L'endométriose est une affection gynécologique chronique qui touche environ 10% des femmes en âge de procréer. Cette maladie se caractérise par la présence de tissu semblable à l'endomètre (la muqueuse utérine) en dehors de l'utérus, ce qui peut provoquer des douleurs intenses, des troubles menstruels et de l’infertilité. La plupart des femmes atteintes d'endométriose, ou “endogirls”, s’en rendent bien compte : l'alimentation a une incidence sur l'endométriose, au moins sur ses symptômes.
Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif définitif, l'alimentation joue un rôle important dans la prise en charge de cette maladie. De plus en plus de preuves s’accumulent quant à l’influence de l’alimentation : l’alimentation anti-inflammatoire, comme le régime méditerranéen, semble atténuer les symptômes, alors qu’une alimentation riche en graisses saturées et en sucres semble empirer les choses. Adopter un régime alimentaire anti-inflammatoire peut aider à soulager certains symptômes de cette maladie.
Cet article explore en détail comment une alimentation anti-inflammatoire peut aider à gérer l'endométriose, quels aliments privilégier ou éviter, et comment mettre en place ce régime au quotidien.
L'alimentation anti-inflammatoire est une approche diététique visant à limiter l'inflammation dans le corps. En ce qui concerne l’endométriose, on parle souvent « d’alimentation anti inflammatoire ». Elle consiste à augmenter la consommation d’aliments ayant un impact positif sur l’inflammation de bas grade et de réduire les aliments qui peuvent accentuer l’inflammation dans l’organisme afin de réduire certains symptômes : douleurs, fatigue, inconforts digestifs… Ce régime peut aussi être utilisé dans le cadre d’autres maladies chroniques comme l'arthrite, le diabète de type 2, ou encore les maladies cardiovasculaires.
Derrière ce terme, c’est de l’alimentation de type méditerranéenne dont il s’agit d’après les études dont nous disposons. En théorie, cette alimentation anti inflammatoire ou méditerranéenne consiste à augmenter la consommation d’aliments ayant un impact positif sur l’inflammation de bas grade et de réduire les aliments qui peuvent accentuer l’inflammation dans l’organisme afin de réduire certains symptômes : douleurs, fatigue, inconforts digestifs… En pratique, ce n’est pas aussi simple.
L'inflammation joue un rôle central dans la pathogenèse de l'endométriose. Les lésions d’endométriose sont dites oestrogéno-dépendantes : elles réagissent aux oestrogènes du corps et saignent durant les règles, d’où les principales approches thérapeutiques actuelles : suppression des règles via une pilule prise en continu, ou prise d’un médicament progestatif en continu, ou ménopause artificielle… la chirurgie demeurant l’unique traitement qui permet l’ablation des lésions existantes. Il est donc logique que la diminution de l'inflammation soit une approche thérapeutique prometteuse pour les personnes atteintes de cette maladie.
Pour adopter une alimentation anti-inflammatoire, il est essentiel de se concentrer sur les aliments qui aident à réduire l'inflammation et à soutenir l'équilibre hormonal.
Les oméga-3 sont des acides gras essentiels qui jouent un rôle important dans la modulation de l'inflammation. En plus des poissons gras, on retrouve les oméga-3 dans les huiles végétales, et notamment dans les huiles de colza, noix, lin, chanvre, chia, cameline. On conseille de prendre l’huile de colza non raffinée. Pour les autres huiles, choisissez-les de première pression à froid et toujours de préférence bio.
Ils peuvent être trouvés principalement dans les poissons gras comme le saumon, le maquereau, les sardines, le hareng et les anchois, ainsi que dans les noix et les graines telles que les graines de lin et de chia.
Les antioxydants sont des molécules qui neutralisent les radicaux libres, des composés chimiques instables qui peuvent causer des dommages cellulaires et contribuer à l'inflammation. Les aliments riches en antioxydants comprennent les fruits et légumes colorés, les baies, les noix, les grains entiers, le thé vert et le cacao.
Les fibres alimentaires sont des composés indigestes présents dans les aliments d'origine végétale. Les fibres aident à éliminer les déchets et les toxines de l'organisme, ce qui peut aider à diminuer l'inflammation. Les sources de fibres comprennent les légumes, les fruits, les légumineuses, les noix, les graines et les grains entiers. Consommez régulièrement des légumes secs.
Comme évoqué à la fin du chapitre 3, le soja est conseillé dans le cadre d’une alimentation anti-inflammatoire en cas d’endométriose, sauf s’il y a une intolérance constatée. Ils ont un effet protecteur et vont aider le foie à mieux dégrader les oestrogènes.
Voici un tableau récapitulatif des aliments à privilégier:
| Catégorie d'aliments | Exemples | Bénéfices |
|---|---|---|
| Poissons gras | Saumon, maquereau, sardines, hareng | Riches en oméga-3, réduisent l'inflammation |
| Fruits et légumes colorés | Baies, épinards, carottes, brocolis | Riches en antioxydants, neutralisent les radicaux libres |
| Graines et noix | Graines de lin, graines de chia, noix | Riches en oméga-3 et en fibres |
| Céréales complètes | Quinoa, avoine, riz brun | Riches en fibres, améliorent la digestion |
| Huiles saines | Huile d'olive, huile de lin | Riches en oméga-3 et en antioxydants |
Lorsqu'on souffre d'endométriose, il est tout aussi important de connaître les aliments à éviter, car ils peuvent aggraver l'inflammation et les symptômes.
Les produits laitiers contiennent des hormones qui peuvent aggraver l’inflammation et déclencher les symptômes de l’endométriose. Il est donc conseillé d'éviter les produits laitiers (pas seulement ceux issus de la vache mais tous les produits laitiers d’origine animale).
Au vu des caractéristiques très spécifiques de cette maladie, les chercheurs suggèrent que la viande rouge entraîne un sur-risque par sa teneur en hormones stéroïdes, et notamment en oestrogènes. Les pesticides à effet oestogénique présents dans certaines viandes pourraient également être responsables de cet effet négatif.
Le gluten (seigle, avoine, blé, orge) crée une hyperperméabilité intestinale entraînant de l'inflammation. Limiter le gluten de son alimentation, voire les bannir contribuerait à un meilleur confort digestif et soulagerait les douleurs abdominales liées à l'endométriose.
Les sucreries, "surtout le sucre raffiné. L’alcool, lui, altère la fonction ovarienne et réduit la fertilité. Les sucres ajoutés peuvent empêcher l’absorption des éléments nutritifs essentiels.
Pour calmer vos fringales, vous pouvez manger quelques carrés de chocolat noir et des fruits secs.
Changer son alimentation est un véritable challenge car la nourriture tient une grande place dans nos vies. Elle est au centre de nos fonctionnements sociaux. La mise en place de l’alimentation anti-inflammatoire nécessite de changer ses habitudes et de trouver un véritable équilibre au quotidien.
Voici quelques conseils pour vous aider à adopter cette alimentation de manière durable :
Quand on interroge les femmes qui ont mis cette alimentation en place, elles indiquent que ce sont effectivement les effets qu’elles ont ressenti. Sonia partage que depuis qu’elle mange anti-inflammatoire, elle ressent « beaucoup moins de douleurs digestives et surtout un corps qui est bien plus fort ». De son côté, Aurélie indique qu’elle a « moins de ballonnements, moins de diarrhée, de constipation, moins de ventre tendu ».
En effet, si les bienfaits sur leur qualité de vie sont incontestables pour un grand nombre de femmes, la mise en place et la poursuite sur la durée de cette alimentation peut être particulièrement difficile. Mais la mise en place est loin d’être facile car « parfois des aliments pas sains passent mieux que des aliments sains » partage Sonia. En effet, en tête des difficultés les plus partagées par les femmes atteintes d’endométriose qui mangent anti-inflammatoire, on retrouve les repas partagés et les moments de convivialité. Ils sont devenus un casse-tête pour beaucoup.
C’est ce dont témoigne Agathe qui est déçue « de ne plus pouvoir autant prendre l’apéro » ou Clara qui trouve difficile « l’omniprésence de la malbouffe dans les moments partagés. »
En effet, si l’alimentation pour l’endométriose reprend les grandes fondations de l’alimentation santé, certains courants bien-être sur les réseaux sociaux l’ont poussée à l’extrême. L’anxiété alimentaire désigne le moment où l’alimentation (la nourriture, les repas, les habitudes alimentaires) devient une préoccupation dite excessive, chronique, qui a des répercussions directes sur notre vie et notre santé. L’alimentation tourne finalement à l’obsession.
Pour certaines femmes, cela va se transformer en orthorexie (comportement névrotique caractérisé par l’obsession de l’alimentation saine). Alors on respire un grand coup et on arrête de se mettre la pression. Manger sainement oui, mais pas à tout prix. « Même si on ne peut pas tout faire, car c’est impossible, je dirais que le minimum c’est de prendre le temps, même si c’est seulement 15 minutes. Pendant ces 15 minutes là, il faudra surtout veiller à la mastication, car ça va aider à la digestion.
Certains compléments peuvent être intéressants, pour corriger des carences ou pour soutenir l’organisme. Cependant, il s’agit dans un premier temps d’améliorer l’alimentation. Certaines patientes atteintes d’endométriose consultent des micro-nutrionnistes qui peuvent leur prescrire des probiotiques qui auront un effet sur l’inflammation des intestins.
N’oubliez pas : chaque cas est unique et nécessite une prise en charge individualisée, même en ce qui concerne les médecines douces.
Voici quelques idées de recettes pour vous aider à démarrer:
Conçu par Perrine, notre diététicienne-nutritionniste, notre ebook de recettes a été spécialement conçu pour les femmes touchées par l'endométriose. Aujourd’hui, de nombreux conseils d’hygiène de vie existent et permettent aux femmes concernées par l’endométriose de calmer l’inflammation et soulager les désordres associés. ✅Miser sur les aliments anti-inflammatoires : privilégier les fruits et légumes bios et colorés, les légumineuses, les herbes aromatiques et les épices (curcuma, cumin).
L'alimentation anti-inflammatoire peut être un outil précieux pour gérer les symptômes de l'endométriose. En privilégiant les aliments anti-inflammatoires et en évitant ceux qui favorisent l'inflammation, il est possible d'améliorer votre qualité de vie et de mieux vivre avec cette maladie chronique. N'oubliez pas de consulter un professionnel de santé pour une prise en charge individualisée.
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