Quelle viande pollue le plus l'environnement ?

La production de viande a un impact significatif sur l'environnement, contribuant de manière importante aux émissions de gaz à effet de serre et à la déforestation. Cet article examine en détail l'empreinte carbone des différentes viandes et les stratégies pour réduire cet impact.

En France, entre 25 et 30% de notre empreinte carbone est liée à notre alimentation, avec une forte contribution du secteur de l'élevage. Aujourd’hui, ce sont 65 milliards d’animaux qui sont tués chaque année, soit près de 2 000 animaux par seconde, pour finir dans nos assiettes.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) dues à l’agriculture s’élèvent à 14 %, dont 60 % proviennent de l’élevage. Pour l’élevage, trois GES sont principalement mis en cause, pour leur contribution au réchauffement global :

  • Le méthane (CH4) lié aux fermentations dues à la digestion des ruminants et aux émissions des effluents de toutes les espèces.
  • Le protoxyde d’azote (N2O) associé aux engrais de synthèse ou organiques (effluents d’élevage) utilisés pour la production de l’alimentation animale.
  • Le gaz carbonique (CO2) lié aux transports, chauffage des bâtiments ou climatisation des outils (tanks à lait par exemple) et à l’utilisation de machines.

Le bilan inclut les émissions indirectes liées aux matières premières utilisées pour l’alimentation animale qui sont parfois importées, et produites avec des normes environnementales variables selon les pays. Dans le cas des volailles et des porcs, l’alimentation peut représenter 50 à 85 % des émissions de GES associées à leur élevage. La contribution de l’alimentation aux émissions de GES est moins élevée chez les ruminants, qui pour la plupart consomment aussi de l’herbe.

L’élevage contribue à 16 % des émissions de méthane (CH4) globales à l’échelle planétaire. Or ce gaz a deux particularités : il a un pouvoir de réchauffement global très élevé, environ 28 fois plus que le CO2, mais il a une durée de vie dans l’atmosphère bien plus courte (10 ans contre 100 ans pour le CO2). C’est pourquoi les efforts pour sa réduction sont importants, car les effets en seront d’autant plus rapides.

Les émissions de méthane dues à l’agriculture ont diminué en Europe (-39 % entre 1990 et 2020). À l’échelle de la planète cependant, la concentration du méthane dans l’atmosphère augmente fortement et suit la trajectoire correspondant au scénario climatique le plus pessimiste des experts du GIEC.

L'alimentation pèse lourd dans notre empreinte carbone. La production de viande, en particulier le bœuf, est très émettrice de gaz à effet de serre. La production de 100 g de protéines de bœuf émet 50 kilos de CO2 équivalent, utilise 750 litres d’eau et mobilise 22 mètres carrés de terre.

Ces chiffres montrent que les aliments carnés pèsent lourd sur l’environnement. L’alimentation représente 24 % de l’empreinte carbone des Français. Pourtant, la consommation de viande reste élevée en France, environ 85 kg par habitant en 2022. Le bœuf, particulièrement émetteur, recule un peu au profit de la volaille, mais reste bien ancré dans les habitudes.

Quel est l'impact des différents types de viande ?

Ce sont d’abord les ruminants (bovin, ovin, caprin) qui émettent le plus de gaz à effet de serre, parce que les bœufs, agneaux, moutons, chèvres… ont un système de digestion particulier, qui produit du méthane (CH4), un gaz à effet de serre qui a un pouvoir de réchauffement global 28 fois supérieur au CO2. Après quoi viennent le porc et la volaille, dont l’impact environnemental pèse surtout du fait de leur alimentation. Car la production de végétaux destinée à nourrir les animaux a un impact environnemental non-négligeable.

Voici une comparaison de l'impact CO2eq de différentes viandes (par kg de viande nette) selon l'ADEME :

Type de viande Impact CO2eq (kgCO2eq/kg)
Poule de réforme Environ 5
Poulet 3 à 3,5
Canard, Lapin 4,4

Comme vous pouvez le voir, l’impact CO2eq de la poule de réforme est sensiblement supérieur à celui du poulet de chair, l’explication principale à mon sens étant la durée de vie de la poule pondeuse (environ 11 mois) par rapport au poulet de chair (96 jours d’après l’ITAB). Hors la poule pondeuse nous nourrit par ses oeufs pendant une partie de sa vie (a priori à partir de 6 mois, pendant 5 mois, donc). D’un point de vue purement nutritionnel, du coup, je pense que l’impact CO2eq des oeufs pondus doivent en partie être déduits de l’impact CO2eq de la poule de réforme : le poulet de chair ne produit pas de nourriture (pas d’oeufs) pendant sa vie et sera donc mangé, alors que la poule de réforme aura pondu environ 100 à 150 oeufs avant d’être mangée. Dans les faits, mon intuition me dit que l’impact CO2eq « net » de la poule de réforme est proche que celui du poulet de chair.

Pour le porc et la volaille, c’est surtout leur alimentation qui a un impact, en raison de l’épandage d’engrais azotés et de pesticides sur les cultures. "On a besoin de produire beaucoup de céréales, protéagineux, oléagineux, parce qu’on a beaucoup d’animaux à nourrir. Et la production animale provoque également d’autres dégâts sur l’environnement, comme la pollution de l’eau et des sols - liée aux déjections animales, aux engrais azotés et aux pesticides - ou la surconsommation d’eau. Mais aussi la déforestation.

« Sur l’ensemble des surfaces agricoles en France et à l’étranger nécessaires à notre alimentation, les trois quarts sont dédiés à l’alimentation animale », explique Carine Barbier, économiste de l’environnement au Cired (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement).

Stratégies pour réduire l'impact environnemental de la consommation de viande

Astuce n°7 : MANGER MOINS DE VIANDE

Plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre pour réduire l'impact environnemental de la production et de la consommation de viande :

  1. Réduire la consommation de viande : Diminuer sa consommation de viande, surtout de viande rouge, est l’un des gestes les plus efficaces pour limiter l’empreinte carbone de ses repas. Une diminution qui peut être compensée par des apports protéiques végétaux issus de céréales, légumineuses et oléagineux, également source de fibres, de vitamines et de minéraux.
  2. Privilégier les alternatives végétales : Se tourner vers les alternatives végétales à la viande, beaucoup moins polluantes. Selon une étude réalisée par HappyVore, un steak végétal émet 31 fois moins de CO2 qu’un steak de boeuf.
  3. Améliorer les pratiques d'élevage : La recherche travaille sur la réduction de l’intensité des émissions produites par les animaux en adaptant les pratiques d’élevage (amélioration génétique, alimentation, efficience des animaux pour réduire les pertes et périodes improductives, etc.) et en transformant les systèmes d’élevage pour en réduire les émissions nettes directes et indirectes.
  4. Lutter contre le gaspillage alimentaire : Chaque aliment jeté, c’est du CO₂, de l’eau, de l’énergie et des terres gaspillées… pour rien. Ce gaspillage alimentaire évitable se joue à la maison, au restaurant ou pendant les courses.
  5. Consommer local et de saison : Ce n’est pas toujours possible, mais c’est souvent mieux.

Les plans de neutralité carbone et la recherche

Les plans de neutralité carbone de l’Union européenne et de la France s’appuient sur des émissions nettes de chaque gaz à zéro en 2050. La recherche travaille sur la réduction de l’intensité des émissions produites par les animaux en adaptant les pratiques d’élevage (amélioration génétique, alimentation, efficience des animaux pour réduire les pertes et périodes improductives, etc.) et en transformant les systèmes d’élevage pour en réduire les émissions nettes directes et indirectes.

Ses travaux sont renforcés depuis 2023 par le programme METHANE 2030, financé en grande partie par la BPI et Apis-Gene et porté par Apis-Gene et l’Idele, des chambres d’agriculture, les interprofessions, les fédérations nationales d’élevage et INRAE. Doté de 11 M € sur 4 ans, il a pour ambition de réduire de 30 % en 10 ans les émissions de méthane des filières bovines grâce à des solutions multi-leviers.

Les chercheurs ont également évalué les services environnementaux apportés par les élevages, notamment les systèmes d’élevage extensifs. Les sols des prairies permanentes consacrées à l’élevage stockent environ 85 t de C/ha. Or ces prairies, enrichies des déjections animales et essentielles à la préservation de la biodiversité, ont tendance à disparaître.

Les animaux d’élevage permettent de valoriser des produits végétaux non consommables par l’homme tels que des coproduits issus de filières végétales, les résidus de culture et des fourrages issus de surfaces peu ou non labourables. L’élevage produit enfin des engrais organiques essentiels aux cultures, indispensables dans une trajectoire de décarbonation des économies.

tags: #quelle #viande #pollue #le #plus #environnement

Articles populaires: