L'histoire du chocolat à Fontenay-aux-Roses est riche et variée. Des chocolatiers passionnés ont marqué la ville de leur empreinte, entre tradition et innovation. Cet article explore l'histoire de certaines chocolateries emblématiques, leurs défis et leurs succès.
Jules François Lombart, créateur de la marque de chocolat « Meunier », s’est installé à Fontenay-aux-Roses dans les années 1890 en rachetant le château Boucicaut. La chocolaterie Lombart, se présentait au début du XXe siècle comme « la plus grande usine de Paris », qui était aussi basée à Ivry.
L'adresse parisienne était au 75 avenue de Choisy, de la raffinerie de sucre Say, sur un site repris ensuite par une usine Panhard puis par le lycée Gabriel-Fauré, et décrit par la romancière Anne-Marie Garat dans son roman Dans la main du diable. Réputée à la fin du XIXe siècle, la chocolaterie fut fondée à Paris en 1760, avec un magasin au 11 boulevard des Italiens.
Parmi ses illustres clientes : Madame Victoire, puis la duchesse d’Angoulême, aussi appelée Madame Royale. Ses produits : Chocolats Supérieurs, Bonbons Fins, Fantaisies Chocolat, etc. Sans oublier le Thé Lombart « d'importation directe ». À la fin des années 1940, le siège social et les bureaux se trouvaient 68 rue de Miromesnil (Paris, VIIIe).
La société est développée par Jules-François Lombart (1830-1915), fils de Catherine Legris et Adolphe Lombart, dont le portrait est au musée de sa ville de naissance, à Doullens (Somme).
Jules-François Lombart
Jules Lombart est également conseillé sur ce sujet par Lavanchy-Clark. La revue du Familistère, Le Devoir, rapporte dans son numéro du 10 février 1884 : « M. Lombart, accompagné de M. Fougerousse, économiste distingué, rédacteur en chef de la revue industrielle Le Génie Civil, a soigneusement étudié le fonctionnement de nos institutions de mutualité ; il se propose de grouper ses ouvriers d'après les principes du Familistère.
M. Lombart est décidé à organiser d'abord l'Association du Capital et du Travail, il s'occupera plus tard de l'édification d'un Palais social. Une pareille entreprise, en plein Paris, aurait une grande influence de propagande. »
Jules Lombart est abonné au Devoir. Il dote son entreprise de diverses institutions de prévoyance en faveur du personnel : société de secours mutuels, livrets d'épargne, participation aux bénéfices, ou secours médicaux et pharmaceutiques gratuits.
L'industriel est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1881, officier en 1900 et commandeur en 1908. Jules Lombart est conseiller municipal de Fontenay-aux-Roses, où il vit, de 1894 à sa mort.
Distribution de chocolat Meunier à l'armée d'Orient
Parmi les figures contemporaines, Tiphaine Corvez est une chocolatière passionnée. Depuis 2012, cette commerçante sillonne les marchés de la région parisienne. En quelques années, Tiphaine Corvez est passée d’un labo monté dans le garage de ses parents à deux boutiques à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) et Cachan (Hauts-de-Seine).
Le 8 février 2017, un incendie ravage la maison familiale et détruit par la même occasion son local de fabrication attenant. La fumée anéantit toute sa production. « Mon laboratoire, mes murs, ont été relativement épargnés mais pas mes produits, la fumée a tout saccagé » nous confie Tiphaine Corvez. « Le sinistre avait causé tellement de dégâts que les travaux de réhabilitation étaient estimés à plus d’un an. Tout cela sans eau, ni électricité. Nous ne pouvions plus travailler. »
Il fallait à Tiphaine Corvez un nouveau local et se réapprovisionner en marchandise afin de pouvoir relancer son activité. « La personne qui s’est occupée de mon dossier était vraiment adorable. La MAPA m’a indemnisée à hauteur de 10 000 euros, seulement un mois après l’incendie et m’a accompagnée quant au règlement des deux premiers mois de location d’un nouvel espace de travail. »
Avant l’incendie, Tiphaine Corvez pensait déjà au développement de son entreprise. « Nous commencions à être à l’étroit dans le local de fabrication existant. Nous savions qu’il nous faudrait plus grand. » Tiphaine Corvez et son équipe se sont donc mis à la recherche d’un nouveau lieu de fabrication, plus spacieux, leur offrant la possibilité de tout reconstruire et même de proposer de nouveaux services. Leurs recherches les ont conduits à Fontenay-Aux-Roses (92).
Ce nouvel emplacement nécessitait toutefois près de 30 000€ de travaux pour permettre à la chocolaterie de reprendre son activité. Au delà de l’emprunt bancaire souscrit et du montant versé par MAPA Assurances, Tiphaine Corvez s’est tournée vers une solution alternative : le financement participatif, via la plateforme KissKissBankBank.
« J’avais déjà pensé à ce type de financement. Toutefois, l’incendie a accéléré ma réflexion. Nous ambitionnions d’obtenir un financement à hauteur de 8 000€. Au final, nous avons récolté 19 000€ de dons ! » Une solidarité que la commerçante n’aurait pu imaginer. La somme collectée a permis à l’entrepreneuse de meubler la nouvelle chocolaterie, de faire l’avance de TVA demandée pour la réalisation des travaux - montant non financé par la banque - et de procéder à toutes les installations sécuritaires et mises aux normes obligatoires (extincteurs, sorties de secours, plan d’évacuation, etc.).
L’incendie survenu en février mettait inévitablement l’avenir de l’entreprise en péril. « Si nous ne trouvions pas de solution, c'était la liquidation, la fin d'un travail de passion rendu possible grâce à tous ceux qui croyaient en la chocolaterie et qui aimaient nos chocolats. » Ce sont principalement les clients, les amis et la famille qui se sont trouvés être les généreux donateurs.
« J’ai toutefois l’exemple en tête d’une dame que je n’avais jamais rencontré. Elle avait reçu en cadeau une boite de nos chocolats par des amis. Touchée par notre histoire, notre projet, comme elle me l’a confiée, elle a effectué un don de 1 000€ via KissKissBankBank. » Pour la chocolatière, le financement participatif a été une expérience moteur de nouveaux projets.
En 2025, face à la hausse spectaculaire du cours du cacao, Tiphaine Corvez augmentera certains prix. «Jusqu’à présent, j’ai grignoté sur nos marges. Mais là j’y suis obligée pour que l’entreprise soit pérenne», confie la femme chocolat.
Elle se surnomme « la femme chocolat » et, franchement, elle ne l’a pas volé. On aime particulièrement ses aiguillettes confites, les fameux fruits confits enrobés dans du chocolat noir. Parmi celles-ci, mention spéciale à ses « yuzettes » conçues, comme leur nom l’indique, à partir de yuzu, le fameux agrume originaire du Japon.
Quant à ses ganaches au miel, elles sont conçues avec celui de Fontenay-aux-Roses. De plus, la chocolatière a choisi d’éviter l’usage de certains colorants pour les remplacer par du curcuma, de la poudre de passion ou de framboise. À l’occasion des fêtes, on craque pour ses oursons vêtus d’un petit chandail aux saveurs noir/framboise ou lait/passion. Et on ne dit pas non au sapin mendiant garni de fruits secs ni aux boules garnies de fritures.
Quelques créations de Tiphaine Corvez
La ville de Fontenay-aux-Roses et ses environs regorgent de talents dans le domaine de la chocolaterie et de la pâtisserie.
| Chocolatier/Pâtissier | Description | Localisation |
|---|---|---|
| Patrick Roger | Chocolatier innovant | Paris et Sceaux |
| Chocolaterie Colas | Créations originales et renouvelées au gré des saisons | Maule (Yvelines) |
| Chocolaterie Cosme | Savoir-faire traditionnel et barres chocolatées | Seine-Saint-Denis |
| Julien Dechenaud | Produits de haute qualité avec une présentation soignée | Vincennes et Paris |
| Jadis et Gourmande | Créations ludiques et alphabet chocolaté | Paris et Chilly-Mazarin (Essonne) |
Un parfum entêtant et épicé s’échappe dès qu’on pousse la porte vitrée de la boutique de Tiphaine Corvez, à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). À l’approche de Noël, la petite chocolaterie triple sa production, pour frôler les 59 000 bonbons par semaine, vendus dans les deux échoppes de Fontenay et Cachan (Val-de-Marne). On y trouve le mini-Père Noël (20 g), à 3,50 euros, ou encore le renne étoilé (250 g), à 20 euros. Ici, nul colorant ni conservateur, mais du fruit en poudre ou en pulpe pour colorer et parfumer les confiseries.
Tiphaine Corvez est chocolatière, à Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine, depuis deux ans. Tiphaine est en réalité chocolatière depuis neuf ans. Cette fondu de chocolats a d'abord fait un Bac général, puis deux années de médecine, avant de changer de cap et de se reconvertir d'abord dans la cuisine puis dans la chocolaterie.
Ce qu'elle aime, "c'est la matière. On a toujours des surprises avec le chocolat, en fonction de l'humidité, la température. Tiphaine a préparé ses moulages de Pâques, des cloches, des nounours, des poissons, ou encore des oeufs."
Pâques est la plus grosse période après Noël", précise Tiphaine. Et Tiphaine, c'est certainement lié à ses études de médecine, fait bien attention à la composition de ses chocolats. Elle n'utilise ni arôme ni colorant. " Nous, on veut donner du bonheur aux gens, on ne veut pas les rendre malade, donc on a voulu arrêter ça", précise-t-elle. Mais "c'est un challenge, car il faut réussir à rendre nos moulages attractifs sans couleurs" ajoute-t-elle.
Pour se distinguer de ses concurrents, elle crée ses propres moulages, donc ses propres formes, grâce à une imprimante 3D. Tiphaine a en fait créé son entreprise il y a sept ans, à l'âge de 24 ans. Et aujourd'hui, en plus de Tiphaine, ils sont trois en production: Mathilde , François et Elsa l'apprentie...A la vente, il y a Simon son conjoint, plus maxime, et Mylène, en renfort en ce moment. Le bien-être au travail, c'est son credo.
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