Le polystyrène est omniprésent dans nos sociétés, roi de l’emballage, de la protection des produits et des isolations. Impossible de ne jamais être tombé sur des quantités astronomiques de cette matière, sans trop savoir quoi en faire. Entre les barquettes alimentaires et les immenses calages de protection pour l’électroménager, savoir exactement où le jeter n’est pas inné. La confusion est fréquente car les règles de tri sélectif évoluent constamment et varient parfois d’une commune à l’autre. Pourtant, se tromper de bac peut contaminer toute une chaîne de recyclage.
Rigide tout en étant léger, absorbant les chocs sans être fragile, le polystyrène, qu’on appelle également le styrofoam ou encore le styrène expansé (quand il est sous forme de petites billes agglomérées entre elles) est avant tout du plastique. Comme toutes les matières plastiques, il est donc composé de pétrole et de gaz et, plus précisément, il provient de la polymérisation du styrène, un composé organique aromatique. Il sert d'emballage aussi bien que d’isolant pour les habitations.
Le polystyrène peut donc se transformer en plusieurs sortes de matières, qui changent à la fois leur rigidité, leur résistance, leur imperméabilité ou leur isolation thermique. Néanmoins, les performances de cette matière restent remarquables sous toutes les formes. Légers, pas chers, et possédant des propriétés isolantes excellentes, ces produits représentent la solution de facilité, sauf pour la planète.
Sur son site Internet, l’éco-organisme Citeo estime que la France commercialise chaque année 100 000 tonnes d’emballages en polystyrène. L’organisme dit vouloir en recycler au moins 10 000 tonnes par an issues du geste de tri des Français. Citeo compte assurer ce recyclage à 80 % par pyrolyse dans la future usine Plastic2Chemicals de l’entreprise belge Indaver, basée à Anvers. Mais aucun suivi n’est fait aujourd’hui sur la valorisation globale des déchets en polystyrène en France.
Malgré le peu de matière valorisable, le polystyrène doit être traité. Sans cela, des quantités astronomiques (cette matière prend énormément de place) seraient délaissées dans la nature, entraînant des problèmes pour la faune, avec le risque de manger cette matière chimique et pas comestible, et pour la flore, puisque comme tout les plastiques, le polystyrène met un millénaire pour se dégrader complètement dans la nature. La question n’est donc pas de savoir si cette matière est recyclable pour créer une valeur ajoutée. Son recyclage est tout simplement nécessaire (en plus, il est recyclable à 100 %, alors, pourquoi s’en priver ?).
Depuis janvier 2023, la France a simplifié drastiquement les règles de tri du polystyrène. Terminées les consignes complexes qui variaient selon les territoires : tout polystyrène d’emballage rejoint désormais la poubelle jaune.
Le polystyrène fait partie de ces matériaux couramment utilisés mais qui sèment le doute quand on parle de tri sélectif. Présent dans les emballages alimentaires, barquettes ou boîtes d’œufs, et même comme protection lors d’achats en ligne, ce plastique léger semble parfois compliqué à recycler. Alors, où faut-il vraiment jeter le polystyrène expansé (PSE) ? Beaucoup de personnes hésitent entre la poubelle jaune, le bac gris/sac noir, ou pensent à la déchetterie.
Vous retrouvez le polystyrène partout dans votre quotidien : barquettes alimentaires du supermarché, protection de vos appareils électroniques, isolation de votre habitation. Ce matériau léger et pratique suscite pourtant de nombreuses interrogations quant à son devenir après usage. Longtemps considéré comme non recyclable, le polystyrène bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle approche en France. Depuis janvier 2023, les consignes de tri ont été simplifiées et étendues, permettant enfin aux consommateurs de donner une seconde vie à ce plastique omniprésent.
Contrairement aux idées reçues, le polystyrène présente un potentiel de recyclage de 100%. Cette matière plastique, identifiable par le symbole ♻️ accompagné du chiffre 6, appartient à la famille des thermoplastiques entièrement recyclables. Nous distinguons principalement deux types de polystyrène selon leur mode de fabrication. Le polystyrène expansé (PSE), le plus courant, se reconnaît à sa texture alvéolaire blanche et légère. Utilisé massivement dans l’emballage et l’isolation, il représente la majorité des déchets de polystyrène domestiques.
Autant le dire tout de suite, seules les barquettes en plastique avec un peu de polystyrène à l’intérieur font partie des déchets que l’on peut mettre dans la poubelle jaune. Pour le reste, il faudra aller à la déchetterie. L’ADEME propose un moteur de recherche nommé “Que faire de mes déchets” qui permet de taper un mot pour savoir où et comment jeter un objet ! Le polystyrène se jette donc directement en déchetterie, hormis les barquettes qui en contiennent un peu.
La déchetterie est assurément la solution pour avoir la certitude que le polystyrène sera acheminé au bon endroit et traité de la bonne façon. C’est le rôle de ce point de collecte que de trier les déchets pour un recyclage optimal, alors autant lui faire confiance ! En général, des bacs spécialement dédiés au polystyrène (parfois avec des contenants pour chacune de ses formes) sont présents, ce qui permet de ne pas avoir à se poser trop de questions au moment de s’en débarrasser. Il suffit de passer un coup de fil à la mairie pour obtenir l’adresse de la déchetterie la plus proche de votre domicile et les conditions pour y avoir accès.
Certaines villes en France proposent déjà des bacs spéciaux pour le polystyrène ou des points de collecte dans des lieux publics. Ces points de collecte peuvent appartenir à la municipalité ou les pouvoirs locaux, ou encore à une entreprise privée de recyclage du plastique. Là aussi, un simple coup de fil permettra de découvrir les solutions offertes par votre municipalité.
Si aucune solution n’existe près de chez vous, vous pouvez en faire la demande auprès de la mairie, de la région ou encore à une association écologique afin de mettre en place une réponse concrète à ce problème de tri, vital pour la planète.
Les usines de traitement des déchets ménagers ou des emballages recyclables ne sont tout simplement pas équipées pour trier et traiter le polystyrène. Le jeter dans ces poubelles peut donc “abîmer” les circuits de recyclage s’ils se mélangent à d'autres déchets par exemple.
Certains endroits sont particulièrement proscrits pour y abandonner du polystyrène :
Le polystyrène non recyclable devait être interdit au 1er janvier 2025 dans les emballages. Mais cette interdiction est repoussée, faute de filière. « À compter du 1er janvier 2025, les emballages constitués pour tout ou partie de polymères ou de copolymères styréniques, non recyclables et dans l’incapacité d’intégrer une filière de recyclage, sont interdits », promettait en 2021 la loi Climat & résilience.
Mais alors que l’heure devrait être à l’accélération des projets de recyclage, Le Monde et France Info ont publié le 17 juin une enquête confirmant le report à venir de cette échéance. La ministre déléguée, chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, justifie ce report par le fait que « l’interdiction française a été en partie reprise par la Commission européenne, puisque le futur règlement sur les emballages prévoit que l’ensemble des emballages doit être recyclable en 2030, et même recyclé à l’échelle industrielle d’ici 2035 », rapporte Actu-environnement.
En 2021, le Consortium PS25 réunissant des entreprises des secteurs des produits laitiers, viande et volaille et Citeo signait une charte d’engagement ayant pour but de « Viser le recyclage de 100 % des emballages en polystyrène collectés et triés en 2025 ». La Charte indique que cet objectif est « sous réserve de faisabilité technique ».
Finalement, malgré l’annonce de pilotes et d’usines opérationnelles dès 2023, la filière n’a jamais vu le jour. L’objectif d’atteindre 100 % de recyclage est donc très loin d’être atteint. Le polystyrène représente plus de 350 000 tonnes par an, soit 7 % des matériaux plastiques utilisés en France tous secteurs confondus.
En 2021, le lobbying des industriels avait donné ses fruits, en remplaçant une interdiction stricte par une interdiction des seuls emballages sans filière de recyclage. Et trois ans plus tard, un nouveau report est annoncé. Jusqu’à 2030 ? « Le ministère de la Transition écologique assure désormais que ce sera au futur gouvernement de trancher », prévient l’enquête médiatique. D’ici là, l’association Zero Waste France appelle à mettre en place une commission d’enquête parlementaire après les élections législatives.
Dans le cadre du projet de loi Climat, l’Assemblée Nationale a décidé d’interdire les emballages en polystyrène d’ici 2025, à défaut de la mise en place d’une filière effective de recyclage. Le Sénat a ciblé les emballages en polystyrène non recyclables et dans l’incapacité d’intégrer une filière de recyclage.
La loi du 10 février 2020 anti-gaspillage pour une économie circulaire a posé l’objectif de tendre vers 100 % de plastiques recyclés d'ici le 1er janvier 2025.
Le ministère rappelle qu’une des alternatives au polystyrène pour les pots et les barquettes est le développement d’une filière de recyclage du PET.
Ce projet vise à recycler 100% des emballages et calages en billes de Polystyrène expansé (PSE) et les barquettes en polystyrène extrudé (XPS) collectés en France d’ici à 2025, comme le veut la réglementation française.
Selon Elipso, aujourd’hui en France, les emballages industriels et commerciaux en PSE sont déjà recyclés à hauteur de 50%. En incluant la ressource des ménages, seul un tiers du gisement l’est. Les barquettes en polystyrène utilisées par les ménages ne sont quasiment pas récupérées dans les centres de tri, constate l’éco-organisme Citeo.
En indiquant que « L’avant-dernier alinéa du III de l’article L. 541-15-10 du Code de l’environnement est supprimé », l’article en question entérine le retour du polystyrène - ou plutôt son maintien, l’interdiction n’ayant pas vraiment été appliquée jusqu’à présent.
Motif : un règlement européen existe déjà, qui impose « de rendre tous les emballages réutilisables ou recyclables d’ici à 2030 », et de mettre en place une recyclabilité effective d’ici 2035. Supprimer l’article de la loi Climat éviterait donc toute « surtransposition ».
Pour les filières industrielles, c’est le soulagement. Elles ont encore 10 ans devant elles pour trouver des pistes de recyclabilité des plastiques d’emballage… ou de nouvelles échappatoires.
Le recyclage mécanique permet d’obtenir des cintres, des pots de fleurs ou des pare-chocs, mais pas de nouveaux emballages alimentaires (ce qui veut dire que la production d’emballages alimentaires à usage unique va se poursuivre).
Quant au recyclage chimique, il est source de nuisances environnementales (consommation d’énergie et d’eau, rejets de polluants) difficiles à évaluer faute d’informations, et ne peut absorber qu’une part marginale des volumes de plastique.
Bien que le polystyrène soit théoriquement recyclable à 100 %, les infrastructures nécessaires font défaut dans la plupart des régions françaises. De plus, les quantités collectées restent faibles par rapport aux flux globaux d’ordures ménagères. Le faible taux de recyclage résulte autant des difficultés techniques que du manque de filières spécialisées pour ce matériau.
Certaines collectivités ont développé des points de collecte innovants pour faciliter l’accès au recyclage. Nous observons l’apparition de bacs dédiés dans les grandes surfaces, sur les marchés ou dans les centres commerciaux. Ces initiatives locales complètent efficacement le réseau traditionnel de collecte.
Les entreprises génèrent des volumes considérables de déchets de polystyrène, nécessitant des solutions adaptées. Les grands acteurs du secteur comme Veolia, Paprec et Suez proposent des services de collecte spécialisés avec des bennes dédiées. L’optimisation du stockage constitue un enjeu majeur pour les entreprises.
Les presses à polystyrène permettent de réduire considérablement le volume des déchets avant collecte, diminuant ainsi les coûts de transport. Ces équipements compactent le polystyrène expansé en blocs denses, multipliant par 50 la capacité de stockage.
Le recyclage du polystyrène suit un processus industriel en cinq étapes distinctes. La collecte et le tri constituent la première phase, où les déchets sont séparés par type et qualité. Suit le stockage et nettoyage, étape fondamentale pour éliminer les contaminants alimentaires ou autres résidus. La granulation représente l’étape de transformation proprement dite. Les flocons sont fondus puis refroidis pour former des granulés, matière première prête à être réutilisée.
Deux méthodes de recyclage coexistent actuellement. Le recyclage mécanique, le plus répandu, convient aux polystyrènes propres et homogènes.
Quelques gestes simples maximisent l’efficacité du recyclage du polystyrène. Nous recommandons de nettoyer sommairement les emballages alimentaires avant de les jeter, éliminant les résidus qui pourraient contaminer le processus de recyclage.
Le recyclage du polystyrène fait face à des défis techniques et économiques considérables. Sa composition particulière - 98% d’air pour seulement 2% de matière - génère des coûts de transport disproportionnés par rapport à la quantité de matière récupérée. Les enjeux économiques restent préoccupants malgré les avancées réglementaires.
La France consomme annuellement environ 100 000 tonnes de polystyrène, principalement dans l’emballage alimentaire et l’isolation. La rentabilité des filières de recyclage dépend directement des volumes collectés et de l’optimisation logistique.
Pourtant, une grande partie du polystyrène peut être collectée et valorisée en lui offrant une seconde vie. Ce n’est pas juste une bonne idée : c’est déjà une réalité dans certaines filières françaises.
Le polystyrène fait partie de ces matériaux couramment utilisés mais qui sèment le doute quand on parle de tri sélectif. Présent dans les emballages alimentaires, barquettes ou boîtes d’œufs, et même comme protection lors d’achats en ligne, ce plastique léger semble parfois compliqué à recycler. Alors, où faut-il vraiment jeter le polystyrène expansé (PSE) ? Beaucoup de personnes hésitent entre la poubelle jaune, le bac gris/sac noir, ou pensent à la déchetterie.
Tous les objets en polystyrène ne se jettent pas au même endroit. Les barquettes, boîtes d’œufs ou gobelets en polystyrène créent souvent la confusion. Dans la majorité des cas, ces emballages doivent être jetés dans le bac gris ou le sac noir, c’est-à-dire celui des ordures ménagères. Seules quelques communes ayant mis en place l’extension des consignes de tri autorisent désormais à placer ces déchets dans la poubelle jaune.
Lorsqu’on reçoit une commande, il n’est pas rare de découvrir du polystyrène expansé en grande quantité, servant à protéger les objets fragiles. La meilleure option consiste à les apporter directement en déchetterie ou sur certains points de collecte spécifiques mis en place dans certaines villes.
Des pictogrammes s’affichent sur la plupart des emballages alimentaires modernes. Pour réussir son tri sélectif, il vaut mieux chercher la mention « PE-HD », « PP » ou « PS », indiquant respectivement le type de plastique utilisé. Le sigle « PS » annonce justement la présence de polystyrène, donc attention : sauf indication locale contraire, il prend la direction du bac gris ou sac noir.
Bien que le polystyrène soit théoriquement recyclable à 100 %, les infrastructures nécessaires font défaut dans la plupart des régions françaises. De plus, les quantités collectées restent faibles par rapport aux flux globaux d’ordures ménagères. Le faible taux de recyclage résulte autant des difficultés techniques que du manque de filières spécialisées pour ce matériau.
Réduire l’usage de polystyrène commence par des choix de consommation réfléchis. Certaines entreprises s’orientent aujourd’hui vers des matériaux alternatifs, biodégradables ou issus du papier.
En général, le polystyrène, même propre, doit aller dans les ordures ménagères (bac gris/sac noir) et non dans la poubelle jaune. Seules quelques villes acceptent certains emballages alimentaires en polystyrène dans le tri sélectif, notamment lorsqu’une extension des consignes a été mise en place.
Le polystyrène expansé (PSE) utilisé pour protéger les objets pendant le transport ne se jette jamais dans la poubelle jaune. Il faut apporter ces éléments volumineux en déchetterie ou dans un point de collecte spécifique, si disponible près de chez vous.
Oui, plusieurs innovations prennent aujourd’hui le relais du polystyrène traditionnel pour limiter l’impact environnemental des emballages.
Le polystyrène qui a contenu des restes alimentaires ou qui est souillé ne doit pas être placé dans les bacs de recyclage, même dans les programmes qui acceptent le polystyrène propre.
Le décret 2022-748 dit « QCE » encadre désormais la communication sur la recyclabilité.
À l’échelle européenne, les travaux liés au règlement PPWR et aux standards du CEN prévoient une évaluation de la recyclabilité à l’horizon 2030, puis du recyclage à l’échelle en 2035.
L’année 2025 a été marquée par l’inauguration d’une unité de recyclage chimique exploitée par Indaver.
En parallèle, des essais industriels se poursuivent en recyclage mécanique, avec une priorité donnée aux emballages XPS.
Des tests portant sur plusieurs camions de déchets permettent d’évaluer les impacts techniques et économiques sur les procédés industriels.
Concernant les emballages PSE, les données présentées indiquent une montée en puissance des collectes en déchetterie.
Entre 600 et 700 tonnes ont été collectées sur plus de 200 sites, avec un ratio estimé à 370 grammes par habitant et par an.
La collecte des emballages professionnels progresse également.
Une presse mobile mise en service en août 2025 a permis de collecter et d’envoyer au recyclage environ 20 tonnes à ce stade.
Les tables de recommandations publiées début 2026 précisent les conditions de compatibilité des emballages PSE avec les procédés existants.
La réunion signataires S1 2026 a confirmé la poursuite de ces travaux, dans un cadre strictement conforme au droit de la concurrence.
Pour mieux visualiser la progression et les enjeux du recyclage du polystyrène, voici un tableau comparatif issu de sources publiques :
| Indicateurs | France (année 2022) | Europe (2022) |
|---|---|---|
| Consommation totale de polystyrène (tonnes/an) | ≈100 000 | ≈1 313 000 |
| Taux moyen de recyclage (%) | 12 % | 18 % |
| Part réservée aux emballages (%) | 55 % | 60 % |
Ces chiffres montrent des marges de progrès importantes. Plus le tri sélectif et la collecte ciblée s’amplifieront, plus la fraction recyclée augmentera réellement.
Voici quelques astuces pratiques pour optimiser le recyclage du polystyrène :
L’implication de chacun est précieuse. Déjà, une tonne de polystyrène expansé correctement trié permet d’éviter l’émission d’environ 1 500 kg de CO2, selon Plastics Europe. Passer à l’action contribue donc vraiment à la réduction de notre empreinte carbone.
Aujourd’hui, chacun peut faire évoluer la filière : informez-vous sur les consignes locales, appliquez les bons gestes dès maintenant, et encouragez autour de vous le recyclage du polystyrène !
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