Depuis 2020, les prix des produits de grande consommation, incluant l'alimentation, l'hygiène-beauté et l'entretien, ont connu une inflation inédite, exacerbée par les crises successives telles que la pandémie de COVID-19, l'explosion des tarifs de l'énergie, les hausses des cours des matières premières et les conflits armés. En 2022, cette inflation s'est étendue à d'autres secteurs économiques, notamment les produits importés et les services.
En 2021 et 2022, les prix des produits alimentaires ont connu une forte augmentation. En décembre 2022, les prix étaient supérieurs de 12 % à leur niveau de l’année précédente.
L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure de l'inflation et permet de calculer la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. Il fournit une mesure synthétique de l’évolution de prix des produits, à qualité constante.
Certains groupes de produits ont connu des augmentations particulièrement marquées :
L'inflation a touché différemment les produits alimentaires en 2025 :
Parallèlement, certains produits ont vu leurs prix se stabiliser ou reculer. L’huile d’olive, dont les prix avaient doublé entre 2022 et 2024, a connu une baisse significative en 2025. Les fromages ont enregistré des baisses de prix de -0,7 % en avril et -0,8 % en février.
En février 2026, l'inflation est à son plus bas niveau sur 12 mois, avec une augmentation des prix d'à peine 1 % par rapport à 2025. L’énergie est stable voire en baisse pour le gaz. En grande surface, le panier de produits achetés augmente de 1,3 % sur 12 mois.
Face à l'augmentation des prix, les consommateurs adaptent leurs habitudes d'achat pour préserver leur budget. Plusieurs stratégies sont employées :
La demande à son prix, ce qui entraîne en moyenne une baisse des achats de ce produit de 0,6 % (soit une élasticité-prix de la demande de -0,6) à une augmentation de 1 % de son prix.
L'étude souligne que la « foodflation » reste bien installée en France. Après une période de relative stabilité entre 1990 et 2010, avec une inflation alimentaire inférieure à 2 % par an, la hausse a atteint 6 % par an entre 2020 et 2024. Des tendances similaires en matière de prix sont observées dans toute l’Europe.
Certains prix de produits ont bondi sur un an. Les fruits et légumes ont augmenté de 23,8%, le café de 17,8%, le chocolat en poudre de 14,7%, et les bijoux de 11,8%. Des hausses principalement "liées à des cours mondiaux, pas à des choix politiques". À l'inverse, certains prix ont baissé, notamment ceux de l'électricité (-14,2%), de l'huile d'olive (-10,7%) ou encore des télés et home cinéma (-10%).
Les analyses sont basées sur les données de caisse, qui incluent des informations détaillées sur chaque transaction :
Ces données permettent d'analyser l'impact des variations de prix sur les achats des ménages, en tenant compte du territoire et de l'environnement commercial. Toutefois, il est important de noter qu'aucune information sur le profil social du consommateur n’est disponible.
L'impact de l'inflation varie selon les catégories de consommateurs. Les ménages les plus aisés sont moins sensibles aux variations de prix, car ils sont moins contraints dans leur budget alimentaire. À l'inverse, les ménages aux revenus plus modestes doivent ajuster davantage leurs dépenses pour préserver leur budget.
La quête des prix bas ou le fait de se priver de certains produits constituent des comportements « susceptibles de se faire au détriment des produits les plus sains ou de meilleure qualité, et ainsi de créer ou amplifier les inégalités d’accès à une alimentation saine », concluent les deux auteurs, Tristan Loisel et Julie Sixou.
Selon le think tank, le marché alimentaire français se fracture de plus en plus : les produits haut de gamme mettant l’accent sur la santé et l’environnement se multiplient, tandis que les gammes les moins chères se limitent à une valeur ajoutée minimale.
En période d'inflation, les consommateurs peuvent être amenés à substituer certains produits par d'autres, en fonction de leur prix relatif. Par exemple, la consommation d'œufs et de produits laitiers peut augmenter en remplacement de la viande et du poisson, qui sont souvent plus chers.
La demande des produits de marque nationale est également peu sensible au prix.
Les négociations commerciales entre l'industrie agro-alimentaire et les distributeurs jouent un rôle crucial dans la fixation des prix des produits alimentaires. Ces négociations, qui se déroulent chaque année, déterminent les prix que les consommateurs retrouveront dans les rayons des supermarchés.
Pour 2026, "je ne crois pas que l'inflation revienne. Au contraire, je pense que nous entrons dans une période de légère déflation", a assuré, ce dimanche 7 décembre dans Le Journal du dimanche, Michel Edouard Leclerc, président du groupe E.Leclerc.
Ainsi, ces négociations commerciales devraient aboutir à une hausse des prix "contenue", a estimé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires (Intermarché et Netto), dans un entretien à La Tribune Dimanche.
Certains produits alimentaires pourraient voir leurs prix diminuer dès l'année prochaine. C'est par exemple le cas du riz, dont le cours a baissé de 37% sur les marchés mondiaux. Le paquet de riz devrait donc probablement repasser en-dessous de la barre des 2 euros, ce qui n'est pas arrivé depuis 2023.
Sur un an, son cours a chuté de près de 14%. En conséquence, la farine et les pâtes devraient donc aussi coûter moins cher. Et pour cause, le blé est l'ingrédient principal de ces produits.
Avec les bonnes récoltes de betteraves cette année, le prix du sucre pourrait également diminuer. Tout comme le chocolat, dont le cours du cacao redescend après plusieurs années de hausse.
En revanche, il y a d'autres produits dont les prix risquent d'augmenter l'année prochaine. C'est d'abord le cas du café: son cours a grimpé de près de 28% sur un an. Et enfin, c'est la viande de boeuf qui devrait également connaître une hausse dès 2026. Son cours a augmenté de 20% en un an.
| Produit | Évolution des prix | Causes |
|---|---|---|
| Chocolat | +12 % à 18,4 % | Flambée des cours mondiaux du cacao |
| Jus d'orange | +11 % (pur jus), +24 % (à base de concentré) | Recul des récoltes brésiliennes, maladie du Huanglongbing |
| Café | jusqu’à +30 % | Spéculation et aléas climatiques |
| Viande bovine | +4 % à 6 % | Baisse du cheptel français, coûts de production |
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