Exécutée en 1876, cette huile sur toile d’Auguste Renoir est probablement l’œuvre la plus connue aujourd’hui du peintre français. En 1876, Auguste Renoir immortalise un dimanche après-midi à Montmartre dans l'une des peintures les plus emblématiques de l'impressionnisme. Le Bal du Moulin de la Galette capture l'atmosphère bon enfant d'une guinguette parisienne, où danseurs, amis et lumière d'été se mêlent dans une composition foisonnante. En choisissant un sujet ancré dans la vie parisienne de son temps, Renoir utilise dans le même temps un style pictural des plus novateurs appliqué à un format de toile très imposant.
Le Bal du Moulin de la Galette marque un tournant décisif dans la carrière de Renoir. Cette toile ouvre la voie à toute une série de scènes de loisirs en plein air qui deviendront sa signature : les canotiers au bord de Seine à Chatou, les déjeuners ensoleillés sur les terrasses fluviales, les promeneurs sous les arbres. L'artiste y affine sa capacité à saisir le mouvement collectif et la lumière vibrante, deux obsessions qu'il poursuivra jusqu'à la fin de sa vie.
Le Bal du Moulin de la Galette de Renoir est une huile sur toile du peintre impressionniste français Auguste Renoir, réalisée en 1876. Le tableau actuellement conservé au musée d'Orsay, à Paris a été acquis en 1894 par legs du peintre et collectionneur Gustave Caillebotte. Il mesure 131 × 175 cm. La scène se déroule pendant la période de la Belle Époque, en plein air, contrainte que s'imposaient les impressionnistes, un dimanche après-midi, un jour de beau temps au moulin de la Galette à Montmartre.
Le style, par touches d’ombre et de clarté, restitue avec un sens du détail infini les lumières naturelles comme artificielles. Ces mêmes touches de luminosité semblent d’une grande mobilité, telles qu’elles sont disposées sur le sol blanc, sur les robes des femmes ou sur les joues de jeunes enfants. Le génie de Renoir dans cette toile réside dans sa capacité à orchestrer une scène foisonnante tout en préservant une harmonie parfaite.
Renoir construit son tableau sur une diagonale qui traverse la toile de part en part, séparant avec netteté l'arrière-plan où les danseurs tourbillonnent du premier plan où des groupes de buveurs attablés conversent tranquillement. L'exploit technique majeur du tableau réside dans sa lumière filtrée à travers le feuillage. Renoir capture cette clarté d'après-midi d'été qui se fragmente en touches rapides et colorées sur les vêtements, les visages et le sol. Ces taches lumineuses créent une vibration optique typiquement impressionniste : la lumière danse, scintille, transforme chaque surface en un jeu de reflets mobiles. Cette technique de touches vibrantes traduit l'effervescence de l'instant avec une justesse saisissante.
Le style de cette œuvre repose sur des touches rapides, posées par petites virgules de couleur juxtaposées. Plutôt que de mélanger longuement les pigments, il applique des empâtements visibles qui créent une vibration optique. Cette technique impressionniste traduit le mouvement des danseurs et l'éclat fugace de la lumière d'été.
Renoir s’est penché tout particulièrement sur le traitement de la lumière. La palette de couleurs vives et de pastel, touches visibles, sensuelles, fait jaillir des notes bleues, roses, jaunes. Distribuées en kaléidoscope, les touches pommelées traduisent par motifs d’ombre projeté la lumière traversant le feuillage d’un arbre hors cadre
Des couleurs claires, des chapeaux enrubannés, des visages souriants… On croirait pouvoir voir cette foule papillonner sous nos yeux. L’œuvre paraîtrait presque kaléidoscopique. Certains motifs reviennent souvent à l’image des chapeaux, des lampadaires et bien sûr des expressions rieuses des personnes représentées sur la toile. La teinte bleutée, majoritaire et déclinée à l’infini (bleu lavande, indigo, cobalt, bleu de Prusse…) se trouve harmonieusement rehaussée par le jaune (couleur complémentaire) des canotiers portés en cette belle journée printanière.
Ce rassemblement de personnes, qui aurait pu doter la toile d’un sentiment de lourdeur, sert au contraire l’impression d’ébullition qui s’en dégage. Au premier plan, l'artiste place ses amis dans l'intimité d'une conversation autour d'une table : le peintre Norbert Goeneutte, le critique Georges Rivière, ainsi que Pierre-Franc Lamy. Ces personnages ne posent pas de manière académique, ils sont saisis sur le vif. Renoir mêle ainsi portraits identifiables et anonymes du petit peuple parisien, créant cette impression de scène vécue plutôt que mise en scène. Les jeunes femmes aux chapeaux ornés de rubans rouges ajoutent une touche de coquetterie à cette galerie de visages.
Les personnes présentes dans la scène sont des amis du peintre : modèles, peintres, habitués du lieu, parmi lesquels on reconnaît l’écrivain Georges Rivière, les peintres Norbert Gœneutte et Franc-Lamy qui sont installés à la table du premier plan et une dénommée Estelle qui est assise sur le banc ainsi que Frédéric Samuel Cordey. Au lieu d’utiliser, comme le font la plupart des peintres, la netteté au premier plan puis progressivement un flou, le flou est présent partout et la seule distinction de profondeur se fait par la taille des personnes représentées. Renoir décide de représenter cette scène dans une ambiance bleutée parsemée de taches de lumière réparties inégalement comme si elles traversaient le feuillage des arbres pour parvenir à la foule. C’est grâce à la lumière que Renoir fait ressortir ses personnages, par exemple le couple à gauche de la scène semble être entouré de lumière au sol et la robe rose clair de la femme renforce cet effet et les met en avant.
La composition du « Bal du moulin de la Galette » est construite autour d’une diagonale. La démarcation en trois plans différents trouve son équilibre dans le foisonnement des motifs et des personnages. Le premier plan se compose d’un groupe attablé, engagé dans une conversation joyeuse, les amis du peintre. A la table, les deux peintres Franc-Lamy (1855-1919), et Norbert Goeneutte (1854-1894) qui a déjà posé pour Renoir avec « La Balançoire » et « La Tonnelle » conversent avec le critique d’art Georges Rivière (1855-1943). Ami proche de Renoir rencontré lors de la première exposition impressionniste en 1874, il soutient le mouvement très précocement et fonde la revue L'Impressionniste à l'occasion de la troisième exposition impressionniste en 1877.
Sur le banc se trouvent le peintre Frédéric Samuel Cordey (1854-1911) qui figure dans plusieurs tableaux du maître notamment « La Conversation » et les deux sœurs Samary. Jeanne Samary (1857-1890), comédienne, sociétaire de la Comédie française, s’est spécialisée dans les rôles de servantes moliéresques. Renoir lui consacre une douzaine de portraits entre 1877 et 1880. Elle apparaît dans la composition du « Déjeuner des Canotiers » en 1880-81. A ses côtés, sa sœur Estelle Samary également modèle. Le deuxième plan se concentre sur le mouvement des danseurs. Un couple se distingue parmi la foule. Au bras du peintre cubain Pedro Vidal de Solares y Cardenas se trouve Marguerite Legrand, travaillant sous le nom de Margot ( ?-1879), l’un des modèles favoris de Renoir, dont elle était la maîtresse. Instant suspendu, jupon noir tranchant sur le rose pâle de la robe. L’arrière-plan de la composition est occupé par les tonnelles du bal et la scène où joue l’orchestre. Seuls les effets d’échelle rendent perceptibles la perspective.
La gamme chromatique choisie par Renoir - bleus doux, roses tendres, mauves délicats, ocres chaleureux - enveloppe la scène d'une douceur lumineuse qui traduit parfaitement l'atmosphère bon enfant de la guinguette. Ces couleurs pastel, rehaussées de touches plus vives, créent une sensation de mouvement joyeux sans agressivité visuelle. Le mélange caractéristique du bleu et du rose génère ce mauve enveloppant qui unifie l'ensemble et évoque la gaieté insouciante d'un dimanche populaire.
Pour réaliser le Bal du Moulin de la Galette, Renoir installe son chevalet directement dans le jardin de son atelier rue Cortot, à quelques pas de la guinguette. Cette proximité lui permet de transporter la toile de grand format entre les séances de travail. Comme les autres impressionnistes, il adopte la méthode du plein air pour capter la lumière naturelle et ses variations. L'invention récente des tubes de peinture facilite cette pratique : Renoir peut désormais composer sa palette sur place, sous la clarté filtrée des feuillages, et saisir l'atmosphère du moment.
Le Moulin de la Galette, transformé en guinguette par la famille Debray dès 1834, devient le rendez-vous des dimanches après-midi. À partir de 15 heures, ouvriers, couturières et artistes s'y retrouvent pour danser jusqu'à la nuit tombée.
« Le bal du moulin de la Galette », œuvre emblématique d’Auguste Renoir (1841-1919) éclaire son surnom de peintre du bonheur sous un jour éclatant. Précurseur du mouvement impressionniste, l’artiste a su cultiver un imaginaire empreint d’une certaine insouciance, de quiétude heureuse. Ses portraits féminins, ses scènes du quotidien bourgeois, tout comme ses paysages de bords de Seine respirent une indéniable douceur de vivre. En 1876, Auguste Renoir documente la vie de la Butte, sa bohème, son atmosphère particulière. Il s’installe dans un atelier de la rue Cortot au cœur d’une cité d’artistes réputée et plus ancienne maison de la Butte devenue aujourd’hui le Musée de Montmartre.
Lors de ses recherches, le peintre s’attarde particulièrement au Moulin de la Galette, une guinguette très en vogue, lieu populaire de mixité sociale qu’il fréquente le dimanche avec ses proches. Renoir travaille durant des mois dans un processus aussi minutieux que fervent sur le tableau d’envergure qui deviendra « Le bal du moulin de la Galette ». Ses amis, peintres, journaliste et modèles, collaborent à l’élaboration de cette oeuvre innovante. Ils posent et se prêtent au jeu des nombreuses études préparatoires. Auguste Renoir cherche à rendre l’esprit de ce bal, cette atmosphère de divertissement heureux. Il s’attache à saisir l’instant suspendu d’un après-midi d’été, aperçu vibrant d’un quotidien festif, retranscription picturale de l’époque. Sa vision très optimiste diffère des œuvres de Toulouse-Lautrec, Van Dongen, Picasso. Les cabarets de la Butte, mondes interlopes, sont souvent les lieux de la prostitution, de la misère, de l’alcoolisme. Les peintres de la rue Cortot et du Bateau-lavoir vivent la bohème le ventre creux.
« Le bal du moulin de la Galette », illustre par ses dimensions imposantes 131x175 autant que par les expérimentations abouties, l’ambition de l’artiste de produire un chef-d’œuvre. Le tableau présenté en 1877 lors de la troisième exposition des Impressionnistes reçoit un accueil mitigé de la part de la critique. Les journalistes formulent des réserves concernant la technique impressionniste, les effets de flou et de touche vaporeuse. Gustave Caillebotte (1848-1894), ami et mécène de Renoir, également un grand peintre, se porte acquéreur de la toile en 1879. Au décès de celui-ci, son testament permet l’entrée du « Bal du moulin de la Galette » dans les collections publiques. Le legs Caillebotte qui ouvre la porte des musées nationaux aux impressionnistes, n’est que partiellement accepté par l’Administration du fait de l’opposition de l’Académie Beaux-Arts. En 1896, le tableau rejoint le fonds du Musée du Luxembourg. Affecté au Musée du Louvre en 1929, il est exposé à la Galerie du Jeu de Paume de 1947 à 1989 date à laquelle il rejoint le jeune Musée d’Orsay inauguré en 1986.
Par son style novateur, « Le bal du moulin de la Galette » éclaire l’ambition du mouvement impressionniste : remettre en question la pratique picturale. Sans précédent, les peintres sortent de l’atelier pour installer leurs chevalets en plein air. Ils envisagent de peindre le monde, d’ancrer leur art dans la réalité du quotidien. La représentation en extérieur leur permet d’aller à la rencontre des gens. Tableau de genre, scène de plein air dans la lignée des guinguettes de bord de Seine peintes autour de 1869, « Le bal du moulin de la Galette » capture un instantané. Renoir s’attache à interpréter en image le plaisir de la fête, rendre le mouvement de la vie par des effets plastiques inédits. Avec un sens du détail paradoxal, ses floutés traduisent le frémissement des étoffes, la dissolution des contours l’énergie du vivant, l’atténuation des formes la vitesse du mouvement, rythmique quasi musicale. Il saisit les attitudes dans le moment de la danse, expressivité des visages, des postures, tour à tour abandon, joie, ivresse, ennui, séduction, grâce, naïveté. Le pinceau libre rend compte d’une certaine vibration produite par la foule joyeuse, mosaïque de personnages, complexité de la scène. La danse, l’affluence, le décor ensoleillé apparaissent comme autant de prétextes esthétiques à l’exploration de la technique impressionniste.
En prise avec son époque, la toile du "Bal du Moulin de la Galette" se rapproche de la quintessence de l'impressionnisme. Auguste Renoir allie une technique très aboutie, et une scène de vie, symbole de la fin du 19e siècle.
Avec ce tableau, nous sommes emportés dans la joie et la danse de cette scène caractéristique de la fin du 19e siècle à Montmartre. À la façon qu'ont les impressionnistes de sortir des ateliers, Auguste Renoir plante son chevalet au milieu de la fête et nous emmène avec lui : "Renoir a dû étaler sa réalisation sur six mois. Il avait loué juste à côté, rue Cortot, un atelier dans un grand jardin à l'abandon. Et donc il faisait la navette quand il avait des copains qui pouvaient porter le tableau jusqu'au Moulin de la Galette. Car c'était un grand tableau. Il fait à peu près 1m30 de haut sur 1m70 de large. Et donc, il le portait au moulin de la Galette."
A cette époque, la butte Montmartre est encore une campagne peuplée de moulins servant à moudre le blé en farine. Ce lieu emblématique existe toujours de nos jours.
Oui, absolument. Les archives du musée d'Orsay et les témoignages de l'époque confirment que cette peinture a été réalisée en 1876, lorsque Renoir s'est installé rue Cortot pour travailler en plein air. L'œuvre a été présentée dès 1877 lors de la troisième exposition impressionniste, attestant de sa datation précise.
Renoir cherchait à capturer le plaisir simple des dimanches parisiens et l'esprit moderne de son époque. Il voulait immortaliser cette atmosphère bon enfant où ouvriers et artistes se mêlaient pour danser et partager des galettes. Cette scène de vie populaire incarnait pour lui la joie spontanée et la lumière vibrante qui définissaient l'esthétique impressionniste.
Le Bal du Moulin de la Galette figure parmi les œuvres les plus emblématiques de Renoir, aux côtés du Déjeuner des canotiers et des Jeunes filles au piano. Cette peinture reste l'une des plus reproduites et admirées, symbolisant à elle seule l'impressionnisme français et la vision lumineuse de l'artiste.
En 1812, le meunier Nicolas-Charles Debray, propriétaire du Moulin Blute-Fin, rachète le Moulin Radet. Le Blute-Fin fournit Paris en farine tandis que le Radet concasse des graines pour la parfumerie. Visionnaire, Debray réunit les deux moulins en déplaçant le Radet près du Blute-Fin, ouvrant une guinguette qui fera la renommée de ce lieu légendaire.
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