La chaîne alimentaire des poissons : un exemple de réseau trophique complexe

La chaîne alimentaire est une suite d’êtres vivants qui se mangent les uns les autres. Au sein de la chaîne alimentaire, chaque être vivant a une place définie: les végétaux se développent grâce à la lumière et servent de nourriture aux herbivores, qui à leur tour sont mangés par les carnivores.

Le mot d'ordre dans le milieu récifal comme dans tout milieu, est "manger sans être mangé". Pour cela "mangeurs" et "mangés" ont développé une multitude de stratégies anatomiques, physiologiques ou comportementales. L'ensemble des relations "est mangé par" permet de tresser un réseau trophique dont l'élément unitaire est la chaîne alimentaire.

Dans les profondeurs des mers, des poissons peuplent ces eaux sombres et froides et se nourrissent de différentes manières. Découvrons ensemble la complexité de la chaîne alimentaire des poissons.

Chaîne alimentaire marine

Les bases de la chaîne alimentaire marine

Le plus grand nombre d’espèces végétales et animales marines se trouve dans les quarante premiers mètres en dessous de la surface car la lumière y domine beaucoup plus. Qui dit plus de lumière dit plus de vie.

A la base de la chaîne alimentaire, il y a le plancton c’est à dire de la nourriture qui flotte dans l’eau de mer.

  • LE PHYTOPLANCTON: Algues microscopiques flottantes. Comme on le voit sur cette illustration, au départ de la chaîne alimentaire aquatique se trouvent toujours les végétaux (phytoplanctons) qui se développent grâce à la lumière, au gaz carbonique (CO2) et aux sels minéraux. Ce phytoplancton est ensuite mangé par des petits organismes vivants : c’est le zooplancton.
  • LES MATIÈRES ORGANIQUES: Les déchets des organismes vivants et des cadavres se décomposent ou sont mis en pièces par les animaux. A leur mort, les grands prédateurs et tous les organismes vivants sont consommés et dégradés par de très petits organismes que l’on appelle les bactéries, les champignons et autres. Ils décomposent la matière morte pour produire des particules qui seront absorbées par les végétaux.

Les différents niveaux trophiques

L'ensemble des chaînes alimentaires forme un réseau trophique très complexe en milieu marin. On peut classer les poissons selon leur régime alimentaire par conséquent selon leur place dans les réseaux trophiques. Sur les cinq niveaux trophiques d'un récif corallien, les poissons sont des consommateurs présents partout sauf dans le premier qui regroupe la production organique de base.

Voici une illustration des différents niveaux trophiques :

  • P est un producteur primaire, une algue chlorophyllienne Autotrophe, il fabrique de la matière organique grâce aux éléments minéraux et à l'énergie solaire.
  • Cl est un consommateur primaire, herbivore.
  • C2- 1 est un consommateur secondaire, carnivore, mangeur d'herbivores.
  • C2-2 et C2-3 sont des consommateurs secondaires, carnivores, mangeurs de carnivores.

Les consommateurs fabriquent leur matière à partir de la matière organique des autres êtres vivants, ils sont dits hétérotrophes.

Lorsque l'on passe d'un niveau trophique à l'autre, le rendement est de 10% environ. Il faut qu'une limace mange l0g d'algues pour grossir de lg. Les neuf autres grammes sont dépensés sous forme d'énergie ou éliminés sous forme de déchets. Ainsi, un requin de 50 kg correspond indirectement à 500 tonnes de matières végétales...

Chez les poissons, on distingue les planctonophages, les herbivores, les omnivores et les carnivores dont les piscivores, qui chassent presque exclusivement d’autres grands poissons. La composition de la chaîne alimentaire traduit l’état écologique de l’écosystème.

Exemple chez les poissons des récifs

Si les populations peuplant les récifs varient en fonction des saisons, elles sont cependant globalement stables et structurées. Aussi, la survie des espèces en présence passe par un partage des ressources du milieu. Par exemple, on a trouvé dans un même milieu, sept espèces de poissons écureuils, animaux nocturnes qui se nourrissent presque exclusivement de crustacés. Cependant, leur tableau de chasse diffère par la taille et la nature des proies (crabes, crevettes, etc.). Ainsi ces espèces potentiellement rivales peuvent cohabiter. Chaque espèce répond alors à des conditions écologiques qui lui sont propres et qui correspondent à sa niche écologique. Ce concept fait appel non seulement à l'habitat physique mais prend en compte le rôle joué par l'animal au sein de la communauté.

Voici quelques exemples de régimes alimentaires chez les poissons des récifs :

  • H= herbivore
  • O= omnivore
  • FD = planctonophage diurne
  • FN = planctonophage nocturne
  • BI = brouteur d'invertébrés sessiles
  • CN = carnivore nocturne
  • CD = carnivore diurne
  • P = piscivore
  • D = détritivore

Balistidés : Balistes CD, O ou FD.

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La chaîne alimentaire dans les abysses

Les profondeurs des mers sont perçues comme des environnements hostiles. Ni la lumière ni la chaleur ne passent et étant encore assez méconnus, ces endroits laissent place à de nombreux mythes. Pourtant, dès le XIXe siècle, l'Homme décide de partir à la conquête de ce néant inexploré et y fait des découvertes étonnantes puisqu'il y a trouvé des traces de vie.

Les abysses constituent environ 9/10e du volume des eaux du globe. C'est donc autant d'espaces inexplorés qui font l'objet de nombreuses légendes. Et pour cause, la haute mer représente tout simplement le plus grand habitat de la biosphère de la planète !

En plongeant dans les profondeurs des océans et des mers du globe que l'Homme a découvert des poissons pour le moins surprenants. On pourrait les prendre pour des animaux revenants ou bien pour des créatures imaginées pour des films de science-fiction. Vous l'aurez compris, leur allure monstrueuse n'est en rien comparable aux pires espèces du monde marin que nous connaissons. Ils possèdent un corps mou et une bouche souvent surdimensionnée. Ces habitants des abysses sont en général plutôt petits, ne dépassant pas la dizaine de centimètres. Même si certains sont plus grands, rares sont ceux qui atteignent le mètre. Le cœlacanthe fait partie des exceptions, puisque ce poisson fossile peut mesurer 1,80 m. On le croyait éteint, mais il a refait son apparition.

Les abysses étant difficiles à explorer, les informations sur ces poissons restent encore vagues. Les seules données font l'objet de déductions quant à leur anatomie. À cause du manque de lumière et du froid, les poissons abyssaux ont un métabolisme plus lent que les autres, tout comme leur croissance qui reste très faible. Ils se reproduisent aussi beaucoup moins vite. Ainsi, en exerçant une pêche trop menaçante dans ces milieux, l'Homme risque de dépeupler ces zones, en ne laissant qu'une maigre chance à la recolonisation.

Sans lumière et avec une température oscillant entre 2 et 6 °C, le phytoplancton n'existe pas. Mais alors, de quoi se nourrissent les habitants des fonds marins ? Certes, la première idée est qu'ils se consomment entre eux, tout comme cela est le cas dans les strates océaniques que nous connaissons bien. D'autres ressources issues de débris provenant de la surface font aussi office d'aliments. Cela peut être des déjections animales ou encore des cadavres. Les poissons des abysses charognards en font leur festin ! Par exemple, lorsque la carcasse d'une baleine s'échoue dans les profondeurs, même si la chair est largement consommée par les requins avant que la charogne ne tombe, il reste tout de même de la peau et de la graisse. Les nécrophages que sont les anguilles, les crabes et autres espèces s'en délectent. Les vers et mollusques s'occupent des os.

Certaines espèces ont la capacité physique de remonter de quelques mètres pour aller se nourrir dans les strates supérieures des océans. Les cadeaux de la nature n'étant pas toujours nombreux, ni au bon endroit, les poissons abyssaux sont contraints de parcourir des kilomètres pour trouver de quoi se nourrir. Leur morphologie est spécifiquement conçue pour leur permettre ces prouesses. Leurs grandes dents leur servent à déchiqueter des proies ou croquer des coquilles.

Certains poissons sont également dotés de caractéristiques physiques uniques, comme le grandgousier-pélican qui ne possède pas de dents, mais qui peut avaler des proies énormes grâce à sa grande bouche. Le poisson-avaleur peut agrandir son estomac et son œsophage pour mieux ingérer et digérer ses aliments en plusieurs fois. D'ailleurs beaucoup de poissons des abysses ont la capacité d'allonger leur corps lorsqu'ils avalent une grosse proie.

Sans avoir de données fiables sur le sujet, on imagine que la rareté des matières organiques pousse parfois quelques poissons à cesser de s'alimenter malgré eux. Selon certaines études, le foie est l'organe qui stocke l'énergie chez ces espèces. Le métabolisme des poissons abyssaux est naturellement lent. Cela est dû au fait qu'ils ne peuvent pas s'alimenter tous les jours.

La carpe dans la chaîne alimentaire en eau douce

Pêcher la carpe, c’est d’abord comprendre les relations que la carpe tisse avec les autres espèces aquatiques. Il est donc important pour vous de bien comprendre les 2 rôles de la carpe commune dans la chaine alimentaire.

La carpe tient une place particulière en tant que « consommateur secondaire ». Un excès de certaines populations de végétaux ou d’animaux peut déséquilibrer l’écosystème global. Il est donc normal que les espèces végétales et animales puissent arriver à un équilibre.

La flore constitue la base de la chaine alimentaire en eau douce. La flore est constituée de végétaux (plantes, algues, mousses) et de phytoplancton qui produisent l’alimentation des petits invertébrés (consommateurs primaires). Ces végétaux font partie du régime alimentaire de la carpe. Rappelez-vous, la carpe est un poisson blanc omnivore. En se nourrissant de végétaux, la carpe permet de maitriser leur prolifération. Cette prolifération excessive peut nuire à la diversité des plantes aquatiques. Cela conduirait aussi à limiter la diversité des espèces animales (invertébrés et poissons).

L’abondance des végétaux producteurs permet aux petits invertébrés de se développer (crustacés, larves, zooplancton). Ces petits crustacés font aussi partie du régime alimentaire de la carpe commune. En effet, les crustacés font partie de la famille des animaux invertébrés (avec les larves). En mangeant ces petits crustacés, la carpe commune permet de réguler leur population. Une trop grande population de ces petits animaux peut déséquilibrer l’harmonie du milieu aquatique.

Étant donné que la carpe commune se situe au milieu de la chaine alimentaire, elle joue un 2nd rôle tout aussi important que le 1er. La carpe commune sert de repas pour les carnassiers! Avant de devenir belle et imposante, la carpe commune passe par différents états : du stade de l’alevin en passant au stade de carpeau. Autre exemple, le silure est un prédateur très dangereux.

En plus des carnassiers, la carpe fait aussi face à un autre type de prédateur. Tout en haut de la chaine alimentaire aquatique se trouve les supers prédateurs. Parmi ces supers prédateurs, on peut citer l’homme ou encore certains oiseaux comme le cormoran. Ces supers prédateurs sont une menace pour la carpe commune. L’homme a été longtemps considéré comme un super prédateur pour la carpe puisqu’il consommait les prises capturées. Aujourd’hui, pêcher la carpe est plus un loisir qu’une pratique servant à se nourrir. Par contre, le cormoran ou le héron font toujours partie des menaces potentielles pour la carpe commune.

Comprendre ces relations vous permettra de mieux cerner les comportements de la carpe.

Zones de Non Prélèvement (ZNP) : Protection des écosystèmes marins

Pour protéger les écosystèmes marins et renforcer les ressources aquatiques utilisées par l’homme, le Parc national des Calanques a créé des espaces où la biodiversité est préservée de la pêche professionnelle et de loisir : ce sont les « Zones de Non Prélèvement ».

Au sein des AMP peuvent être instaurées des Zones de Non Prélèvement (ZNP). Dans une ZNP, la pêche et tout type de prélèvement sont interdits. Les espèces marines y bénéficient alors d’un espace de tranquillité au sein de leurs habitats naturels.

Quand les conditions sont réunies dans les ZNP, on observe une augmentation de la diversité (nombre d’espèces différentes), de l’abondance (nombre de poissons de chaque espèce), de la densité (nombre de poissons par unité de surface) et de la biomasse (la masse de matière vivante) des espèces marines.

Les poissons qui vivent dans une ZNP ont plus de chances d’atteindre l’âge de se reproduire car ils y sont à l’abri de la pêche. On s’attend donc à observer davantage de poissons matures dans une ZNP. D’autres poissons sont attirés dans la ZNP pour se nourrir des larves et des jeunes poissons, puis ils s’y installent durablement. Si l’on observe des poissons qui occupent le sommet de la chaîne alimentaire, c’est bon signe.

En milieu côtier, l’effet réserve est bien caractérisé chez les espèces de poissons sédentaires qui vivent sur le fond ou près du fond.

Beaucoup d’espèces marines se déplacent et changent d’habitat au cours de leur vie. On peut établir des ZNP suffisamment vastes pour protéger tous ces habitats, mais ce n’est pas toujours possible pour diverses raisons. L’alternative est donc de créer des réseaux de ZNP à grande échelle.

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