L’allergie alimentaire est une réaction du système immunitaire à l’ingestion d’un aliment particulier. Chez l’enfant, l’alimentation joue un rôle indispensable dans son développement et sa croissance. Pour autant, de plus en plus d’enfants sont aujourd’hui concernés par des allergies alimentaires. L’allergie alimentaire chez l’enfant constitue le 3ème problème de santé mondiale selon l’OMS. En France, le nombre de cas d’allergie chez les enfants a doublé ces cinq dernières années, atteignant désormais 6 à 8 % des enfants de moins de 12 ans. Actuellement en France, 1 personne sur 4 est allergique. Le nombre de personnes allergiques a doublé ces vingt dernières années. L’allergie concernera 50 % de la population en 2025, induisant des coûts socio-économiques importants.
L’Institut de l’enfant de la Clinique Marcel Sembat (Ramsay Santé) située à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) a récemment ouvert son hôpital de jour (HDJ) spécialisé dans la prise en charge des allergies alimentaires chez les enfants. Il s’agit d’un HDJ composé d’un médecin pédiatre et d’une infirmière.
L’allergie alimentaire est une réaction anormale du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment particulier. L’allergie alimentaire correspond à une réaction excessive du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment spécifique qu’on appelle alors « allergène ». Normalement inoffensif pour l’organisme, il le considère comme un ennemi.
Cette réaction s’opère en deux temps au niveau du tube digestif. Dans un premier temps, la rencontre avec l’allergène n’est pas symptomatique mais provoque la sensibilisation de l’organisme avec production d’anticorps dirigés contre cet allergène. La réaction allergique se produit au premier contact qui constitue la sensibilisation : le système immunitaire produit un anticorps, des immunoglobines E (IgE), contre le trophallergène (allergène ingéré). Ces IgE se fixent sur les mastocytes, des globules blancs.
La réaction allergique survient au second contact, ou plus tardivement. Généralement, les allergies alimentaires vont en s’aggravant : la réaction du système immunitaire est de plus en plus intense lors de chaque exposition à l’aliment responsable.
Chez les enfants, les trois quarts des allergies sont dus à 6 familles d’aliments : l’œuf, les arachides ou cacahuètes, le lait de vache, la moutarde, les fruits à coque et le poisson. Six familles d’aliments sont connues pour être responsables des ¾ des allergies alimentaires chez les enfants : œuf, arachide (cacahuète), lait de vache, la moutarde, fruits à coque, et poisson.
Notons qu’en raison des changements dans nos habitudes alimentaires, certains allergènes dits « émergents » font leur apparition et risquent de provoquer des réactions allergiques graves. C’est le cas du sarrasin, du lait de chèvre et de brebis, du kiwi, des pignons de pin, de l'alpha galactose (présent dans la viande des mammifères) ainsi que des pois et des lentilles.
Les symptômes des allergies alimentaires surviennent dans les minutes qui suivent son ingestion, au plus tard dans l’heure qui suit. Les symptômes des allergies alimentaires chez les enfants peuvent varier en gravité et en type.
Les manifestations cutanées incluent l’eczéma, l’urticaire et des démangeaisons. Le symptôme le plus fréquent des allergies alimentaires est l’urticaire : des boutons en relief qui grattent. Ça débute souvent autour de la bouche, mais on peut en retrouver sur tout le corps. Les symptômes respiratoires peuvent se présenter sous forme de rhinite allergique, de toux ou de crise d’asthme.
Heureusement, l’allergie alimentaire chez l’enfant se présente le plus souvent sous forme d’urticaires, eczéma, rhinite, asthme, troubles digestifs (diarrhées, vomissements, reflux gastro-œsophagiens, régurgitations fréquentes chez le nourrisson, ou douleurs abdominales à type de colique…)
Les manifestations allergiques peuvent également être d’ordre digestif avec des douleurs abdominales, des coliques associées à des pleurs fréquents, des diarrhées et vomissements.
Deux réactions graves constituent une urgence : l’œdème de Quincke qui se manifeste par un œdème pharyngé ou laryngé, entravant, voire bloquant la respiration, et une urticaire diffuse. Dans les formes les plus sévères (œdème de Quincke), l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique).
Dans l’allergie IgE, une trousse d’urgence suit l’enfant dans ses déplacements. Elle comporte les médicaments nécessaires en cas de réaction allergique : un antihistaminique (sous forme de sirop ou comprimé) et parfois un stylo auto-injectable d’adrénaline et les traitements de crise d’asthme.
Il existe également une nouvelle forme d’allergie dite syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA), qui se manifeste par des vomissements incoercibles, un enfant pâle et hypotonique, fatigué, puis par de la diarrhée parfois. On suspecte le SEIPA surtout au début de la diversification alimentaire. Les symptômes typiques du SEIPA sont des vomissements 1 à 4 heures après le repas, avec parfois une pâleur, un état léthargique, suivis d’une diarrhée en différé.
Le diagnostic des allergies alimentaires chez les enfants repose sur plusieurs méthodes. Si vous suspectez une allergie alimentaire chez votre enfant, une consultation chez l’allergologue s’impose. En cas de suspicion d’allergie de son enfant à un aliment spécifique, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui orientera si besoin vers un allergologue.
Un allergologue commence généralement par un interrogatoire détaillé des antécédents médicaux et des symptômes. À l’aide des données collectées au cours de l’interrogatoire, le médecin dépose des gouttes de chaque allergène suspecté sur la peau de l’enfant. Des tests cutanés (prick-tests à lecture immédiate) peuvent ensuite être réalisés pour préciser le diagnostic, y compris chez le tout jeune enfant. Des tests cutanés, comme le prick-test, sont couramment utilisés pour identifier les allergènes spécifiques. Des tests sanguins peuvent également mesurer les niveaux d’IgE spécifiques. Un dosage des anticorps IgE peut être nécessaire. Des tests sanguins avec dosage des immunoglobulines E spécifiques peuvent également être prescrits.
Certains cas nécessitent de pratiquer des tests d’éviction alimentaire et de réintroduction. Ils consistent à supprimer l’allergène suspecté dans l’alimentation de l’enfant pour une durée de 2 à 4 semaines et d’observer si les symptômes disparaissent. Cette étape de réintroduction n’est pas facile à réaliser pour les parents (ni à proposer par le médecin c’est vrai) quand l’enfant semble aller mieux après l’exclusion de l’aliment suspect !
Parfois, en cas de doute persistant après réalisation des tests cutanés et du dosage des IgE, il est possible de recourir à un test de provocation orale. Mais ce test est réalisé en milieu hospitalier en raison du risque de choc anaphylactique.
Lors d’un test de réintroduction en hôpital de jour, vous serez convoqués à 7h30 au bâtiment Lacaze Rez-de-chaussée. L’équipe paramédicale constituée des infirmières et des aide-soignants vous accueilleront dès votre arrivée, pèseront et mesureront votre enfant, et recueilleront ses paramètres vitaux. Ensuite, le médecin vérifiera qu’il n’y a pas de contre-indication à débuter le test (pas de fièvre, pas d’infection en cours, pas de réaction allergique récente) afin de valider le commencement de la réintroduction. Une voie veineuse périphérique sera mise en place, et le test pourra enfin débuter. La voie veineuse dite cathlon est mise en place par sécurité en cas de réaction allergique sévère, afin de pouvoir injecter les médicaments d’urgence en intra-veineux directement. L’allergène à tester sera introduit à dose progressivement croissante toutes les 20 min. En cas de survenue de symptômes suspects d’allergie, le médecin évaluera la nécessité d’arrêter le test ou non. Vers 12-13h, soit 45 min après la dernière dose d’allergène ingéré, votre enfant pourra prendre son déjeuner fourni par l’hôpital.
Il est également possible dans certains cas de réaliser des tests de réintroduction d’aliment pendant les consultations d’allergologie avec le Dr LEMOINE ou le Dr PAULIAT-DESBORDES.
Le traitement des allergies alimentaires chez les enfants se concentre sur l’évitement des allergènes et la gestion des symptômes. Une fois le diagnostic confirmé par des tests cutanés, des dosages d’IgE spécifiques, et éventuellement un test de provocation oral (TPO) sous surveillance médicale (consistant à l’administration de l’allergène suspecté afin de déclencher la reproduction des symptômes allergiques), un plan de traitement adapté est élaboré.
Si l’allergie est confirmée, le médecin établira un plan d’action pour la gérer. A la fin du bilan allergologique, le spécialiste remet aux parents une carte au nom de l’enfant mentionnant la liste des allergènes incriminés, les réactions cliniques possibles, les numéros d’urgence, du médecin traitant et des personnes à prévenir en cas de réaction allergique. Il s’agit d’un document écrit qui donne la conduite à suivre ainsi que des consignes concernant l’alimentation de l’enfant allergique en collectivité.
Il faut ensuite évaluer immédiatement la gravité de la réaction allergique. On parle de réaction allergique modérée si l’enfant a la bouche qui pique, les lèvres gonflées, les yeux qui piquent, le nez qui coule, des plaques rouges qui démangent localement, un léger mal de ventre et/ou envie de vomir mais qu’il parle bien et respire bien. Il convient de lui donner un traitement antihistaminique par voie orale, puis de le surveiller jusqu’à disparition des symptômes. Il a très mal au ventre et vomit de façon répétitive. Il devient rapidement rouge sur tout le corps et ses mains, ses pieds, son cuir chevelu le démangent.
Celui-ci peut inclure l'utilisation de médicaments d'urgence (tels que des auto-injecteurs d’adrénaline) pour assurer une intervention rapide en cas de réaction allergique importante. Les antihistaminiques sont souvent prescrits pour soulager les réactions légères. En cas de réaction sévère, l’injection d’adrénaline via un auto-injecteur est nécessaire.
L’éviction du trophallergène est la première étape de la prise en charge en attendant l’immunothérapie orale, surtout si l’enfant est allergique à plusieurs aliments. C’est une thérapie de désensibilisation orale, longue (de 3 à 5 ans) et contraignante, qui se fait uniquement en milieu hospitalier. Ce qui implique des visites régulières. Une demande auprès de centres d’immunothérapie orale (CITO) est à déposer pour pouvoir en bénéficier. En cas de réaction grave, l’injection intramusculaire d’adrénaline en urgence, suivie d’une hospitalisation. Une allergie alimentaire peut être mortelle.
Nous réalisons des inductions de tolérance orale ou désensibilisations pour certains aliments, notamment le lait, les œufs, l’arachide. Ces désensibilisations permettent aux enfants tolérant une quantité faible d’allergène, de devenir de moins en moins allergique, et de s’écarter du risque de réaction anaphylactique en cas d’ingestion accidentelle, au restaurant ou lors d’un goûter d’anniversaire par exemple. Dans ce cas, votre enfant devra prendre au moins 3 fois par semaine une certaine quantité d’allergène, qui sera prescrit par votre allergologue, quantité qui augmentera au cours du temps.
Gérer les allergies alimentaires chez les enfants au quotidien nécessite vigilance et organisation. Il est important de lire attentivement les étiquettes des aliments et de sensibiliser l’entourage de l’enfant, y compris le personnel scolaire, aux risques allergiques. Préparer des repas faits maison permet de mieux contrôler les ingrédients. Les allergies alimentaires peuvent avoir des impacts significatifs sur la vie scolaire et sociale des enfants. Il est important de collaborer avec les enseignants et le personnel scolaire pour créer un environnement sûr. Les activités sociales et les sorties doivent être planifiées avec soin pour éviter les expositions accidentelles aux allergènes.
Il est important d’informer la garderie ou l’école des allergies de votre enfant. Selon les cas, l’enfant mangera à la cantine le même menu que ses camarades sous réserve de l’absence de l’allergène, ou un plateau spécifique garanti sans allergène ou bien un panier-repas préparé par la famille.
A la maison, prévenir les risques liés à une allergie alimentaire nécessite une vigilance parentale constante durant les repas. Après 6 mois, il est possible d’introduire tout type d’aliment, y compris la viande et les aliments réputés allergisants (œufs, poisson, blé, cacahuètes).
Il y a 2 objectifs principaux pour les familles. Le meilleur moyen de prévenir une réaction, c’est d’éviter le ou les aliments auxquels l’enfant est allergique. Ces 14 allergènes sont aussi tenus à disposition dans les menus des restaurants. Malgré tout, un accident peut toujours arriver, même lorsqu’on essaie d’être vigilant.
Différentes études ont conduit progressivement les médecins à actualiser leurs préconisations. En prévention, il est recommandé de poursuivre l’allaitement maternel jusqu’à 6 mois au moins. A défaut, choisir un lait HA (hypoallergénique) si l’enfant présente un terrain allergique. Dans tous les cas, débuter la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois avec un aliment allergène à la fois par jour, et d’en augmenter petit à petit la quantité. Noter les aliments allergènes et la quantité donnée, pour en informer l’allergologue au besoin. Il est important de maintenir les habitudes alimentaires familiales et d’éviter les aliments préparés.
D’abord, le traitement actif d’un éventuel eczéma et la prévention des expositions indirectes aux allergènes : on évite les cosmétiques à base de protéines alimentaires, on se lave bien les mains avant de toucher son bébé si on a consommé soi-même des allergènes à risque. Ensuite, une diversification alimentaire dès 4 à 6 mois, incluant sans délai les aliments à fort potentiel allergisant en prenant en compte les habitudes alimentaires familiales car c’est ceux auxquels l’enfant sera exposé indirectement et cela garantira la régularité de la consommation dans le temps.
Chez le jeune enfant, de nombreuses allergies alimentaires peuvent guérir de façon spontanée (comme l’allergie à l’œuf, au blé ou aux protéines de lait de vache). La plupart des allergies alimentaires chez l’enfant peuvent disparaitre avant l’adolescence. Il est donc important de procéder à une réévaluation régulière de son allergie.
Pour d’autres, c’est plus compliqué avec une guérison dans seulement 1 cas sur 5 : c’est le cas de l’allergie à l’arachide, aux fruits à coque ou aux poissons. Comment savoir si l’enfant a guéri ? Pour l’allergie IgE, c’est l’évolution des résultats des tests cutanés ou des prises de sang qui va guider le médecin. Si les feux semblent « au vert », une tentative de réintroduction sera programmée à l’hôpital pour être en conditions sécuritaires : c’est le test de provocation par voie orale (TPO pour les médecins).
Parfois, lorsque la guérison traîne et/ou n’est que partielle, un protocole de désensibilisation peut être initié : c’est l’immunothérapie orale. Cela ne concerne qu’un nombre restreint d’aliments et nécessite un suivi spécialisé allergologique. Régulièrement, le médecin s’attachera à évaluer la qualité de vie de l’enfant, notamment en cas d’allergies alimentaires multiples et/ou persistantes. Enfin, pendant le suivi, le médecin surveillera l’apparition d’autres maladies « atopiques ».
Les recherches sur les allergies alimentaires chez les enfants progressent rapidement. Des études récentes explorent de nouvelles méthodes de désensibilisation, ainsi que des thérapies géniques potentielles. La mise au point de traitements biologiques ciblés pourrait offrir de nouvelles options pour les enfants souffrant d’allergies alimentaires sévères.
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