Les colorants alimentaires sont des substances ajoutées aux denrées alimentaires pour rehausser leur aspect visuel, en leur offrant une couleur attrayante et originale sans en altérer le goût. Fruits, légumes, viandes, poissons, fromages, gâteaux, crèmes, yaourts et plats préparés sont aujourd'hui concernés par l'utilisation de ces additifs.
Mais que savons-nous réellement sur les effets potentiellement nocifs des colorants alimentaires ? Existe-t-il des raisons légitimes pour les parents de s'inquiéter de la quantité de colorants alimentaires ingérée par leurs enfants ?
Les additifs colorants sont des pigments, colorants ou autres substances utilisées dans les aliments pour en rehausser les couleurs naturelles, pour ajouter de la couleur à des aliments « sympas », comme les vermicelles utilisés pour décorer les gâteaux, mais aussi pour aider à identifier plus facilement leurs saveurs, comme le violet pour indiquer le goût du raisin ou le jaune pour indiquer celui du citron, ainsi que l’explique la FDA.
En vertu de la législation européenne, tous les additifs alimentaires, dont les colorants, doivent faire l'objet d'une procédure d'autorisation avant de pouvoir être utilisés dans les aliments.
On distingue principalement trois types de colorants alimentaires :
Il est donc important, lors de l'achat d'un produit alimentaire, de vérifier sur l'emballage quel type d'additif est présent. Cette information est parfois difficile à trouver, l'identification du colorant n'étant pas nominative mais codée.
Chaque additif porte un code chiffré d’identification. Dans l’Union européenne, il s’agit d’un code composé de la lettre E suivie de 3 chiffres. Celui des centaines (le 1) indique qu’il s’agit d’un colorant alimentaire quand celui des dizaines et celui des unités indiquent la couleur ou la teinte. Les colorants alimentaires sont donc tous des additifs compris entre E100 et E199.
Codes des additifs alimentaires dans l'UE
Quel que soit le type de colorant utilisé, il est essentiel de n'y avoir recours qu'à des doses infimes. L'excès de ces colorants peut entraîner des effets indésirables, tels que des manifestations allergiques, même s'il s'agit d'un colorant naturel.
Il convient donc de se reporter à la dose journalière acceptable (DJA) indiquée par la Commission européenne, en mg/kg de poids corporel. Celle-ci admet que 60 mg/kg est une dose maximale jusqu'à laquelle il n'y a pas de risque particulier pour la santé.
Plusieurs études scientifiques ont suggéré un rôle de certains colorants alimentaires dans les allergies et les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants. De plus, certains colorants seraient neurotoxiques et cancérigènes.
Les colorants rouges et jaunes sont souvent cités comme étant particulièrement préoccupants, mais « les colorants artificiels n’ont été étudiés chez les humains qu’en tant que groupes de colorants combinés », explique Joel Nigg, professeur de psychiatrie à l’Université des sciences et de la santé de l’Oregon et co-auteur de recherches sur le sujet ; nous ne savons donc pas si un colorant spécifique est particulièrement problématique.
En revanche, nous savons effectivement que de nombreux aliments contenant des colorants ciblent les enfants, ainsi que le rappelle Eugene Arnold, professeur émérite de psychiatrie et de santé comportementale à l’Université d’État de l’Ohio et co-auteur d’une étude sur les effets des colorants alimentaires sur le TDAH. Dans le même esprit, en 2016, une étude avait montré que près de 30 % des produits d’alimentation destinés aux enfants contiennent le colorant E129.
Le colorant alimentaire E129 (Allura Red) est un colorant rouge de synthèse appartenant à la famille chimique des composés azoïques. En raison de ses potentiels effets néfastes sur la santé, il est interdit dans plusieurs pays européens (Allemagne, Danemark, Suisse). En France, il reste autorisé.
Récemment, des chercheurs ont étudié son éventuel impact sur le fonctionnement de l'intestin et sur le développement de pathologies intestinales inflammatoires.
Dans une étude, l'exposition chronique au colorant E129 a provoqué une colite chez la souris, en lien avec la sérotonine, mais sans lien avec le microbiote. Reste à déterminer si un tel effet peut exister chez l'homme.
Pour leur part, les colorants alimentaires ont commencé à faire l’objet d’une surveillance dans les années 1970 lorsque Benjamin Feingold, allergologue et pédiatre californien, a suggéré que l’on pourrait traiter les symptômes du TDAH en les supprimant de l’alimentation d’un enfant. Mais des recherches subséquentes et le consensus scientifique qu’elles ont fait émerger dans les années 1980 ont tordu le cou à cette affirmation infondée.
Mais d’autres recherches entreprises par la suite ont de nouveau mis en évidence une corrélation, et parfois, semble-t-il, un lien de cause à effet, entre la consommation de colorants alimentaires et l’apparition de symptômes aigus de troubles du comportement, et notamment de TDAH.
D’après les résultats d’une méta-analyse, non seulement les enfants sont susceptibles de dépasser ce que l’on considère comme des niveaux « sûrs » d’additifs colorants, mais il a également été établi un lien entre absorption de colorants alimentaires et augmentation des symptômes de troubles du comportement, y compris pour ce qui est du TDAH.
Si ces recherches sont convaincantes, « la qualité de beaucoup d’études apparentées est limitée », affirme Joel Nigg. « Et nous n’avons jamais réalisé d’essai sur un grand ensemble de population aux États-Unis ; seulement en Europe, où les régulations et les additifs alimentaires diffèrent légèrement par rapport aux États-Unis, et où les conservateurs ont également été inclus dans les recherches. »
En définitive, selon Joel Nigg, la quantité de colorant consommée par la plupart des personnes « est ‘faible’ ou ‘modeste’ quand on l’examine à l’échelle de la population ». Malgré tout, il préconise d’éviter la surconsommation d’aliments contenant des colorants plutôt que de se sentir le besoin de les éliminer complètement. « Ainsi que nous aimons à le dire dans la communauté scientifique : ‘C’est la dose seule qui fait le poison.’ », renchérit Eugene Arnold.
La FDA recommande par exemple de ne pas consommer plus de 3,75 mg de rouge allura AC par jour et par kilogramme de poids de corps. Selon Kate Donelan, diététicienne agréée officiant au Stanford Health Care, il est facile pour les enfants de dépasser allègrement cette limite lors d’une simple fête d’anniversaire.
Pour tous, Emily Barrett dit qu’elle recommanderait de manger en priorité des aliments frais et complets plutôt que des aliments transformés lorsque cela est possible.
Dès 1905, une loi réglemente, en France, les ingrédients utilisés pour jouer une fonction spécifique. Aujourd’hui la réglementation sur les additifs alimentaires est totalement harmonisée dans l’Union européenne.
Pour qu’un additif alimentaire soit utilisable dans l’Union européenne, il doit disposer d’une autorisation, systématiquement fondé sur une évaluation préalable des risques liés à son utilisation. L’emploi des additifs alimentaires est autorisé par catégories de denrées alimentaires précises. L’autorisation est assortie à des conditions qui doivent être respectées par les opérateurs.
Ces conditions d’utilisation sont déterminées à partir de la Dose journalière admissible (DJA). Selon l’Efsa, la DJA représente la quantité d'une substance qu’une personne peut consommer quotidiennement pendant toute la durée d’une vie sans risque pour sa santé.
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