Une mare est une étendue d’eau à renouvellement généralement limité. Sa faible profondeur (jusqu’à 2 mètres) permet à toutes les couches d’eau d’être sous l’action du rayonnement solaire, ainsi qu’aux plantes de s’enraciner sur le fond.
De formation naturelle ou anthropique, la mare se trouve dans des dépressions imperméables, en contexte rural, forestier, périurbain ou urbain. Elle est alimentée par les eaux pluviales, de ruissellement, ou par les nappes phréatiques et peut être sensible aux variations météorologiques et climatiques, et ainsi être temporaire.
La mare est un écosystème à part entière. Y sont associées des espèces animales et végétales qui sʼadaptent aux conditions de vie spécifiques. Hors de ce milieu, leur survie est menacée. La taille restreinte d'une mare et l'absence de circulation d'eau (caractéristique des milieux lentiques) fragilise son équilibre. Le nombre dʼindividus de chaque espèce va sʼéquilibrer par la relation proie-prédateur.
La mare est un écosystème miniature complet, où l’on peut observer l’ensemble de la chaîne alimentaire.
La chaîne alimentaire caractérise une suite de relations alimentaires existant entre les êtres vivants : chaque être vivant mange celui qui le précède. Il existe autant de chaînes alimentaires que de milieux. On distinguera par exemple la chaîne alimentaire aquatique de la chaîne alimentaire terrestre.
La chaîne alimentaire se divise en 3 catégories d'êtres vivants. Il y d'abord les producteurs, souvent des végétaux, mais plus généralement le réseau autotrophe, c'est-à-dire, qui se suffit à lui-même. Ensuite, vient la catégorie des consommateurs : les herbivores, les carnivores primaires (qui se nourrissent d'espèces herbivores) et les carnivores secondaires (qui se nourrissent de carnivores primaires).
Une chaîne alimentaire est un cycle car chaque animal ou végétal est indispensable à l’équilibre : Ils forment un écosystème.
Dans une mare, les organismes chlorophylliens sont les producteurs en synthétisant de la matière organique à partir du dioxyde de carbone (CO2) de l'air, de l'énergie lumineuse, de l'eau et des sels minéraux. Les organismes décomposeurs transforment les organismes morts (animaux ou végétaux) en matières nutritives assimilables par les plantes. Les consommateurs de 2e ordre sont les carnivores. Il peut y avoir plusieurs niveaux à ce stade. Ce schéma montre bien l'étroite interdépendance des êtres vivants au sein de ce milieu.
Exemple de chaîne alimentaire dans un écosystème d'eau douce.
La végétation est essentielle à la vie d'une mare. Elle contribue à l'épuration et à l'oxygénation des eaux. De plus, elle est le support de ponte, ainsi qu'une source de nourriture et un refuge pour de nombreux animaux.
Les plantes aquatiques jouent un rôle prépondérant dans l’installation et le développement de la vie au sein de la mare. À la fois refuge, lieu de reproduction, source de nourriture et d’oxygène, elles sont vitales pour les animaux vivant dans la mare !
Les mares abritent une grande diversité de plantes adaptées à la vie dans ces milieux souvent peu profonds. La flore aquatique, flottante ou immergée, telle que les lentilles d’eau, les cératophylles, les myriophylles ou les potamots, prolifère. Ces herbiers servent d’abris à une multitude de petites espèces de la faune des eaux stagnantes.
Sur les berges des mares, si les pentes sont douces, les roseaux forment des ceintures selon l’affinité des espèces avec l’eau. Les berges hébergent une grande diversité de plantes hélophytes (comme l'Iris des marais, la Menthe aquatique, le Plantain commun...).
On distingue :
Les mares sont des écosystèmes grouillants de vie : insectes, crustacés, araignées, mollusques, amphibiens, oiseaux sont familiers des lieux.
Les stars de la mare, marqueurs de sa présence et de sa bonne santé, sont sans conteste les amphibiens. Grenouilles et crapauds (ordre des anoures), mais également tritons et salamandres (ordre des urodèles) ont besoin d’eau pour se reproduire. Œufs et larves vivent immergés, dans une eau stagnante sans courant, puis jeunes et adultes préfèrent les milieux humides pour, entre autres, éviter le dessèchement de leur peau.
La raison de la présence des amphibiens est également à trouver dans la source de nourriture que la mare leur procure : de nombreux insectes y trouvent aussi leur compte.
De nombreux insectes aquatiques colonisent les mares. Contrairement aux idées reçues, les mares ne causent pas d'invasions de moustiques! Les mares ayant atteint leur équilibre biologique sont en effet le lieu de vie de très nombreux prédateurs (larves de libellules, gerris, dytiques…) de ces insectes mal-aimés, qui sont ainsi régulés.
Libellules, agrions, demoiselles, l'ordre des odonates est la plus facile à repérer, avec des individus aux couleurs étonnantes et un vol alternativement stationnaire et furtif. Certains odonates ont besoin de la mare depuis la ponte jusqu’à l’émergence de la larve, soit près de 3/4 de leur vie ! Les adultes se nourrissent ensuite dans les habitats environnants (prairies, bocages, landes…)
D’autres insectes font, eux, tout leur cycle de vie dans la mare. Les dytiques en sont un bon exemple, bien que les adultes conservent une respiration aérienne. Surnommés les tigres d’eau car particulièrement voraces, les dytiques peuvent par contre changer de point d’eau en volant, si celui-ci s’assèche.
Dans la famille des punaises aquatiques, les notonectes se repèrent facilement dans les eaux calmes, nageant sur le dos en utilisant leur pattes arrière comme des rames et viennent respirer en surface.
Moins connues, certaines araignées sont spécialistes des mares. L’Argyronète a un système étonnant de respiration : elle tisse une toile dans l’eau sous forme de cloche, qu’elle remplit d’air afin de former une bulle et continuer de respirer. Cela lui permet ainsi de chasser sous l’eau toutes sortes d’invertébrés aquatiques (larves, vers…).
Encore plus discrets, les crustacés (comme l'Aselle ou les gammares), mollusques (comme les limnées) et vers se cachent dans les fonds de mares. La Daphnie, par exemple, est un petit crustacé qui vit exclusivement dans les points d’eau douce stagnante. Elle joue un rôle important dans l’épuration de l’eau car elle se nourrit de phytoplancton et autres bactéries.
Les reptiles sont aussi présents dans les mares comme la Couleuvre helvétique qui apprécie surtout les milieux humides (bords d’étangs, de mares, bras morts de rivières), même si on peut la retrouver en milieux secs. Son alimentation repose sur les vertébrés aquatiques (grenouilles, tritons, poissons…) car elle sait chasser dans l’eau !
Enfin, on ne peut évoquer la faune adepte des mares sans penser aux oiseaux : lieu de repos, de reproduction ou de nichée ; les mares accueillent de nombreux oiseaux.
Une grenouille verte, un habitant courant des mares.
Malgré leur grand intérêt écologique et fonctionnel pour un territoire, les mares rencontrent de nombreuses menaces qui mettent en péril leur existence et leur biodiversité.
Au regard de la grande diversité de faune et de flore qu’elles abritent, les mares constituent des milieux de vie pour de nombreuses espèces protégées par la réglementation.
Ainsi la plupart des amphibiens, particulièrement emblématiques de ces milieux, sont des espèces protégées dont la destruction ou la capture est interdite, mais pour lesquelles il est également interdit de porter atteinte aux habitats de reproduction ou de repos.
Les mares sont aussi victimes d’espèces exotiques envahissantes ! Celles-ci, souvent issues de bassins d’ornement dont elles se sont échappées, peuvent proliférer au détriment des espèces locales.
Aujourd'hui, les mares ont perdu bon nombre de leurs usages. Certaines mares sont devenues des lieux d'observation et d'éducation à la nature, permettant aux visiteur·ses de découvrir la faune et la flore locales. Ce sont des outils d'animations pédagogiques idéals, permettant d'aborder de nombreux sujets comme l'écologie, le cycle de l'eau, la biologie, l'histoire locale...
Les mares peuvent servir de réservoirs naturels pour la gestion de l'eau, en particulier pour la régulation des eaux pluviales dans les zones urbaines ou périurbaines. Elles aident à prévenir les inondations en absorbant l'excédent d'eau, tout en favorisant l'infiltration de l'eau dans les nappes phréatiques.
L'approvisionnement en eau en cas d'incendie est un usage passé des mares mais qui est encore d'actualité aujourd'hui. Dans les hameaux notamment ou autour des fermes ou des bâtiments isolés, elles peuvent être aménagées pour un accès facile des engins d'incendie, et garantir une ressource en eau tout au long de l'année.
Aujourd'hui pour de nombreuses communes, les mares sont des lieux de rencontres, de repos, de pique-nique, de pêche pour le plaisir. Elles font alors l'objet de restauration et de mise en valeur.
Pour aujourd'hui et demain, les mares sont des îlots de fraicheur bienvenue dans nos secteurs urbanisés.
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