Pour de nombreux passionnés, l'élevage des oiseaux est bien plus qu'un simple hobby. C'est le prolongement d'une passion profonde, née de l'observation attentive des spécimens dans leur habitat naturel et enrichie par la transmission de savoirs intergénérationnels.
Afin d'assurer aux grives un environnement optimal et de favoriser une reproduction réussie, il est essentiel de respecter certaines normes concernant leurs installations et leur alimentation.
Pour que les grives puissent évoluer dans des conditions optimales et avoir de bons résultats de reproduction, les box extérieurs doivent répondre à certaines normes. Les volières extérieures doivent être exposées au soleil, à l’abri des intempéries et des vents dominants, notamment du mistral dans le sud-est. Les box sont équipés de perchoirs amovibles, fabriqués par mes soins. Un distributeur d’eau à basse pression est mis à disposition des oiseaux, permettant ainsi de s’abreuver dans une eau toujours pure. Les baignoires sont changées quotidiennement l’hiver et deux fois par jour l’été. Dans chaque box sont disposés trois nids différemment exposés et camouflés avec un branchage de pins. J’utilise des nids de tourterelles en osier, disposés sur un support de pots de fleurs métallique du commerce, mesurant de 14 à 16 cm de diamètre.
Pendant les périodes de reproduction, les couples sont formés par affinités et placés dans chaque box. En fin de reproduction et de mue, les oiseaux se retrouvent tous dans une volière commune pour passer l’hiver. La promiscuité a l’avantage de calmer la fougue et l’agressivité qu’aurait manifesté le mâle à l’égard de la femelle, s’ils étaient restés en couple dans le box.
Un ou deux mois avant la période de reproduction, j’utilise la technique de la photopériode qui conditionne de nombreuses activités physiologiques. Lorsque je place les reproducteurs dans leur box distinctif, les oiseaux ont à leur disposition les matériaux nécessaires à la construction du nid. Pour ma part, je leur distribue des fibres de coco et de l’herbe sèche. Pour éviter tout problème pour les oiseaux et notamment pour les plus jeunes, la longueur des matériaux doit être inférieure à 10 cm. Je leur fournis également un bac contenant de l’argile mélangée à de petits fragments d’herbe sèche, constamment humidifié. La femelle récupère ce torchis pour enduire l’intérieur du nid. Pour le fixer, elle tassera avec ses pattes dans un mouvement de rotation, le torchis régurgité. Lors de la construction du nid, il faudra maintenir un bac d’eau à disposition de la femelle.
Les reproducteurs sont sélectionnés parmi les sujets sains et dociles, tous nés en captivité et âgés d’un an minimum. Durant les deux premières semaines, le couple isolé dans son box individuel sera quotidiennement surveillé pour s’assurer de l’affinité des oiseaux. Dès la finalisation du nid, la femelle est prête à copuler. Elle émet un petit sifflement aigu et continu en secouant ses ailes et balançant sa queue pour appeler la mâle. C’est sa manière de faire sa parade amoureuse.
Pendant le cycle de ponte et de couvaison, il faut éviter que des personnes étrangères ou des animaux s’approchent du box. Cela aurait pour effet de perturber la femelle, avec pour conséquence l’abandon du nid. La ponte s’étale sur plusieurs jours. La couvaison débute après la ponte du second et troisième œuf et s’étend sur 13 à 14 jours. Il convient alors de trouver un subterfuge pour garantir à chaque œuf une incubation de même durée et par voie de conséquence, les mêmes chances aux oisillons d’arriver à terme. Dès que la femelle a pondu, l’œuf est retiré et remplacé par un œuf factice de même couleur et de taille identique. L’œuf original est placé dans un bac dont le fond est recouvert d’alpiste, conservé à température allant de 18 à 20 degrés.
Durant la période de couvaison jusqu’à la naissance des oisillons, les mâles peuvent présenter des comportements agressifs en voulant de nouveau s’accoupler. Ainsi, ils peuvent occasionner un détournement de la femelle et l’empêcher de couver, ils peuvent jeter les œufs hors du nid, voire expulser les jeunes oisillons. En pareil cas, il faut déplacer le mâle dans une cage d’exposition, à la vue de la femelle. Il sera réintégré dans son box, lorsque les oisillons auront 5 à 6 jours de vie (selon leur taille). Je procède au baguage, lorsque les oisillons ont quatre ou cinq jours de vie.
L'alimentation joue un rôle crucial dans la santé et la vitalité des grives. Un régime équilibré et adapté favorise non seulement leur bien-être général, mais aussi leur capacité à se reproduire et à élever leurs jeunes.
Au quotidien, je nourris mes oiseaux avec un aliment extrudé de qualité supérieure de marque « italienne » contenant notamment une grande quantité de protéines animales (farine de criquets), des lipides, des cendres, des fibres, des vitamines, essentiellement A, D, E, B, K, PP, ainsi que de la choline, des acides foliques, des sels minéraux et des acides aminés . L’extrudé pour turdidés doit être pauvre en fer. L’avantage de l’extrudé est qu’il garde longtemps ses propriétés actives. Je leur donne également une pâtée insectivore protéinée à 24% et contenant 9% de gras, de la même marque.
En période de reproduction, les insectes sont indispensables pour l’élevage des turdidés, faute de quoi ils ne pourraient se reproduire ni élever leurs jeunes. Quatre jours avant l’éclosion, je mets à leur disposition des insectes vivants de petites tailles ainsi que des lombrics, mini vers de farine, teignes de ruches, vers buffalos. En entretien quotidien une nourriture de base pour pintadeaux et dindonneaux 2ème âge convient.
En complément des fruits (pomme, poire, fruits rouges…) des baies (sorbier, pyracantha…), de la pâtée pour insectivore (turdidé ou rossignol) et un apport en alimentation animale, surtout lors de l’élevage des jeunes sera obligatoire. La récolte des vers de terre et limaces est assez aisée, et leur conservation facilement réalisable. Il suffit de garder les vers et gastéropodes dans un endroit frais et humide et ainsi avoir une réserve suffisante lorsqu’il sera plus difficile de s’en procurer durant les périodes de chaleur.
Voici un aperçu des aliments couramment utilisés et de leurs avantages :
Certains éleveurs utilisent également des mélanges spécifiques, adaptés aux différentes périodes de l'année :
Ces mélanges sont souvent enrichis en figues et en insectes, offrant ainsi une alimentation équilibrée et appétente pour les grives.
Il est crucial de varier l'alimentation des grives pour leur apporter tous les nutriments dont elles ont besoin. En plus des aliments industriels, il est recommandé de leur proposer des fruits frais, des baies sauvages et des insectes vivants.
Voici quelques exemples de fruits et de baies appréciés par les grives :
Les insectes, quant à eux, peuvent être achetés en animalerie ou récoltés dans la nature. Les vers de terre et les limaces sont particulièrement appréciés par les grives.
En suivant ces conseils, vous contribuerez à la santé et au bien-être de vos grives, et vous favoriserez leur reproduction en captivité.
Les mutations permettent de modifier le patrimoine génétique. En ce qui me concerne, je me consacre à la couleur du plumage, en respectant les standards de l’oiseau. La mutation réduit les pigments. L’éleveur joue un rôle primordial dans les mutations de couleur, de par ses propres sélections et par son investissement et sa patience. En effet, il faut parfois des années pour parvenir à une mutation.
Il existe plusieurs espèces de grives, chacune ayant ses propres caractéristiques et comportements. Parmi les plus courantes, on trouve :
Voici un tableau comparatif de ces trois espèces :
| Caractéristique | Grive musicienne | Grive litorne | Grive mauvis |
|---|---|---|---|
| Migration | La plus voyageuse | Fluctuante selon les années | Strictement migratrice |
| Comportement | Prudente et méfiante | Sociable et vivant en colonies | Sociable en hiver |
| Alimentation | Invertébrés, petits escargots | Principalement au sol | Baies et fruits sauvages |
Il est essentiel de connaître ces différences pour adapter l'alimentation et les conditions d'élevage à chaque espèce.
En conclusion, l'alimentation des grives est un élément clé pour leur bien-être et leur reproduction en captivité. En proposant une alimentation variée, équilibrée et adaptée à chaque espèce, vous contribuerez à la santé et à la vitalité de ces magnifiques oiseaux.
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