La conduite de l’alimentation du cheval de sport consiste à adapter la ration à ses besoins nutritionnels élevés pour optimiser sa forme et ses performances. Derrière la performance des athlètes équins se cache un élément essentiel qui contribue à leur succès : la nutrition.
Elle joue un rôle vital dans le développement et le maintien des performances, ces athlètes nécessitent une alimentation équilibrée et spécifiquement adaptée à leurs besoins physiologiques et énergétiques. Mais quels sont les besoins nutritionnels spécifiques de ces athlètes équins ? Comment différents types d’aliments peuvent soutenir leur santé ? Quel est l’impact direct de la nutrition sur leurs performances ?
Afin de comprendre comment les chevaux doivent être nourris, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement de leur digestion. Indépendamment de leurs besoins alimentaires différents, tous les chevaux ont le même système digestif, qui est particulièrement sensible.
1. Le foin avant tout: Le fourrage grossier sous forme de foin de qualité est une priorité dans l’alimentation des chevaux, qui étaient autrefois des animaux de steppe. La teneur élevée en matière sèche (environ 88 %) et la teneur en fibres brutes du foin constituent l’alimentation principale de la flore intestinale. Par conséquent, le cheval doit disposer de 1,5 kilogramme de foin pour 100 kilogrammes de masse corporelle par jour.
2. L’estomac du cheval produit en permanence de l’acide gastrique: Pour que la paroi de l’estomac ne soit pas endommagée par l’acide, qui est corrosif, et éviter les ulcères gastriques, l’estomac doit constamment contenir de la nourriture à décomposer. En raison du petit volume de son estomac (7 à 10 litres), le cheval doit ingérer de petites quantités de nourriture tout au long de la journée.
3. Restreindre l’apport de protéines: Les protéines sont le principal fournisseur d’acides aminés essentiels, qui sont nécessaires à la croissance musculaire et au fonctionnement des cellules de tout l’organisme. Cependant, l’apport en protéines doit être adapté à l’intensité et à la fréquence de travail du cheval.
4. Attention à l’amidon: La digestion de l’amidon chez le cheval est pré-caecale avec peu de dégradation enzymatique, ce qui signifie que l’amidon est principalement digéré dans l’intestin grêle. L’amidon non digéré qui se retrouve dans le gros intestin déséquilibre la flore intestinale.
5. Les compléments minéraux ne sont pas en option: Le cheval a besoin de macro-éléments et d’oligo-éléments pour maintenir ses diverses fonctions corporelles. Ces carences doivent être compensée par des compléments minéraux adaptés.
6. Les graisses sous forme d’huiles sont une source d’énergie importante, nécessaire pour les chevaux de sport ou les chevaux nourris sans céréales. Par conséquent, le cheval ne doit pas consommer plus de 1 à 1,5 g d’huile par kg de poids corporel et par jour.
7. Des horaires de repas fixes: Les chevaux sont des animaux dépendants de leur horloge biologique, ils ont donc besoin d’une routine. Afin d’éviter le stress avant et pendant les repas, des horaires fixes et des rations préparées rigoureusement sont recommandés.
8. Toute modification doit être progressive: Le système digestif du cheval est très sensible et facilement déséquilibré. Les changements brusques d’alimentation perturbent considérablement l’environnement dans lequel évolue la flore intestinale.
9. Un cheval a un besoin quotidien en eau potable variant entre 5 et 13 litres pour 100 kg de masse corporelle. Le besoin en eau dépend principalement de la température extérieure et de l’intensité du travail.
10. Un cheval qui transpire à cause du travail ou de températures extérieures élevées perd une quantité importante d’électrolytes dans la sueur. Ne pas mettre la pierre à lécher dans la mangeoire, la suspendre ou la placer dans un support adapté pour la garder propre.
Les 10 règles de base résumées une fois de plus:
Les micro-nutriments sont des éléments qui permettent d’optimiser le bon fonctionnement de l’organisme du cheval, d’optimiser les performances sportives, d’améliorer la tolérance à l’entraînement et à la récupération post effort physique.
La performance sportive est le produit de la génétique, de l’entraînement, de la relation du couple homme-cheval et de l’alimentation. Cependant, l’alimentation conditionne la capacité du cheval à fournir l’effort qu’on lui demande aujourd’hui.
La base de l’alimentation du cheval est le fourrage que ce soit sous forme d’herbe, de foin ou d’enrubanné. En hiver ou si les surfaces sont insuffisantes, le fourrage est généralement apporté par le foin.
Si votre cheval reçoit une alimentation à base de produits naturels, elle sera dans tous les cas nécessaire. Si votre cheval reçoit un apport d’aliment industriel, dans la plus grande majorité des cas, le fabricant a incorporé à son aliment des minéraux et des vitamines sous forme d’additifs.
Vous pouvez mettre toutes les chances de votre côté, perfectionner votre technique et votre matériel, si l’alimentation n’est pas adaptée, l’effort sera plus pénible pour votre cheval engendrant de la fatigue, des tensions, des blessures et même des défenses.
Pour atteindre des objectifs sportifs, le cavalier doit accompagner sa monture en adaptant son alimentation. Les besoins nutritionnels d’un cheval de sport croissent avec l’augmentation de l’activité physique et la qualité des micro-nutriments qui composent la ration doit être prise en considération.
Les macronutriments, tels que les protéines, les glucides et les lipides, jouent un rôle fondamental dans l’alimentation des chevaux athlètes. En plus des macronutriments, les chevaux ont besoin de divers micronutriments pour maintenir une santé optimale et soutenir leurs performances athlétiques.
En comprenant les besoins spécifiques en macronutriments et en micronutriments de chaque cheval, il est possible de formuler une alimentation équilibrée qui soutient les performances et maintient une santé optimale.
Chez les chevaux athlètes, une alimentation équilibrée et adaptée à leurs besoins contribue à maintenir une condition physique optimale. Une alimentation adéquate est essentielle pour maintenir une bonne santé générale et prévenir les maladies.
La nutrition joue un rôle crucial dans les performances et la santé des chevaux. Une alimentation équilibrée et adaptée favorise une bonne condition physique, une endurance accrue et une récupération plus rapide après l’effort. En adoptant une approche proactive et en accordant une attention particulière à la nutrition, il est possible de maximiser le potentiel des chevaux et d’optimiser leur bien-être.
1. Les fibres sont le composant essentiel de la ration et sont nécessaires au bon fonctionnement de son système digestif. Elles apportent la majorité de calories nécessaire à l’animal par le biais de la digestion microbienne dans le gros intestin.
2. Certains de ces minéraux et oligo-éléments et vitamines doivent être apportés par la ration pour subvenir aux besoins de l’animal. Le magnésium est un minéral crucial chez le cheval de sport puisqu’il participe au bon fonctionnement du système neuro-musculaire et ostéoarticulaire mais aussi au métabolisme des glucides, des lipides et des protides.
3. Suite à un effort intense, il est nécessaire de compenser la perte en eau et en électrolytes. Vous pouvez le complémenter en ajoutant des électrolytes à la ration afin de reconstituer le stock en sels minéraux. Pour soutenir la récupération, il est aussi possible de donner un mash à la fin d’une compétition.
Peu importe le type d’épreuve sportive, il est recommandé de nourrir son cheval en quantités contrôlées et de lui laisser à disposition de l’eau tout au long de l’évènement. Il est conseillé de distribuer le dernier repas plus de 3 heures avant la compétition, pour ne pas impacter négativement les performances.
Dans le cas d'efforts longs comme les épreuves d’endurance ou les concours complet, il peut être nécessaire d’apporter de l’énergie immédiatement disponible au cheval en soutient durant l’effort physique, en particulier pendant les haltes sur la course.
La part des fourrages dans la ration des chevaux de sport/course a longtemps été limitée au profit de ressources alimentaires riches en énergie (sucres/amidon) : les concentrés, c'est-à-dire les céréales et aliments du commerce. Le but était de satisfaire les besoins accrus du cheval athlète (besoins d’entretien et besoins de production liés à l’effort physique) de la manière la plus rapide possible pour optimiser ses performances.
Seulement, même en tant qu’athlète, le cheval reste un animal herbivore fait pour manger de l’herbe. Les rations trop riches en glucides fermentescibles (amidon) présentent de nombreuses limites, tant sur le plan de la santé, du bien-être, que des performances sportives du cheval. Les avancées de la recherche équine ces dernières années montrent au contraire qu’il est tout à fait envisageable de couvrir les besoins d’un cheval sportif avec des fourrages, sans pour autant nuire à ses performances. Des bénéfices sont également à attendre au niveau de sa santé et de son bien-être.
Le cheval est un herbivore monogastrique dont le système digestif est adapté à la valorisation de matières fibreuses. Il possède un estomac et un intestin grêle de petite taille, en comparaison à son gros intestin très développé. Ces caractéristiques anatomiques l’obligent, dans la nature, à brouter en petites quantités tout au long de la journée (~ 15 heures/jour). Un système d’alimentation basé sur de grosses rations de concentrés est donc contre-nature. Cela engendre des risques pour la santé et le bien-être du cheval, surtout lorsque l’apport de fourrages en complément est insuffisant (voire inexistant) et que les périodes de jeûne sont prolongées (> 6 heures).
À la question « Est-il vraiment possible de satisfaire les besoins nutritionnels élevés du cheval athlète avec des fourrages ? », la réponse est OUI. À condition, bien entendu, que les fourrages distribués soient de qualité, c’est-à-dire qu’ils aient une bonne valeur nutritive. Plusieurs travaux de recherche ont déjà été menés sur ce sujet et ont donné des résultats intéressants.
1ère étude: Jansson et Lindberg (2012) ont par exemple testé un régime 100% enrubanné récolté précocement (13 à 17,4 kg d’enrubanné/cheval/jour, fourrage riche en énergie) complémenté par un aliment minéral vitaminé (AMV) sur des chevaux de race Standardbred (Trotteur Américain). Les résultats de l’étude ont montré que ce régime n’a pas nui aux performances sportives des chevaux par rapport à une ration plus « classique » à base de concentrés riches en amidon :
Ces indicateurs traduisent de meilleures aptitudes sportives pour les chevaux nourris exclusivement avec le fourrage riche en énergie.
2ème étude: Ringmark et al. (2017) ont quant à eux testé les effets de différentes intensités d'entraînement (6 315 m ou 4 288 m par semaine) sur des poulains de 2 à 3 ans Standardbred recevant un régime à base d'enrubanné (47 à 71% de matière sèche) de bonne qualité distribué à volonté, complémenté par 250 g à 1 kg de granulés de luzerne et un complément minéral vitaminé. 15 g de sel (Nacl) étaient rajoutés aux granulés de luzerne pour subvenir aux pertes importantes par transpiration. Les résultats ont montré que, avec une telle ration, la différence d’intensité du programme d’entraînement n’a pas impacté le niveau d’ingestion, la croissance, l’état corporel et le taux de glycogène musculaire des chevaux. Aucun problème digestif ou comportement de stéréotypies n'a été observé avec cette ration. La proportion de poulains aptes à courir et se qualifiant à 2 ans a été la même, comparée à l'ensemble des trotteurs de la même génération.
3ème étude: Julliand (2018) répertorie l'ensemble des travaux réalisés sur des régimes riches en fibres pour les chevaux de course en travail intense. Ces régimes à base de foins enrubannés, de luzerne et de pulpes de betterave permettent de couvrir les besoins énergétiques de ces athlètes. La concentration en acétate plasmatique est alors supérieure et l'insulinémie est plus faible. La consommation en eau est aussi supérieure avec ces régimes à base de fourrages, comparés aux régimes riches en amidon (céréales). L'acétate, acide gras volatile issu de la dégradation microbienne des fibres dans le gros intestin est le substrat énergétique le plus utilisé, ce qui limite la mobilisation des réserves en glycogène, entraînant une moindre utilisation du glucose et par enchaînement une moindre production de lactate acidifiant le sang.
Dans toutes ces études, les chevaux nourris exclusivement avec des fourrages riches en énergie ont globalement été moins sujets à des troubles digestifs et du comportement que les chevaux des lots témoins nourris avec une large part de concentrés.
Des régimes exclusivement à base de fourrages riches en énergie permettraient donc de maintenir les performances des chevaux athlètes en respectant mieux leur physiologie digestive, donc leur santé et leur bien-être.
Nous venons de voir qu’il est tout à fait envisageable, et même recommandé, de nourrir le cheval de sport avec des fourrages. Mais comment s'y prendre pour raisonner l'apport de fourrages dans la ration ?
Connaître les besoins de son cheval: Connaître les besoin nutritionnels de son cheval, c’est le premier pas pour arriver à les satisfaire. On distingue :
Ces besoins dépendent des caractéristiques de l’animal (taille et poids, âge, sexe) et de son niveau d’activité physique. Des références sont disponibles dans les tables INRA 2012 (Martin-Rosset et al., 2012).
Faire un inventaire des ressources fourragères à disposition: Il est indispensable d’inventorier les ressources fourragères à disposition pour les valoriser de façon pertinente. Suivant les besoins des animaux, les types de fourrages (foin, enrubanné), la quantité disponible et surtout la qualité, les proportions à distribuer ne seront pas les mêmes.
À volonté, le cheval peut ingérer plus de 3% de son poids en fourrages, mais lorsque les besoins nutritionnels sont limités (adulte à l'entretien ou travail léger), un apport excessif de fourrages de qualité peut entraîner une prise de poids.
La qualité d’un fourrage correspond à ses valeurs nutritionnelles. Deux paramètres contrôlables permettent d'améliorer la qualité du fourrage :
| Type de fourrage | UFC/kg de MS | MADC (g/kg de MS) |
|---|---|---|
| Bon foin récolté précocement | > 0,50 | > 45 |
| Bon enrubanné | > 0,65 | > 55 |
| Foin correspondant aux besoins d'un cheval au travail | 0,45 à 0,65 | 40 à 50 |
Le pouvoir tampon de la luzerne est également intéressant pour limiter la baisse du pH gastrique pendant les périodes de jeûne. C'est une solution pour prévenir les risques d'apparition d'ulcères gastriques ou apporter des protéines tout en limitant l'apport d'amidon.
Étape 2 : complémenter avec des concentrés, seulement si nécessaire !: Lorsque les ressources fourragères, pour des raisons de quantité/qualité, ne suffisent pas à couvrir la totalité des besoins du cheval, les concentrés viennent complémenter la ration.
Il est fondamental de fractionner la distribution des fourrages dans la journée afin de réduire les périodes de jeûne à moins de 6 heures et d’occuper le cheval au box un maximum. Cela permettra de prévenir/limiter l’apparition de troubles digestifs et du comportement.
La distribution des fourrages doit certes être raisonnée pour ne pas gêner le cheval pendant l'effort, mais le cheval ne doit pas pour autant rester à jeun. En effet, au vu de ce qui a été dit plus haut, on comprend les risques liés à une restriction totale d'alimentation. Pagan et Harris (1999) recommandent ainsi de distribuer des fourrages en petites quantités (1 à 3 kg de foin/cheval) dans les quelques heures précédant l'épreuve.
Avantages: La plupart des avantages d’une alimentation basée sur des fourrages a déjà été présentée plus haut (meilleur respect de la physiologie de la digestion et du bien-être du cheval…). Au niveau économique, l’introduction d’une importante proportion de fourrages permet de réaliser jusqu'à 50% d'économies sur la ration.
Inconvénients: La qualité des fourrages reste cependant très variable et difficile à maîtriser (d’une parcelle à l’autre et au sein d’une même parcelle, d’une année sur l’autre…). Elle dépend de nombreux facteurs (conditions pédoclimatiques, mode de récolte, de séchage et de conservation…) qui peuvent parfois rendre un tel système d’alimentation incertain.
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