La question de l'alimentation de nuit suscite des débats animés, oscillant entre service de proximité et source de nuisances pour les riverains. Cet article explore la situation à Salon-de-Provence et à Marseille, en mettant en lumière les horaires, les réglementations en vigueur et les enjeux liés à ces commerces nocturnes.
La cohabitation entre les épiceries dites "de nuit" et les riverains n'est jamais facile. C'est souvent un caillou dans la chaussure des maires soucieux à la fois de maintenir les activités commerciales et de garantir la tranquillité des habitants.
Ainsi, Pascal Montécot, le maire de Pélissanne, a dû prendre récemment "un arrêté pas facile" pour mettre fin à la gêne croissante générée par l'épicerie de nuit installée en centre-ville. "Il y avait beaucoup de gêne et de bruit, des incidents. L'épicerie était ouverte de 18h à 1h du matin, explique le premier magistrat. Inutile de dire que le voisinage en avait assez". L'arrêté oblige désormais l'épicerie à fermer à 21h le soir.
"Et depuis, on a retrouvé de la sérénité en centre-ville. L'arrêté est respecté, l'épicerie est réglo". Le maire entend d'ailleurs veiller à ne pas voir se multiplier ce type d'épiceries et possède en ce sens l'outil du droit de préemption sur les locaux commerciaux. Cela permet à la ville d'avoir la main sur le choix des activités qui s'installent.
Il y a trois ans encore, on ne comptait pas une seule épicerie ouverte tard le soir à Salon. Depuis 2005, trois alimentations de nuit ont ouvert offrant aux Salonais un nouveau service de proximité pour s'approvisionner après la fermeture des commerces traditionnels. Lessive, couches, tabac, filtres à café, nourriture pour animaux.
En 2005, c'est aux Canourgues que s'installe la première d'entre elles. Rachid, un ancien soudeur marseillais a l'idée d'en créer une avec sa soeur à Salon. "Au début, on était ouvert jusqu'à 21h30 et nous avons senti une demande. Ce qui nous fait vivre, c'est le soir, lorsqu'on n'a plus la concurrence des grandes surfaces", explique cet homme, qui envisage bientôt de vendre des sandwichs.
La cadette, baptisée "les Mille et une nuits", a été créée il y a un an par le boxeur local Mohammed Medjadji avec son frère Kader. Elle est la première à s'être implantée en centre-ville avant d'être rejointe en juin dernier par celle des "Rayons du soleil".
"Je ne reçois pas que des habitants du centre-ville, je vois aussi des gens de Miramas, Sénas ou Eyguières qui n'ont pas de solution plus proche", explique Kader Medjadji. Un client des "Rayons de soleil" explique justement qu'auparavant il était "obligé d'aller à la boutique de la station Total qui ferme plus tôt et où les prix sont bien plus élevés, c'est un vrai progrès".
Toutefois, le service qu'ils offrent, impose aux gérants une certaine vigilance :"nous n'acceptons ni chèques, ni carte bleue, car il est arrivé que nous ne soyons jamais payés", explique Kader qui veille aussi à ce que ses clients ne stationnent pas autour de son magasin. Parfois, il faut aussi canaliser ceux qui sont éméchés ou agités.
Rachid, lui, confie à quel point le rythme de vie que lui impose son métier empiète sur son temps libre : "t'as pas de vie, ça demande une présence de plus en plus grande, je suis toujours ici". Ce dernier connaît une difficulté supplémentaire : il est le seul à être sous le coup d'un arrêté municipal lui interdisant la vente d'alcool passé 22h. Une mesure que la mairie dit avoir prise pour "éviter les attroupements autour de la supérette", mais qu'il perçoit comme une injustice.
Ces commerces, qui ne peuvent compter sur les quantités vendues pour rivaliser avec les prix des grandes surfaces doivent leur salut à la vente d'alcool (à consommer avec modération), un produit à plus forte marge très prisé par les clients tardifs. Pour tous, la même règle se vérifie : le début de semaine est très calme et l'activité des vendredis, samedis et dimanches est cruciale. Autre constat des épiciers : depuis cet été, les clients sont moins nombreux , vont à l'essentiel et les paniers sont plus maigres.
| Nom de l'Épicerie | Horaires |
|---|---|
| Les Mille et unes nuits | Cours Carnot, de 18h à 1h. Dimanche et JF de 13h à 1h. |
| Vival | Avenue de Wertheim, 9h/13h, 16h/23h30. Vendredi-samedi: jusqu'à 1h. Dimanche:9h/22h. |
| Les rayons du soleil | Rue Lafayette, tous les jours de 11h à 1h. |
À Marseille, la situation est encadrée par des arrêtés préfectoraux visant à limiter l'activité des épiceries de nuit, notamment en raison des nuisances qu'elles peuvent engendrer. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a décidé de reconduire la mesure qui oblige les épiceries de nuit du centre-ville à fermer plus tôt. Un arrêté publié prolonge la restriction jusqu'à la fin septembre, avec un périmètre modifié.
La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a publié un arrêté imposant à certaines épiceries de nuit une fermeture à 22 heures à Marseille. L'arrêté vise des "épiceries qui favorisent les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des riverains", en lien avec la consommation d'alcool et protoxyde d'azote sur la voie publique, précise l'arrêté.
Selon la préfecture de police, le département compte 111 commerces dits "de nuit", dont 87 à Marseille. "La priorité sont les quartiers entre le Vieux port et la gare Saint-Charles, les abords des avenues Duparc et Sakakini ...", énumère le préfet de Police. Des quartiers où les plaintes du voisinage et les remontées de la police municipale sont les plus nombreuses.
À ceux qui pourraient penser que c'est un service en moins pour ceux qui feraient leurs achats la nuit, le préfet est très clair : "l'activité commerciale licite de ces établissements est faible après 22h". Aucun doute : certaines de ces épiceries "s'adonnent à la vente d'alcool à emporter de nuit interdite par arrêté municipal" ou encore de protoxyde d'azote, de tabac, sans compter l'emploi de salariés sans contrat de travail.
Le tribunal administratif de Marseille a rejeté ce mercredi la demande des épiceries de nuit du centre-ville : elles demandaient de suspendre l'arrêté préfectoral les obligeant à fermer prochainement pour un mois.
Certaines communes bénéficient de dérogations aux heures de fermeture. Voici quelques exemples :
Des autorisations de fermeture tardives peuvent être accordées par le préfet ou le sous-préfet à des établissements ayant une activité nocturne reconnue et incontournable.
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