Après les jouets, les tubes de dentifrice, la nourriture pour chiens et chats aux États-Unis, les produits à base d'herbes médicinales au Canada, c'est au tour des aliments en provenance de Chine et importés en France d'être pointés du doigt. Certains présentent des risques graves pour la santé, selon une étude du magazine L'Expansion.
Le chiffre peut faire peur : depuis le début de l'année, le Réseau d'alerte rapide européen (Rassf) a recensé 432 produits alimentaires jugés dangereux provenant de Chine continentale. En 2007, le même organisme en avait comptabilisé 355. De fait, alors même que plusieurs affaires largement médiatisées sont venues secouer nos consciences de consommateur, le nombre de produits chinois importé et réputés nocifs pour notre santé, n'a pas reculé.
Il est vrai que le constat est déplorable. Toujours plus de produits nous arrivent de Chine, et un contrôle systématique se révèle impossible. Premier producteur agricole du monde, la Chine a vu ses exportations vers la France bondir de 44 % en deux ans. Une expansion qui concerne d'abord les produits de première transformation.
La source d'insécurité alimentaire, c'est surtout la pollution de l'eau avec des pesticides interdits en Europe. On trouve de tout au rayon des produits chinois, y compris en Midi-Pyrénées où les échanges commerciaux avec la Chine connaissent une croissance régulière. Pour ce qui concerne les exportations, la Chine représente le deuxième client de la région avec un volume égal à 2,7 Mds€.
Dans ces échanges, figurent, comme dans toutes les autres régions françaises, des produits où peuvent se dissimuler des matières dangereuses, ou bien des défauts de fabrication qui se révèlent parfois dangereux. La liste est longue des produits retirés de la vente.
Sont particulièrement incriminés des colorants interdits découverts dans des sauces ou dans des gâteaux de riz, des moisissures cancérigènes sur des fruits secs, des résidus d'antibiotiques dans des lots de miel et de poissons, des traces de mercure sur des anguilles ou encore des stocks de nouilles incluant des composants génétiquement modifiés... Une trop longue liste des ingrédients impropres à la consommation relevée par le magazine.
En 2007, L'Expansion fait état de "209 problèmes".
Dans le panier des enquêteurs, les ustensiles de cuisine en provenance de Chine détiennent eux aussi leurs lots de produits insalubres. On y trouve sur divers articles des traces de nickel, de manganèse ou de chrome susceptibles de contaminer les aliments.
Deux facteurs principaux expliquent ces problèmes de qualité : d'une part, la Chine, devenue au fil des années le "garde-manger" du monde, est fortement sollicitée par tous les pays qui souhaitent s'approvisionner à des coûts toujours plus bas. D'autre part, on relève en Chine "un manque incroyable de formation et d'éducation sur les dangers de contamination et sur les bonnes pratiques à adopter pour garantir la sécurité des consommateurs", commente dans l'étude Gilles Martin, patron du laboratoire Eurofins, implanté en Chine.
Autre aspect d'une mondialisation mal maîtrisée, la contrefaçon alimentaire suscite l'inquiétude. "Sur les 2 millions de produits alimentaires contrefaits recensés dans le monde en 2006, entre 16 et 20 % venaient de Chine", assure Christophe Zimmerman de l'Organisation mondiale des douanes, cité dans l'étude.
Un fléau particulièrement préoccupant qui, selon L'Expansion, sert de plus en plus à financer les réseaux du crime organisé. Ces derniers considèrent ce moyen de blanchiment de l'argent sale comme "moins risqué que les filières bancaires ou immobilières".
En France, des enquêtes pénales sont ouvertes après le décès de nourrissons ayant consommé des laits contaminés par cette toxine. À l'origine de cette contamination, un ingrédient fabriqué en Chine : l'huile d'ARA.
Bruxelles a donc décidé de renforcer ses contrôles sur l'importation de cet ingrédient. Désormais, les douanes européennes devront contrôler 50% des envois d’huile d’ARA, cet ingrédient fabriqué le plus souvent en Chine et utilisé dans les poudres de lait infantile. Concrètement, chaque lot devra avoir été soumis à des analyses obligatoires, réalisées selon une méthode normalisée. Ces tests devront prouver l'absence de la toxine céréulide.
Ce type de contrôle existe déjà pour d’autres risques de contamination, par des résidus de pesticides par exemple. Mais jusqu’à présent, la toxine céréulide n’était pas surveillée. Peut-être un premier pas vers une réglementation sur cette toxine dans l’alimentation en général. Dans sa décision l'Union européenne parle de risque grave pour la santé humaine.
Le risque sanitaire global reste élevé en chine. La contamination par les douves est typiquement alimentaire. Si le risque d’Hépatite A en Europe est quasi nul, la séroprévalence reste encore élevée en chine avec toutefois une grande variabilité selon les régions. La contamination est alimentaire. L’Hépatite E est plus fréquente, par mode de contamination alimentaire (aliments et eau).
L’angyostrongilose est transmise par les escargots. Leur faible cuisson dans les plats traditionnels chinois ne suffit pas à éradiquer l’agent pathogène. Elle se manifeste par une fièvre, évoluant vers une méningite à éosinophiles. Plusieurs épidémies ont été décrites en Asie, dont la dernière à Pékin date de 2006, faisant 160 cas.
La distomatose est absente en milieu urbain. Elle se rencontre dans les zones rurales, et transmise par les crustacés, crabes, mollusques, calamar… La consommation de ces mollusques est donc fortement déconseillée en dehors des zones de pêche côtières.
Le risque de fièvre typhoïde est quasi nul en chine, grâce aux habitudes de préparation des plats chinois, traditionnellement très cuits. Le risque est toutefois plus élevé au sud du pays. Les cas de choléra sont relativement rares en chine.
Le risque infectieux est majeur, et s’effectue par la consommation de produits laitiers non pasteurisés. Ce risque est suffisamment élevé pour préconiser la consommation exclusive des produits laitiers pasteurisés (lait, fromage, yaourts). C’est peut être l’une des raisons qui explique la faible consommation de lait dans les habitudes alimentaires des populations chinoises et asiatiques. A cela s’ajoute le déficit en lactase, qui compromet la digestion des produits laitiers non fermentés source d’intolérance.
Egalement appelé « Virus des croisières », les Norovirus se transmettent par les huîtres. L’infection se manifeste par des vomissements sous forme de jet, ce qui accélère d’autant plus la propagation de l’infection. La source pathogène est très contaminante, difficile à détecter et décontaminer, et résiste au chlore.
Le risque de grippe aviaire persiste en Chine, et reste plus élevé dans le sud du pays. Les volailles constituent fréquemment les mets chinois, tels que le « Canard au sang », plat traditionnel chinois. La consommation de poulet est particulièrement élevée, avec 14 milliards de poulet élevés en chine, 190 milliards de poulet produits chaque année. On dénombre 30 cas de grippe aviaire dont 20 décès.
Le risque de Leptospirose est élevé en Chine pour la pratique des sports nautiques. Les eau des bassins sont souvent contaminées, avec un risque leptospirose bien présent, sans que cela ne justifie de prophylaxie médicamenteuse spécifique (même si la Doxycycline protége efficacement). La meilleure prévention est de ne pas s’y baigner, d’éviter tout contact avec l’eau, ce qui est malheureusement impossible dans certaines disciplines telles que le triathlon, le canoë kayak. Des formes ictéro hémorragiques ont été décrites.
80% nappe phréatique est contaminée en Chine. L’eau du robinet n’est « saine » qu’à Hong Kong. Dans le reste du pays, il convient de s’abstenir de la boire. L’eau de Tsing Tao, source proche du Shi Chuang, est éloignée des zones industrielles, et présente un risque relativement faible.
Les plats contenant du porc ou du poulet ne présentent que peu de risque car les aliments sont traditionnellement très cuits. La langue chinoise est fréquemment un barrage à la compréhension pour connaître la nature des plats proposés dans les restaurants.
Depuis quelques années, les nouilles instantanées ont la cote en France. Près de 160 millions de paquets ont été vendus en 2025. Pourtant, la composition de ces produits est loin d'être sans défauts.
Inventées en 1958 par le Japonais Ando Momofuku pour tenter de pallier la crise alimentaire en période d’après-guerre, les nouilles instantanées connaissent aujourd'hui un grand succès pour plusieurs raisons. C'est d'abord une recette facile et pratique, qui nécessite peu d'ingrédients, uniquement de l'eau chaude, et seulement quelques minutes de préparation.
Il existe beaucoup de variétés différentes (légumes, poulet, boeuf, crevettes, miso, curry...), de quoi satisfaire tous les palais, notamment les jeunes générations et les étudiants, en quête permanente de nouveautés. De nombreuses marques se partagent le marché: Yum Yum, Nissin, Wai Wai, Buldak, Apollo, Banzaï Noodle, Daisuki, mais aussi Maggi. Même les enseignes de grande distribution ont désormais leurs propres références.
L'autre raison qui pousse à l'achat de ce produit, c'est, bien sûr, son prix: de moins d'un euro à trois euros en moyenne, selon les formats et les marques. Un moteur séduisant, alors que les problématiques de pouvoir d'achat sont toujours d'actualité.
Ces produits bénéficient d’un autre attrait imparable: l’image de la culture asiatique. "Les nouilles instantanées s’inscrivent dans ce courant initié par les mangas et la K-pop. Il renvoie à un univers assez lointain, ce qui lui confère un peu de magie, auquel on peut accéder au moins par les objets et les aliments s’y rattachant", analyse auprès du magazine Gaëlle Pantin-Sohier, professeure de marketing à l’université d’Angers.
Mais derrière tous ces arguments se cache une réalité moins reluisante autour des ces produits: une composition loin d'être exemplaire et un apport nutritionnel très limité.
Sur le site d'openfoodfacts, qui affiche de nombreux indicateurs des produits alimentaires, nous avons trouvé près de 2.651 références de nouilles instantanées. Ce qui ressort, pour la majorité des produits, c'est leur longue liste d'ingrédients, qui illustre leur caractère ultra-transformé et qui se matérialise par le score Nova avec la note de 4, soit la plus mauvaise.
Par exemple, comptez pas moins de 46 ingrédients pour les nouilles poulet au gingembre de la marque Nissin, 40 ingrédients pour les nouilles saveur boeuf Tien Shan, 39 ingrédients pour celles au poulet de la marque Yum Yum, 35 ingrédients pour les nouilles ramen boeuf Tanoshi, 22 ingrédients pour les nouilles crevette Indomie ou encore 21 ingrédients pour celles de la marque Apollo.
Le premier ingrédient du produit, ce sont les nouilles, qui sont fabriquées à partir de seulement quatre ingrédients: de la farine, de l'amidon, du gluten et de l'eau. Problème: beaucoup de références ajoutent de l'huile de palme, utilisée pour éviter que les pâtes ne collent entre elles, mais dont les ravages écologiques ne sont plus à prouver.
Qui dit longue liste d'ingrédients, dit ingrédients souvent inconnus. Et c'est la principale problématique des nouilles instantanées, qui sont de véritables cocktails d'additifs: arômes, exhausteurs de goût, régulateurs d'acidité, colorants, épaississants, émulsifiants et autres "E...".
Ils sont au nombre de 15 pour les nouilles Tien Shan, 11 pour Yum Yum, 9 pour celles de Nissin ou encore 5 pour Apollo et Indomie. Consommer des produits contenant des additifs, de façon régulière, peut présenter des risques pour la santé.
Comme le pointe 60 millions de consommateurs, certaines d'entre elles contiennent des additifs plus dangereux que d'autres. C'est le cas de l'E466 (ou carboxyméthylcellulose), "un émulsifiant soupçonné de favoriser les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin".
Mais aussi de l'E415 (ou gomme xanthane). "Une équipe de l’Inserm a montré, en 2024, que sa consommation répétée serait associée à un risque accru de diabète de type 2", ajoute le magazine dans son enquête. Les marques Apollo, Tien Shan et Tanoshi en sont composées, et Yum Yum cumule par exemple les deux additifs.
Cette dernière contient également le colorant E150c (caramel ammoniacal), qui est "potentiellement cancérigène à haute dose" (1 gramme par jour par kilo de poids de corps).
Autre élément: le procédé industriel utilisé pour obtenir le goût "umami", cinquième saveur de base avec le sucré, le salé, l’amer et l’acide, souvent affiché sur les paquets. Celui-ci se développe par exemple dans la sauce soja, après une fermentation longue. Pour donner cette saveur rapidement et à bas coût, des exhausteurs de goût sont souvent utilisés (E621, E635...). Nombreux spécialistes pointent alors le risque de développer une forme d'addiction à cette saveur.
Malheureusement, les additifs ne sont pas la seule ombre au tableau. La plupart des nouilles instantanées se classent Nutri-Score C ou D, ce qui révèle une qualité nutritionnelle moyenne voire médiocre. En premier lieu, la quantité de sel est trop élevée: entre 0,7 gramme et jusqu'à 1,2 gramme pour 100 grammes.
Par portion totale, la teneur en sel peut vite atteindre 2,3 voire 4 grammes, ce qui frôle les recommandations journalières de l’OMS fixées à 5 grammes par jour maximum pour un adulte. Chez les personnes hypertendues ou cardiaques, cette charge favorise l’hypertension. Attention également aux sucres, souvent ajoutés pour contrebalancer le sel.
Additifs, sel, sucre... De ce point de vue-là, les nouilles instantanées ne présentent donc qu'un faible intérêt nutritionnel avec peu de protéines (autour de 2 grammes/100 grammes provenant de la seule sauce soja) et peu de fibres.
Les saveurs étiquetées à la viande ne contiennent en réalité aucune viande, mais simplement des arômes, nettement moins nutritifs. De même pour les nouilles dites aux légumes. Consommer ces produits régulièrement peut ainsi provoquer des carences en nutriments essentiels.
Les nouilles instantanées sont donc à consommer avec extrême modération, deux fois par semaine maximum. Et non quotidiennement, comme beaucoup le font. Pour limiter tous les effets néfastes, il est ainsi recommandé de se tourner vers des produits avec le moins d'ingrédients possibles: 8 ingrédients pour les nouilles Amoy et 10 ingrédients pour celles nature de la marque Suzi Wan par exemple.
Privilégiez les références sans huile de palme ou avec d'autres huiles: de tournesol pour Amoy, de l'huile de riz à l'image de Tien Shan ou encore de l'huile de soja comme Tanoshi. Mais également sans additifs.
Faites attention aussi aux teneurs en sel, certaines marques proposent des versions allégées, et en sucre. Pour ce qui est de l'apport en protéines, quelques références font parfois un effort en intégrant de la graisse de poulet (Nissin, Daisuki) ou sont fabriquées à partir de légumineuses (pois chiches, lentilles...). D'autres sont complètes, à base de sarrasin ou de riz brun, et plus riches en fibres.
Pour trouver des produits qui "cochent" toutes ces cases, n'hésitez pas à modifier vos préférences sur le site d'openfoodfacts en agissant sur les paramètres de votre choix (Nutri-Score, sel, sucre, score Nova, additifs etc.). Même s'ils sont rares, ils existent.
Essayez également d’améliorer la qualité nutritionnelle des nouilles, en ajoutant des légumes (frais ou surgelés) et une source de protéines (œuf, tofu, poulet, edamame), et en réduisant ou en remplaçant la quantité d’assaisonnement pour diminuer l’apport en sel (herbes, épices).
Et si vous aimez cuisiner, l'option la plus saine et la plus qualitative nutritionnellement reste toujours le fait-maison.
Le glutamate de sodium ou E621 est un additif alimentaire utilisé comme exhausteur de goût. On le retrouve beaucoup dans les plats asiatiques, et en particulier dans les plats chinois : nems, riz cantonais, nouilles, soupes, poulet à la citronnelle, porc au caramel, etc. Il est aussi soupçonné de favoriser la prise de poids en stimulant notre appétit. Pour l’éviter, on lit les étiquettes des produits industriels où il est généralement mentionné sous le nom de E621, glutamate de sodium ou glutamate monosodique. Dans les restaurants asiatiques, il est malheureusement difficile de l’éviter.
Les additifs alimentaires sont omniprésents dans notre alimentation. Destinés à améliorer la conservation, l’aspect ou le goût des produits industriels, certains d’entre eux présentent des risques significatifs pour notre santé. Les additifs alimentaires autorisés en Europe sont identifiés par un code précédé de la lettre "E" (pour Europe), suivi d’un numéro à trois chiffres. Pour être autorisé, un additif alimentaire doit répondre à plusieurs conditions strictes. Il ne doit présenter aucun risque pour la santé aux doses d’utilisation proposées, répondre à un besoin technologique réel, et ne pas induire le consommateur en erreur.
Voici une liste d'additifs à surveiller :
La première protection consiste à lire systématiquement la liste des ingrédients. La préparation d’aliments frais à partir de produits bruts reste la meilleure stratégie pour éviter les additifs alimentaires dangereux. Les aliments ultra-transformés concentrent le plus grand nombre d’additifs problématiques.
Le danger des additifs alimentaires représente un enjeu majeur de santé publique. Malgré les réglementations en vigueur, de nombreuses substances autorisées présentent des risques avérés ou suspectés pour la santé humaine. Face à cette situation, la responsabilité individuelle devient cruciale.
L’évolution de la réglementation, comme l’interdiction du dioxyde de titane, montre que les autorités peuvent réagir face aux preuves scientifiques. Cependant, cette évolution reste lente face à l’urgence sanitaire.
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