Le documentaire américain "The Game Changers", diffusé sur Netflix, dénonce les campagnes marketing offensives de l’industrie de la viande. Il expose, de manière plus générale, les idées reçues sur notre alimentation. Ce documentaire a suscité de vives critiques de la part des "viandards" de tout poil.
Affiche du documentaire "The Game Changers"
Depuis qu’elle a décrit le barbecue comme un symbole de virilité, lors des universités d’été de la France Insoumise à Grenoble le week-end dernier, la députée de Paris est la cible d’attaques virulentes, des réseaux sociaux à ses adversaires politiques. Ses propos rappellent pourtant ceux que tient un certain Arnold Schwarzenegger dans le documentaire sportif The Game Changers, sorti en salle en 2019 et disponible en France sur Netflix.
L’ancien gouverneur de Californie intervient en parallèle d’un montage de spots publicitaires en faveur de la consommation de viande. "Le steak, c’est ça qu’un homme mange", murmure une grosse voix-off hollywoodienne sur les images d’un burger fumant. Celui qui fut culturiste dans sa prime jeunesse explique : "On vous vend l’idée que les vrais hommes mangent de la viande. Mais il faut bien comprendre que c’est du marketing. Ce n’est basé sur aucune réalité". La star, qui s’est récemment dit "à 80% vegan depuis cinq ans", ajoute : "Personne ne peut comprendre ce discours mieux que moi parce que j’ai vécu dans ce monde". Des images d’archives le montrent ainsi engloutir une plâtrée de viande crue, entre deux entrainements.
Le documentaire vise moins à convertir au véganisme qu’à faire réfléchir sur la manière dont nos habitudes alimentaires sont façonnées depuis l’enfance. Arnold Schwarzenegger le dit lui-même : "Si vous dites aux gens 'Arrêtez de manger de la viande !', ils vous répondront ‘Fuck you, qui êtes-vous pour me dire comment je dois manger ?’. Alors qu’il veut mieux leur expliquer : "‘Essayez de limiter votre consommation de viande à une fois par semaine, et voyez la différence’".
Réalisé par Louie Psihoyos, "The Game Changers" est construit autour du témoignage du Britannique James Wilks, entraîneur de self defense et champion de Mixed Martial Arts. À la suite d'une grave blessure, il a effectué des recherches sur l’impact de la viande sur la force physique. Apprenant que les gladiateurs romains étaient vegan, il est parti à la rencontre d’athlètes qui ont opté pour un régime sans viande, troquant les protéines animales pour les protéines végétales, avec de meilleures performances sportives à la clé. Médecins et chercheurs ont étayé ses découvertes, égratignant au passage le discours "viriliste" de l’industrie de la viande.
Produit par James Cameron et accompagné par Jackie Chan, Arnold Schwarzenegger, Lewis Hamilton ou encore Novak Djokovic, The Game Changers a divisé un peu plus encore les véganes qui le considèrent comme une bible et les mangeurs de viande qui le qualifient de propagande. Fort de sources et de témoignages, plus personne ne sait quoi penser.
Un second élément nécessite une mise au point : le détournement de sources et d’articles scientifiques. Si, en effet, il paraît important de démontrer ce que l’on avance grâce à des preuves officielles, il est très facile de détourner la science. Le film The Game Changers met en avant plusieurs articles scientifiques pour justifier son propos. Le premier problème c’est que l’on ne rentre jamais dans le détail de ces articles (or il est primordial de s’intéresser entre autres aux protocoles, aux différents tests et au nombre de participants) et que ce film met en avant généralement des ”études transversales épidémiologiques” qui sont des études dont la qualité est relativement basse. Par ailleurs, de nombreuses études se sont retrouvées détournées de leur contexte.
Le film affirme qu’il est possible d’avoir l’apport en protéine journalier recommandé grâce aux végétaux. Cela est bien évidemment vrai. Cependant, il est nécessaire d’apporter quelques précisions. Si, en effet, il est possible de couvrir son apport en protéines grâce aux protéines végétales, la qualité des protéines, elle, n’est pas équivalente. Car, au-delà de la quantité de protéines que nous ingérons, ce qui importe vraiment c’est la composition en acides aminés que les protéines contiennent qui va être important. Or, les protéines végétales sont plus faibles en BCAA et notamment en leucine (21% en moins en moyenne comparé aux aliments d’origine animale).
Deuxièmement, les alimentations végétale et animale n’ont pas la même digestibilité à cause des anti-nutriments que les végétaux ont développés avec le temps pour se défendre et éviter d’être consommés par nous-mêmes ou les animaux. Résultat, il devient indispensable d’augmenter l’apport en protéines lorsque nous suivons un régime végétarien ou végétalien, pour compenser le déficit de leucine et la mauvaise digestibilité des aliments végétaux.
Tableau comparatif des protéines végétales et animales.
Netflix propose un nouveau programme évaluant les effets du véganisme. Si le concept prétend à l’objectivité scientifique, il finit par tomber dans le prosélytisme sans nuance. Pour évaluer les bienfaits réels ou non d’une alimentation végane, la télé-ralité a recruté quatre paires de jumeaux.
Vingt ans plus tard, Netflix rejoue, sur un registre nettement plus healthy, le jeu de l’expérience diététique filmée comme un feuilleton. En recrutant cette fois quatre paires de jumeaux pour jauger, sur huit semaines, et sous l’œil de scientifiques, les vertus d’un régime végan comparé à celles d’une alimentation omnivore. En quatre épisodes de 45 minutes.
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