En octobre 2017, un raz-de-marée de témoignages anonymes a déferlé sur les réseaux sociaux, marquant le début d'un mouvement sans précédent contre les violences sexuelles. Le hashtag #BalanceTonPorc, lancé en France, a rapidement pris de l'ampleur, incitant les femmes à dénoncer publiquement leurs agresseurs. Cet article explore l'origine, les controverses et les conséquences de ce mouvement.
Le mouvement #BalanceTonPorc a émergé dans le sillage du scandale Harvey Weinstein, producteur de cinéma américain accusé de viols et d'agressions sexuelles par de nombreuses actrices. Le 13 octobre 2017, Sandra Muller, journaliste française vivant aux États-Unis, a invité les femmes à dénoncer publiquement leurs harceleurs en utilisant ce hashtag.
Ce mot lancé le 14 octobre par la journaliste française Sandra Muller, fut repris de manière virale par des femmes comme par des hommes pour témoigner sur le sujet du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles. Quelques jours plus tard, #metoo a été repris comme un moyen de signifier que toutes les femmes étaient concernées. Ce terme existait déjà avant l’affaire Weinstein.
« Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. » Elle-même victime d’une agression sexuelle, Sandra Muller, interrogée dans le reportage de France 3, justifie son action : « À un moment donné, il ne faut pas se laisser faire. De fait, le hashtag #balancetonporc a été repris 200 000 fois en quelques jours et plus de 715 000 fois en deux mois.
Sandra Muller a elle-même cité Éric Brion, alors patron de la chaîne Equidia, comme étant l'auteur de propos déplacés lors d'une soirée à Cannes. Ces tweets ont rapidement placé Éric Brion dans la tourmente. « J’ai effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller, lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise. Elle me plaisait. Je le lui ai dit, lourdement. Et une seule fois, je tiens à le préciser », explique-t-il en décembre 2017 dans Le Monde.
Estimant que sa vie a été « détruite » par cette affaire, Éric Brion porte plainte contre Sandra Muller. En décembre 2019, elle est condamnée par le tribunal de Paris qui estime qu’elle a exposé le plaignant à la réprobation sociale. « Elle a dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle », soulignait ce jugement. « C’est la victoire de la vraie justice sur le tribunal du buzz et des réseaux sociaux », salue alors Éric Brion tandis que pour Sandra Muller, cette condamnation revient à « bâillonner » les femmes.
Volte-face judiciaire dans le dossier « Balance ton porc ». Condamnée en première instance pour diffamation, la journaliste Sandra Muller, lancé sur les réseaux sociaux, a obtenu gain de cause en appel, ce mercredi 31 mars. → CONTEXTE.
Ce mercredi 31 mars, la cour d’appel de Paris a donné raison à la journaliste. « Les propos poursuivis s’inscrivent bien dans le cadre d’un débat d’intérêt général, dès lors qu’ils visent à dénoncer les comportements à connotation sexuelle et non consentis de certains hommes vis-à-vis des femmes, afin que ces agressions physiques ou verbales très longtemps tolérées ou passées sous silence soient largement connues et ne puissent ainsi se perpétuer.
Les juges reconnaissent qu’Éric Brion « a pu souffrir d’être le premier homme dénoncé » via ce mouvement. Mais pour eux, le « bénéfice de la bonne foi » doit être reconnu à Sandra Muller dès lors que son tweet « ne contenait pas l’imputation d’avoir commis un délit pénal et qu’il a été publié dans le cadre d’un débat d’intérêt général » sur la libération de la parole des femmes.
L'ancien patron de la chaîne Equidia, Éric Brion, sort du silence dans un livre "Balance ton père - Lettre à mes filles du premier accusé de #Balancetonporc" aux éditions JC Lattès, en librairie le 14 octobre. Il est l'invité de Léa Salamé. Avec Eric Brion, expert des médias et du digital, ex patron d'EquidiaIl fut le premier accusé du mouvement #BalanceTonPorc, et témoigne ce lundi sur France Inter.
Éric Brion raconte avoir "sombré", "fait une dépression" : "J’ai perdu presque tout. Mais j’ai gardé et j’en suis fier, l’amour de mes filles, de beaucoup d’amis. Après il a fallu remonter la pente doucement."
Il ne se définit pas comme victime mais comme "bouc émissaire" : "Être 'victime' quand on parle de viol en face ou de femmes battues, c’est un mot qu’on a du mal à employer."
Éric Brion conclut sur ce qu'il estime être un risque "d'affrontement" : "Aujourd’hui je trouve qu’il y a un risque fort d’affrontement entre les hommes et les femmes. Je l’ai vécu, je le vis tous les jours, et il m’inquiète beaucoup."
Plusieurs polémiques sont apparues avec ces hashtags mettant en avant l’idée de se faire justice soi-même sur les réseaux en « balançant » un nom, de stigmatiser tous les hommes ou « l’homme blanc dominant », de faire preuve de puritanisme ou encore de s’opposer à une certaine « liberté d’importuner ».
Pour ce qui concerne MeToo ? Il fait la différence avec Balance Ton Porc : "Je suis tout à fait favorable à ce mouvement de libération des femmes. Mais je suis totalement opposé à la délation. Il y a très peu en France de noms qui ont été jeté en pâture. Pourquoi déformer la réalité et mentir, m’accuser de harcèlement sexuel au travail, alors que je ne travaillais pas avec cette personne ? MeToo a permis la libération de la parole, mais MeToo est très différent de Balance Ton Porc. MeToo est né d’une enquête forte, avec un violeur. Moi il n’y avait rien, ce n’était pas fondé."
Pour Sylviane Compper Gaudy et Magali Robo Cassildé, avocates, ce compte est une main tendue pour les victimes même si elles émettent quelques réserves. "Il faut briser le silence et aller vers une prise en charge quelle qu'elle soit", estime Me. Compper Gaudy. Toutefois, "la difficulté, juridiquement, c'est qu'il y a des dénonciations qui sont faites... par des personnes anonymes, mais il y a des noms qui sont donnés", dit Me. Robo Cassildé. « Et je pense que la bonne démarche, après celle-là, c'est de déposer plainte. »
Une analyse lexicométrique de la presse écrite nationale (Le Monde, L’Humanité, Le Figaro et La Croix) entre octobre 2017 et janvier 2019 révèle quatre champs lexicaux différents :
Cette analyse montre une évolution dans la manière de parler de #Balancetonporc, passant de la polémique à une réflexion sur les rapports femmes-hommes. La réponse politique se retrouve surtout dans la première période (octobre 2017-janvier 2018), tandis que les points de vue personnels et les analyses d’experts se développent au cours de la deuxième période (janvier-septembre 2018).
Tableau récapitulatif des classes lexicales :
| Classe | Description | Thèmes Principaux |
|---|---|---|
| 1 | Témoignages sur les réseaux | Dénonciation, agression, harcèlement, victimes, réseaux sociaux |
| 4 | Réponses politiques | Harcèlement au travail, violence, loi, prévention, gouvernement |
| 3 | Points de vue personnels | Éducation, filles, garçons, comportements, consentement |
| 2 | Analyse collective | Rapports femmes-hommes, domination, construction sociale, sexualité |
tags: #balance #ton #porc #liste #des #noms
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