Les sulfites sont des composés chimiques dérivés du soufre, présents dans de nombreux aliments et médicaments. Souvent mal tolérés, ils peuvent occasionner divers symptômes chez les personnes sensibles. Cet article vous offre un aperçu détaillé des sulfites, de leur présence dans l'alimentation à la gestion de l'intolérance.
Les sulfites sont des composés chimiques provenant du soufre. Ils sont présents naturellement dans certains aliments, mais sont le plus souvent ajoutés par l'industrie agro-alimentaire pour leur rôle antioxydant et conservateur. Les conservateurs sont des additifs alimentaires permettant de prolonger la durée de conservation des aliments.
Ils sont aussi utilisés comme conservateurs alimentaires pour leurs propriétés anti-oxydantes, et dans certains médicaments pour leurs propriétés antiseptiques. Des sulfites sont ajoutés à des aliments pour prévenir le brunissement ou la décoloration. Ce sont des agents de conservation et des agents antimicrobiens.
La famille des sulfites est composée de nombreuses molécules, parmi lesquelles le sulfite de sodium, l’anhydride sulfureux ou encore le dioxyde de soufre. Les sulfites regroupent plusieurs composés chimiques : dioxyde de soufre (E220), sulfite de sodium (E221), bisulfite de sodium (E222), métabisulfite de sodium (E223), métabisulfite de potassium (E224), sulfite de calcium (E226) et bisulfite de calcium (E227).
Utilisées comme antioxydants, conservateurs ou antiseptiques, ces substances à base de soufre incluent des composés comme l’anhydride sulfureux, le bisulfite de sodium ou le sulfite de calcium.
On trouve des sulfites dans de nombreux aliments comme les poissons, crustacés, fruits secs, moutarde. Ils sont aussi largement présents dans les boissons alcoolisées, en particulier les vins blancs et champagne, ainsi que les bières et alcools forts. Les aliments les plus concentrés en sulfites incluent les fruits secs (abricots, raisins, figues), les vins et boissons fermentées, les pommes de terre transformées (frites industrielles, purée en flocons), les crevettes et fruits de mer surgelés, les jus de fruits industriels, et les préparations à base de pâte (pizzas, quiches industrielles).
Les sulfites sont utilisés au cours de nombreuses étapes de fabrication du précieux nectar, des vignes jusqu’à la mise en bouteille. On peut en mettre à la vendange pour prévenir un début de fermentation et pour éviter l’oxydation lors du transport des raisins vers le chai. Au foulage, il est aussi possible d’ajouter des sulfites pour empêcher une infection du moût ou une fermentation inopinée. Lors de la fermentation, les sulfites ajoutés mettent fin à la fermentation ou évitent une seconde fermentation. Au soutirage, l’ajout de sulfites prévient l’oxydation du vin lors d’un changement de contenant.
Les fabricants de cosmétiques intègrent également des sulfites dans leurs produits, en particulier dans les shampoings et plus encore dans les colorations pour cheveux. Même dans des médicaments courants tels que des antibiotiques et des antifongiques, par exemple des crèmes pour traiter les champignons entre les orteils.
Il est possible de ne pas ajouter de soufre dans tous les cas cités précédemment comme pour les vins avec la mention « sans sulfite ajouté », mais il restera toujours des sulfites. La fermentation du raisin, obligatoire pour la transformation du jus en vin, crée naturellement des sulfites et ces sulfites sont indissociables du vin.
Les sulfites doivent être obligatoirement mentionnés dans la liste des ingrédients figurant sur les étiquettes apposées sur les aliments. L’étiquetage de la mention « contient des sulfites » est obligatoire sur les produits dès lors que la concentration est supérieure à 10 mg/l ou 10 mg/kg. En Europe, leur mention devient obligatoire dès 10 mg/kg dans les aliments ou 10 mg/l dans les boissons.
Attention, les sulfites ne sont pas forcément mentionnés en tant que tels sur les emballages d'aliments. On les retrouve ainsi sous différentes appellations : E220, E221, E222, E223, E224, E225, E226, E227, E228. Ou sulfite acide de sodium. Ou disulfite de sodium. Ou sulfite acide de calcium.
Comme le précise le Dr Cottet, on parle d'intolérance aux sulfites et non pas d'allergie : "Il s'agit bien d'une réaction irritative, et à ce jour, aucune étude n'a prouvé de mécanisme IgE dépendant ou trouvé d'IgE spécifiques aux sulfites, ce qui est le cas pour les allergies.
On parle bien d'intolérance aux sulfites et non pas d'allergie aux sulfites. Et plus la quantité ingérée est élevée, plus la réaction est forte. L'intolérance, contrairement à l'allergie, n’a pas d’impact sur le système immunitaire. Sur le plan immunologique, il ne s’agit pas d’une réaction allergique à proprement parler. Aucun anticorps ni lymphocyte T n’est mobilisé. Ce sont les cellules de l’immunité innée qui réagissent aux sulfites, déclenchant une inflammation.
Il est important de comprendre que l'hypersensibilité aux sulfites ne suit pas toujours les mécanismes classiques de l'allergie IgE-médiée, mais peut également impliquer des mécanismes non immunologiques, expliquant la variabilité des symptômes et des tests allergologiques. Cette particularité rend parfois le diagnostic complexe et nécessite une approche spécialisée.
Les manifestations provoquées par une intolérance aux sulfites sont rarement sévères et apparaissent la plupart du temps peu de temps après la prise de l'aliment en cause. Les symptômes apparaissent généralement dans la demi-heure qui suit l'ingestion d'aliments ou boissons contenant des sulfites.
Chez les personnes sensibles, la réaction peut être immédiate. Une demi-heure après ingestion, certains développent une rhinorrhée, des éternuements, des démangeaisons, voire de l’urticaire ou des douleurs abdominales.
Les symptômes de l'allergie aux sulfites se manifestent généralement dans les minutes à quelques heures suivant l'ingestion, avec une prédominance marquée des manifestations respiratoires.
Dans les cas les plus graves, l'allergie peut provoquer un choc anaphylactique : une chute brutale de tension pouvant entraîner une perte de conscience, des troubles du rythme cardiaque, et même un arrêt cardiaque.
Il suffit parfois d’un seul de ces symptômes pour poser le diagnostic.
Les réactions cutanées aux sulfites se produisent principalement sur les zones de contact : les lèvres en cas d’ingestion d’un aliment, le visage en cas de coulure de produit capillaire ou les mains qui ont touché un produit en contenant.
Les personnes porteuses d'un syndrome de Fernand-Widal (polypose nasale + asthme + intolérance à l'aspirine) sont plus sensibles à l'effet irritant des sulfites. "Les études estiment que 5 à 20% des patients souffrant de ce syndrome seraient intolérants aux sulfites" précise le Dr Cottet.
La sensibilité aux sulfites se voit chez les personnes asthmatiques (~70 % des cas) et les personnes non asthmatiques (~30 % des cas). Les experts de l’EFSA ont récemment actualisé leur évaluation sur le dioxyde de soufre et les sulfites.
L'allergie aux sulfites touche 0,2 à 0,5% des enfants français, mais concerne jusqu'à 5% des enfants asthmatiques. Cette hypersensibilité aux additifs alimentaires conservateurs peut provoquer des réactions principalement respiratoires, parfois sévères, particulièrement chez les enfants prédisposés à l'asthme.
L'hypersensibilité aux sulfites présente une association particulière avec l'asthme : les enfants asthmatiques ont un risque significativement plus élevé de développer cette sensibilité, et inversement, les réactions aux sulfites se manifestent souvent par des symptômes respiratoires. Cette corrélation explique pourquoi cette allergie nécessite une surveillance particulière chez les enfants présentant déjà des troubles respiratoires.
Oui, les enfants asthmatiques présentent un risque 10 fois plus élevé de développer une hypersensibilité aux sulfites. Cette sensibilité peut aggraver l'asthme et déclencher des crises sévères.
L'allergie aux sulfites présente un profil d'apparition différent des allergies alimentaires classiques de l'enfance, se manifestant généralement plus tardivement, souvent vers l'âge de 6 à 12 ans. Cette apparition relativement tardive s'explique par l'exposition progressive aux aliments transformés industriels riches en sulfites lors de la diversification alimentaire et de l'acquisition de l'autonomie alimentaire. L'hypersensibilité peut également se révéler à l'adolescence, période où la consommation d'aliments transformés et de boissons augmente significativement.
Concernant l'évolution, l'hypersensibilité aux sulfites tend à persister dans la majorité des cas, particulièrement chez les enfants asthmatiques où elle peut même s'aggraver avec le temps. Contrairement aux allergies alimentaires classiques de l'enfance qui guérissent souvent spontanément, l'hypersensibilité aux sulfites présente rarement une évolution favorable vers la tolérance. Cette persistance nécessite donc une vigilance alimentaire à long terme et une adaptation du mode de vie pour éviter les sources de sulfites.
"Aucun test cutané ni biologique n'est validé scientifiquement, insiste l'allergologue. Le diagnostic doit être posé par un allergologue compétent qui procède à un interrogatoire minutieux des repas/symptômes/doses de sulfite ingérées."
Aucun test cutané ou biologique ne permet de détecter une intolérance aux sulfites, étant donné qu'il s'agit d'un mécanisme d'inflammation allergique.
Le diagnostic de l'allergie aux sulfites présente des défis particuliers en raison des mécanismes physiopathologiques complexes impliqués, qui ne relèvent pas toujours de l'allergie IgE-médiée classique. L'allergologue pédiatrique procède d'abord à un interrogatoire détaillé analysant les circonstances de survenue des symptômes, leur relation temporelle avec la consommation d'aliments riches en sulfites, et l'identification précise des produits suspects. Un carnet alimentaire détaillé s'avère particulièrement utile pour établir des corrélations entre l'ingestion de sulfites et l'apparition des réactions.
Les tests allergologiques classiques (prick-tests et dosages d'IgE spécifiques) sont souvent décevants dans l'hypersensibilité aux sulfites car ils peuvent être négatifs même chez des enfants présentant des réactions cliniques évidentes. Cette limitation diagnostique s'explique par les mécanismes non immunologiques fréquemment impliqués dans cette hypersensibilité. L'allergologue peut néanmoins les réaliser pour éliminer d'autres allergies alimentaires et évaluer le terrain allergique général de l'enfant.
En cas de doute diagnostic ou si l'on veut déterminer la dose seuil à ne pas dépasser chez un patient, on peut proposer une hospitalisation de courte durée dans une unité spécialisée en allergologie pour réaliser un test de provocation orale : des doses progressives de sulfites sont administrées par voie orale.
Le test de référence pour confirmer l'hypersensibilité aux sulfites reste le test de provocation orale en milieu hospitalier sécurisé, particulièrement recommandé chez les enfants asthmatiques en raison du risque de bronchospasme sévère. Cette procédure consiste à administrer des doses croissantes de sulfites sous forme de solutions ou de gélules, sous surveillance médicale continue avec monitoring respiratoire. L'évaluation de la fonction respiratoire avant, pendant et après le test permet de détecter même des réactions modérées.
Mais malheureusement, il n'existe pas de traitement de fond pour limiter l'intolérance aux sulfites. La seule solution consiste à éviter les vins et tout autres produits contenant des sulfites en grande quantité.
Une lecture attentive des excipients des médicaments, ainsi que la liste des ingrédients sur les étiquettes alimentaires, est nécessaire chez le patient intolérant. La liste des aliments et des médicaments contenant des sulfites étant très importante.
La principale mesure pour protéger un enfant allergique est d’éviter tous les aliments contenant l'allergène. Cela concerne non seulement l'allergène lui-même, mais aussi les produits qui en contiennent.
Si l’enfant est allaité, il est parfois recommandé que la mère suive un régime d'éviction également. Lorsqu’un enfant souffre d’une allergie alimentaire, il est essentiel d’en informer la crèche, l’école, ou toute autre structure d’accueil. Un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) peut être mis en place pour encadrer la gestion de l’allergie. Ce document précise les consignes à suivre en cas de contact ou d’ingestion accidentelle, et peut inclure la prescription d’un traitement d’urgence si nécessaire.
Pensez à lui créer une trousse PAI personnalisée pour faciliter l'identification de ses médicaments.
Privilégiez les aliments frais non transformés, les fruits et légumes de saison, les viandes et poissons frais, et les produits biologiques qui utilisent moins d'additifs. Pour les fruits secs, choisissez des versions non soufrées (souvent plus foncées). Les sulfites naturels (présents en faibles quantités dans certains fruits et légumes) sont généralement mieux tolérés que les sulfites ajoutés industriellement. Cependant, les enfants très sensibles peuvent réagir même aux sulfites naturels.
On ne peut pas réduire le montant de sulfites ou les éliminer en lavant ou en cuisant les aliments; ils sont par ailleurs naturellement présents dans de nombreux aliments.
La réintroduction des sulfites chez un enfant hypersensible constitue une démarche délicate et controversée qui ne peut être envisagée que dans des circonstances très particulières et sous supervision médicale stricte. Contrairement à d'autres allergènes alimentaires pour lesquels des protocoles de réintroduction ont été développés avec succès, l'hypersensibilité aux sulfites présente des spécificités qui rendent cette approche généralement déconseillée, particulièrement chez les enfants asthmatiques.
Les raisons de cette prudence reposent sur plusieurs éléments médicaux : la persistance habituelle de l'hypersensibilité aux sulfites dans le temps, le risque de déclenchement de crises d'asthme sévères, l'imprévisibilité des réactions selon les doses et les circonstances d'exposition, et l'absence de bénéfice nutritionnel à consommer des sulfites puisqu'il s'agit d'additifs alimentaires non essentiels. De plus, les mécanismes non immunologiques souvent impliqués dans cette hypersensibilité rendent moins prévisibles les résultats d'une éventuelle désensibilisation.
Dans de très rares cas, lorsque l'hypersensibilité semble s'être améliorée et que l'éviction stricte pose des difficultés sociales majeures, l'allergologue peut envisager des tests de tolérance progressifs en milieu hospitalier. Cette démarche reste exceptionnelle et nécessite une évaluation soigneuse du rapport bénéfice-risque, une fonction respiratoire stable, et un asthme parfaitement contrôlé.
| Aliments à Risque | Alternatives |
|---|---|
| Fruits secs (abricots, raisins, figues) | Fruits frais non traités |
| Vins et boissons fermentées | Boissons sans alcool issues de raisins non fermentés |
| Pommes de terre transformées (frites industrielles, purée en flocons) | Pommes de terre fraîches préparées à la maison |
| Crevettes et fruits de mer surgelés | Fruits de mer frais |
| Jus de fruits industriels | Jus de fruits frais pressés à la maison |
| Préparations à base de pâte (pizzas, quiches industrielles) | Préparations faites maison avec des ingrédients frais |
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