Castel Viandes est une entreprise de production et de transformation de viandes bovines de qualité basée à Châteaubriant en Loire-Atlantique (44). Châteaubriant est une ville commerçante et rurale, située dans les Pays de la Loire, aux portes de la Bretagne.
C’est en 1986 que les enfants de Joseph, troisième génération, prennent les rênes de l’entreprise. Véronique se charge de la gestion administrative et financière, et son frère Jeff assure le développement technique et commercial. Un tournant décisif a lieu en 2000, avec le rachat de l’abattoir de Châteaubriant. Castel Viandes assure la traçabilité de ses produits de l’élevage à la vente.
La qualité de nos produits est primordiale dans notre processus.
La société Castel Viandes est jugée ce jeudi pour avoir commercialisé de la viande avariée entre 2010 et 2013. Son ancien responsable qualité, Pierre Hinard, attend depuis longtemps que la justice reconnaisse le fondement de ses alertes, émises dès 2008.
Dans la campagne ligérienne, près de Châteaubriant (Loire-Atlantique), l’herbe est un peu sèche pour la saison. Alors qu’il descend au pré s’occuper de son troupeau de vaches salers, Pierre Hinard a pourtant d’autres préoccupations en tête. Cela fait treize ans que l’ancien responsable qualité de Castel Viandes, reconverti en éleveur, attend le procès de son ex-employeur. L’occasion, selon lui, de réhabiliter son image. L’homme de 57 ans, natif de Normandie, marié et père de deux enfants, n’a de cesse de se présenter comme un lanceur d’alerte.
Ce sont ses révélations qui valent aujourd’hui au patron de l’abattoir, Joseph Viol, et à deux de ses cadres de comparaître sur le banc des prévenus.
« Ils ont ruiné ma carrière, j’ai tout perdu, mais j’ai protégé des vies », se satisfait Pierre Hinard, droit dans ses bottes. « Je l’ai fait pour éviter des affaires comme celle de Buitoni. Jouer avec la vie des enfants, moi, je ne peux pas », explique cet écorché vif aux valeurs chrétiennes. Les yeux embués, il ravale quelques larmes en évoquant le cas de la petite Léna, 12 ans, plongée dans un état végétatif après avoir mangé une pizza contaminée à l’E. coli. « Pourquoi ça existe encore ce genre de scandales ?
Le procès de l'entreprise Castel Viandes de Châteaubriant (Loire-Atlantique) s'est ouvert ce jeudi 4 mai 2022 devant le tribunal. C’est un jour important pour l’entreprise Castel viandes de Châteaubriant (Loire-Atlantique). Son PDG Joseph « Jeff » Viol, sa coordinatrice sécurité et environnement et son directeur de production comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nantes. Ils doivent répondre de faits datant de 2010 à 2013. L’entreprise doit expliquer comment de la viande présumée impropre à la consommation a été mise sur le marché, contrevenant notamment aux règles imposées par les services vétérinaires.
Au nombre des victimes, des clients de l’entreprise comme le groupe de restauration Flunch ou le poids-lourd de l’agroalimentaire Fleury Michon. Mais également Pierre Hinard, ancien responsable qualité de Castel viandes et licencié par elle il y a plus de 10 ans. L’ancien salarié, qui mène par ailleurs un combat devant les Prud’hommes contre son ex-employeur, est représenté par la célèbre avocate Eva Joly.
Personnage central dans cette affaire, Pierre Hinard dénonce depuis 2008 les pratiques de son ex-employeur.
Il revendique aussi le statut de lanceur d’alertes, créé après son licenciement, que lui dénie Castel viandes. Il ne l’a pas caché, c’est pour avoir accès à l’ensemble des pièces qui constituent le dossier d’instruction qu’il s’est constitué partie civile. Sans surprise, l’avocat de Castel viandes a donc demandé au tribunal d’écarter la constitution de partie civile de Pierre Hinard.
Perquisition dans l'entreprise de Castel Viandes à Châteaubriant en février 2013
Ce qui n’a pas empêché le procès de commencer, le premier témoin auditionné étant l’officier de gendarmerie en charge en 2008 des premières auditions de Pierre Hinard. Le gendarme qui ne se « rappelle pas de tout » évoque des problèmes d’étiquetage, des contrôles effectués dans l’entreprise… L’avocat de la société Castel Viandes ne le ménage pas.
Si la première audition n’aura pas permis d’en apprendre beaucoup plus, la deuxième, à savoir l’exposé d’un expert vétérinaire mandaté par la société Castel Viandes, durera plusieurs heures. Dans le détail, cet expert, mandaté par la société Castel Viandes, affirme avoir examiné près de 1 500 pièces du dossier avant d’affirmer que si des dysfonctionnements sont bien à noter, aucune viande impropre à la consommation n’a été mise sur le marché par Castel Viandes. Si les erreurs d’étiquetage et les problèmes de traçabilité sont patents, pour l’expert, les excès de matières grasses ou encore l’utilisation de certaines carcasses souillées ne sont pas prouvés, voire « pas crédibles. »
Il soulève aussi un point qui s’il peut choquer les consommateurs est selon lui et les avocats de la défense absolument conforme au droit. La plupart des viandes contaminées étaient destinées à la transformation en plats cuisinés notamment par Marie et Fleury Michon. Or, comme il a été rappelé maintes fois à l’audience, selon le process de fabrication de ces plats cuisinés, la viande préparée est cuite et surtout pasteurisée. Les salmonelles et Ecoli présentes dans les quantités dans lesquelles elles ont été trouvées sont alors forcément détruites grâce à la pasteurisation.
En somme, si la viande était bien contaminée, elle n’a pas pu mettre en danger la santé de consommateurs. Une mise à l’écart du danger plus complexe à démontrer dans les cas d’Auchan ou de Système U, qui ont eux acheté des lots de viande fraîche surgelée… Dans ce cas, impossible de savoir si le steak sera consommé cuit à coeur et donc les bactéries tuées ou pas.
Reste que dans le dossier Castel Viandes, contrairement aux affaires Buitoni ou Ferrero, et bien que Pierre Hinard affirme être en contact avec une famille du Mans ayant été malade suite à la consommation de steaks retirés au Drive d’Auchan, aucune victime possiblement tombée malade à cause de cette viande n’a porté plainte.
Après une matinée où les échanges plaident plutôt en faveur de l’entreprise Castel Viandes, l’après-midi s’annonce plus délicat.
Il commence par l’exposé des faits. La présidente du tribunal rappelle les grandes étapes de « l’affaire » Castel Viandes. En novembre 2012, c’est le début de l’histoire avec Pierre Hinard qui va dénoncer à la gendarmerie des pratiques de « remballe, abattage d’animaux sales, excès de matières grasses, étiquetages mensongers » chez son ex-employeur Castel Viandes, qui l’a licencié quatre ans plus tôt. En février 2013, les gendarmes procéderont aux premières perquisitions. Elles aboutiront à la mise en examen de trois cadres de l’entreprise en 2014, avant la promulgation de l’ordonnance de renvoi en 2019, puis le procès en ce mois de mai 2022.
Au coeur des débats de l’après-midi, une femme, l’ex-responsable qualité . Ancienne employée de France autruche, elle vient d’être embauchée à l’époque des faits par Castel Viandes. A son embauche, elle occupe les mêmes fonctions que Pierre Hinard avant son licenciement. Celle qui « regrette de ne pas avoir eu suffisamment de formation « à l’époque où elle contrôlait la qualité au sein de l’abattoir, a changé de poste après le début de l’enquête. Elle est aujourd’hui coordinatrice sécurité et environnement au sein de l’entreprise tandis que son ancien poste est désormais occupé par un vétérinaire de formation.
Devant le tribunal, l’ex-responsable qualité doit répondre à de nombreuses questions. Et notamment pourquoi sur 256 résultats présentant une anomalie (certains correspondant à un même échantillon) en a-t-elle donné spontanément 6 seulement aux enquêteurs quand ils le lui ont demandé.
Perturbée, l’ancienne responsable qualité a du mal à s’expliquer sur certains points. On parle de 1000 lots incriminés en 2012 quand même. Les larmes aux yeux, l’ancienne responsable de la qualité ne sait plus quoi dire. Si l’argument du problème d’étiquetages de certains opérateurs revient à de nombreuses reprises dans la procédure, les représentants de Castel Viandes ne le nient pas. Des résultats d’analyse préoccupants n’ont pas été transmis aux clients. Pour les trois prévenus, il n’y avait pas d’obligation de transmettre certains de ces résultats. Pourtant, les magistrats ont un doute sur le fait qu’il y ait pu y a voir une dissimulation de certains tests. « En garde-à-vue vous avez dit il est toujours délicat d’envoyer des résultats mauvais aux clients », fait remarquer la présidente à l’ex-responsable qualité.
Si les professionnels de la découpe affirment qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir dans la mesure où cette viande était destinée à une transformation en plats cuisinés, la présidente note : « même s’il y a eu pasteurisation je suppose que le client, en l’occurrence Marie, n’est pas très content de savoir qu’on lui a livré un lot contaminé à la salmonelle. » Ce d’autant que des lots contaminés à la salmonelle ont vraisemblablement été livrés à Auchan et Système U, et vendus sans transformation, sous la forme de lots de steaks hachés surgelés. Des livraisons au sujets desquelles la responsable qualité avait affirmé aux gendarmes « j’étais débordée, je n’avais pas le temps de donner suite à tout. »
Autre problème, la présence dans certains produits d’aponévrose, des résidus de parage qui ne sont pas censés être présents quand la viande doit répondre au cahier des charges de certains labels. La teneur en matière grasse a aussi été pointée. Lors d’un échantillonnage réalisé au moment des faits, 59 produits sur 290, soit 20 % de la production, dépassait la teneur en matières grasses qu’ils étaient censés avoir.
L’entreprise est donc suspectée de tromperie sur la marchandise.
Au terme de cette première journée d’audience, l’avocate de Pierre Hinard Eva Joly, a requis 80 000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral subi par son client depuis 2008. Elle a également demandé une condamnation à l’euro symbolique au nom du FNAP CGT.
Cet ancien cadre de chez Castel Viandes à Châteaubriant est à l'origine du scandale de remballe de viande avariée. Une affaire qui est toujours à l'instruction et pour laquelle il y a quatre mises en examen. L'audience se tient ce mercredi après-midi devant le tribunal des prud'hommes de Nantes. Pierre Hinard espère obtenir l'annulation de son licenciement.
C'est en décembre 2008 que le responsable qualité viande est mis à pied pour "faute et insubordination", une heure seulement dit t'il après avoir lancé l'alerte et déclaré la remballe de viande avariées à l'inspection vétérinaire.
Pierre Hinard est licencié, mais il n'en reste pas là. Il publie un livre."Omerta sur la viande". 234 pages. Il y dénonce une pratique de remballe, des steacks impropres à la consommation reconditionnés et vendus aux industriels, notamment aux restaurants Flunch.
La société porte plainte en diffamation. Puis la veille du procès début janvier 2018, elle fait machine arrière. Castel Viandes abandonne ses poursuites à l'encontre de Pierre Hinard.
Aujourd'hui c'est une autre audience qui se tient, 10 ans après les faits, Pierre Hinard demande l'annulation de son licenciement et il est confiant.
L'ancien cadre de chez Castel Viandes, devenu agriculteur espère obtenir gain de cause pour lui et tous les autres lanceurs d'alerte.
Il est l’homme par qui le scandale est arrivé, en 2013. L’ex-ennemi public numéro 1 de l’entreprise Castel Viandes et de Châteaubriant, élève des vaches à Saint-Aubin-des-Châteaux.
Agronome de métier, Pierre Hinard, ancien responsable du service qualité chez Castel Viandes, est l’homme par qui le scandale est arrivé à Châteaubriant, en 2013.
« Mon intention a toujours été la même ».
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