L'histoire de l'usine de sirops Monin : De Bourges au leader mondial

C’est à Bourges, au cœur du Berry, que sont nés les sirops Monin, dont les saveurs ravissent les papilles des petits et des grands depuis des années. Envie de fantaisie ? Nés dans le Val de Loire, les fameux sirops Monin sont aujourd’hui connus et vendus dans le monde entier !

Les débuts de Georges Monin à Bourges

Eh oui ! C’est bien à Bourges que Georges Monin commence en 1912 la vente de vins et de spiritueux, puis de liqueurs et de sirops dans toute la région de Bourges, avec pour slogan « La passion de la qualité ». Un cheval, une carriole et l’intuition d’un homme. C’est ainsi qu’en 1912, Georges Monin lance à Bourges une aventure qui, un siècle plus tard, est devenue une référence mondiale dans le sirop, rayonnant dans 165 pays.

« Mon grand-père a commencé en 1912 avec un cheval, une carriole, et il achetait du vin en vrac », raconte Olivier Monin, actuel président de l’entreprise familiale. Georges Monin, simple commerçant de vin en vrac, prend six ans plus tard un pari risqué : se lancer dans la fabrication de spiritueux de qualité. Cette intuition ne doit rien au hasard. Il pressent le besoin croissant de produits d’excellence après la Première Guerre mondiale. Il installe son usine sur la place des Marronniers, à Bourges.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise berrichonne révèle une autre facette. Bourges, en zone occupée, se trouve non loin de la ligne de démarcation. Georges Monin utilise ses fûts pour transporter les clandestins qui souhaitent passer en zone libre, témoignant, selon son petit-fils Olivier, de l’« esprit résistant et de la débrouillardise qui coulent dans les veines de la famille Monin ».

L'expansion et l'innovation

La recette de son succès ? Un mariage réussi entre valeurs familiales et innovation. Une belle offre de produits complémentaires qui permet de répondre aux exigences et goûts des professionnels de la restauration, mais le produit phare reste la gamme de sirops. Et vous avez l’embarras du choix ! Laissez-vous tenter par les incontournables sirops au goût de cassis, menthe, grenadine, citron ou encore mangue.

Le tournant international sous Olivier Monin

Lorsqu’Olivier Monin reprend les rênes de l’entreprise en 1986, la situation est critique : trois années de pertes consécutives, des banquiers pressants, un marché français saturé. À 27 ans, armé d’un bagage en finance et d’un esprit frondeur, Olivier Monin prend une décision radicale. Il ne sauvera pas l’entreprise familiale en jouant la prudence. Il parie sur l’international et sur le potentiel encore inexploité du sirop à l’étranger. L’audace est totale.

Les premiers salons à l’étranger, aux États-Unis en particulier, sont des échecs cuisants. « Les Américains crachaient le sirop, ils n’étaient pas habitués au goût », se souvient-il avec amusement. Mais un déclic survient avec l’essor des coffee shops et des cafés aromatisés. Grâce à un distributeur en Floride, Monin réussit à s’imposer sur le marché américain. Deux ans plus tard, la première usine internationale ouvre ses portes. Nous sommes en 1996. La barre est redressée.


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Adaptation aux marchés locaux

Liqueurs, sauces, smoothies…Les succès internationaux ne se font pas par hasard. Pour chaque marché, l’entreprise s’adapte aux goûts locaux. En Asie, la marque lance un sirop à la fleur de cerisier pour séduire le Japon. En Chine, c’est le sirop de datte rouge qui conquiert les consommateurs. Monin ne vend pas un produit universel, mais des saveurs sur mesure inspirées par les cultures locales. Parmi ses initiatives internationales, Monin a développé des plantations de yuzu en Corée, avec la volonté de maîtriser ses approvisionnements en matières premières.

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L'humain au cœur de l'entreprise

Mais les entreprises ne se résument pas à des chiffres. Olivier Monin le sait mieux que quiconque. « Je connais encore les prénoms de tous les salariés. La porte de mon bureau est toujours ouverte », confie-t-il. Cet attachement au facteur humain fait partie du « Monin Way ». Les anecdotes abondent. Il évoque avec fierté l’histoire de son directeur commercial en Chine, recruté dans un bar à Hong Kong il y a vingt ans, ou encore celle d’une stagiaire devenue responsable des ventes en ligne.

À 60 ans, Olivier Monin ne court pas les salons : il préfère galoper d’usine en usine. Passionné de voile et de chevaux, il se ressource dans des défis personnels. Mais une chose reste immuable : son instinct entrepreneurial. « Comme avec mon cheval, il faut une symbiose parfaite pour avancer. »

Innovation continue et diversification

Depuis quelques années, il a développé des « studios Monin », laboratoires de créativité où mixologues, barmen et chefs collaborent pour créer de nouvelles recettes. En plus des sirops, l’entreprise a également lancé des produits complémentaires comme des purées de fruits, des liqueurs, des sauces et des smoothies. Mais l’innovation ne se limite pas aux seules recettes.

En 2017, Monin déménage son site de production historique du centre de Bourges à la périphérie, construisant une usine ultramoderne, véritable cœur battant de l’entreprise, capable de produire 25 millions de bouteilles par an et répondant ainsi aux besoins d’un marché mondial en pleine effervescence. Un siècle après ses débuts modestes, l’entreprise poursuit son voyage, des ruelles de Bourges aux plantations de yuzu en Corée.

Monin aujourd'hui : Leader mondial des sirops

Aujourd’hui, la palette de saveurs qu’offrent les sirop Monin est pléthorique. On retrouve ses bouteilles dans de nombreux bars, cafés et restaurants dans le monde où ce sirop est devenu la composante indispensable d’un bon cocktail. Prolongez votre expérience au cœur de Bourges, à la Villa Monin, le nouveau rendez-vous des gourmands et des gourmets.

Monin est une de ces entreprises familiales à la capacité d'adaptation prodigieuse. Les générations se sont succédé à la tête du leader des sirops, sans jamais perdre l'air du temps. Cette année doit être particulière pour ces Français puisque l'entreprise célèbre son centenaire d'existence.

Bien loin de la première charrette, "Monin" évoque en 2012 le leader mondial des sirops pour professionnels du bar et de la restauration. L'exigence de qualité a été portée par pas moins de trois générations: Georges, son fils Paul et aujourd'hui son petit-fils Olivier. Personnage charismatique, ce dernier a même été élu "entrepreneur de l'année en Ile de France" en 2011 après avoir relevé l'entreprise de la faillite.

« Mieux que bien… c'est du Georges Monin ! » Dans l'entrée du nouveau siège de Monin, à Bourges, la réclame vintage - un trinquant - trône face à l'écran mural où défilent « bartenders », « baristi » et pâtissiers en plein travail d'artiste. Chaque jour, plus de 8 millions de « drinks » sont realisés à partir de produits du leader mondial du sirop haut de gamme pour professionnels, présent dans 150 pays.

Il y a deux ans, le déménagement du centre historique vers ce site bien placé, à l'entrée de l'A71, a permis de doubler la surface de stockage et la capacité de production de l'usine à 50 millions de bouteilles par an, grâce à un investissement de 25 millions d'euros.

Avec sa siroperie pilotée par ordinateur, la palettisation automatisée et la réduction de près d'un tiers des rejets d'eau, l'outil modernisé convient à la complexité de sa vocation d'« épicier international ».

Qu'il s'agisse des sirops gros « tourneurs » européens (caramel, vanille, menthe, passion…) ou des petites commandes (du basilic pour le Proche-Orient), chacun aura le bon format et la bonne étiquette, et dans le respect des réglementations locales.

Un cocktail rare en France

Fidèle à son Berry natal, Monin est l'exemple type de l'entreprise de taille intermédiaire (ETI), un cocktail trop rare en France. Familiale, industrielle, exportatrice, multi-locale (américaine en Amérique, chinoise en Chine…), elle autofinance sa croissance rentable, à deux chiffres, depuis plus de quinze ans. En trente ans, le chiffre d'affaires a été multiplié par 30 pour atteindre 250 millions d'euros l'année dernière. Il devrait se rapprocher de 300 millions cette année.

Le marché total des sirops aromatisés, de l'ordre de 45 milliards de dollars, croit pourtant beaucoup moins vite (+4 % par an), selon MarketsandMarkets.

La qualité comme différenciateur

Le positionnement premium - qualité des sucres, fruits et ingrédients - fait la différence. Une vraie passion, depuis trois générations, a permis de résister aux sirènes des marques de distributeurs, y compris de Starbucks. Car loin de se contenter de vendre des sirops, Monin construit une marque forte sur le « gourmet market ».

Son fils Paul ensuite, aux commandes dès ses vingt-deux ans en 1945, tout aussi obsédé par la qualité, ratisse les contrées productrices de fruits pour trouver les fournisseurs, les racines du « sourcing » maison.

En 1986, âgé de vingt-huit ans, le petit-fils, Olivier Monin, quitte son job dans la banque à Chicago pour venir à la rescousse. Autrement, son père aurait cédé l'affaire dont les ventes ne pesaient alors que 7,5 millions. Il renonce à la fabrication de liqueurs, serre drastiquement les coûts, fait tout pour trouver de la charge pour l'usine.

De cette époque sous tension, il reste la discipline des capitaux investis et des points morts. Il a fallu ensuite plusieurs années d'efforts obstinés pour prospérer à l'international.

« Le développement s'est fait de manière pragmatique, explique Olivier Monin. Nous avons beaucoup appris de nos clients américains et nous avons aussi beaucoup travaillé avec des barmans et 'baristi' dans tous les pays européens. » La France ne représente plus que 20 % du chiffre d'affaires du groupe, contre 90 % dans le courant des année 1990.

Monin a fait grandir sa « niche » premium bien au-delà du sirop à l'eau à la française, vers tous les types de boisson (vin, cocktail, café, lait).

Le cercle vertueux de la qualité

Le cercle vertueux de la qualité cher aux économistes a pu s'enclencher. Les qualités gustatives évitent de forcer sur la quantité. Les clients acceptent donc d'y mettre le prix. Le fabricant en tire des marges suffisantes pour investir sans relâche dans l'innovation et des outils de production, dans le temps long du statut familial.

Pour rester au top dans ce modèle d'affaires, il faut se situer à la pointe de l'innovation. Les traditions culinaires, les fruits, fleurs et plantes utilisés varient selon les contrées, d'où les liens étroits tissés avec 143 importateurs et la R&D déconcentrée. Les « nez » de la maison jonglent avec les odeurs, les goûts et les couleurs en mixant de nombreux ingrédients dans les sirops, un travail pointu avec les aromaticiens.

Ils ont concocté à ce jour quelque 150 parfums, pour les fous de fruits (fève de tonka, noix de macadamia…), les dingues de desserts (barbe à papa, pop-corn, spéculoos…) ou de cocktails sans alcool (saveurs spritz, rhum, pinacolada…).

Entre formation aux recettes (il y en a plus d'un millier sur le site Web) et concours de jeunes talents, l'industriel s'active pour rendre service aux pros qui lui ont mis le pied à l'étrier, jetant aussi des ponts vers l'univers culinaire. Des dizaines de « Studios Monin » - des showrooms -, en plus de celui du siège, accueillent des ateliers et les « Monin Days ». Une gamme de « Solutions Monin » complète les sirops (concentrés de citron, préparations à base de fruits ou légumes, sauces desserts, frappés et smoothies, crèmes et liqueurs). Le « mix fruit » est sous-traité mais en partenariat étroit, pour la qualité.

Cette culture d'écoute et de proximité a conduit au démarrage de sites de production hors d'Europe, la Floride dès 1996, la Malaisie treize ans plus tard, puis la Chine, près de Shanghai, il y a deux ans. Une deuxième unité aux Etats-Unis, dans le Nevada, devrait démarrer fin 2019, pour servir 11 Etats de l'Ouest américain, 100 % solaire et avec zéro rejet.

Les chiffres clés de Monin

Voici un aperçu des chiffres clés de Monin en 2017 :

IndicateurValeur
Effectifs650 personnes
Chiffre d'affaires250 millions d'euros
Part du chiffre d'affaires à l'international80 %
Marge netteSupérieure à 10 %
Usines5 sites sur 3 continents

La compétition reste vive en France où Britvic (Teisseire, Moulin de Valdonne), Routin (Fruiss et licence d'Oasis) ou Giffard se disputent les faveurs du grand public. En Chine, de nouveaux fabricants font leur apparition. Pour servir les clients pros dans le monde, Kerry (DaVinci) et R.Torre & Company (Torani) rivalisent avec Monin.

Le bio n'avait pas percé dans les bars mais le désir de transparence, de naturel et de réduction des sucres progresse. Certains barmans branchés pressent le fruit eux-mêmes. Le « clean label » se développe outre-Atlantique (pour pouvoir se passer d'additifs artificiels), un sujet qui devient sensible aussi en Europe. La démarche RSE (responsabilité sociale et environnementale) de la maison lui fait économiser l'eau, développer le solaire et protéger des plantes via une fondation en Europe.

Il faudra continuer à se remettre en question pour rester au sommet.

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