Que manger en cas d'intoxication alimentaire ?

Maux de ventre, nausées, fièvre… l’intoxication alimentaire apparaît bien souvent sans prévenir, quelques heures après avoir consommé un aliment contaminé. L’intoxication alimentaire est principalement définie par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par des agents infectieux (bactéries, virus, parasites) ou par une substance toxique produite par un agent infectieux. Lorsque l’intoxication alimentaire touche au moins 2 personnes proches, on parle de toxi infection alimentaire collective (TIAC).

Il est important de connaître les bons gestes afin de rester bien hydraté, soulager les symptômes et récupérer rapidement. Pour faciliter la lutte contre une toxi-infection dangereuse, il est important d'adopter une alimentation comprenant des aliments faciles à digérer, afin de soulager le corps.

Alors, comment soigner cette désagréable infection, notamment par l’alimentation ? Quels aliments privilégier ou éviter ?

Que faire en cas d’intoxication alimentaire ?

Qu'est-ce qu'une intoxication alimentaire ?

L’intoxication alimentaire est une affection causée par la consommation d'aliments contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des toxines. Parmi les plus connus, on trouve les listeria et les salmonelles. Ces deux bactéries sont naturellement présentes dans certains de nos aliments. À l'état de traces, elles ne présentent pas de risque pour le consommateur.

Si l'été est la saison de prédilection de ces intoxications, car la température élevée favorise le développement des bactéries, la période des fêtes de fin d'année, avec ses huîtres, poissons et fruits de mer, n'est pas mal non plus.

Les viandes de volailles, les préparations alimentaires à base d’oeufs et les fruits de mer sont les plus souvent incriminés. Les principaux facteurs favorisant les TIAC sont la rupture de la chaîne du froid, des erreurs dans le processus de préparation des aliments, un délai trop long entre préparation et consommation. Toute TIAC doit faire l’objet d’une déclaration aux autorités sanitaires du département. Elles pourront alors mener, si nécessaire, une enquête permettant de retrouver l’aliment contaminant et de prendre des mesures adaptées comme par exemple, un rappel de produit ou la fermeture d’un lieu de production.

Une intoxication alimentaire est bien différente d'une allergie. La première résulte de la consommation d'un aliment contaminé par une bactérie. Dans le cas d'une allergie, l'aliment est sain, mais l'organisme de la personne allergique ne le supporte pas et le perçoit à tort comme dangereux.

L’intoxication alimentaire peut être confondue avec une gastro-entérite. Tout est question de temporalité. En général, l’intoxication alimentaire dure de quelques heures à trois jours. Elle fait suite à la consommation d’aliments contaminés. Les symptômes de la gastro-entérite durent plus longtemps, et sont légèrement plus persistants. La gastro-entérite est généralement liée à une infection virale et n’est pas la conséquence de la consommation d’un aliment.

Symptômes d'une intoxication alimentaire

Vomissements, diarrhées, maux de tête sont les principaux symptômes d'une intoxication alimentaire. Les symptômes les plus fréquents d’intoxication alimentaire comprennent :

  • La diarrhée (parfois sanglante).
  • Les crampes abdominales.
  • Les vomissements.
  • Les maux de tête.
  • La fièvre.

Certains empoisonnements, notamment par les poissons et crustacés, affectent parfois le système nerveux, causant :

  • Des picotements ou engourdissements de la peau.
  • Des troubles de la vision.
  • Des maux de tête.
  • Une paralysie.
  • Une faiblesse.

La déshydratation est une complication souvent constatée lors d’intoxications alimentaires, avec :

  • Soif extrême et sécheresse buccale.
  • Vertiges ou évanouissements.
  • Yeux ou joues enfoncés.
  • Urine inférieure à l’habitude et foncée.
  • Diminution de la turgescence cutanée (lorsqu’on pince la peau, elle ne se remet pas immédiatement à la normale lorsqu’on relâche).

Les symptômes surviennent dans les deux à trois heures suivant le repas.

Le délai d'apparition, c'est-à-dire le délai d'apparition des symptômes, est un élément clé pour identifier la cause de l'intoxication alimentaire. Elle varie considérablement en fonction du type d'agent pathogène, par exemple :

  • De 1 à 6 heures pour des intoxications souvent liées à des toxines bactériennes déjà présentes dans l'aliment, comme le Staphylococcus aureus ou le Bacillus cereus. Les symptômes (nausées, vomissements violents, crampes abdominales et/ou diarrhées) se manifestent très rapidement après la consommation et disparaissent généralement dans les 24 à 48 heures.
  • De 8 à 16 heures pour des toxi-infections dans lesquelles les toxines sont produites par des bactéries viables à l'intérieur de l’intestin comme le Clostridium perfringens.
  • De 12 à 48 heures, voire plusieurs jours pour des bactéries invasives comme Salmonella, Campylobacter, Escherichia coli,ou des virus comme le norovirus ou le rotavirus. L'agent pathogène doit d'abord se multiplier dans l'intestin avant de déclencher la maladie.

Généralement sans gravité, les intoxications alimentaires peuvent se révéler dangereuses lorsqu'elles frappent les nourrissons, les enfants en bas âge et les personnes âgées, qui se déshydratent plus rapidement que les autres, leurs moyens de défense étant moindres. Dès que ces symptômes se déclarent, mieux vaut consulter tout de suite un médecin. Si celui-ci estime que le risque de déshydratation est important, il peut proposer quelques jours d'hospitalisation.

Une attention particulière doit être apportée aux femmes enceintes, qui, une fois contaminées, peuvent craindre une infection généralisée, pire une méningite.

Que manger après une intoxication alimentaire ?

Après une intoxication alimentaire, on conseille de ménager le système digestif pour faciliter une reprise en douceur.

Aliments recommandés

  • Pain blanc et pain de mie: Faciles à digérer car faibles en fibres.
  • Fromages à pâte dure (gouda, parmesan, mimolette): Consommés avec modération, ils aident à retenir l'eau grâce à leur teneur en sel.
  • Riz, pâtes, semoules: Ils permettent de ralentir le transit, de lutter contre la diarrhée et de restaurer la flore intestinale.
  • Carottes cuites: Riches en sucre et en pectine, elles jouent un rôle dans la cicatrisation des muqueuses.
  • Bananes mûres: Elles permettent de capter l'eau dans le côlon et d'atténuer la diarrhée.
  • Viande maigre (dinde, poulet, veau): Préparée avec très peu de matière grasse et grillée de préférence.
  • Poisson maigre (cabillaud, morue, lieu, lotte, merlan, limande, turbot, sole, perche, raie ou loup de mer): Cuit en papillote ou à la vapeur.
  • Yaourts: Un yaourt par jour permettra de rétablir la flore intestinale. En effet, le yaourt contient des ferments lactiques, qui sont à l'origine des probiotiques.
  • Soupe miso: Elle régénère la flore intestinale grâce aux probiotiques qu’elle renferme, aide et facilite la digestion.

Aliments à éviter

  • Aliments irritants : fibres (crudités et céréales à grains entiers), produits laitiers, fritures, charcuteries et pâtisseries.
  • Fruits et légumes crus (à l’exception de la banane).
  • Aliments riches en fibres (céréales complètes, lentilles, pois chiche et autres légumineuses).
  • Plats épicés.
  • Plats ou boissons glacés.
  • Boissons gazeuses.
  • Jus de fruits et boissons alcoolisées.
  • Légumes verts.
  • Aliments très gras, épicés, sucrés.
  • Boissons caféinées et alcool.

Il est recommandé d'attendre le rétablissement total avant de consommer ces aliments.

Hydratation

Il est très important de rester bien hydraté lors d’une intoxication alimentaire. Un apport en eau suffisant (au moins 2 litres par jour), afin d’éviter la déshydratation liée aux diarrhées et vomissements. Privilégiez l’eau, l’eau sucré ou les bouillons de légumes. Chez l'enfant ou les personnes agées, donner un soluté de réhydratation orale (SRO) dès que possible. Buvez souvent mais à petites gorgées.

Vous pouvez boire de l’eau bien sûr. A savoir : il faut éviter de boire glacé ou très froid qui n’aideront pas pour soigner votre gastro-entérite. De l'eau à volonté (plate et idéalement riche en sodium), du bouillon de légumes salés, des tisanes de camomille, de baies de myrtilles, de ronce ou d'alchémille... Combien ? Au moins deux litres par jour !

Durée et traitement

"Souvent, les symptômes s'atténuent dès le lendemain, puis disparaissent en deux à cinq jours. Généralement, une récupération complète s’observe en moins d’une semaine, sauf complication. Une intoxication alimentaire dure rarement plus d’une semaine.

Le médecin évalue le degré de gravité de la maladie par un examen physique, des analyses de sang et d'urine. Dans les cas les plus graves, des échantillons des selles sont envoyés au laboratoire afin d'identifier la bactérie.

Le médecin peut prescrire un antibiotique intestinal et des ralentisseurs du transit afin de juguler les selles liquides. En cas de douleurs, un antispasmodique complète le traitement.

Le traitement de l’intoxication alimentaire consiste avant tout à corriger les symptômes grâce aux mesures diététiques et à un traitement médicamenteux adapté. Il doit s’adapter au type et à l’intensité des symptômes. Il comprend:

  • Un médicament anti-diarrhéique, le racécadotril (un antisécrétoire intestinal).
  • Les médicaments antispasmodiques, type phloroglucinol, en cas de douleurs abdominales.
  • Les médicaments contre les vomissements qui sont à réserver aux formes avec vomissements abondants.
  • Du paracétamol en cas de fièvre modérée.
  • Un traitement antibiotique adapté, uniquement en cas de diarrhée sévère avec fièvre et après mise en culture des selles.

En cas de déshydratation sévère, l'hospitalisation s'impose pour assurer une réhydratation par voie veineuse.

Quand consulter un médecin ?

Il est important de savoir quand consulter un médecin en cas d’intoxication alimentaire. Il s’agit notamment d’une diarrhée persistante au-delà de 5 jours, de sang dans les selles, de douleurs abdominales intenses, d’une fièvre élevée prolongée, ou de signes de déshydratation (bouche sèche, fatigue extrême, vertiges). Nous vous conseillons de consulter rapidement en cas de:

  • sang et glaires dans les selles,
  • diarrhées fébriles,
  • diarrhées persistantes plus de 3 à 4 jours,
  • troubles neurologiques.

Vous devez consulter en urgence en cas de signes de déshydratation:

  • soif,
  • langue ou bouche sèche,
  • yeux anormalement cernés,
  • diminution voir arrêt des urines,
  • perte de poids,
  • troubles de la vigilance, somnolence,
  • fièvre supérieure à 39°.

Prévention

Pour se prémunir contre ces intoxications, lorsqu'on fait ses courses, il est conseillé de n'acheter les aliments surgelés en dernier et de les rapporter dans un sac isotherme. On peut y conserver également les viandes, les œufs, les laitages.

Une fois à la maison, il est important de ne pas ranger les aliments n'importe comment dans le réfrigérateur. Dans la partie la plus froide, comprise entre 0 et 4 °C , c'est la place des viandes, du poisson, des charcuteries, des petits plats faits maison, des barquettes traiteur et des laitages.

Dans la zone intermédiaire, dont la température est comprise entre 4 et 6 °C, il faut entreposer les légumes et les fruits cuits, ainsi que les fromages affinés. La partie la moins froide du réfrigérateur est le bac à légumes pour les produits frais (6° environ). Et pour contrôler la température du rérigérateur et du congélateur, placez-y un thermomètre.

Pour éviter les intoxications alimentaires, le poulet et la viande hachée doivent toujours être bien cuits : la "maladie du hamburger" et la "maladie du barbecue", qui sévissent de juin à octobre, sont généralement dues à une cuisson insuffisante des viandes.

Faites également attention aux restes. La viande, le poisson et les œufs crus sont extrêmement vulnérables aux bactéries. Attention ! Certains aliments ne se conservent pas au-delà du repas, au risque de devenir des bouillons de culture. C'est le cas de la mayonnaise maison, des sauces, des huîtres ouvertes, des feuilles de salade mélangées à la vinaigrette et des glaces décongelées.

Voici quelques conseils qui devraient vous permettre d’éviter les intoxications alimentaires:

  • Lavez-vous les mains régulièrement lorsque vous manipulez la nourriture; avant et après vous être rendu aux toilettes et avant de passer à table.
  • Nettoyez soigneusement les fruits et les légumes avant de les préparer ou de les manger.
  • Évitez de manger certains aliments crus (œufs, volaille et viande) ou non pasteurisés (ex. fromage de lait cru).
  • Utilisez des planches à découper distinctes entre les légumes et la viande lorsque vous faites la cuisine.
  • Conservez et touchez la viande crue séparément des autres aliments.
  • Faites cuire suffisamment les viandes.
  • Mettez bien au frais tous les produits susceptibles de devenir « dangereux » rapidement, tels que la mayonnaise, la viande crue ou le lait par exemple.
  • Nettoyez et séchez soigneusement les planches à découper après chaque utilisation.
  • Ne pas réutiliser les ustensiles ou plats ayant touché à de la viande crue (éviter la contamination croisée).
  • Lavez le plan de travail de la cuisine avec de l'eau savonneuse après y avoir préparé les repas.
  • Conservez à la bonne température vos aliments en tout temps. (réfrigérateur 4 °C ou moins, congélateur -18 °C ou moins).
  • Décongelez et marinez vos aliments au frigo jusqu'au moment de les cuire.
  • Ne pas cuisiner en cas d’infection cutanée au niveau des mains.

tags: #aliments #à #manger #après #intoxication #alimentaire

Articles populaires: