Arko Levure de Riz Rouge : Bienfaits et Risques

La levure de riz rouge est un complément alimentaire de plus en plus utilisé pour réduire le taux de cholestérol. La « levure de riz rouge » est une moisissure de couleur rouge cultivée sur du riz. Pour être plus juste, nous devrions parler de « levure rouge de riz ». La raison ? Cette levure de riz, issue de la fermentation de riz avec Monascus purpureus, une moisissure, était, à l’origine, utilisé dans la médicine chinoise pour ses propriétés bénéfiques. Traditionnellement, la levure de riz rouge est connue en Chine pour aider à la digestion et améliorer la circulation sanguine.

Depuis une quinzaine d’années, des compléments alimentaires à base de levure de riz rouge sont proposés pour diminuer le taux de cholestérol et de triglycérides dans le sang. Utilisée dans de nombreux compléments alimentaires, la levure de riz rouge a longtemps été présentée comme une solution naturelle pour favoriser le maintien d’une bonne cholestérolémie. En effet, il favorise non seulement la digestion mais normalise également la tension artérielle et le taux de cholestérol.

Seulement, plusieurs études scientifiques ont mis en lumière des risques importants pour les consommateurs. Tant et si bien qu’en 2022, une nouvelle réglementation européenne est entrée en vigueur, modifiant les allégations de santé et invitant les fabricants à repenser leur procédés. Alors, pourquoi les compléments alimentaires à base de riz rouge sont-ils à éviter ?

Composition et Action

La levure de riz rouge (qui devrait plutôt être appelée levure rouge de riz) est un champignon microscopique, Monascus purpureus, cultivé en Chine depuis des siècles. D’un rouge intense, elle y est utilisée comme colorant alimentaire et comme ingrédient dans la préparation de nombreux condiments, sauces et légumes marinés, par exemple. Les tests scientifiques ont démontré la capacité de la levure de riz rouge à réduire le taux de cholestérol ; elle peut donc servir d’alternative à la statine. Ils agissent en bloquant une enzyme qui participe à la synthèse du cholestérol dans l'organisme.

L’une de ces substances, la monacoline K, présente les caractéristiques pharmacologiques des statines, c'est-à-dire la capacité d’inhibition d’une enzyme (HMG-CoA réductase) intervenant dans la voie de synthèse du cholestérol. Selon son origine, la levure de riz rouge contient des quantités variables de monacoline K, connue dans le monde médical sous le nom de lovastatine (une statine utilisée comme médicament dans certains pays, mais pas en France). Au début de son développement, ce médicament était d’ailleurs extrait d’une levure similaire, Monascus ruber.

Outre un effet hypocholestérolémiant, ce type de riz influence également positivement le taux de triglycérides, de lipoprotéines et de CRP (protéine C-réactive). Or, ces facteurs interviennent dans le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, cette solution alternative naturelle a des propriétés antioxydante et anti-inflammatoire.

Risques et Effets Secondaires

Cependant, la levure de riz rouge contient également des substances néfastes, comme la citrinine. De plus, les compléments alimentaires de levure de riz rouge contiennent parfois une mycotoxine, la citrinine, qui peut provoquer des lésions des reins. À cause de sa richesse en monacolines, et particulièrement en monacoline K, la levure de riz rouge peut être toxique et provoquer des effets indésirables similaires à ceux des statines (7). Les éventuels effets indésirables de la levure de riz rouge sont ceux des statines : troubles digestifs tels que constipation, nausées, flatulences, diarrhées ou douleurs abdominales, ainsi que maux de tête, fatigue ou vertiges.

Dans certains cas, les effets secondaires de la levure de riz rouge peuvent provoquer des complications. En plus d’effets toxiques sur le foie, des cas d’inflammation de l’œsophage ont pu être signalés (8). La levure de riz rouge peut aussi amplifier les effets indésirables d’autres médicaments (contre le cholestérol, les troubles du rythme cardiaque, le VIH, ou encore les anticoagulants). Comme les statines, la levure de riz rouge peut augmenter l’action et les effets indésirables de nombreux médicaments tels que les anticoagulants (fluidifiants du sang), les médicaments contre les infections dues à des champignons, les antiprotéases contre le VIH/sida, certains médicaments contre les troubles du rythme cardiaque, certains antibiotiques et les autres médicaments contre le cholestérol.

La levure de riz rouge ne doit pas être utilisée par les femmes enceintes, celles qui allaitent ni celles en âge de procréer, car on ignore ses effets sur le développement de l’embryon, du fœtus et des enfants. La levure de riz rouge est cultivée sur du riz, récoltée et séchée. Elle se présente sous forme de comprimés ou de gélules.

Bien que la levure de riz rouge soit un hypocholestérolémiant naturel, les autorités souhaitent la faire enregistrer comme médicament en raison de ses effets secondaires potentiels. Cependant, comme c’est un complément alimentaire, elle est délivrable sans prescription. De plus, elle échappe aux contrôles stricts et elle ne doit pas être accompagnée d’une notice mentionnant les effets secondaires possibles. Ces effets secondaires sont similaires à ceux des statines, c’est-à-dire, des courbatures, des troubles du foie, et une atteinte rénale.

Avis des Agences de Santé et Réglementation

L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation environnement travail) a récemment publié un point sur la toxicité des compléments alimentaires de levure de riz rouge où 30 cas d'effets indésirables observés en France depuis 2009 sont analysés. Les cas de nutrivigilance répertoriés en France ou d’autres pays ayant communiqué des cas sont très similaires aux cas cliniques bien documentés dans la littérature scientifique pour la lovastatine.

Il apparaît à l’issue de cette évaluation que, dans les conditions actuelles, l’usage de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge contenant des monacolines peut exposer les consommateurs, notamment ceux particulièrement sensibles du fait de prédispositions génétiques, de pathologies ou de traitements en cours, etc., à des risques pour la santé. Afin de recueillir le plus grand nombre de données pour affiner son évaluation, l’Anses a soumis un projet d’avis à consultation auprès des parties prenantes (association de consommateurs, industriels…) et des autorités (Agences internationales…), jusqu’au 15 décembre 2013.

En 2012, un article d’UFC-Que Choisir a rapporté les résultats du dosage de la monacoline K dans dix compléments alimentaires. Hors pays asiatiques où ils sont considérés comme des médicaments, les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge ne sont pas dosés de manière standard en monacolines. L’Anses recommande d’accompagner la prise de ces produits d’un suivi médical incluant un bilan hépatique préalable à la consommation de ces produits et une surveillance de la toxicité hépatique et musculaire liée aux statines, ainsi que d’information facilement disponible sur les précautions d’emploi et les contre-indications des statines relatives aux populations à risque (notamment les femmes enceintes et les insuffisants hépatiques) et aux situations à risque (interactions médicamenteuses et alimentaires).

Alors que les statines nécessitent une ordonnance, les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge sont en vente libre. Une nouvelle législation a donc été proposée pour limiter l’usage des monacolines de la levure de riz rouge à moins de 3 mg par comprimé. L’objectif ? La réglementation est entrée en vigueur le 21 juin 2022, dans tous les États membres de l’Union européenne.

Alternatives et Recommandations

Vous souhaitez maintenir une cholestérolémie normale avec des solutions naturelles ? Remplacer vos compléments alimentaires à base de levure de riz rouge ? Le maintien d’un bon taux de cholestérol commence dans vos assiettes, avec une alimentation saine : il est conseillé de limiter la consommation de graisses, et notamment de graisses saturées (viandes grasses, aliments transformés, fromages, sauces, gâteaux…). Vous pouvez aussi cuisiner avec moins de matière grasse, privilégier les “bonnes graisses” (que l’on trouve dans les poissons, les graisses d’origine végétale, les fruits à coque…) et les céréales complètes.

Bien sûr, un régime alimentaire équilibré ne fait pas tout. C’est une recommandation bien connue : une activité physique régulière a un impact non négligeable sur la santé et le bien-être. Elle peut limiter les risques de troubles cardiovasculaires, de diabète et d’autres maladies. Conscients des risques que peut représenter la levure de riz rouge, certains fabricants ont misé sur d’autres produits naturels pour fabriquer des compléments qui ont, eux aussi, un impact positif sur le taux de cholestérol.

Notre huile d'argousier, riche en oméga-3, 6, 7 et 9, est réputée pour l’hydratation de la peau, mais elle contribue également à une bonne santé cardiovasculaire. Vous souhaitez prendre soin de votre corps et surveiller votre cholestérol avec des solutions naturelles ? Nous vous déconseillons de miser sur la levure de riz rouge sans avis médical. Si vous optez pour un complément alimentaire de remplacement, soyez attentif à la qualité, à la composition du produit et à la quantité journalière recommandée.

Dans un contexte de croissance du marché des compléments alimentaires qui atteint désormais près d’un milliard d’euros, l’UFC-Que Choisir a analysé des compléments à base de levure de riz rouge. Sur la base d’un constat accablant, elle saisit les Autorités sanitaires, sur les risques posés par la vente en libre-service de ces produits et demande que ceux-ci soient soumis à la réglementation spécifique des médicaments.

Alors que fleurissent nombre de compléments alimentaires censés baisser le cholestérol, est publié dans le numéro du mois de décembre de Que Choisir Santé, une étude sur dix références de levure de riz rouge vendue en pharmacie, parapharmacie et Internet. Celles-ci contiennent des substances thérapeutiques dont la principale d’entre elles, la monacoline K, a pour effet de diminuer la production de cholestérol par l’organisme.

L’examen de la présentation et du contenu de ces « pilules miracles » est sans appel : elles sont au mieux inutiles, au pire dangereuses et dans tous les cas muettes sur les précautions d’emploi et les effets secondaires. Alors que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), n’autorise à communiquer sur la baisse du cholestérol qu’au-dessus de 10 milligrammes de monacoline K par jour, huit produits sur dix présentent des teneurs inférieures, parfois infinitésimales, l’écart allant de 1,6 mg/j à 5,5 mg/j, la moyenne de ces produits atteignant à peine le tiers de la dose minimale requise.

C’est donc à tort que ceux-ci se vantent auprès des consommateurs de leur action sur le cholestérol. Mais c’est au-delà de ce seuil que la situation se complique, car cette dose de 10 milligrammes par jour étant une dose thérapeutique (1), on entre alors dans l’univers des médicaments nécessitant une prescription. Ceci a motivé la position de la répression des fraudes (DGCCRF) selon laquelle la teneur maximale en monacoline K autorisée dans de simples compléments alimentaires ne doit pas dépasser ce seuil !

Or, deux produits de notre test (Herbal actives et Nat&Form) dépassent ce dosage et peuvent donc être achetés et consommés en dehors de tout contrôle médical. Plus inquiétant encore, nous avons détecté dans deux autres compléments, la présence de toxines potentiellement dangereuses pour les reins. Alors que, comme toute molécule active, ces compléments sont susceptibles d’avoir des effets sur l’organisme, aucun d’entre eux n’indique correctement les contre-indications, effets indésirables ou interactions qui sont en revanche obligatoires sur les médicaments.

Ce mutisme est d’autant plus grave qu’il existe notamment des contre-indications pour les femmes enceintes, des interactions possibles avec d’autres anticholestérols et des effets indésirables possibles sur les muscles. Tous ces maux sont dus à un classement réglementaire inadéquat faisant dépendre ces produits de la réglementation permissive des compléments alimentaires, alors que nombre d’entre eux devraient relever de la réglementation sur les médicaments, à l’instar des décisions déjà prises par d’autres pays comme les Etats-Unis.

Déterminée à protéger la santé des consommateurs, l’UFC-Que Choisir :

  • Saisit la Haute autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour qu’elles se prononcent sur l’opportunité de rattacher ces produits à la réglementation spécifique aux médicaments plus protectrice pour les consommateurs ;
  • Dans l’attente de cet avis, demande à la DGCCRF de faire retirer toute référence au cholestérol pour les teneurs inférieures à 10 mg de monacoline K, d'interdire la commercialisation pour les teneurs supérieures à cette valeur, et à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) d’examiner en urgence les risques posés par une utilisation de ces produits sans contrôle médical.

Cholestérol : la levure rouge de riz est-elle efficace ? La chronique nutrition de Boris Hansel

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