Bien nourrir son cheval est avant tout une question d'équilibre qui doit permettre de répondre à ses besoins physiologiques. Comme tous les animaux, le cheval a besoin d’une alimentation diversifiée, équilibrée, adaptée à son activité, à son âge et à sa taille. La ration journalière doit couvrir les besoins nécessaires à l’entretien et au travail.
Le cheval est un herbivore strict, qui passe entre 14 et 18h par jour à s’alimenter. Avoir un accès ad libitum au fourrage ou à l’herbe est un point essentiel tant pour leur bien être mental que pour leur santé digestive.
Bien nourrir son cheval c’est avant tout lui apporter une alimentation de qualité. Le fourrage étant sa principale source d’alimentation et ce qui lui permet de produire de l’énergie, il est fondamental de choisir un foin non poussiéreux et sans moisissure.
La base de la ration doit être constituée d’aliments grossiers riches en cellulose et pauvres en énergie directement assimilable (herbe, foin, paille). Le cheval est ainsi obligé de mâcher longtemps et de bien imprégner le bol alimentaire avec la salive.
Il faut laisser à votre cheval le temps de manger, de bien mâcher.
Par ailleurs, indépendamment de toute valeur nutritive, la ration doit avoir un volume suffisant pour que le transit intestinal se fasse dans de bonnes conditions.
Chaque cheval étant unique, il n'y a pas de recette valable pour tous les chevaux. Pour bien nourrir un cheval ou un poney, il faut prendre en compte sa race, son âge, son poids, son activité journalière, la saison et la qualité de l'alimentation.
Pour les chevaux, on quantifie l’énergie apportée par les aliments en UFC (unité fourragère cheval), c’est un peu l’équivalent des calories en nutrition humaine. 1 UFC correspond à l’énergie apportée par 1kg d’orge brut. Ensuite, il convient de regarder que l’apport en MADC est suffisant. Enfin, il faut vérifier l’équilibre énergie-protéine, appelé ratio UFC/MADC.
La plupart des chevaux pourraient se passer de concentrés et de céréales, si l’apport de fourrage est suffisant et de bonne qualité.
Prenez toujours soin de donner suffisamment de fourrage (herbes, foin, paille) à votre cheval… Pendant l’hiver, l’herbe ne pousse plus, mais heureusement le surplus de l’herbe provenant de la poussée printanière peut être conservé et stocké sous forme de foin. Lorsqu’il est conservé au sec, on peut le garder plusieurs années. Un bon foin n’est pas poussiéreux et sent bon.
Attention : le préfané que l’on trouve en grosses balles emballées n’est pas du foin… Il possède toutes les substances présentes dans le foin mais il n’y a plus de vitamines, suite à l’acidification gage de la conservation.
Votre cheval mange beaucoup d’herbe : on sait qu’il peut en ingurgiter jusqu’à 100 kg par jour. Cependant, le calcul de la quantité absorbée n’est que de peu d’utilité : ce qui compte avant tout, c’est l’état général de l’herbe. Il suffit qu’elle soit de qualité moyenne pour contenir tout ce qui est nécessaire au développement du cheval.
Il faut cependant être très vigilant sur l’entretien d’une prairie dans laquelle se trouvent des chevaux. Nomades dans l’âme, ils ont l’habitude d’être très sélectifs dans le choix de l’herbe. Au bout d’un certain temps, ils auront mangé une partie de l’herbe jusqu’aux racines et laissé une autre partie sans y toucher. La surface réellement utilisable se trouvera rapidement divisée par deux.
Pour la gestion d’une prairie à long terme, il est indispensable de la diviser en parcelles. Lorsque c’est possible, il est également fortement conseillé de mettre des vaches dans les prairies.
Contrairement aux bovins, le cheval ne rumine pas. Son estomac est relativement petit et fragile. Le cheval ne peut pas non plus vomir, certains muscles situés à l’entrée de son estomac le lui interdisant.
Autre particularité, l’estomac produit de l’acide chlorhydrique de manière continue, à l’inverse de l’homme pour lequel la production d’acide est déclenchée par l’ingestion des repas. Si le cheval est rationné ou que son estomac reste vide plus de 2 heures, l’acidité va commencer à attaquer la muqueuse gastrique qui sera exposée et vulnérable, et le cheval peut développer ensuite des ulcères gastriques.
La nature étant bien faite, la salive contient des bicarbonates ayant un effet tampon sur l’acidité, et un cheval peut produire jusque 60 Litres de salive par jour !
Les chevaux ne sont pas équipés pour digérer de grandes quantités d’amidon, qui est le principal constituant des céréales. Au-delà de 200g d’amidon pour 100 kg de poids vif, l’excédent ne sera pas digéré par l’intestin grêle du cheval et arrivera directement dans le gros intestin et le caecum. Là, il sera digéré par certaines populations de bactéries qui produiront de grandes quantités d’acide lactique, ce qui peut conduire à une destruction de la flore cellulolytique, celle qui permet la digestion des fibres et qui est fondamentale au fonctionnement digestif des chevaux.
A l’inverse des céréales et contrairement à de nombreuses croyances, les chevaux sont les champions pour digérer les lipides, ils ont un équipement enzymatique parfaitement adapté et savent comment tirer le meilleur des matières grasses. L’huile apporte un concentré d’énergie, dans un faible volume. Privilégiez des huiles de qualité, riches en oméga 3, comme l’huile de lin ou de colza.
Un des éléments fondamentaux à regarder concerne le ratio phosphocalcique, qui correspond à la proportion relative en calcium et en phosphore dans la ration du cheval. Le ratio Zinc/cuivre, lui doit être situé entre 3 et 5. Ces deux oligoéléments présentent également une importance majeure. Les carences en cuivre sont des facteurs majeurs de développement d’ostéochondrose. Le manque de cuivre empêche la vascularisation du cartilage et l’apport de substances nécessaires à son ossification. De ce fait, le cartilage du cheval s’épaissit, se fragilise et cela aboutit à sa fragmentation.
Vouloir à tout prix rajouter plusieurs compléments en espérant compenser toutes les carences, est une fausse bonne idée et peut conduire à l’inverse à des excès plutôt néfastes. Par exemple, l’excès de calcium chez le cheval bloque l’assimilation de l’iode, du zinc, du cuivre et du sélénium.
L'impact de la gestion humaine sur le microbiote du cheval est significatif. On observe une flore différente et plus pauvre chez les chevaux domestiqués par rapport aux chevaux "sauvages".
Impact de la gestion humaine sur le microbiote du cheval. A gauche, cheval « sauvage » à droite cheval domestiqué, avec une flore différente et plus pauvre.
On a tendance à l’oublier, mais le cheval est aussi un « rongeur ». Il adore surtout ronger le bois et les branches à certaines périodes de l’année, en particulier en automne. Auparavant, les prairies étaient toujours bordées de haies et les animaux pouvaient donc facilement complémenter leur ration en mangeant dans les haies.
La qualité de la mastication est très facile à mettre en évidence par l’examen des crottins. En cas d’obstacle au frottement, il peut y avoir une diminution très importante de la digestibilité des aliments, surtout ses molaires qui jouent le rôle d’une véritable râpe.
This work provides the technical elements required for daily feeding of horses, ponies and donkeys, from troughs and on grass. It is an inseparable supplement to the work Horse nutrition and feed which lays down the theoretical bases of nutrition.
Voici les principes du rationnement :
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