Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus méfiants envers l'alimentation industrielle, la présence de nanoparticules dans les additifs alimentaires suscite des inquiétudes croissantes. Cet article explore les dangers potentiels liés à l'additif alimentaire E175, aux colorants alimentaires et à l'ingestion de nanomatériaux, en mettant l'accent sur les évaluations de sécurité et les recommandations des organisations compétentes.
Les colorants alimentaires sont des additifs utilisés pour modifier ou améliorer la couleur des aliments. Ils sont classés en différentes catégories :
Dans l'Union Européenne (UE), les colorants alimentaires sont identifiés par un numéro E à trois chiffres, indiquant leur catégorie et leur couleur. Ils sont soumis à autorisation et évaluation des risques toxicologiques par les gestionnaires de risque.
L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a réévalué la sécurité des colorants alimentaires autorisés dans l'UE avant 2009. Pour certains colorants, l'EFSA a jugé qu'il n'était pas justifié de fixer une dose journalière admissible (DJA).
Le E175, ou or, est employé exclusivement pour la décoration de confiseries, de chocolats ou dans des liqueurs. Aucun des comités scientifiques ayant étudié cet additif n'a établi de dose journalière admissible (DJA). En effet, les données disponibles sur l'absorption, la distribution de taille des particules, le métabolisme et l'excrétion de cet additif sont trop limitées. De plus amples informations sont requises pour poursuivre l'évaluation de ce colorant.
Depuis 2020, l'Autorité nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) suspecte que le E175 se présente, au moins partiellement, sous forme nanométrique dans certains produits.
En 2023, des scientifiques français·es (INRAé, INSERM, LNE, ….) ont mis en évidence, chez les souris femelles exposées au E175, des altérations du microbiote intestinal susceptibles d’aggraver des troubles métaboliques, par exemple, dans le cadre d’un régime alimentaire déséquilibré ; ils préconisent donc la mise en place de valeurs toxicologiques de référence pour l’utilisation de l’or en tant qu’additif alimentaire (E175) dans l’alimentation humaine.
L'additif alimentaire E171, constitué de particules de dioxyde de titane (TiO2), dont une partie sous forme nano, a été interdit en 2020 en France et en 2022 en Europe à cause de potentiels effets génotoxiques (dommages à l’ADN).Des nanoparticules d’argent sont présentes dans l‘additif E174 (un colorant argenté, utilisé principalement dans les pâtisseries, chocolats et confiseries, notamment des dragées et perles décoratives) mais également dans des emballages ou contenants alimentaires antibactériens ; or des nanoparticules d’argent injectées dans le sang de rats ont été retrouvées jusque dans le foie, au niveau noyau des hépatocytes, et altèrent les cellules de cet organe vital.
On ignore aujourd’hui encore beaucoup de choses sur les répercussions que l’ingestion de nanomatériaux peut avoir sur la santé humaine. Les études de toxicité des nanoparticules par voie orale sont rares et beaucoup ont pu comporter des faiblesses méthodologiques qui rendent difficile l’utilisation de leurs résultats. Les conditions expérimentales reflètent encore mal la façon dont les consommateurs sont exposés ; les nanomatériaux considérés sont souvent synthétisés en laboratoire et donc différents des nanomatériaux (et résidus de nanomatériaux) que les consommateurs ingèrent réellement. En outre, les caractéristiques physico-chimiques des nanoparticules testées et leurs interactions avec la matrice alimentaire sont insuffisamment documentées.
L’un des problèmes qui risque de durer encore néanmoins a trait à la grande complexité de l’évaluation des risques liés à l’ingestion de nanomatériaux : la toxicité des nanoparticules diffère en effet selon leurs caractéristiques physico-chimiques (dimension, forme, degré d’agglomération, etc.).
Les nanoparticules peuvent franchir les barrières buccale et intestinale et se diffuser dans l’organisme, s’accumuler ensuite dans les organes et y causer des perturbations voire des effets délétères, notamment sur le microbiote intestinal.
| Additif | Description | Risques potentiels |
|---|---|---|
| E171 (Dioxyde de titane) | Colorant blanc | Effets génotoxiques |
| E174 (Argent) | Colorant argenté | Toxicité pour le foie, perturbation de la flore intestinale |
| E175 (Or) | Colorant doré | Altération du microbiote intestinal, troubles métaboliques |
Devant les nombreuses incertitudes concernant les risques des nanos dans l’alimentation, beaucoup d’organisations publiques ou para-publiques ont émis des recommandations concernant l’utilisation de nanomatériaux ou nanotechnologies dans le domaine alimentaire.
Depuis 2009, l’ANSES appelle à améliorer les connaissances relatives aux dangers et à l’exposition des consommateurs aux nanomatériaux. Un « groupe de travail » (« GT nano alimentation ») composé d’experts indépendants a été mis en place courant 2017.
Dans un contexte général où les consommateurs se montrent de plus en plus suspicieux envers l’alimentation industrielle, la réticence et la méfiance des consommateurs vis-à-vis des nanoparticules dans l’alimentation sont croissantes.
Il est crucial d'améliorer les connaissances sur les dangers et l'exposition aux nanomatériaux, de renforcer les évaluations des risques et de mettre en place une communication transparente et participative avec les consommateurs. Une approche globale, prenant en compte la qualité de l'aliment et les effets cocktails potentiels, est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire.
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