L’allergie alimentaire est une réaction anormale du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment particulier. Chez la personne allergique, l’aliment normalement sans danger est perçu par l’organisme comme une menace contre laquelle il faut se défendre. En effet, l’aliment allergisant contient plusieurs protéines (allergènes) contre lesquelles l’organisme va réagir en développant différents symptômes.
En France, le nombre de cas d’allergie chez les enfants a doublé ces cinq dernières années, atteignant désormais 6 à 8 % des enfants de moins de 12 ans. Elles touchent environ 8% des enfants et 4% des adultes en France.
Il faut savoir qu’une allergie alimentaire est une réaction excessive de ton système immunitaire face à une substance spécifique, appelée allergène. Ce qui caractérise l’allergie, c’est vraiment la réponse immunitaire disproportionnée.
Beaucoup de gens confondent “allergie” et “intolérance”. L’intolérance alimentaire (ex. au gluten ou au lactose) n’implique pas de réaction immunitaire de type IgE. Pour autant, la frontière peut parfois paraître floue, d’autant que certains aliments (comme le gluten) peuvent causer à la fois des réactions immunitaires (maladie cœliaque) et des inconforts digestifs non allergiques.
Trop souvent, une confusion est faite entre allergie alimentaire et intolérance à IgG. Les allergies alimentaires sont beaucoup plus rares et peuvent survenir à partir de très petites quantités d’aliments, mais sont fréquentes chez les enfants. Elles constituent la traduction de la production d’IgE par le système immunitaire contre ces aliments. Elles se caractérisent par des symptômes aigus, potentiellement graves, rapides voire immédiats.
Les intolérances alimentaires, quant à elles, surviennent lorsque le système immunitaire produit des anticorps IgG (Immunoglobulines G). Elles se distinguent par des symptômes moins spécifiques, qui surviennent entre 4 h et 3 jours après la prise alimentaire. Leur origine est alors, de fait, souvent méconnue. Les intolérances peuvent exister chez l’enfant comme chez l’adulte.
| Caractéristique | Allergie Alimentaire | Intolérance Alimentaire |
|---|---|---|
| Mécanisme | Réaction du système immunitaire (IgE) | Production d'anticorps IgG |
| Rapidité des symptômes | Rapide, voire immédiat | Entre 4 heures et 3 jours |
| Gravité des symptômes | Potentiellement grave, voire mortel | Moins spécifique, rarement mortel |
| Présence chez l'enfant | Fréquente | Possible |
Les symptômes d’une allergie alimentaire varient selon la personne et l’aliment, mais certains signes classiques sont fréquemment observés. Le temps de réaction de l'allergie alimentaire varie : chez certaines personnes, les premiers signes apparaissent en quelques minutes, tandis que chez d’autres, ils peuvent prendre plusieurs heures.
Dans les trois-quarts des cas, l’ingestion des aliments incriminés a eu lieu avant le début de l’exercice physique (en général la course ou un entraînement de sport collectif). Quinze à trente minutes après le début de l’exercice, la personne ressent des symptômes annonciateurs : démangeaisons et picotements des mains, éternuements, toux, difficultés à respirer, rougeur du visage, maux de ventre, diarrhée, etc.
Plus rarement, le délai d’apparition des manifestations est retardé de plusieurs heures rendant plus difficiles l’identification de l’allergène en cause.
➡️ De façon retardée, jusqu’à 48 à 72h après l’ingestion.
Plusieurs symptômes peuvent se manifester lors d’une réaction allergique causée par un allergène alimentaire.
Dans les formes les plus sévères (œdème de Quincke), l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique).
Le choc anaphylactique est la forme la plus sévère des allergies alimentaires : différents symptômes sont observés, allant de la simple urticaire à l’œdème pulmonaire. Une assistance médicale est alors nécessaire car il y a un risque vital pour la personne.
Certains aliments sont plus fréquemment responsables des allergies alimentaires. Chez les enfants, les allergies alimentaires touchent majoritairement le lait, l’œuf, les arachides et le blé. Plusieurs autres aliments peuvent déclencher des allergies chez le jeune enfant lors de la diversification alimentaire : produits laitiers (yaourt, fromage…), œufs (le blanc d’oeuf principalement), arachide, moutarde, noix (les fruits à coque de manière générale), soja, blé, légumineuses (lentilles, haricots, pois cassés…), fruit de mer, poisson.
Cacahuètes, noisettes, noix, amandes… Ce sont des allergènes majeurs, responsables d’un grand nombre de réactions graves (dont des chocs anaphylactiques). Le lait de vache contient plusieurs protéines allergènes (caséine, lactoglobuline, etc.). Le blanc d’œuf est souvent plus allergisant que le jaune, car il contient des protéines (ovalbumine) très reconnues par le système immunitaire. Crustacés, mollusques, poissons… peuvent provoquer des réactions parfois sévères. Le gluten est l’un des allergènes les plus médiatisés, bien qu’il suscite parfois la confusion entre allergie et intolérance (maladie cœliaque).
Chez les enfants, les trois quarts des allergies sont dus à 6 familles d’aliments : l’œuf, les arachides ou cacahuètes, le lait de vache, la moutarde, les fruits à coque et le poisson.
Tous les aliments sont potentiellement allergéniques, mais certains ont un potentiel sensibilisant accru comme la cacahuète, le lait, l’œuf, le poisson, les noix ou les crustacés.
Se fier uniquement aux symptômes peut être trompeur. Un diagnostic fiable combine des tests cutanés, des dosages sanguins et parfois un régime d’éviction suivi d’une réintroduction supervisée.
Le diagnostic est établi dans les services spécialisés en allergologie.
Dans un premier temps, le médecin effectuera un examen clinique de l’enfant (si vous le consultez après l’apparition de symptômes évoquant une allergie alimentaire). Dans un second temps, le pédiatre va prescrire à votre enfant des tests de dépistage.
Un test cutané, appelé couramment « Prick Test », est réalisé par un allergologue : un allergène est alors déposé sur la peau sous forme liquide. Après 10 à 20 minutes d’observation, l’allergie est constatée si surviennent un bouton d’allergie, une rougeur localisée, un gonflement et/ou des démangeaisons.
Un patch test (test épicutané) peut être effectué pour diagnostiquer une allergie alimentaire à réaction non immédiate. Il s’agit de déposer sur le dos du patient des petites doses d’allergène durant 48 heures. En cas de réactions allergiques, un érythème simple ou accompagné de vésicules et de bulles apparaît au bout de 24 heures sur la peau du sujet.
Si votre bébé a des difficultés pour respirer ou que la région de son cou se met à gonfler : c’est une urgence vitale, appelez le 15 immédiatement !
Si des symptômes apparaissent pendant le repas : arrêtez de proposer l’aliment et prenez rendez-vous rapidement avec un allergologue pour faire un point. N’hésitez pas à bien noter les aliments que votre bébé a ingéré lors du repas, ses symptômes (prenez une photo pour la montrer à votre professionnel de santé) et le délai entre l’ingestion et les symptômes.
Si des symptômes digestifs fréquents s’installent chez votre bébé ou que son poids stagne ou diminue, consulter votre pédiatre ou faites le point avec un allergologue ou un pédiatre gastro-entérologue.
❌ Ne faites pas d’éviction longue d’un aliment sans avis médical.
Le premier “traitement”, c’est bien sûr d’éviter le contact avec l’allergène. Le traitement va dépendre de la forme d’allergie (à réaction immédiate ou différée) et de la sévérité des symptômes.
Pour la plupart des allergènes, l’allergologue va prescrire un régime d’éviction totale (l’aliment est tout simplement retiré de l’alimentation de bébé). En plus du régime d’éviction, la prise d’antihistaminiques ou de corticoïdes est souvent recommandée pour traiter certains symptômes de l’allergie, notamment l’urticaire ou l’eczéma.
Par ailleurs, un choc anaphylactique doit obligatoirement être traité par injection intramusculaire d’adrénaline.
Aucune méthode de prévention des allergies alimentaires ne fait aujourd’hui consensus auprès de la communauté scientifique. Plusieurs études récentes ont toutefois fait évoluer les pratiques des allergologues et des professionnels de santé.
Ces études ont en effet pu démontrer que l’introduction précoce des aliments lors de la diversification alimentaire (en particulier des aliments à risque) réduisait les réactions allergiques chez le jeune enfant. Il est par exemple désormais conseillé de faire goûter du poisson à l’enfant dès l’âge de 4/6 mois, et d’introduire les fruits à coque sous forme de purée d’oléagineux par exemple (dont les cacahuètes) vers les six mois de l’enfant (mais pas avant).
Par ailleurs, il peut aussi être recommandé de ne pas faire de régime d’exclusion lors de la grossesse et de l’allaitement. L’allaitement maternel peut réduire le risque par rapport aux laits pour nourrissons.
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