Le Sanglier (Sus scrofa) : Régime Alimentaire, Habitat et Impact sur l'Environnement

Le sanglier (Sus scrofa) est un mammifère forestier appartenant à la famille des Suidés. Seul représentant des suidés en France, cette espèce majoritairement forestière, fréquente l’ensemble du département de la Côte-d’Or. Le sanglier est une espèce remarquable, ubiquiste aux capacités d’adaptation très élevées.

Les mâles sont appelés « sangliers », les femelles des « laies », les petits des « marcassins ». Les marcassins, adorables petites boules rayées pesant à peine plus de 1 Kg à la naissance, ont tendance à changer de robe à partir de l’âge de 3 mois, abandonnant les rayures pour aller vers un pelage uniforme roux. À la naissance, les marcassins ont une livrée rayée apparente jusqu’à quatre mois environ. Ils acquièrent la couleur rousse autour de leur cinquième mois, d'où leur appellation de « bête rousse ».

A l’exception de sa vue peu développée, les autres sens du sanglier lui permettent de reconnaître de loin bruits et odeurs. Il peut donc aussi bien compter sur son odorat que sur son ouïe et son goût. Sa fourrure est également un avantage pour lui, les poils, ras en été, s’allongent à l’automne, et une épaisse bourre laineuse, à même la peau, permet au sanglier de résister aux grands froids.

Le sanglier présente la particularité de ne pas transpirer pourtant c’est un grand sportif. Il peut parcourir des distances considérables et c’est un très bon nageur. Il est majoritairement sédentaire dès lors qu’il dispose de suffisamment de nourriture dans la zone où il se trouve. Sa longévité est extrêmement variable puisqu’elle est estimée entre 11 et 26 ans.

Aujourd’hui la population de ce gibier en France est estimée à plus de 2,5 millions d’individus et est en augmentation. Les suidés sont des mammifères non ruminants, leurs canines sont développées et ils possèdent quatre onglons (partie cornée du sabot). Cet animal est puissant et trapu. Sa peau de couleur gris ardoise lui a donné son surnom de « bête noire ». Son museau tronqué est terminé par un butoir où sont percées les narines.

Le sanglier peut vivre 25 ans en captivité. L’été, son pelage court permet de distinguer les sexes.

Habitat et Comportement

Le Sanglier peut coloniser et exploiter tous les types de milieux avec une préférence pour les forêts caducifoliées. Il a besoin d’eau et d’une végétation assez haute lui permettant de se dissimuler. Animal grégaire et social, plutôt nocturne, les jeunes sangliers se déplacent par bande de 2 ou 3 laies suitées (femelles accompagnées des marcassins qui sont encore dépendants).

Très sociables, les sangliers se déplacent par groupes matriarcaux de 2 à 5 animaux, constitués des laies et de leur progéniture. La femelle dominante est la plus âgée et la plus massive. Les jeunes mâles de 1 à 2 ans vivent en périphérie du groupe. Dès que l'occasion se présente, les sangliers profitent des trous d'eau et des flaques pour se rouler dans la boue.

Marchant presque toujours au pas alterné ou au trot, le sanglier parcourt de 2 à 14 km par nuit. En forêt, il utilise toujours les mêmes passages, créant des coulées. Les gîtes, ou bauges, où il passe la journée, sont établis à même le sol ou légèrement creusés avec le boutoir et les pattes antérieures.

Un sanglier sillonne en moyenne en 24 heures un domaine vital de 50 à 75 ha. Le domaine vital mensuel et annuel d'un mâle, plus important que celui d'une femelle, varie de 300 à 15 000 ha. Les sangliers d'un même groupe matriarcal exploitent le même domaine vital saisonnier.

Lorsqu'il est en colère, son comportement se modifie. Il grogne, souffle, il claque ses dents les unes contre les autres. Il ne supporte pas d’être importuné et pourra parfois charger pour se défendre s’il se sent vraiment en danger.

Reproduction

C’est de la mi-novembre à la mi-janvier que la reproduction a lieu. Elle entraîne une intense perturbation de la vie sociale : la laie, sur le point de mettre bas, dissout momentanément son groupe familial et s’isole. La gestation dure environ quatre mois et la femelle prépare un nid (« le chaudron ») dans lequel elle y déposera sa progéniture.

Peu avant la mise-bas - celles d'un même groupe sont souvent synchrones -, chaque femelle gestante s'isole à l'abri d'un arbre ou d'un buisson épais et prépare un nid en forme de chaudron, parfois tapissé de végétaux. Une portée peut compter de 1 à 12 petits ; une laie jeune met bas 3 marcassins ; une laie plus âgée et plus lourde a, en moyenne, 6 petits.

Les groupes matriarcaux se reforment de 1 à 5 semaines après les mises-bas. C'est alors une période très importante pour la socialisation des jeunes, qui sont sevrés entre 3 et 4 mois après leur naissance. Les jeunes mâles de l'année s'éloignent entre la fin de décembre et la fin de février, et gravitent quelque temps en périphérie du groupe.

La maturité sexuelle chez le mâle est acquise vers 10 mois, lorsque le poids des testicules atteint une cinquantaine de grammes. Chez la laie la maturité sexuelle est atteinte entre 8 mois et 24 mois. A titre indicatif, la taille de portée d’une laie adulte en France varie de 5 à 7 marcassins, selon la richesse trophique du milieu.

Régime Alimentaire du Sanglier

Le sanglier est un gibier avant tout un animal omnivore, il se nourrit principalement la nuit, dans les prairies alentour et les champs cultivés (au grand dam des agriculteurs), les zones où se développent les épineux qu’il ne craint pas, les marais, les versants montagneux ou encore les maquis. Quasiment tout lui convient dès lors que la végétation est suffisamment abondante.

Le sanglier mange des aliments d’origine animale ou végétale. Il possède une forte propension à pouvoir s’adapter à des variations alimentaires importantes en fonction des saisons. Graines, fruits, feuilles, tiges, glands, mollusques, larves, insectes, lombrics, mais aussi parfois de petits animaux constituent son alimentation.

Les choix alimentaires évoluent au gré des disponibilités ; le Sanglier est un véritable opportuniste. S'il mange principalement des matières végétales (95 à 97 %) telles des fruits forestiers (glands, châtaignes, faînes, etc.), des céréales, des racines, des bulbes, des rhizomes ou des tubercules, il lui arrive aussi de consommer de la nourriture animale (invertébrés, petits mammifères, grenouilles, cadavres).

En Europe, son alimentation est variée : les études ont montré que l'espèce consomme plus de 52 sortes de plantes différentes. Au printemps, le sanglier a une prédilection pour les tiges (chaumes) et les feuilles de graminées. Les fleurs et graines de céréales cultivées et d'essences forestières seraient primordiales en été et à l'automne.

La part des éléments de source animale dans l'alimentation du sanglier est loin d'être négligeable. Elle serait plus importante pour les jeunes sangliers, sans toutefois dépasser 20 % de leur alimentation. Au cours de ses déplacements, il vermille : avec le groin, il fouille, à la recherche des vers ou les parasites des arbres tels que larves de hannetons et de mouches à scie, ou chenilles de papillons.

Le sanglier fait partie de ces animaux dits "fouisseurs". Ils creusent le sol pour trouver leurs denrées favorites. Ils sont friands de champignons et notamment de truffes !

Traces de Présence

Au cours de ses pérégrinations, le sanglier laisse de nombreuses traces dans son environnement qui permettent d’affirmer sa présence.

  • Le chaudron : une excavation plus ou moins aménagée dans la végétation basse où la laie met bas (de 2 à 8 petits). La gestation dure 3 mois, 3 semaines et 3 jours. Le nombre de petits semble corrélé au poids et à la santé de la femelle.
  • L’housure : une trace ou accumulation de boues sèches ou fraîches sur différents supports où le sanglier est venu se frotter après son bain de boue.

Impact Écologique et Interactions avec l'Homme

Le sanglier est en quelque sorte le jardinier sauvage des forêts. Dissémination des pollens et graines accrochés aux poils au cours de leurs déplacements. Grace à ce transport, plusieurs dizaines d’espèces végétales peuvent ainsi coloniser de nouveaux espaces.

Fouillant la terre à longueur d'année, le sanglier l'aère et la modifie. En limitant le nombre de souris qu'il trouve occasionnellement en fouillant la terre, et en mangeant quantité de chenilles et de larves, le sanglier favorise le bon état sanitaire des arbres et peut même être utile aux agriculteurs.

Le sanglier étant la viande de gibier la plus grasse, elle reste 5 fois moins grasse qu’une viande de porc classique. Le sanglier est avant tout un animal sauvage, c’est d’ailleurs le “grand gibier” le plus abondant dans nos forêts françaises.

Le sanglier étant un mammifère forestier classé comme nuisible, il nécessite donc une régulation importante pour équilibrer l’écosystème de nos forêts. Cette pratique lui vaut d’être l’animal mal aimé des agriculteurs !

Les chasseurs ont donc mis en place une gestion cynégétique de l’espèce afin de réguler les populations. Le Loup peut-être perçu comme un prédateur naturel du Sanglier en France.

Le sanglier est un animal grandement chassé. Il est apprécié pour sa viande, mais est surtout considéré comme espèce nuisible. Sa forte reproduction constitue un danger pour les populations, tout comme pour les cultures. De même, certains sangliers s'invitent dans les étables ou bien se mêlent aux troupeaux de brebis ou de vaches et dévorent les petits à peine nés.

La question de sa régulation par les chasseurs se pose. Répondant à une demande administrative de faire plus de battues, ces derniers deviennent plus présents et visibles sur les territoires (gilets fluorescents, panneaux, etc.).

Pour les agriculteurs, le sanglier est une espèce occasionnant des dégâts. « Les cultures sont principalement impactées. Maïs, blé, colza… sont autant de gourmandise pour eux. Quelques exemples : clôtures électriques, agrainage de dissuasion selon la réglementation et dans des conditions très suivies, chasse adaptée, système de responsabilisation par une taxe des territoires de chasse à l’hectare, identification de solutions à l’échelon local avec les parties prenantes. L’indemnisation de ces dégâts représente une enveloppe de 80 millions d’euros par an, payée par les seuls chasseurs.

Le sanglier est donc un animal doté de capacités très spectaculaire. Il a su s’adapter et s’organiser dans de nombreuses régions du monde à travers le temps.

En quelques décennies, la perception du sanglier a évolué. « Dans la mythologie grecque, il était envoyé par les déesses pour ravager les champs quand les offrandes étaient insuffisantes. Il est l’animal qui fuit, mais sa singularité, c’est qu’il est aussi un animal qui résiste. A l’aide de ses défenses, il affronte et blesse ses assaillants », a rappelé Raphaël Mathevet.

Pour les écologues, il ne faut pas oublier que le sanglier est un animal typique de nos formations forestières, et qui a toute « sa légitimité » dans le cortège d’espèces qui y sont présentes. C’est même une espèce dite « ingénieur de l’écosystème ». Il va agir et modifier son environnement, creuser, fouiller, retourner les sols, créer des couches et des chaudrons de mise bas pour les marcassins. Il participe aussi activement au transport et à la dissémination de graines, spores et autres propagules animales ou végétales.

Le sanglier n’est pas en surpopulation du point de vue démographique. « Pour parler de surpopulation en biologie, la capacité d’accueil du milieu doit être atteinte, les populations sont alors régulées par densité dépendance. Cela correspond au stade où les individus, trop nombreux, entrent en compétition pour l’accès aux ressources et à l’espace qui deviennent alors limitants. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en France », a expliqué la scientifique Marlène Gamelon (CNRS).

Au-delà des définitions de biologistes, la question de la surpopulation est aussi sociale, en lien avec les activités humaines. « Aujourd’hui, face à des fortes densités de sangliers les acteurs locaux (agriculteurs, chasseurs, gestionnaires d’espace naturel) expriment leur ressentis, ils parlent alors de surpopulation, de prolifération voire de pullulation. La vérité est que cet animal remet en cause les rapports sociaux établis et vient questionner la paix sociale dans les campagnes » a nuancé Raphaël Mathevet.

Dans de nombreuses régions, le sanglier était rare, voire absent. Son retour en force interroge quant au niveau de dégâts agricoles, forestiers, domestiques et routiers que la société est prête à accepter.

Le sanglier a de fascinantes capacités d’adaptation à son milieu. Les chercheurs utilisent d’ailleurs le terme de « plasticité » à son égard. Omnivore, il se nourrit d’une grande variété d’aliments sur tout le territoire : glands, céréales, insectes, œufs d’oiseaux… Bien plus, le sanglier accélère son cycle de vie en réponse à la forte pression de chasse avec une démographie alors comparable à celle d’une mésange.

« Le sanglier peut se reproduire plus tôt. Dans des populations fortement chassées, on observe une reproduction à partir d’un an pour les femelles, contre deux ans dans une population peu chassée », a expliqué Marlène Gamelon. « Ce mécanisme ne s’observe pas chez le cerf ou le chevreuil. »

Le réchauffement des températures a même un effet indirect en la faveur du sanglier. « Avec la hausse des températures, les années de fortes glandées pourraient être plus fréquentes.

Selon les informations collectées par les chercheurs, l’OFB et les fédérations des chasseurs, le loup en France a dans son régime alimentaire des sangliers, et surtout de jeunes animaux.

Caractéristique Description
Nom scientifique Sus scrofa
Famille Suidés
Type Mammifère omnivore
Habitat Forêts, marais, zones agricoles
Régime alimentaire Fruits, graines, racines, insectes, petits animaux
Taille Jusqu'à 1,80 m de long
Poids 35 à 200 kg (mâles)
Longévité 11 à 26 ans

Chasse au cerf et au sanglier dans les massifs de l’Aisne

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