
Dès le VIIe siècle, il est de coutume de ne pas sonner les cloches à partir du Jeudi saint en signe de deuil.
La religion catholique interdit depuis plusieurs siècles de sonner les cloches de ses églises entre le jeudi saint et le dimanche de Pâques.
La raison ?
Car il s’agit de la période de deuil du Christ.
En effet, le Jeudi saint commémore l’institution de l’eucharistie lors du dernier repas de Jésus-Christ avant son arrestation.
Au Moyen Age, on respectait ces trois jours de deuil en gardant les cloches des églises silencieuses.
Le Jeudi de Pâques marque le décès de Jésus Christ et le Dimanche de Pâques fête sa renaissance.
C’est quand ces jours se sont écoulés que les cloches peuvent reprendre leur danse, symbolisant alors la résurrection de Jésus.
Pour expliquer aux enfants le silence des cloches, on disait alors que celles-ci partaient à Rome afin d’y être bénies par le pape.
Les histoires pour enfants narraient que les cloches en chocolat prenaient la route de Rome pour se faire bénir par le Pape.
Les parents avaient coutume d’expliquer ce silence à leurs enfants en racontant que les cloches s’étaient envolées vers le Pâpe au Vatican.
On racontait alors que les cloches partaient se faire bénir par le Pape à Rome pendant cette période et qu'elles revenaient ensuite carillonner et déposer les œufs en chocolat dans les jardins.
Dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques, les cloches revenaient chargées de friandises et d’œufs, qu’elles laissaient tomber dans les prés et les jardins.
À leur retour, elles se mettaient à carillonner tout en déposant sur leur passage, des œufs en chocolat.
Elles se mettaient ensuite à sonner pour annoncer la joie de la résurrection du Christ.
Dans tous les jardins français, les enfants regardent alors le ciel dans l’attente qu’une pluie d’œufs en chocolat inonde leur jardin.
Après l’avènement du chocolat au XIXe siècle, les cloches moulées en chocolat deviennent des friandises que l’on déguste à Pâques.
Si l’on dit aux enfants catholiques que les œufs de Pâques sont apportés par les cloches, il n’en est pas de même dans le monde protestant.
Dans des pays comme l’Allemagne, la Suisse ou encore le Royaume-Uni, on raconte que les œufs sont distribués par un lapin ou un lièvre, animal symbolisant le renouveau et la fécondité.
La légende prévoit aussi que ces œufs en chocolat soient cachés par les lapins dans les jardins.
D’origine anglo-saxonne, cette tradition des lapins vient de la déesse Eostre qui était célébrée au cours de l’équinoxe de printemps.
La tradition du lapin de Pâques, symbolisant autrefois la fertilité et le renouveau, est née en Allemagne avant d'être exportée aux États-Unis par des immigrants allemands au XVIIIe siècle.
En Allemagne et dans l’est de la France, les traditions sont un tant soit peu différentes.
En Alsace et en Allemagne, l’oeuf n’est pas le symbole du retour du printemps, c’est le lapin !
Dans cette partie de notre territoire, ce ne sont donc pas les cloches qui apportent les oeufs de Pâques, mais bien le lapin.
Néanmoins, cette légende autour de la chasse à l’œuf varie d’un pays à l’autre.
En Alsace, les chocolats sont apportés par un renard, tandis qu’il s’agit d’un lièvre aux Etats-Unis et au Québec, ou encore d’un coucou en Suisse.
Selon la légende, une femme pauvre, ne pouvant offrir de chocolat à ses enfants, décora des œufs qu'elle cacha dans le jardin.
Les enfants, apercevant un lapin, crurent que celui-ci avait pondu les œufs.
Une légende allemande raconte qu’une femme, trop pauvre pour offrir des friandises de Pâques à ses enfants, cacha des œufs décorés dans le jardin.
En les cherchant, les enfants aperçurent un lapin, ce qui leur fit croire que cet animal les avait pondus.
En Suède et en Autriche, c'est un lièvre qui apporte les œufs en chocolat.
Cette donation en chocolat peut ainsi prendre toute autre forme.
Aux États-Unis par exemple, il s’agit d’un lièvre, d’autres pays vont quant à eux proposer des coucous ou des cigognes.
Célébrée le premier dimanche suivant l’équinoxe du printemps, Pâques est la fête la plus importante de la religion chrétienne.
Cette fête ancestrale est issue de coutumes païennes remontant à l’Antiquité.
Selon la tradition chrétienne, tous les interdits du Carême sont levés le dimanche de Pâques et une mystérieuse chasse aux trésors s'organise au petit matin.
La parade du bonnet de Pâques est une tradition au Royaume-Uni (qui a officiellement quitté l'Union européenne en 2020).
Si Noël est une fête familiale en Italie, les Italiens ont un autre dicton.
A Pâques, "Natale con i tuoi, Pasqua con chi vuoi", ce qui signifie "Noël avec les tiens, Pâques avec qui tu tiens".
Appelé "Pasquetta", le lundi de Pâques est l'occasion pour eux de partager un pique-nique à la campagne en famille, de déguster les œufs récoltés la veille et de se régaler autour d'un gâteau appelé "colomba".
Il est fréquent aussi de partir avec ses amis dormir sous la tente pendant le week-end de Pâques.
En Espagne, ceux qui célèbrent Pâques profitent de sculptures en chocolat en forme de château de conte de fée ou de bateau de pirate par exemple.
En République tchèque, la ville de Prague organise un marché de Pâques pendant la semaine sainte.
En Finlande, bien que Pâques soit avant tout une fête religieuse, de nombreuses traditions populaires célèbrent aussi l’arrivée du printemps.
Déjà bien avant Pâques, les petits Finlandais sèment des graines d'ivraie vivace (une plante fourragère) sur un plateau ou une assiette recouverts de terreau.
Le chocolat ferait partie de notre histoire depuis 3 000 ans.
Consommé initialement sous forme de boisson épicée au Mexique et en Amérique centrale, le chocolat était associé par les Aztèques à la déesse de la fertilité pour lutter contre la fatigue.
Ce n'est qu'à partir de la conquête de l'empire aztèque par les Espagnols que le chocolat fut importé en Europe où il devint rapidement très prisé à la cour d'Espagne.
Hernán Cortés, conquistador espagnol, découvrit le breuvage chocolaté en 1519.
Il fut le premier, en 1528, à en rapporter en Europe.
Le cacao se diffusa ensuite petit à petit, très prisé dans les plus belles cours royales européennes.
L'Union européenne a, elle aussi, son histoire du chocolat.
Longue de plus de 30 ans, elle est surnommée la "guerre du chocolat".
La bataille débute dans les années 70, lorsque le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark adhèrent dans la communauté européenne.
Mais le Royaume-Uni et l'Irlande ne l'entendent pas de cette façon.
En effet, pour des raisons économiques, ils préfèrent utiliser d'autres matières grasses végétales (MGV) que celle issue du de cacao (comme l'huile de palme, l'huile de colza…).
En 1973, lorsqu'il faut élaborer une directive afin d'harmoniser les réglementations des pays membres, les trois nouveaux États s'opposent aux six fondateurs.
Ne parvenant pas à un accord, ils obtiennent une dérogation et sont autorisés à appeler "chocolat" des produits contenant des matières grasses végétales, reportant ainsi le problème à plus tard.
Finalement, en 1996, la Commission européenne propose un seuil de 5% de matière grasse végétale acceptable pour qu'un produit puisse porter l'appellation "chocolat".
Une bataille âpre a alors lieu, notamment entre la France et l'Italie d'un côté, qui ne veulent que d'un chocolat "pur", et les pays anglo-saxons qui commercialisent des produits chocolatés contenant des matières grasses végétales.
Bénéfique pour la mémoire et le cœur, anti-fatigue, anti-déprime, les effets du chocolat sur la santé sont ambigus et font régulièrement la "Une" des magazines.
Au sein de l'Union européenne, ce sont les Allemands (11,1 kg/an), les Estoniens (8,8 kg/an) et les Finlandais (7,4 kg/an) qui l'apprécient particulièrement.
Si le chocolat peut comporter certaines vertus, elles restent limitées.
Pire encore, selon la Commission européenne, le chocolat peut comporter du cadmium, un métal lourd dont la consommation comporte un risque pour la santé humaine et notamment pour les reins et la moelle osseuse.
En 2006, la Commission a établi les teneurs maximales de cadmium dans une série de denrées alimentaires, sans apporter de précision pour le chocolat, dans lequel il est pourtant présent.
A la suite des recommandations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), selon laquelle il faut limiter la dose hebdomadaire à 2,5 microgrammes par kilo de poids corporel, la Commission a décidé, en 2014, d'affiner sa législation existante.
La teneur en cadmium varie selon le pourcentage de cacao présent dans le chocolat.
La législation prévoit donc des taux variables en fonction du type de chocolat, allant de 0,1 milligramme par kilo à 0,8 milligramme.
En 2021, l'exécutif bruxellois a modifié le règlement en vigueur afin d'abaisser les teneurs maximales existantes en cadmium ou d'en établir pour certaines denrées alimentaires.
A l’approche de Pâques, les vitrines des chocolatiers se remplissent de créations joyeuses et symboliques.
Quand vient la fête de Pâques, les œufs, les cloches, les poules ou encore les lapins en chocolat viennent garnir les vitrines des confiseries.tags: #cloche #de #paques #chocolat #origine #et
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