Comment alimenter une maison avec des panneaux solaires : Guide complet

Mettre à profit les rayons du soleil pour produire soi-même de l’énergie et faire des économies est une idée populaire, car le prix de l’électricité a flambé ces dernières années et, dans le même temps, celui des panneaux photovoltaïques a chuté. Les Français sont de plus en plus nombreux à franchir le pas. À la mi-2024, Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution électrique, comptait 556 039 foyers équipés de panneaux solaires. En seulement 2 ans, le nombre d’installations a été multiplié par 3 !

Dans ce contexte, de plus en plus de stations solaires dites « plug & play », à monter seul chez soi, sont proposées à la vente. Ce guide vous propose des conseils pour bien les choisir et comprendre comment alimenter votre maison avec des panneaux solaires.

Fonctionnement d'un kit solaire

Un kit solaire fonctionne comme une installation photovoltaïque classique, de celles qu’on voit se multiplier sur les toitures de bâtiments. Ces kits se composent d’un ou plusieurs panneaux photovoltaïques dont les cellules absorbent les rayons du soleil et transforment cette énergie en électricité en courant continu. Ces kits solaires comprennent également un micro-onduleur. Sur le principe, le fonctionnement est le même que celui d’une installation solaire classique. Ces kits ne produisent pas d’électricité seulement l’été, mais potentiellement toute l’année : ce n’est pas la chaleur qui compte mais la luminosité, et certaines journées d’hiver sont parfois bien ensoleillées.

Ces kits plug & play sont une porte d’entrée intéressante pour celles et ceux qui veulent commencer à produire leur propre électricité. C'est en ce sens qu'ils peuvent être vus comme une porte d'entrée dans la production d'énergie solaire. Une façon de commencer petit pour, si on se prend au jeu, se tourner ensuite vers des installations plus complexes et plus puissantes. La plupart de ces kits offrent d’ailleurs la possibilité de connecter d’autres panneaux photovoltaïques par la suite.

Mais ces kits solaires sont plug & play (prêts à l’emploi) : on peut les monter seul, sans connaissances en bricolage, et les démarches administratives sont réduites à leur portion congrue. En contrepartie de cette installation facile, les kits solaires plug & play restent des installations photovoltaïques de petite puissance : n’espérez pas vendre l’électricité produite. L’enjeu est plutôt l’autoconsommation.

Où installer son kit solaire ?

Ces kits solaires se posent principalement au sol, typiquement dans un jardin ou sur une terrasse. Il faut alors les lester pour éviter qu’ils ne s’envolent à la première bourrasque. Dalles de béton, parpaings, sacs de sable… chaque fabricant y va de ses recommandations, pas toujours très claires d’ailleurs pour certains d’entre eux. À l’inverse, d’autres incluent cette préoccupation dans la conception même du kit, en prévoyant des ballasts à remplir d’eau derrière le panneau.

Mieux vaut en tout cas s’assurer que l’on a chez soi l’endroit idoine où installer le kit. Ces appareils prennent une certaine place, au minimum 2 m2 pour une installation au sol. Il faut aussi pouvoir les brancher à une prise électrique dédiée et protégée par un disjoncteur différentiel de 30 mA pour des raisons de sécurité. Or, les câbles de sortie livrés avec les kits sont parfois bien courts.

Certaines stations solaires proposent des kits de fixation spécifiques fournis à l’achat de l’appareil, mais plusieurs fabricants font le choix de les vendre séparément. Installer ces kits au mur ou sur un balcon peut toutefois impliquer des démarches administratives supplémentaires.

Découvrez l'inclinaison et l'orientation parfaite pour les panneaux solaires

Les marques de kits solaires

On trouve ces kits solaires dans les magasins de bricolage (Brico Dépôt, Castorama, Leroy Merlin…), dans certaines grandes surfaces (Leclerc) ou sur les sites Internet des fabricants eux-mêmes. Dans notre test de stations solaires, nous avons testé six solutions plug & play proposées par Ekwateur, Supersola, Katezer, Beem, Sunology et Avidsen. Il y en a d’autres comme Oscaro Power, Mater France, etc.

Question prix, la fourchette des systèmes à monter soi-même varie entre 300 et 700 €. La puissance promise ainsi que les accessoires, les réglages et la destination (sol, mur, balcon…) ont un impact sur la facture.

Puissance des panneaux solaires

C’est forcément un critère important au moment de choisir son kit solaire, car cette puissance donne un aperçu de la production d’électricité que l’utilisateur pourra escompter. Elle est donnée en watts-crête (Wc). Dans notre test de kits solaires, elle varie de 425 Wc pour les kits les plus puissants à 300 Wc pour les moins puissants. Cependant, ces puissances annoncées par les fabricants risquent de vous décevoir : elles correspondent aux performances que leurs panneaux peuvent théoriquement atteindre dans des conditions d’ensoleillement optimales.

Et surtout, elles concernent uniquement le panneau solaire. Or, la conversion de l’électricité produite en courant alternatif induit des pertes de rendement. C’est surtout la production réelle des kits (panneau + onduleur) qui compte. C’est celle-ci que nous indiquons dans notre test, et l’écart avec les chiffres mis en avant par les fabricants est parfois de taille.

Autoconsommation et vente de l'électricité

Les kits solaires sont des installations de trop faible puissance pour que la question se pose ! Vendre l’électricité produite est inenvisageable car trop peu rentable. C’est même impossible auprès d’EDF OA, la filiale d’EDF destinée à acheter l’électricité photovoltaïque aux producteurs, qui impose notamment que l’installation soit réalisée par un professionnel labellisé RGE (reconnu garant pour l’environnement).

Avec ces kits solaires, l’enjeu est de réussir à autoconsommer le plus possible l’énergie produite. L’objectif est que cette production couvre votre talon de consommation, cette quantité minimale d’électricité que vous consommez en permanence même quand vous n’êtes pas chez vous (box Internet, appareils en veille, etc.). Plusieurs sites Internet vous aident à calculer ce talon. C’est utile pour bien choisir son kit solaire. Acheter un kit plus puissant que nécessaire n’est pas très opportun : vous le paierez plus cher et serez contraint de faire cadeau de votre surplus de production au réseau.

Quoi qu’il en soit, n’espérez pas économiser énormément avec un kit solaire. Les projections que donnent certains sont largement surestimées : « Cent euros par mois », avance l’un d’eux… Les gains à espérer sont plutôt de l’ordre d’une centaine d’euros par an.

Durée de vie des panneaux solaires

Généralement, un panneau solaire a une durée de vie minimale de 20 ans avant de commencer à perdre en rendement. Mais, bien installé et bien entretenu, il peut durer bien plus longtemps. Pour le micro-onduleur (pièce qui se change mais qui coûte cher), on est plus sur une durée de vie de 10 ans.

Certains fabricants garantissent le panneau et l’onduleur 25 ans, d’autres beaucoup moins.

Applications de suivi de production

L’outil est précieux lorsqu’on cherche au maximum à aligner sa consommation électrique sur sa production d’énergie solaire pour la consommer au maximum. Et même si vous n’ouvrez l’application que de temps en temps, elle restera utile pour vous alerter sur d’éventuels problèmes : si, par exemple, la production affichée vous paraît basse alors qu’il fait grand soleil, c’est peut-être le moment de nettoyer la surface de vos panneaux… Les applications les plus abouties donnent d’autres informations intéressantes comme la météo ou la température du micro-onduleur (comme tout appareil électronique, il faut éviter qu’il surchauffe) et d’autres statistiques.

Options et gains de performance

Côté production, certains kits offrent des options qui permettent d’espérer des gains de performance (même si c’est difficile à mesurer). Certains modèles rendent notamment possible l’inclinaison des panneaux solaires, en proposant jusqu’à trois angles différents. C’est utile quand on veut suivre au mieux la course du soleil en fonction de la saison. Par exemple, on relèvera les panneaux l’hiver, lorsque le soleil est plus bas dans le ciel.

Certains kits sont « bifaciaux » : les panneaux solaires produisent de l’électricité tant à partir de leur face verso que recto, en utilisant la lumière réfléchie par le sol. Pour en tirer parti, il convient de les placer sur une surface claire (à fort albédo).

Démarches administratives

On n’y échappe pas tout à fait en achetant un kit solaire plug & play. Dans tous les cas, il faut remplir une déclaration auprès de votre gestionnaire de réseau électrique (Enedis le plus souvent). Il saura ainsi que vous y injecterez dorénavant du courant. Si vous accrochez votre station au mur ou à la rambarde d’un balcon, il faudra le déclarer préalablement en mairie si l’installation dépasse 1,80 m de haut.

Installation de panneaux solaires sur toiture

Le schéma de raccordement des panneaux photovoltaïques en autoconsommation dépend de la configuration choisie. Certains ménages font le choix d’un petit kit solaire à brancher quand d’autres privilégient l’installation de panneaux solaires en toiture. Cette deuxième configuration permet, en général, d’avoir une réduction de la facture plus importante puisque le générateur est plus puissant. Aussi, cette solution ouvre la possibilité de vendre l’électricité en surplus.

Avant de s’intéresser au schéma de raccordement photovoltaïque en autoconsommation, il convient de comprendre comment fonctionnent les panneaux solaires. Pour produire de l’électricité, un panneau photovoltaïque va capter les photons, les particules de lumière du rayonnement solaire. Les cellules de silicium qui composent le panneau vont s’activer et produire un courant continu. Ce courant continu ne peut pas être directement être utilisé par vos appareils électriques. Il passe donc par un onduleur ou un micro-onduleur afin de le transformer en courant alternatif.

Le schéma de raccordement photovoltaïque en autoconsommation est un plan qui décrit comment les différents éléments d’une installation solaire sont connectés pour produire de l’électricité et la consommer. L’ensemble est raccordé au tableau électrique au moyen d’un disjoncteur différentiel. Celui-ci vient protéger votre installation contre les courts-circuits ou les surcharges de courant. Votre centrale est ensuite branchée au réseau Enedis.

Les étapes clés de l'installation de panneaux solaires

Voici les étapes clés pour une installation réussie :

  1. Calcul des besoins en électricité : Définir précisément vos besoins pour adapter le dimensionnement des panneaux.
  2. Choix de l'orientation et de l'inclinaison : Optimiser l'exposition au soleil pour maximiser la production.
  3. Sélection des panneaux solaires : Choisir le type de panneaux adaptés à votre projet (monocristallin, polycristallin, etc.).
  4. Démarches administratives : Déclarer les travaux en mairie et faire une demande de raccordement au réseau.
  5. Choix d'un installateur RGE : Faire appel à un professionnel certifié pour garantir la qualité et la sécurité de l'installation.

Avantages de l'autoconsommation

L'autoconsommation présente plusieurs avantages :

  • Économies sur la facture d'électricité : Réduire votre dépendance aux fournisseurs d'énergie.
  • Protection contre la hausse des prix : Stabiliser vos coûts énergétiques sur le long terme.
  • Valorisation du patrimoine immobilier : Améliorer l'étiquette énergétique de votre maison.
  • Réduction de l'impact environnemental : Diminuer les émissions de CO₂ et participer à la transition énergétique.

Aides financières disponibles

Plusieurs aides financières sont disponibles pour faciliter l'installation de panneaux solaires :

  • Prime à l'autoconsommation : Versée aux particuliers qui installent des panneaux solaires en autoconsommation avec revente du surplus.
  • Obligation d'achat (EDF OA) : EDF est tenu de racheter l'électricité produite par certaines installations photovoltaïques.
  • TVA réduite : Un taux de TVA réduit s'applique aux installations photovoltaïques résidentielles sous certaines conditions.
  • Aides locales : Certaines collectivités territoriales proposent des aides supplémentaires.

Stockage de l'énergie solaire

Pour optimiser l'autoconsommation, il est possible de stocker l'énergie solaire :

  • Batterie physique : Stocker le surplus d'électricité produit en journée pour l'utiliser le soir.
  • Batterie virtuelle : Injecter l'électricité non consommée sur le réseau et la récupérer sous forme de crédit énergétique.

En conclusion, alimenter sa maison avec des panneaux solaires est une solution de plus en plus accessible et rentable. Que ce soit avec des kits solaires plug & play ou des installations sur toiture, l'autoconsommation permet de réaliser des économies, de se protéger contre la hausse des prix de l'énergie et de réduire son impact environnemental.

Les différentes marques de kits solaires sont disponibles dans les magasins de bricolage, les grandes surfaces ou sur les sites Internet des fabricants. Le prix varie entre 300 et 700 € en fonction de la puissance et des accessoires inclus.

N'hésitez pas à vous renseigner auprès de professionnels certifiés RGE pour bénéficier de conseils personnalisés et d'une installation conforme aux normes.

Aides financières pour l'installation de panneaux solaires
Aide Description Conditions
Prime à l'autoconsommation Versée aux particuliers qui installent des panneaux solaires en autoconsommation avec revente du surplus Installation par un professionnel RGE, puissance de l'installation < 100 kWc
Obligation d'achat (EDF OA) EDF est tenu de racheter l'électricité produite par certaines installations photovoltaïques Tarif fixé par arrêté ministériel, garanti pendant 20 ans
TVA réduite Taux de TVA réduit s'applique aux installations photovoltaïques résidentielles Installations dans les logements de panneaux photovoltaïques ayant une puissance inférieure ou égale à 9 kWc

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