Dans un monde musical en constante évolution, certains artistes repoussent les frontières et défient les conventions. Parmi eux, Igorrr se distingue par son approche unique et déjantée, mélangeant metal, musique électronique et expérimentation loufoque. Cet article vous propose une plongée au cœur de l'univers d'Igorrr, avec une analyse détaillée de leur album "Savage Sinusoid" et de leur performance live.
Igorrr en concert. Source: Wikipédia
Après une collaboration électronique très réussie avec Ruby My Dear sur l'EP Maigre, et surtout cinq ans après Hallelujah, Igorrr est enfin de retour avec un nouvel album. "Savage Sinusoid" est le fruit d'un travail minutieux, qui a vu son maître à penser Gautier Serre changer d'approche quant à sa musique.
Comme sa signature chez Metal Blade Records pouvait le suggérer, ce nouveau long format du français est manifestement beaucoup plus orienté Metal que ses prédécesseurs, même si Igorrr a évidemment toujours eu un pied dedans. La guitare mène la danse sur une bonne pelletée de morceaux, avec des riffs empruntant autant au Death Metal de Morbid Angel qu'au Black Metal de Mayhem.
Les parties Breakcore chaotiques avec moult coupures et autres déconstructions rythmiques façon Venetian Snares sont bien sûr toujours présentes, mais se contentent souvent d'accompagner les riffs. Et c'était plutôt le phénomène inverse qui pouvait s'observer sur les précédentes sorties. Les ingrédients de la recette sont donc les mêmes, mais l'équilibrage est différent. Et le résultat est une brillante réussite.
Toutes les bizarreries d'Igorrr sont ici utilisées pour construire d'excellentes chansons, accrocheuses, mémorables et originales. De la flûte à bec à peine juste qui conclut ieuD, à l'accordéon de Cheval, où l'on entend le musicien se tromper, puis recommencer sa prise ponctuée d'un "Ah putain, merde!", Igorrr fait feu de tout bois. Il vient même solliciter le tout aussi givré Aymeric Thomas (Pryapisme) pour teinter un passage de Chiptune endiablé. Feu de tout bois, on vous dit !
Igorrr, c'est aussi des voix hors-normes. Les cordes vocales de Laurent Lunoir et Laure Le Prunenec magnifient les morceaux soit de pure beauté (Problème d'Emotion), soit de rage franche (Opus Brain). C'est aussi cette dualité qui fait tout le charme de l'album, car Igorrr a su exploiter le chant à un niveau encore plus poussé. Tel un sculpteur, Gautier Serre arrive aussi à modeler le chant comme un instrument rythmique, et le cela donne des baffes courtes mais intense comme ieuD ou Viande, qui est une parfaite introduction dans l'album et sa folie canalisée en musique.
Sortez (les) couverts et passons à taaaaaaable ! "Viande", "Houmous" et "Spaghetti" sont au menu, et c'est à genoux, d'emblée, qu'ils nous mettent, en PLS, sous les assauts massifs de leur narcissique emprise ! Jugez plutôt, en un trio de titres : ça déboite, ça clavecinne, ça néoclassise en accordéonnisant le tout au gré d'envahissantes machines dégueulant leur breakcore strabiscopique (farpaitement), et * bim! * ça te tartine une riffade Black-atmo, et * boum! * ça te claque un riff Death-à-blast-chant-lyrique (cou(s)cou(s) FLESGOUD APOUKALOPSE), et * couink! * tiens, casons quelques gimmicks électro h8te-bits sur fond de tango-à-gogo rocambolesque (pour peu que vous ayez survécus au break de flute qui sert d'outro à "ieuD", le délire atteint un paroxysme génial sur "Houmous" ou tout se fond en un jouissant amalgame).
Les deux talentueux vocalistes principaux se lâchent complètement (Laurent est une caverne, Laure une innocente et baroque choupissonne). Bref, Serre & cie. donnent déjà tout ce qu'ils ont tandis qu'ils mettent seulement le couvert ! "Spaghetti Forever" et "Cheval" vous mortifieront un peu plus tard par les mêmes bassesses (prendrez-vous une louche de blasts à la crème-de-violon ou préférerez-vous une touche d'accCCCCccordé-ohputainmerde-on, en sus ?), tandis que "Opus Brain", et "Apomondoigtdanstonslip" / "Va Te Foutre" pousseront encore plus loin (ou en tout cas différemment) le bidouillage, agrémenté de ce qu'il faut de cithare (oui ?) et d'amples vocalises féminines pour le premier et d'un léger néo-brewtal de porcasse pour le second.
C'est noir, et le bousin vous transporte pour mieux vous enfoncer la tête dans le clou dès que reviennent les (très) grosses guitares ( et le saxo, putain ça vient d'où, ça, encore ?). Sous ce bukkake de sens-en-fusion, seuls trainent un peu la patte "Problème d'Emotion" (trop cosy et pure, perdue là au milieu pour ce même type de frêles atmosphères piano-cordes, on lui préfèrera largement "Au Revoir") et "Robert" (bien lourdingue - le gars a trop bu -, trahi par son rythme titubant, acculé qu'il est dans un coin par un trop long plan (per)cul / électro qui ne passionne jamais vraiment), car moins fifous ni réellement autodestructeurs.
Enfin, impossible de ne pas évoquer la batterie de Sylvain Bouvier (Trepalium). Elle apporte un côté palpable et authentique que n'avait pas la musique d'Igorrr jusqu'à présent, en plus d'une touche supplémentaire d'agressivité terriblement efficace. Cela s'est d'ailleurs aussi constaté sur scène avec une interprétation certes moins débridée, mais beaucoup plus puissante et maîtrisée.
De plus, grâce à la production exceptionnellement nette et naturelle du disque, chaque coup sur ce kit est ressenti comme rarement dans un album de Metal en 2017. Vous l'aurez compris, Igorrr a ici frappé un grand coup, réalisant un parfait hybride entre metal, musique électronique et expérimentation loufoque. L'auditeur est pris en haleine pendant ces 40 minutes qui passent comme cinq, parfois confronté à plusieurs climats musicaux contradictoires dans un même morceau.
On pourrait bien sûr regretter l'absence de performances belles à en frissonner comme Tout Petit Moineau, mais Savage Sinusoid marque tellement de points avec sa propre personnalité que la frustration s'évapore.
Assister à un concert d'Igorrr est une expérience à part entière. Le groupe (projet ?) Igorrr rencontre un succès épatant car la salle affiche complet ce qui est une belle réussite. La formule du groupe décontenance mais se révèle parfaitement cohérente même si dans la continuité des remarques de Jean-Mich’Hell, on retrouve des gimmicks et même si le tout récent album Amen est peu représenté au bénéfice de Spirituality and Distortion.
L’ensemble reste très compacte et parfois on peine à différencier les titres car il y a un style, un univers cohérent. Ça fonctionne à fond, le groupe ne communique quasiment pas, enchaine avec des transitions très bien travaillées et le spectacle proposé est d’une fluidité remarquable. Un chouette show dans un Bikini blindé qui s’est régalé.
Voici un tableau résumant les éléments clés de l'expérience live d'Igorrr :
| Aspect | Description |
|---|---|
| Ambiance | Déconcertante, surprenante, énergique |
| Musique | Mélange de metal, musique baroque, breakcore, électronique |
| Présence scénique | Minimaliste, transitions fluides, éclairages soignés |
| Réaction du public | Enthousiaste, réceptif à l'univers unique du groupe |
Igorrr live. Source: YouTube
En conclusion, Igorrr est un groupe qui ne laisse personne indifférent. Leur musique est un mélange explosif de genres, leur performance live est une expérience déconcertante et mémorable. Si vous êtes à la recherche d'une expérience musicale hors du commun, n'hésitez pas à vous plonger dans l'univers d'Igorrr.
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